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puce Odilon Redon - Prince du rêve
Grand Palais  (Paris)  Du 9 mars au 6 juin 2011

Avec la rétrospective "Odilon Redon, Prince du Rêve", la Réunion des Musées Nationaux, le Musée d’Orsay, le Musée Fabre de Montpellier et la Bibliothèque Nationale de France rendement hommage à l'oeuvre d'un artiste dont le nom, dans l'Histoire de l'art, figure dans la catégorie des peintres atypiques affiliés à aucun mouvement et, à la notoriété souvent éclipsée par celle de leurs contemporains, en l'occurrence celle des impressionnistes qui tenaient le haut du pavé artistique.

Et cependant, bien qu'appartenant aux post-romantiques qui ont oeuvré dans un registre singulier - tels Théophile Bra par exemple quoi que son aîné - Odilon Redon, que le critique Philippe Dagen qualifie de "fantôme qui hante l'art français pratiquant un art onirique peuplé de fantômes", ne manque pas de reconnaissance puisqu'il a été érigé au rang de fondateur du symbolisme, de parrain des Nabis et de précurseur du surréalisme et du dadaisme.

Les co-commissaires de l'exposition, Rodolphe Rapetti, conservateur général du Patrimoine, chercheur associé à l’Institut national d’histoire de l’art, Marie-Pierre Salé, conservateur en chef au Musée d’Orsay, et Valérie Sueur-Hermel, conservateur au département des Estampes et de la Photographie de la Bibliothèque Nationale de France, chargée des collections du XIXe siècle ont conçu une exposition purement monstrative qui n'apporte aucun décryptage de l'oeuvre.

Et ce même si le parcours de l'exposition, structurée en trois périodes chrono-stylistiques articulées par le passage du noir à la couleur - qui correspond au sous-titre "De l'ombre à la lumière" - est explicitée comme une évolution de l'époque angoissée des lithographies, les "Noirs", à la profusion colorée et sereine des dernières œuvres picturales.

La scénographie a été judicieusement confiée à Hubert Le Gall qui maîtrise parfaitement et particulièrement la présentation des oeuvres graphiques sous vitrine et use d'une palette chromatique adéquate pour dynamiser l'accrochage.

"J’ai su avec les yeux ouverts plus grandement sur les choses, que la vie que nous déployons peut aussi révéler de la joie"

Les points forts de l'exposition tiennent en premier lieu, à la présentation d'un important thésaurus d'estampes, consistant en la quasi totalité des albums de lithographies, les fameux "Noirs", présentés dans l'ordre voulu par l'artiste et accompagnés de ses textes.

En second lieu, à l'illustration de l'incursion du peintre dans le domaine des arts décoratifs avec des pièces du Mobilier national et la reconstitution à l'original d'un décor mural réalisé pour la demeure d'un mécène Robert de Domecy .

Artiste bourgeois venu accédant tardivement au marché de l'art, il est formé à l'estampe par le graveur émérite Rodolphe Bresdin qui lui a inculqué une alternative à l'art académique, une des influences fondatrices avec le botaniste Armand Clavaud.

Odilon Redon a commencé ses expérimentations et explorations artistiques de ce qu'il nommait "le monde ambigu de l'indéterminé" avec la lithographie qu'il a utilisé comme substitut à l'exposition et instrument de diffusion de ses compositions singulières.

Ses recueils lithographiques sont constitués de saisissantes compositions sui generis ("Dans le rêve", "Les Origines"), inspirées par des textes littéraires, ("A Edgar Poe") ou dialoguant avec des artistes ("A Gustave Flaubert", "Hommage à Goya").

En rupture avec le naturalisme ambiant, ne jurant que par le noir, "agent de l'esprit", Redon développe une iconographie de figures inquiétantes, têtes flottantes, oeil ascensionnel, ange déchu, chimères étranges, cheval volant et visage christique résultant d'un syncrétisme puissant entre l'onirisme, l'ésotérisme voire l'occultisme, le mysticisme et la cosmogonie.

Sur ce point, dans son opuscule "Odilon Redon, dans l'oeil de Darwin", Vincent Noce resitue avec sagacité l'oeuvre de Redon dans son siècle qui connaît la vogue du scientisme, l'essor des sciences psychiques et l'engouement pour les manifestations de l'inconscient quelles que soient leur véhicule, du rêve à l'occultisme.

Comme l'indique Dario Gamboni, professeur d'histoire de l'art à l'Université de Genève, dans l'article du catalogue intitulé "Une petite porte ouverte sur le mystère", l'iconographie récurrente de Odilon Redon n'a cependant pas encore révélé tous ses secrets.

Une iconographie qui se retrouve également, mais de manière "apaisée", dans ses oeuvres tardives quand est intervenue sa "métamorphose" picturale avec l'abandon du noir, le passage à la couleur étant historiquement fixé à 1890 avec les "Yeux clos".

Il peint de sages bouquets de fleurs et écrt en 1904 : "Oubliez tout ce que vous avez lu sur l’apocalyptique, sur le satanique Redon".

Le pastel et l'huile ont remplacé le fusain et la couleur s'invite sur sa palette pour inonder la toile de lumière.

Un homme singulier à aborder par exemple avec le DVD "Odilon Redon, peintre des rêves" réalisé par Michaël Gaumnitz à partir du journal de l'artiste et un itinéraire atypique s'il en est à creuser avec l'imposant catalogue qui comporte une analyse détaillée de chacune des oeuvres présentées.

 

A lire aussi sur Frogg' Delight :

La chronique du catalogue de l'exposition
La chronique de la publication jeunesse "Les petits monstres d'Odilon," de Nathalie Delebarre
La chronique de "Odilon Redon, dans l'oeil de Darwin" de Vincent Nnoce

En savoir plus :

Le site officiel de la RMN

Crédits photos : MM (Plus de photos sur La Galerie)
avec l'aimable autorisation de la Réunion des Musées Nationaux


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