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puce Deerhunter - Lower Dens
Le Grand Mix  (Tourcoing)  dimanche 10 avril 2011

Un des plus gros problèmes de mon existence (outre ma capacité à trouver tout ce qui concerne les manchots absolument hilarant) consiste en ma quasi absence de mémoire immédiate. C'est une chose que la majorité des gens ont du mal à comprendre et il n'y a aucune mauvaise intention derrière mais pour une raison obscure, je ne parviens pas à me souvenir de choses sur des intervalles temporels extrêmement courts. Alors que je suis capable de me souvenir d'évènements ayant eu lieu alors que je ne savais même pas parler. Je me souviens très bien du bocal du poisson rouge sur la cheminée de mon premier appartement il y a 19 et demi de cela alors qu'il me serait foutrement impossible de me rappeler en quoi consistait mon repas de ce midi.

Si je ne me souviens pas vraiment du concert de Lower Dens qui débute la soirée, ce n'est pas par manque de bonne volonté mais tout simplement parce que le groupe fait preuve de trop peu d'originalité. Si je reste d'habitude perplexe face aux choix des premières parties, c'est ici la similarité entre les deux groupes qui me gène particulièrement. Lower Dens sonne comme un Deerhunter de seconde division, appuyant le côté shoegaze et noyant tout sous la reverb. Dans l'idée, c'est un peu comme manger chez Hector Chicken, puis chez KFC. Même quelqu'un d'aussi peu logique que moi est capable de saisir ce genre de concept. Être arrivé en retard ne me gène donc que peu et je patiente sagement en buvant des bières.

Deerhunter arrive donc. Et je ne me souviens plus de rien. A quelques exceptions cependant. Tout d'abord que le groupe est statique au possible. Du genre à ne pas bouger de plus de trois centimètres de l'endroit où ils ont commencé. Deerhunter n'est pas vraiment le genre de groupe dont on peut parler en terme de "présence scénique". C'est même un concept qui semble leur être aussi étranger que celui de culpabilité à un aspirateur. De même que celui de "tenue de scène". Là où tous les groupes essaient d'être un minimum cool, les mecs n'essaient même pas une seule seconde et se pointent en t shirt / baskets. C'en est même presque blasant. Sauf que Deerhunter n'est pas un groupe cool. Ils font de la musique pour gens qui se droguent alors qu'eux-même ne semblent pas se droguer (ce qui contribue de manière très générale à rendre un groupe plutôt cool).

Et pourtant ce concert fut sans doute l'une des expériences de décorporation les plus intenses de ma vie. La décorporation, ou sortie hors du corps, s'accompagne généralement de vibrations rapides, de pression cérébrale, d'une conscience aiguë d'exister, sans toutefois pouvoir communiquer avec les autres êtres vivants, mais souvent avec une impression puissante d'ouverture aux autres, d'amour, de compréhension de l'univers, de pouvoir alors que le corps physique abandonné paraît sans intérêt, lourd et pénible à supporter. Présenté ainsi, ça ressemble à une sorte d'expérience hippie foireuse. Une espèce de philosophie pseudo raélienne pour quarantenaire new age et toutes ces atrocités composées de chants de baleines, de ponchos équitables, de puissance extraterrestre, de flûte de Pan et d'huiles essentielles.

Et pourtant il n'y a rien de tout ça, juste l'impression de ne plus exister totalement, de n'être qu'une infime partie de l'univers en mouvement. On en arrive au point où chaque note se fond dans la suivante, les chansons s'effacent dans la masse et tout semble flou. Tellement que l'espace semble se dilater et que l'heure et demi de concert ressemble à quelques secondes. Et c'est finalement plus une affaire de sensations que de musique. C'est un peu comme voir Robocop pour la première fois complètement saoul en un sens : c'est concevoir un monde sur lequel tous vos appuis sont entièrement modifiés (pour citer Henri Michaux). Deerhunter en concert est donc en quelque sorte (pour citer le chef d'œuvre cinématographique Alive) "l'avenir du futur" de la musique.

 

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Deerhunter en concert au Festival La Route du Rock 2009 (vendredi)
Deerhunter en concert au Festival La Route du Rock 2009 (vendredi) - 2ème
Deerhunter en concert au Trianon (mercredi 22 mai 2013)
Deerhunter en concert au Festival La Route du Rock #29 (édition 2019) - Samedi 17
Deerhunter en concert au Festival Check-In Party #1 (édition 2019) - Samedi 24 août
Lower Dens en concert au Festival La Route du Rock #22 (samedi 11 août 2012)

En savoir plus :
Le site officiel de Lower Dens
Le Myspace de Lower Dens
Le site officiel de Deerhunter
Le Myspace de Deerhunter


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# 28 juin 2020 : Nouvelle Vague ?

Le premier tour des élections municipales fut le signe du début du confinement. Espérons que ce second tour ne sera pas l'appel à un second confinement. Quoi qu'il en soit : Soyez prudents, soyez heureux et cultivez vous ! c'est parti pour le sommaire en commençant par le replay de la Mare Aux Grenouilles #4 (eh oui déjà !)

Du côté de la musique :

"Grand prix" de Benjamin Biolay
"The Beethoven collection Vol1 : Sonatas by Clementi, Hummel, Dussek and Wolfl" de Jean-Efflam Bavouzet
"Eivind Groven Symphonies N°1 & 2" de Kristiansand Symphony Orchestra sous la direction de Peter Szilvay
"L'heure bleue" de Marianne Piketty, Le Concert Idéal
"Tu rabo Par'abanico" de Marion Cousin & Kaumwald
"Veines" de Merakhaazan
"Silas" de Silas Bassa
et toujours :
"As found" de Fugu
"Désordres" de Austyn
"Anda Lutz" de Cie Guillaume Lopez
"A l'instinct A l'instant" de Daniel Jea
"Cérébro dancing" de Epilexique
"Cobra" de François Club
"Coquette" de Hailey Tuck
"Springtime with no harm" épisode 18 des mixes de Listen In Bed
"Fanfare XP, volume 2" de Magic Malik
"Avec son frère" de Volo
"Safeplace" de Yadam

Au théâtre dans un fauteuil de salon avec :

des créations :
"Démons" par Lorraine de Sagazan
"Misery" de William Goldman
"L'obéissance de la femme du berger "de Sergio Martínez Vila
"Migraaaants" de Matéi Visniec
"Le Remplaçant" d'Agnès Desarthe
"Portrait d'Amakoé de Souza - Salade Tomate Oignon" de et par Jean-Christophe Folly

"La Chose Commune" de David Lescot et Emmanuel Bex
de la comédie de boulevard :
"Hier est un autre jour "de Sylvain Meyniac et Jean-François Cros
"Madame Doubtfire" de Jaja Fiastri
"Le Clan des divorcées" de Alil Vardar
"A gauche en sortant de l'ascenseur" de Gérard Lauzier
du côté des humoristes :
"Mimie Mathy - J'adore papoter avec vous"
"Denis Maréchal - J'dis franchement"
dans le répertoire classique :
"Le Jeu de l'amour et du hasard" par Catherine Hiegel
"Roméo et Juliette" par Eric Ruf
Shakeaspeare :
à l'anglaise au Globe Teater : "Macbeth"
et en comédie musicale "Roméo et Juliette, de la haine à l'amour" de Gérard Presgurvic
et de l'Opéra revisité :
"La Traviata" de Verdi par Simon Stone
"Cendrillon" de Jules Massenet par David Hermann

Expositions :

en "real life" avec la réouverture progressive des musées :
"Pompéi" au Grand Palais
"Turner, peintures et aquarelles - Collection de la Tate" au Musée Jacquemart-André
"Harper's Bazaar, premier magazine de mode" au Musée des Arts Décoratifs
"Christan Louboutin - L'Exhibition[niste]" au Palais de la Porte Dorée
"Otto Freundlich - La révélation de l’abstraction" au Musée de Montmartre
"Cézanne et les maîtres - Rêve d'Italie" au Musée Marmottan-Monet
"Coeurs - Du romantisme dans l'art contemporain" au Musée de la Vie romantique
"Les Contes étranges de N.H. Jacobsen" au Musée Bourdelle
les Collections permanentes du Musée Cernushi
"Le Monde selon Roger Ballen" à La Halle Saint Pierre
"Helena Rubinstein - La collection de Madame" et "Frapper le fer" au Musée du Quai Branly
"Monet, Renoir... Chagall - Voyages en Méditerranée" à l'Atelier des Lumières
"La Force du dessin - Chefs-d'oeuvre de la Collection Prat" au Petit Palais
"Esprit es-tu là ? Les peintres et les voix de l'au-delà" au Musée Maillol
"Le dessin sans réserve. Collections du Musée des Arts Décoratifs" au Musée des Arts Décoratifs
et en passant par la Lorraine, découvrir la Villa Majorelle œuvre de style Art nouveau.

Cinéma at home avec :

"Riens du tout" de Cédric Klapisch
"Noïse" de Henry Bean
"Sous surveillance" de Robert Redford
"La romancière" de John McKay
au Ciné-Club les années 50 :
"Un drôle de Dimanche" de Marc Allégret
"La vie à deux" de Clément Duhour
"L'homme au million ("The Million Pound Note") de Ronald Neame
des incontournables japonais :
des figures tutélaires :
"Tokyo drifter" de Seijun Suzuki
"A blind woman" de Teruo Ishii
et des plus jeunes :
"Mr Long" de Sabu
"Ichi, la femme samouraï" de Fumihiko Sori
et des raretés avec une sélection "Court metrage" :
"Le Chant du styrène" de Alain Resnais
"La chambre" de Chantal Akerman
"Pauline" de Céline Sciamma
"La traversée de l'Atlantique à la rame" de Jean-François Laguionie

Lecture avec :

"Be my guest" de Priya Basil
"De Gaulle sous le casque" de Henri de Wailly
"La faiblesse du maillon" de Eric Halphen
"Les jours brûlants" de Laurence Peyrin
et toujours :
"Le jour où Kennedy n'est pas mort" de R.J. Ellory
"Mauvaise graine" de Nicolas Jaillet
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