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puce Chute d'une nation 4 - Dernières extrémités
Manufacture des Abbesses  (Paris)  juin 2011

Comédie écrite et mise en scène par Yann Reuzeau, avec Walter Hotton, Sophie Vonlanthen, Leïla Moguez, Didier Mérigou, Mitch Hooper, Marc Brunet, Raphaël d'Olce et Lionel Nakache.

Avec "Dernières extrémités", Yann Reuzeau clôt brillamment la saga théâtrale en quadriptyque intitulée "Chute d'une nation", dont il est l'auteur et le metteur en scène, et qui, depuis décembre 2010, s'est déployée, sans aucune baisse de régime, à la Manufacture des Abbesses comme une passionnante fiction épique et politique en quatre épisodes.

Passionné par la thématique des jeux et enjeux de pouvoir, il procède, en l'espèce, à sa déclinaison dans la sphère de la politique politicienne au cours d'un des moments clés de la vie politique, en période pré-électorale d'une échéance majeure, l'élection présidentielle, à la judicieuse résonance contemporaine, qui s'inscrit dans un souffle balzacien revisité.

Ainsi a-t-il élaboré la fresque "splendeur et misères d'une démocratie" qui, de surcroît, réunit tous les atouts dramaturgiques : une intrigue crédible nourrie au lait fermenté des moeurs démocratiques habilement décryptées, fertile en rebondissements et rondement menée selon un rythme crescendo, des dialogues percutants et ciselés non dénués de traits d'humour incisifs et une forme scénaristique, impulsée par les scènes courtes d'une écriture à l'anglaise, et portée par une mise en scène cinétique de fondus-enchaînés.

Tout a commencé, avec "La petite phrase", comme un spectacle de marionnettes pour grandes personnes : dans un pays soumis au bipartisme politique avec le trublion-épouvantail de l’extrême droite, l'Union de gauche, convaincue d'une défaite électorale, introduit sur l'échiquier électoral un nouveau pion, qu'elle tient pour un guignol et revêtu du rôle de bombe humaine, en l'occurrence, un député anonyme, idéaliste et intègre qui n'est pas issu du sérail qu'est l'appareil du parti, pour écarter une candidature indésirable.

Ledit député, qui a reçu une belle audience médiatique et dont les capacités ont été sous-estimées, se pique au jeu et postule pour l'investiture ce qui entraîne une campagne des primaires sous haute tension ("Fratricide"). Après une campagne au bord de la crise de nerfs dont il se sort plus qu'honorablement, intervient une événement imprévisible, la mort de la présidente sortante, qui va bouleverser un échiquier politique obligé de revoir ses stratégies et dont le troisième épisode, "Chaos", va décortiquer les tractations électoralistes bien éloignées du combat d'idées et du bien citoyen.

Cette saga de politique-fiction s'achève avec la campagne présidentielle qui se déroule dans un pays au bord de la guerre civile dirigé par un gouvernement étêté qui navigue à vue sous la houlette d'un ministre de l'Intérieur désespéré (Mitch Hooper très réaliste entre sursauts humanistes et désespoir pathétique) entre des partis exsangues et divisés ("L'Union de gauche est morte et l'alliance de droite en lambeaux") qui font le lit de l'extrême droite.

Une extrême droite représentée par un redoutable suppôt aux airs de pater familias ferme mais débonnaire (Marc Brunet plus vrai que nature) secondé par un jeune technocrate cynique (Lionel Nakache parfait) auquel s'attaque notre député autour duquel tout semble s'effondrer (Walter Hotton excellent dans l'incarnation du candide pris au piège du devoir de résistance qui le conduit à la "schizophrénie morale").

La grande force - et réussite - de ce spectacle, à l'instar de la saga, réside dans le fait, d'une part, de la maîtrise de l'évolution de l'intrigue qui passe du particulier au général, des petites manigances de parti à la réflexion sur la dictature comme moyen de lutte contre un choix démocratique pour un gouvernement fasciste, d'autre part, de doubler l'intrigue principale, à partir d'une poignée de personnages archétypaux nettement individualisés, d'une exploration humaine des motivations et du questionnement personnel des protagonistes mis à rude épreuve par un engagement souvent violent qui va révéler leur vraie personnalité de manière souvent surprenante et du jeu investi des comédiens.

Ainsi derrière la gentille et efficace assistante va surgir une passionnaria pour qui le but prime les moyens (Sophie Vonlanthen épatante en inébranlable terroriste de la pensée) alors que la foi de la militante engagée va se déliter (Leïla Moguez touchante). Le directeur de campagne va y puiser une raison de s'accrocher à la vie (Didier Mérigou très juste) et le journaliste la force de trancher entre ses convictions et les compromis professionnels (Raphaël D'Olce fameux dans ses crises d'intégrité).

A voir donc absolument.

 

A lire aussi sur Froggy's Delight :

la chronique de l'épisode 1 : "La petite phrase"
la chronique de l'épisode 2 : "Fratricide"
la chronique de l'épisode 3 : "Chaos"


MM         
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# 18 août 2019 : Au rythme des vacances

Petite édition toute en légèreté mais avec quelques belles choses à découvrir notamment pas mal de livres de la rentrée littéraire et une session du Flegmatic pour vous rafraichir les idées. C'est parti pour le sommaire.

Du côté de la musique :

"Time for a change" de Pokett
"Tone of musette" de Le Balluche de la Saugrenue
"Symi" de Symi
Une autre interview de Inspector Clouzo à Terre de sons, après notre rencontre avec The Inspector Clouzo lors de leur passage à Foreztival
et toujours :
"Onda" de Jambinai
"Fire" de Part Time Friends
"Simon Chouf & le Hardcordes trio" de Simon Chouf
"EP n°1" de The Reed Conservation Society

Au théâtre :

une nouveauté :
"What is love" au Théâtre de la Contrescarpe
des reprises
"La Chute" au Théâtre de la Reine Blanche
"Le corps de mon père" au Théâtre Essaion
"Louise Weber dite La Goulue" au Théâtre Essaion
et la chronique des spectacles à l'affiche en août

Expositions avec :

"Champs d'amours - 100 ans de cinéma arc-en-ciel" à l'Hôtel de Ville
et dernière ligne droite pour "Helena Rubinstein - L'Aventure de la Beauté" au Musée d'Art et d'Histoire du Judaïsme

Cinéma avec :

"Roubaix, une lumière" de Arnaud Desplechin
"Thalasso" de Guillaume Nicloux
et Oldies but Goodies avec "Paris est toujours Paris" de Luciano Emmer en version restaurée

Lecture avec :

"Cavalier seul" de Fred & Nat Gévart
"Ce qu'elles disent" de Miriam Toews
"Cent millions d'années et un jour" de Jean Baptiste Andrea
"Chaque fidélité" de Marco Missiroli
"Où bat le coeur du monde" de Philippe Hayat
et toujours :
"Koba" de Robert Littell
"Back up" de Paul Colize
"La grande escapade" de Jean Philippe Blondel
"Un peu de nuit en plein jour " Erik L'Homme
"Une bête au paradis" de Cécile Coulon
"Une joie féroce" de Sorj Chalandon

Bonne lecture, bonne culture, et à la semaine prochaine.

           
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