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puce La Route du Rock 2004 - François Floret
Entretien  (Rennes)  juillet 2004

Entretien avec François Floret, directeur de la Route du Rock

Sans lui la Route du Rock, summum des festivals rock français, n'aurait pas résisté aux problèmes de pluie, de subventions, ou de budget. François Floret est un passioné et, depuis 14 ans, il passe son temps à faire vivre cet evenement. Il nous a reçu dans les locaux de Rock Tympans pour une belle discussion d'avant festival.


La Route du Rock, c'est trois jours de concert. Mais combien y'a-t-il de personnes pour tout organiser ?

A l'année nous sommes deux : moi même et Alban Coutoux. A partir du mois de mai, les stagiaires arrivent sur différents postes et nous nous retrouvons à 15 en production pure. Il faut ajouter à cela un peu moins de 600 bénévoles et environ 60 salariés intermittents du spectacle sur tous les postes techniques ou d'aménagement du site.

Il y a deux personnes à l'année : est-ce que Rock Tympans en profite pour organiser d'autres évenements que la Route du Rock ?

En fait on aimerait bien qu'il y ait plus de choses mais c'est toujours une histoire de budget. Rock Tympans a historiquement fait beaucoup de concerts à Rennes et on cherchait à faire quelque chose de plus ambitieux. Seulement il y avait deja les Trans et donc plus de place pour quelque chose d'important en ville. C'est alors que nous avons rencontré un malouin qui nous a proposé de faire un festival sur Saint Malo tout en gardant quelques concerts à Rennes. Notamment Radiohead devant une centaine de personnes. Nous sommes tous rennais de toute façon.

Au fil du temps, la RdR demandant de plus en plus de boulot, nous avons réduit le nombre de concerts. Il nous est toutefois arrivé l'année dernière de faire une prestation de services pour Indochine en faisant une promotion locale pour le X-Festival ainsi que le concert de Christophe à Rennes, pour le plaisir. Donc pour le moment à l'année c'est la Route du Rock mais on a envie de profiter de notre expérience pour faire un deuxième évenement en hiver.

Quel est le cheminement entre le choix d'un groupe et le concert ?

Il y a deux choses : d'abord les propositions d'artistes. Les agents français nous connaissent bien et nous envoient à la fin de l'année un catalogue avec les artistes qui tournent et qui sont susceptibles d'être disponibles au mois d'août. Ensuite de notre côté nous passons nos journées à écouter de la musique et nous avons aussi des idées sur ce qu'on a envie d'entendre à la Route du Rock. On n'a pas forcément besoin d'avoir un catalogue et on cherche l'agent en France ou on passe en direct. On ne fonctionne qu'au coup de coeur mais on est, comme tous les événements de ce type, bombardés de pressions de toutes parts.

Je voyais plutôt une difficulté pour obtenir les artistes...

Difficulté d'avoir des têtes d'affiche, oui. Mais d'une manière générale on n'a pas de difficulté à trouver des groupes. La programmation est établie à deux, et ensuite Alban envoie les mails, contacte les agents. Et il est vachement tenace, il ne lâche pas. Ca a été facile cette année. Le seul problème c'est que le festival a la réputation d'être défricheur, découverte d'artistes et donc les agents pensent que les têtes d'affiche n'intéressent pas la Route du Rock. Ce qu'ils n'arrivent pas à comprendre c'est que notre rêve absolu c'est d'avoir les Pixies, Radiohead et Bjork. On pourrait même demander à ces trois groupes de choisir la programmation de chaque journée. Non, vraiment, notre grand rêve c'est d'avoir trois noms qui explosent les scores de la fréquentation et qui permettent de prendre des risques. On aimerait bien avoir les moyens financiers des Trans au lieu de courir les têtes d'affiche. Mais bon, les gens trouvent déjà que le festival est audacieux.

Oui, l'année dernière par exemple a eu moins de succès à cause de la programmation

Oui mais pas seulement. Je pense que les gens ont aussi été inquiets par rapport aux intermittents. En 2002, on a eu le festival gaché par la flotte. C'est également traumatisant. Je n'ai jamais regardé le concert de Programme en vidéo car ça me rappelle trop de mauvais souvenirs. Je les vois encore jouer sous la flotte qui tombait à torrents. C'était énorme, super extrême.

Et l'année dernière, je ne sais pas ce qui s'est passé, mais au mois de janvier on avait PJ Harvey, Beck et Morcheeba à la Route du Rock. Quand on te déshabille ces trois groupes là, c'est difficile de les remplacer et la programmation devient rapidement très pointue... Et ces groupes là se sont retrouvés à Rock En Seine, je ne ferai pas de commentaires.

Imaginons que les têtes d'affiche de cette année remplissent le Fort, quel est la capacité maximale ?

12 000 personnes par soir. Ca n'a jamais été atteint : on a approché les 12 000 avec Muse en 2001 et on a fait plus de 12 000 en 98 mais c'était en extérieur, ce n'était pas dans le Fort de Saint-Père. Pour Portishead et PJ Harvey.

Pendant le festival Art Rock, un journal sur les festivals a été annoncé. Vous en faites partie ?

Oui bien sûr. C'est une initiative du directeur des Eurockeennes avec lequel je m'entends super bien. C'est un projet qui réunit des festivals amis, dans le sens, qui font cela pour la passion. C'est une présentation de festivals européeens (Vieilles charrues, Art rock, Furia, etc). C'est un magazine gratuit où chacun fait la promo d'autres.

Est-ce que vous êtes toujours en relation avec Bernard Lenoir et France Inter ?

Oui bien sûr, on a d'ailleurs fait une interview chez lui récemment. Le rapport qu'on a avec lui est d'abord un partenariat officiel avec France Inter depuis la première édition dans le Fort avec des spots et des interventions dans l'émission. Et ensuite Lenoir est parrain du festival. Il vient avec des moyens importants, il enregistre les concerts et les diffuse à la fois en direct et pendant l'hiver.

Quels sont vos rapport avec Saint-Malo ?

Comme dit Alban, avec la ville, c'est "Je t'aime moi non plus, sans le je t'aime". On n'arrive pas à comprendre. La ville a plusieurs fois voulu se désengager du festival. A des moments on espère que c'est bien reparti mais franchement on se sent méprisés. On est vraiment un délire de jeunes dans la tête de certains malouins. On a uniquement senti un soutien de la ville quand on a eu un article dans Le Monde. Ils n'ont pas besoin de nous au mois d'août pour faire du monde et la plupart des élus ne savent pas ce que c'est que la Route du Rock. Ils ne comprennent pas, ils nous reprochent de ne pas faire un festival grand public comme les Vieilles Charrues avec des artistes très populaires. Un festival comme Bobital leur plairait bien.

Pourquoi s'étendre au delà du fort ? toucher un autre public ? suite à une demande de Saint-Malo ?

C'était notre initiative pour montrer à Saint Malo ce qu'on pouvait faire. Mais ce sont eux qui nous donnent l'autorisation et cette année, pour la plage, cela a été très difficile. J'ai appris dans le journal du pays malouin que les siestes musicales seraient annulées. Il a fallu des articles dans Ouest France et un reportage de France 3 pour obtenir de nouveau l'autorisation, mais sur une autre plage, la plage de l'éventail, en dessous du casino. Cela dit, les siestes musicales ont eu un grand succès l'année dernière avec de bons DJs et un partenariat avec la Fnac. Et le Palais du Grand Large était presque complet sur les trois soirs.

On ne peut toutefois pas le rentabiliser mais on considère que c'est très important car ça présente une autre scène musciale beaucoup plus intimiste que l'on ne peut pas forcément présenter dans le Fort. On a même réfléchi à ajouter un troisième groupe par jour au Palais. Il y a tellement de groupes de folk, de lo-fi ou d'electronica qui nous excitent... L'année dernière la programmation de Black Dice au Fort n'était pas bonne. Ils auraient été beaucoup mieux au palais.

Pour terminer, peux tu parler du festival en 3 mots ?

Le premier mot c'est frustration. Non, on va commencer par bonheur et frustration. Et puis fierté. On est fiers de ce qu'on fait et on est très heureux. Mais les gens ne peuvent pas imaginer chaque année comment on avait imaginé le festival et comment au final il est rendu. Il y a une différence énorme. Il y a plein de groupes qu'on voulait et qu'on n'a pas réussi à avoir et ça c'est une grosse frustration. Par exemple Belle and Sebastian qui a annulé alors qu'ils étaient confirmés pour le vendredi. On les a remplacé par Tindersticks qui a annulé aussi. On les a remplacé par The Kills. Ou aussi !!! qui nous avait bouleversés aux Trans. On a travaillé six mois sur le dossier. Et la réponse négative on l'a eu il y a trois semaines.

Froggy's Delight souhaite un grand festival à François et à toute l'équipe de la Route du Rock que nous suivrons jusqu'au 15 août !

 

A lire aussi sur Froggy's Delight :

L'interview de Festival La Route du Rock : François Floret & Alban Coutoux (mercredi 9 juillet 2014)
L'interview de La route du Rock 2017 - François Floret (du 17 au 20 août 2017)


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# 23 février 2020 : Eclectisme n'est pas un gros mot

Classique, pop, rock, découvertes, artistes confirmés, comédies, drames, art moderne ou plus classique, romans et livres historiques, tout se cotoient encore dans cette nouvelle et riche édition de Froggy's Delight. C'est parti pour le sommaire.

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Rencontre avec Cyril Adda, autour de on album "L'îlot" et de sa session live de 5 titres
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"Happy mood !" de François Ripoche
"L'appel de la forêt" de Julien Gasc
"Satchidananda", nouveau et 11eme mix de Listen in Bed
"Song for" de Noé Huchard
"Amours, toujours !" de Smoking Joséphine
"Rêve d'un jour" de The Chocolatines
"The Bear and other stories" de The Fantasy Orchestra
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et toujours :
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"Origenes" de Sotomayor
"Perdida" de Stone Temples Pilots
"Endless voyage" de Sunflowers
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Au théâtre :

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"Isabelle Vitari - Bien entourée" au Palais des Glaces
"Cabaret décadent - Revue Electrique n°25" au Cirque Electrique
"Les Amants de Varsovie" au Théâtre du Gymnase
les reprises :
"Dementia Praecox" au Théâtre Elizabeth Czerzuk
"Ruy Blas" au Théâtre Gérard Philippe de Saint-Denis
"Dieu, Brando et moi" au Studio Hébertot
et la chronique des spectacles à l'affiche en février

Expositions avec :

"Coeurs" au Musée de la Vie romantique
et la dernière ligne droite pour :
"Hans Hartung - La fabrique du geste" au Musée d'Art moderne de la Ville de Paris

Cinéma avec :

"Le Cas Richard Jewell" de Clint Eatswood
"L'Etat sauvage" de David Perrault
et la chronique des films sortis en février

Lecture avec :

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"La mémoire tyranique" de Horacio Castellanos Moya
"Santa muerte" de Ganino Iglesias
"Tout pour la patrie" de Martin Caparros
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"Apaiser hitler" de Tim Bouverie
"L'odysée du plastique" de Eric Loizeau
"La résurrection de Joan Ashby" de Cherise Wolas
"Les lumières de Niteroi" de Marcello Quintanilha
"Préférer l'hiver" de Aurélie Jeannin
"Ted" de Pierre Rehov et "Grand froid" de Cyril Carrère
"Undercover" de Amaryllis Fox

Bonne lecture, bonne culture, et à la semaine prochaine.

           
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