Musique sep Théâtre sep Expos sep Cinéma sep Lecture sep Bien Vivre
  Galerie Photos sep Nos Podcasts sep
 
recherche
recherche
Activer la recherche avancée
Accueil
 
puce puce
puce Mémoire d'été à Rouen
La ville des Dogs 

Lorsque l’été arrive sur Rouen, la ville ne pense qu’à en étouffer les excès et s’en rend malade. De cette langueur humide et flaubertienne.

Rouen c’était le territoire des DOGS, et au plus près, Mont-Saint-Aignan, banlieue bourgeoise sur les hauteurs de la ville, où vivaient les membres d’origine du groupe.

Too much class for the neighbourhood , titre de leur troisième album, dit, pour partie, le malentendu qui n’a pas permis à Dominique Laboubée, leader et fondateur des DOGS d’être reconnu comme l’un des grands du rock, à la mesure de son talent. Sans doute lui a-t-il manqué ce coup de pouce du destin qui fait que par une étrange alchimie, une chanson, un visage, incarnent la pensée collective et la nécessité du moment.

Pourtant de la classe, Dominique en avait. De la gentillesse aussi lorsqu’il discutait de tout, d’un intérêt sincère, avec les convives occasionnels d’un repas. Mais tout ça est derrière aujourd’hui. Dominique repose dans le petit cimetière de Mont-Saint-Aignan après cette dernière tournée américaine arrivée bien trop tard.

Les DOGS avait un son, une fluidité, une grâce qui jouait avec le danger qui forçait l’admiration lorsqu’elle défiait les durs des banlieues ouvrières (les dockers de la salle Franklin du Havre). L’élégance prend sa vérité quand elle se frotte aux loulous.

C’est donc l’été. Une pause, un temps mou face au mur de la rentrée, et des regards de mémoire : mon dernier concert des DOGS au Bateau ivre de Rouen.

Un vendredi soir, 2001 ? 2002 ? L’étrave grise du club "Le bateau ivre" pointe sur une curieuse place triangulaire, à mi-côte, au-dessus des lumières de la ville. L’entrée, sur le côté, ne paie pas de mine, tout comme la petite salle, à l’éclairage blafard que les manières bon enfant du patron et des serveurs rendent accueillante.

Les DOGS y jouent pour deux soirs de suite, vendredi et samedi. Dans la salle, le public sourit, patiente en buvant de la bière, parle des grands concerts d’avant et de ceux plus improbables de cette période en creux. C’est bon signe, il y a plus de filles que d’habitude. A Rouen, le public est acquis aux DOGS. Trop parfois.

Le concert est prévu en deux parties. La première est classique, le groupe joue bien, malgré un son qui ne met pas assez en relief la voix et la guitare du leader (syndrome inconscient ? mal chronique à la française ?). Les morceaux extraits d’une production consistante défilent sur une route sûre, droite et rapide dont tout le monde apprécie le paysage.

Et puis, dès le début de la deuxième partie, plus loin dans la nuit et dans cette surchauffe propre aux petits clubs, sentant qu’ils devaient plus à ce public indulgent et fidèle, Dominique a passé "l’overdrive" , charismatique au milieu de la scène. Tout va partir très vite et monter très haut. Le groupe a soudainement pris une autre épaisseur.

Ils sont là, en ligne, compacts, face au public, en confrontation directe. La guitare de Dominique s’envole le long des doigts qui courent sur le manche. Les morceaux deviennent violents, serrés, toujours mélodiques, créant un environnement de beauté et de chaos. Laurent Ciron s’accroche aux plongées vertigineuses de Dominique. La basse de Christian Rosset solidifie les fondations. Bruno Lefaivre, coincé avec ses caisses, dans une position inhabituelle sur le côté, défend nerveusement ses positions.

Dans la salle, le public a d’un seul coup rectifié la position, tendu d’un tropisme solaire vers la scène, et s’est mis en ébullition acteur d’une expérience chimique réussie. Heureux comme le rock peut parfois vous rendre. Dominique joue de mieux en mieux et prend des risques qui lui réussissent, le talent et toute une vie dédiée au rock lui laissent des espaces inexplorés. La venue de deux musiciens "guests" ne rajoute rien à l’affaire. Dominique est inaccessible.

Il est deux heures du matin quand un public sonné, qui ne sent plus la fatigue, comprend que le concert s’est arrêté, qu’il faut s’en aller. La tête continue à bourdonner dans la voiture et sur ce sommeil qui mettra du temps à venir. Dommage que Bruno Letrividic n’ait pas été là.

 

Goliath         
deco
Nouveau Actualités Voir aussi Contact
deco
decodeco
• A lire aussi sur Froggy's Delight :

Pas d'autres articles sur le même sujet


# 5 février 2012 : Enfin l'hiver

Alors voilà, cela fait des mois que tout le monde s'étonne que le climat est plutôt clément en ce dernier hiver avant la fin du monde et puis d'un seul coup, quand il se met à faire un temps... d'hiver, c'est la panique, la télé sort ses reportages, l'instagrameur guette le moindre flocon et surtout tout le monde se plaint du froid. En attendant, on risque de se retrouver avec un album de Mallaury Nataf avec ces conneries. D'ici là, voici le programme de la semaine.

Du côté des platines :

"Violent hearts" de Shimmering Stars,
"The night visitor" de Anna Ternheim,
"Have som faith in magic" de Errors,
"Breakers" de Gem Club,
"Hall music" de Loney Dear,
"Future this" de The Big Pink, retrouvez aussi The Big Pink en interview et en images,
"Le temps qu'il faut" de Bertrand Betsch, ainsi que la deuxième partie de son interview qui fait logiquement suite à la première,
Watine en Froggy's Session, après la sortie de son disque "Still grounds for love",
Ibrahim Maalouf en concert au Fil de Saint-Etienne, Ibrahim Maalouf nous a également accordé une interview,
Shaka Ponk à l'Aéronef de Lille,

Au théâtre :
Les nouveautés de la semaine :
"Mystère Poe" au Théâtre L'Atalante
"S'envoler" au Nouveau Théâtre de Montreuil
"L'heure d'après" au Théâtre du Petit Hébertot
"Sortir du corps" à la Maison des Métallos
"Jacques et son maître" à la Pépinière Théâtre
"La trilogie degli occhiali" au Théâtre du Rond-Point
"Urbik/Orbik à la ville comme à l'univers" au Monfort Théâtre
"Sade 2.0" au Théâtre Les Déchargeurs
"Etty" au Théâtre de l'Ouest Parisien
"Copines d'avant" au Théâtre des Blancs Manteaux
"Amour, action ou vérité" au Théâtre des Blancs Manteaux
et un spectacle jeune public : "Lancelot, le chevalier de Merlin" au Théâtre de la Porte Saint Martin
Les reprises à ne pas rater :
"A toi pour toujours, ta Marie-Lou" au Théâtre Essaïon
"L'or" au Théâtre La Bruyère
"Même si tu m'aimes" au Théâtre Michel
Toujours à l'affiche :
"Simpatico" au Théâtre Marigny
"Le désert des Tartares"au Théâtre du Petit Hébertot
"Le bourgeois gentilhomme" au Théâtre de la Porte Saint Martin
"F-X" au Théâtre Le Lucernaire
"Le système de Ponzi" au Théâtre des Abbesses
"L'envers du décor" au Théâtre Le Ranelagh
"La scaphandrière" au Théâtre André Malraux à Chevilly-Larue
"La trilogie de la villégiature" à la Comédie Française
"Rose" à la Pépinière Théâtre
"Naples millionnaire" au Théâtre de la Tempête
"Les Roches Noires" au Vingtième Théâtre
"Sur le chemin" à l'Auguste Théâtre
"Dialogues de sourds" à l'Auguste Théâtre
"Lo Speziale" au Théâtre des Artistic Athévains
"Richard III n'aura pas lieu" au Théâtre 13/Jardin
"Bronx" au Théâtre des Bouffes Parisiens

Exposition avec :

"Paint B.A.L." au Musée de la Poste

Lecture avec :

"Le refuge" de Niki Valentine

Cinéma avec :

La sélection de la semaine :
"Le Marin Masqué" de Sophie Letourneur
"Un monde sans femmes" de Guillaume Brac
"La taupe" de Tomas Alfredson
Les sorties récentes :
"Sur la planche" de Leïla Kilani
"Fleur de béton" de Stéphane Esse et Audrey Lange
"Tahrir, place de la Libération" de Stefano Savona
"Anonymous" de Roland Emmerich
"Le Printemps de Téhéran" de Ali Samadi Ahadi
"2018" de Quentin Théron
"Il n'y a pas de rapport sexuel" de Raphaël Siboni
"Let My People Go !" de Mikael Buch
"Les Nouveaux Chiens de garde" de Gilles Balbastre et Yann Kergoat

Bonne lecture, bonne culture, et à la semaine prochaine.

           
www.myspace.com/froggydelight | www.tasteofindie.com   bleu rouge vert métal
 
© froggy's delight 2008
Recherche Avancée Fermer la fenêtre
Rechercher
par mots clés :
Titres  Chroniques
  0 résultat(s) trouvé(s)

Album=Concert=Interview=Oldies but Goodies= Livre=Dossier=Spectacle=Film=