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Interview  (Paris)  5 mars 2011

A l'occasion de la sortie de son nouvel album en compagnie de Wild Divine, Alela Diane nous a reçu très gentiement dans les locaux de son label parisien, un samedi midi pour répondre à quelques questions.

Ce nouvel album a été composé sous le nom d’Alela Diane & Wild Divine. Pourquoi ce changement de nom ? Voulais-tu officialiser le fait que tu travailles en groupe ?

Alela Diane : Oui, c’était très important pour moi car j’ai pensé ce disque différemment. Il a effectivement été fait en groupe, contrairement aux deux premiers et je voulais que les gens en aient conscience avant de l’acheter. Le titre est donc différent car je me sens différente.

Les personnes qui te suivent depuis déjà plusieurs années savent que tu ne joues qu’en groupe…

Alela Diane : Ils le savent peut-être mais je pense que ce groupe-ci est différent. Il y a eu des changements dans ce groupe, le plus important étant que je joue beaucoup moins de guitare. Je vais être plus libre de chanter sur scène. Mon mari joue désormais de la guitare, alors qu’il jouait de la basse avant. Nous avons un nouveau bassiste et un nouveau batteur.

Tes interprétations live sont toujours en groupe, alors que tes albums précédents sont purement solo, arrives-tu à faire suffisamment confiance à tes musiciens ?

Alela Diane : Ce groupe-ci est très solide et c’est très agréable d’être sur scène avec des musiciens doués. Nous n’avons pas encore joué cet album en live mais pendant l’enregistrement et les répétitions, tout semblait naturel. C’est aussi la première fois que j’enregistre et que je vais tourner avec les mêmes musiciens.

Tu as plus confiance en toi désormais ?

Alela Diane : Oui, c’est certain. J’assume mes choix. Dans les précédentes configurations, je n’avais que des guitaristes. Un guitariste à la batterie, un à la basse. Ils ne jouaient en aucun cas leur instrument de prédilection. Ce n’était pas mauvais, mais je sentais qu’ils n’étaient pas à l’aise.

Et le fait d’avoir ton mari et ton père dans le groupe ?

Alela Diane : Je n’ai connu que ça, ils jouent avec moi depuis si longtemps ! C’est toujours agréable d’avoir ma famille près de moi quand on est loin. Je suis très casanière, donc avoir Tom et mon père avec moi, c’est un peu comme être à la maison.

Comment as-tu composé et écrit cet album ?

Alela Diane : J’ai écrit la majorité des paroles durant la tournée de To be still. Je me mettais au fond du bus et j’écrivais, malheureusement je n’avais pas le temps de confectionner de vraies chansons. J’ai pris une année de vacances, j’ai déménagé et je me suis mariée, j’ai alors senti que c’était le bon moment pour me poser et composer les chansons. Elles ont beaucoup changé durant le processus de composition.

Il y a beaucoup plus d’arrangements sur ce disque, une influence du travail en groupe ?

Alela Diane : Certainement. Les chansons ont été pensées différemment et travaillées en groupe, elles sont donc plus denses. Tom m’a accompagnée à la guitare pendant que je composais, ce qui m’a donc permis de chanter plus librement. Le changement de son s’est aussi produit car nous avons travaillé avec un producteur. Avant même de rentrer en studio, nous savions la direction que les morceaux allaient prendre.

Etait-ce une volonté de ta part d’avoir plus de liberté pour chanter ?

Alela Diane : Oui. Le fait de jouer de la guitare m’empêchait de me lâcher. Faire deux choses en même temps alors qu’on a du mal à en faire une… Cela compromettait ma voix. J’espère qu’avec ce disque, je pourrai expérimenter plus de choses vocalement.

Comment écris-tu tes chansons ?

Alela Diane : Cela dépend des moments. Pour cet album-là, ce sont plutôt  les paroles qui sont arrivées en premier. Il y a un thème phare dans cet album : la mort, chose à laquelle j’ai été confrontée plusieurs fois pendant le processus de composition. Je crois qu’en vieillissant, en devenant quelqu’un d’autre que la fille folk à la guitare, ma façon d’écrire est devenue plus observatrice à propos des endroits où je suis allée, les gens que j’ai rencontrés, les différentes expériences que j’ai eues. Dans toutes ces choses dont je parle, il y a toujours quelque part ce thème un peu sombre. Même si je parle toujours d’espoir et de vie. C’est un peu le fil conducteur de l’album.

Tu as co-composé certaines des chansons avec ton mari, qu’est-ce que ça fait d’ouvrir ses chansons à quelqu’un de proche ?

Alela Diane : C’était très agréable de pouvoir chanter alors qu’il jouait de la guitare. Il a trouvé quelques enchainements d’accords à la guitare ou au piano et je chantais une petite mélodie par-dessus. Cela m’a permis de trouver des airs que je n’aurais jamais pu chanter si j’avais dû jouer de la guitare.

Tes deux premiers albums semblaient enregistrés avec trois bouts de ficelle, fais-tu partie des artistes qui ne jurent que par l’analogique ?

Alela Diane : Je suis quelqu’un qui aime l’authenticité, les vraies photos par exemple. Mais il faut être réaliste, ce n’est plus tellement possible maintenant. Je ne peux pas me permettre de refuser les progrès de la technologie, car  elle a de très bonnes choses à offrir. Au studio où nous avons travaillé, c’était un mélange des deux. J’ai chanté dans un micro datant des années 40, le compresseur datait des sixties et la console était très ancienne aussi. Mais tout cela passait ensuite dans ProTools. A l’heure actuelle, ce serait certainement très agréable d’avoir le luxe d’enregistrer sur bandes, mais le prix est assez exorbitant. Mon premier album avait un son très artisanal et pourtant il a été enregistré sur ordinateur. Il a ce son-là à cause de ce qui se passait dans ma vie à ce moment-là, de la nature des chansons et du fait que j’apprenais à jouer de la guitare. J’étais très innocente et jeune, ce qui rend ce disque un peu magique pour moi, et c’est une chose que je ne peux et que je ne veux pas répéter.

Vu de France, les Etats-Unis sont le berceau de la folk et de la country. As-tu l’impression de faire partie d’une certaine famille ?

Alela Diane : J’ai beaucoup d’amis musiciens à Portland et d’autres que j’ai rencontrés sur la route. Je ne me sens pas forcément rattachée à eux musicalement, mais on forme une famille. Je suis entourée de musiciens de toute façon !

Quand on a entendu parler de toi la première fois, il y a eu tout ce tapage autour de ta ville d’origine Nevada City, comme un berceau de jeunes artistes. Peux-tu nous en dire un peu plus ?

Alela Diane : C’est juste une petite ville en Californie, qui a l’air figée dans le temps, avec ses arbres et sa rivière. Elle n’a pas changée depuis 1850, du moins le centre-ville. C’est une ville créée au moment de la ruée vers l’or, elle s’est beaucoup développée, elle ne se développe plus vraiment à l’heure actuelle (rires) ! L’avantage, c’est qu’il n’y avait pas beaucoup de choses à faire, ce qui nous permettait à Marie Sioux et à moi de faire de la musique.

Tu as déménagé à Portland il y quelques temps, cela a-t-il changé quelque chose dans ta manière de voir la musique ?

Alela Diane : C’est la ville où nous voulons être maintenant. J’ai tellement voyagé que j’avais besoin de trouver mon chez moi, si possible dans une ville plus grande. C’est agréable de vivre dans une ville différente de celle où j’ai grandi.  Tout ce que je fais d’une manière ou d’une autre ressort dans ma musique, je suis sûre que si j’étais restée à Nevada City, ma vie serait différente et ma musique aussi. Et je ne redéménage pas !S

C’est ton troisième album mais tu as sorti un EP avec ton amie Alina. Pour sceller votre amitié sur disque ?

Alela Diane : C’était très agréable de faire ce disque. Honnêtement, ce genre de choses arrivent souvent dans une carrière, où quelqu’un vous dit "tu dois faire ceci, tu dois sortir un EP". A ce moment-là, je ne savais pas quoi enregistrer. J’ai donc appelé Alina, on adore chanter ensemble, on avait déjà quelques chansons que l’on pouvait enregistrer. Cela avait donc du sens.

Tu as repris Matty Groves, une chanson traditionnelle…

Alela Diane : Mes parents avaient l’habitude de reprendre une chanson appelée "Shady Grove" que Dark Watson chantait. Et elle a une mélodie très proche de Matty Groves. Puis j’ai entendu la version de Fairport Convention et j’ai essayé de combiner les deux mélodies, une britannique et une américaine. C’est intéressant de voir le fil conducteur de ces deux chansons et cela me fascine.

La pochette de l’album montre une version glamour de toi. As-tu voulu changer la vision que les gens ont de toi ?

Alela Diane : C’est juste que je veux montrer que je grandis. La pochette de Pirate’s Gospel reflète exactement ce que j’étais, mes cheveux étaient longs, j’avais une vingtaine d’années. Maintenant j’ai 28 ans et je ne m’habille plus comme ça. Je crois que tout le monde trouverait ça bizarre si je mettais les mêmes robes qu’il y a sept ans ! Les photos représentent qui je suis maintenant, exactement comme la musique. J’aime que la pochette soit en adéquation avec la musique. Cette photo a été prise quelques jours seulement avant la date buttoir pour le disque et je ne savais pas quoi faire. Et finalement cette image a été celle qui sortait du lot, elle était juste différente.

C’était un polaroid, avec un cadrage un peu bizarre. Cette photo est un peu comme un mystère, personne ne se souvient où elle a été prise.

Voilà la dernière question, traditionnelle chez nous ! Peux-tu décrire ta musique en trois mots ? (Je l’ai piégée, elle a du mal !)

Alela Diane : Mystérieuse, honnête, sauvage !

 

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L'interview de Alela Diane (samedi 17 juin 2014)

En savoir plus :
Le site officiel de Alela Diane
Le Myspace de Alela Diane

Crédits photos : Thomy Keat (Toute la série sur Taste of Indie)


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Lecture avec :

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"Un océan, deux mers, trois continents" de Wilfried N'Sondé
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