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Outside  (City Slang)  juin 2011

Je déteste la country. Je déteste la country parce que la forme m'emmerde. Je déteste la country parce que son public est constitué de gros fermiers armés détestant tout ce qui n'est pas blanc, masculin et hétérosexuel. Je déteste la country parce que je déteste la campagne. Je déteste l'idée même de la country. Mais j'aime O'Death qui, jusqu'à récemment, faisait ce que l'on pourrait désigner sous le terme de "country punk" (terme qui a autant de sens pour moi que peut l'avoir "ufzhewxaoruh" pour n'importe qui).

Il y a deux ans, j'ai assisté à un de leurs concerts et je me souviens que tous les membres du groupe criaient très fort (même parfois en dehors des micros), jouaient très vite et que le batteur maltraitait ses toms avec des chaines. Ce fut, somme toute, un très bon concert (j'ai même acheté un t-shirt, c'est dire). Malgré tout peu diversifié, se concentrant uniquement sur les titres les plus rapides et sauvages des deux albums. Bien qu'O'Death fasse de manière générale penser à une bande de tarés de péquenauds venant de faire un raid sur une armoire à pharmacie de la Wehrmacht, certains titres laissaient entrevoir un aspect plus calme et en même temps plus troublé, comme si des formes mi-humaines mi-animales hurlaient à la mort en silence du fond des bois. Comme si les arbres les plus tordus s'arrachaient à la terre et se mettaient lentement en marche pour partir à la recherche du sens de leur existence. Cette alternance entre violence et introspection était ce qui faisait la force des deux premiers albums du groupe.

Là où l'on pouvait logiquement se demander si, à force de la répéter, la formule ne finirait pas par lasser, le groupe propose une alternative radicalement différente. Et abandonne complètement les chansons où chacun hurle à s'en péter les côtes pour se concentrer sur l'écriture. Sans aller jusqu'à dire que les précédentes réalisations étaient de mauvaise qualité, O'Death avait tendance à privilégier l'attaque frontale sans concession et un aspect légèrement systématique semblait pointer.

De ce fait, Outside prend le parti de recentrer le propos sur les compositions, de développer les idées mélodiques plutôt que de les noyer dans le bruit et la fureur. Les tempos sont donc plus lents, invitent presque à l'introspection (ou à une certaine idée de ce que peut être l'introspection). O'Death sonne ici comme une bande de marins sans bateau, se trainant dans la poussière brulante, hallucinant sous le soleil. On pourra m'objecter que la comparaison avec une bande de bagnards évadés est plus parlante mais je laisse ce genre de trucs à Moby (les mecs d'O'death ayant tous de bonne tête de carnivores ne semblant pas croire à la méditation transcendantale comme moyen de résoudre le problème de la violence scolaire). L'album permet en fait des tonnes de projections diverses.

Comme Raymond Roussel avait écrit Impressions d'Afrique sans jamais avoir foutu les pieds en dehors de Paris, O'Death est un groupe de New-York et ne sait, par conséquent, pas grand chose de la vie dans les champs ou à proximité du désert (ou du moins, n'en a pas l'expérience). Ce qui compte, c'est l'idée de ce mode de vie et les images qui en naissent.

Ainsi, comme un long sillon dans la poussière, les chansons se succèdent presque par accident entre instants tourmentés presque lyriques ("Alamar", "Black Dress") et accalmies ("Ourselves", "Look At The Sun"). Comme si des vautours luttaient à distance avec de grands aigles majestueux (ayant peur des oiseaux, je déteste écrire des choses pareilles mais c'est vraiment ce qui me vient à l'esprit). Et tout cela est très cohérent. Au moins autant que les pizzas que composait Michaelangelo dans les Tortues Ninjas (dont le créateur devait être un sociopathe notoire) : en partant du principe que la pizza est une base solide, que le poivron est un aliment de qualité et qu'il en va de même pour le beurre de cacahuète, mélanger les trois afin d'obtenir l'aliment parfait devient la chose la plus logique du monde.

 

A lire aussi sur Froggy's Delight :

La chronique de l'album Head Home de O'death
O'Death en concert à La Flèche d'Or (6 juillet 2007)
O'Death en concert au Festival GéNéRiQ 2009
L'interview de O'Death (6 juillet 2007)

En savoir plus :
Le site officiel de O'Death
Le Myspace de O'Death


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# 20 mai 2012 : Le changement (climatique) c'est maintenant

Le printemps va bientôt laisser sa place à l'été et toujours pas de beaux jours à l'horizon. Pour se consoler des orages, du froid, et des diverses contrariétés de notre époque, il reste la musique, le théâtre, le cinéma... Voici donc une petite sélection hebdomadaire de nos chroniqueurs.

Du côté des platines :

"L'Amour, l'Argent, le Vent" de Barbara Carlotti. Retrouvez Barbara Carlotti en interview mais également en Froggy's session pour 3 titres
"Moyen-Âge" de Ange
"Rollerchain" de Belleruche
"A Matter of Time" du Peuple de l'Herbe
"La Fabrique" de Maud Lübeck
"Nuit et Jour" de Music is not fun
"My God is blue" de Sébastien Tellier
Polock, Air Bag One et Pamela Hute dans une sélection de singles
Lorn et Amon Tobin en concert à l'Aéronef de Lille
High Damage en concert au Grand Mix de Tourcoing

Au théâtre :

Les nouveautés de la semaine :
"Temps" au Théâtre National de Chaillot
"Peer Gynt" au Grand Palais
"Une petite histoire de la Comédie Française" à la Comédie Française
"Des arbres à abattre" au Théâtre de la Colline
"Love" au Théâtre du Petit Saint Martin
"Building" au Théâtre Mouffetard
"Le lever du Soleil" à l'Auguste Théâtre
"Je suis prophète, c'est mon fils qui l'a dit !" à la Maison des Métallos
"Comme un zeppelin en flammes dans son vol de retour" à La Loge
"Kalldewey" à La Loge
"Jupes et pantalons" au Théâtre Le Guichet Montparnasse
"La Jeanne de Delteil" au Théâtre de l'Ouest Parisien
et une reprise à ne pas rater :
"Le souper" au Théâtre de la Vieille Grille
A l'affiche :
"Amphitryon" au Théâtre du Vieux Colombier
"Rostam et Sohrab" au Théâtre 13/Jardin
"Illuminations" au Théâtre de l'Epée de Bois
"Sous ma peau" au Théâtre Le Lucernaire
"Des poissons dans les arbres" au Théâtre Essaion
"Eloge de l'oisiveté" au Théâtre de Belleville
"Emily Dickinson, la belle d'Amherst" au Théâtre Le Lucernaire
"L'avare" à l'Aktéon Théâtre
"Une mouette" au Théâtre Paris-Villette
"Dans la jungle des villes" au Théâtre de la Colline
"Une puce, épargnez-la !" à la Comédie Française
"Amédée" au Théâtre de la Tempête
"Incendies" au Théâtre des Quartiers d'Ivry
"Contre les bêtes" à la Maison de la Poésie

Exposition avec :

"Berthe Morisot" au Musée Marmottan Monet

Lecture :

"21 avenue de la Boétie" de Anne Sinclair

Cinéma avec :
La sélection de la semaine :
"Moonrise Kingdom" de Wes Anderson
Les sorties récentes :
"Le jour où je l'ai rencontrée" de Gary Wiesen
"11 fleurs" de Wang Xiaoshuai
"Chercher le garçon" de Delphine Sebbagh
"Nino" de Thomas Bardinet
"Les fraises des bois" de Dominique Choisy
"Nana" de Valérie Massadian
"La vida util" de Federico Veiroj
"2 days in New York" de Julie Delpy
"Y a pire ailleurs" de Jean-Henri Meunier

Bonne lecture, bonne culture, et à la semaine prochaine.

           
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