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Interview  (Paris)  lundi 25 avril 2011

Trois semaines qu'ils sont en France pour présenter le magnifique troisième album de Vandaveer, Dig down Deep. Mark Charles Heidinger, à l'origine de la formation, sa soeur Rose Guérin, qui l'accompagne depuis le début, et la violoniste Cheyenne Marie Mize, fraîchement intégrée au groupe, nous reçoivent pour une Froggy session. C'est le dernier jour de leur tournée française, ils s'apprêtent à donner leur ultime concert à Orléans et c'est Mark qui se prête au jeu de l'interview. Pour mon plus grand plaisir.

Dig down deep est votre troisième album. On y trouve du violon, de la basse, de la contrebasse, du piano, une orchestration bien plus riche que sur les précédents. C'était une évolution logique, naturelle ? Une nécessité ?

Mark Charles Heidinger : Je ne sais pas si c'était nécessaire mais oui, cela paraissait logique. On a transformé ma maison en studio et décidé qu'on pourrait travailler l'arrangement des chansons. On a pensé que beaucoup de chansons pouvaient s'épanouir si on prenait le temps. On a exploré des idées pour voir si ça fonctionnait. La plupart du temps ça faisait sens. On voulait tester quelque chose de plus "cathédralesque", spacieux, orchestré.

Vous n'êtes que tous les trois à avoir travaillé sur l'album ?

Mark Charles Heidinger : Non, nous sommes principalement quatre. Rose bien sûr. Elle fait toutes les harmonies. Cheyenne joue aussi depuis peu. On a pris beaucoup de plaisir à travailler ensemble sur l'album donc elle est venue en tournée avec nous, elle a fait des solos en live et a finalement intégré le groupe. On a réarrangé les chansons, celles des albums précédents aussi, pour y introduire du violon. C'est Duane Landy qui a produit l'album. On a beaucoup fait nous-mêmes.

A part ça, en quoi Dig down deep se distingue-t-il des précédents ?

Mark Charles Heidinger : Duane m'accompagne depuis Grace&Speed, donc il y a une continuité dans notre façon de travailler. On a fait trois albums et un EP ensemble. Au fur et à mesure, on a assimilé le process, on est plus patients, on forme une vraie équipe. Il y a beaucoup de confiance, une vraie histoire entre nous. Concernant les chansons, je dirais que nous les laissons plus respirer. C'est sûrement ce qui change le plus d'un album à l'autre.

Combien de temps a duré l'enregistrement ?

Mark Charles Heidinger : Trois semaines et des sessions complémentaires. Donc je dirais, en cumulé, peut-être six semaines.

Y a-t-il un message particulier que vous souhaitiez faire passer ?

Mark Charles Heidinger : On voulait surtout faire quelque chose qui mérite d'être écouté ! (rires) A chaque fois que je fais un album, je cherche avant tout à ce qu'il mérite d'être partagé. J'ai écrit beaucoup de chansons, on a travaillé beaucoup de matériaux. Du coup quand on arrive au studio, on s'assure de garder les meilleurs éléments, ceux qui représentent le mieux ce qu'on fait, ce que l'on est. Quant à un éventuel message, je ne pense pas qu'il y ait un en particulier, non. Mais d'une manière collective, on essaie d'exprimer quelque chose de vrai, du vrai sentiment. Beaucoup de gens n'écoutent pas un album du début à la fin. On espère que ce sera le cas !

Pourquoi "Dig down deep" ? Qu'est-ce que ça signifie ?

Mark Charles Heidinger : Tout le monde, régulièrement, et invariablement doit fouiller au fond de lui-même. C'est un sentiment, une émotion universels, qu'on partage tous.

Pouvez-vous me raconter quelque chose, une anecdote peut-être, au sujet d'un morceau qui me touche particulièrement : "As a matter of fact" ?

Mark Charles Heidinger : En fait, cette chanson a traîné, par bribes, pendant pas mal de temps. C'est une sorte de puzzle qui a connu beaucoup de déconstructions. On a passé du temps à essayer d'assembler les morceaux, de différentes façons, avant qu'elle ne fasse sens. Une fois qu'on a finalement trouvé le motif, une façon de connecter les pièces, c'est devenu très facile et c'est allé très vite. C'est une de mes préférées aussi, du point de vue de la production. Parce que très tôt, elle m'a semblé trop difficile. On a fait un break d'une journée, et c'est reparti. C'était un moment spécial pour moi.

Comment c'est de travailler avec votre soeur ?

Mark Charles Heidinger : C'est formidable de travailler avec Rose ! A la fois très simple et très difficile. C'est une partenaire créative et une chanteuse fantastique. Je la laisse faire. On a tous les deux des opinions très tranchées, on est aussi tous les deux profondément investis. Ca marche très bien la plupart du temps. Fort heureusement.

Quels sont vos rôles respectifs ?

Mark Charles Heidinger : J'écris les chansons, elle fait la plupart des harmonies, elle crée tout ce qu'elle chante. Quand quelqu'un chante comme ça, il faut la laisser faire !

Vandaveer rappelle Simon & Garfunkel, Cat's Stevens, Nick Drake, Bob Dylan ou encore Leonard Cohen...

Mark Charles Heidinger : Merci beaucoup !

Comment réagissez-vous quand on vous dit ça ? Cela ne doit pas être la première fois...

Mark Charles Heidinger : Je suis un grand fan ! Je crois que les références sont utiles pour décrire le genre des artistes mais... ce sont des géants ! Nous sommes de génération, de niveau différents. C'est agréable d'être associés à eux, mais même si on comprend que ce soit utile, on n'en tient pas vraiment compte (sourire).

Quel a été votre premier coup de coeur musical ?

Mark Charles Heidinger : Oh ! Madonna !

Vous vous rappelez ce que vous avez ressenti la première fois que vous l'avez entendue ?

Mark Charles Heidinger : Oh oui ! J'avais 8 ans. J'ai aujourd'hui 33 ans et j'ai grandi avec MTV. Bref, c'était "Open your heart", une chanson fantastique. J'ai réalisé pour la première fois que j'étais attiré par les femmes (rires). Quand on est enfant, on n'a pas conscience de ça, jusqu'à ce que quelque chose arrive ! C'est un moment initiatique.

C'était un coup de coeur seulement musical ?

Mark Charles Heidinger : C'était musical, visuel... Madonna est à la fois puissante, angoissante, forte, excitante. Elle est géniale !

Et votre dernier coup de coeur ?

Mark Charles Heidinger : Ah, bonne question ! On a un très bon ami, Joe Pug, avec qui on a fait une tournée à l'automne dernier. Il est très talentueux. Il travaille actuellement sur son prochain album donc par anticipation, j'ai un coup de coeur pour le prochain ! (rires)

Si vous deviez choisir la meilleure chanson qui soit, ce serait laquelle ?

Mark Charles Heidinger : Probablement "What a wonderful world", si je devais n'en garder qu'une... Je crois que c'est la meilleure chanson populaire. Elle fait définitivement partie de mon top 5. Quand je l'entends, je ne peux rien faire d'autre que de m'asseoir et écouter. Elle est saisissante, au sens positif du terme.

Il paraît que vous avez une malformation, la même que Dylan d'ailleurs, qui explique cette voix particulière. Votre larynx serait plus proche de votre nez que votre gorge... Cela semble louche. Vous confirmez ?

Mark Charles Heidinger : Ah, je ne savais pas ! (rires) J'ai été opéré des végétations quand j'étais enfant... C'est peut-être ça ! Je ne vois que ça... A moins que quelqu'un m'ait opéré sans que je sois au courant ! (rires)

Vous venez de terminer votre tournée en France. Quand aurons-nous la chance de vous revoir ?

Mark Charles Heidinger : Sûrement l'automne prochain. Vers le mois de novembre.

Vous ne serez d'aucun festival cet été ?

Mark Charles Heidinger : J'adorerais. J'espère mais je ne sais pas encore.

Vous dites aimer beaucoup l'Europe. Qu'en est-il de la France, Paris ? Vous n'avez jamais envisagé de vous y installer ?

Mark Charles Heidinger : Oh j'adorerais ! Mais ce n'est pas si simple. On a nos familles, nos racines aux Etats-Unis. Si j'avais 10 ans de moins... Mais peut-être plus tard, je ne sais pas ! En tout cas, pas pour le moment.

Retrouvez Vandaveer
en Froggy's Session
pour 3 titres en cliquant ici !
  

 

 

 

A lire aussi sur Froggy's Delight :

La chronique de l'album Divide & Conquer de Vandaveer
La chronique de l'album Dig Down Deep de Vandaveer
La chronique de l'album Before Lately de Cheyenne Marie Mize

En savoir plus :
Le site officiel de Vandaveer
Le Myspace de Vandaveer

Crédits photos : Thomy Keat (Toute la série sur Taste of Indie)


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Vandaveer (25 avril 2011)


# 14 juillet 2019 : Les pieds dans l'eau

C'est l'été, les vacances pour certains, mais cela n'empêche pas de découvrir quelques petites perles musicales, littéraires, théâtrales, cinématographiques... Alors ne perdons pas de temps et découvrons le programme de la semaine.

Du côté de la musique :

"Reward" de Cate Le Bon
"Walk on a mirror" de Beautiful Badness
"You're here now what ?" de Matmatah
"Verdée" de Verdée
"Circo circo" de Who's the Cuban
Tom Mascaro et The Daggys au M'art in the street de St Symphorien s/ Coise
Beauregard #11 :
Jeudi avec MNNQNS, Gossip, Fatboy Slim entre autres
Vendredi avec Balthazar, Lavilliers, NTM, Etienne de Crécy...
Les Eurockéennes de Belfort #31 : Interpol, Fontaines DC, Idles, Mass Hysteria...
et toujours :
"Lung bread for daddy" de Du Blonde
"Orgue" de Guero
Hellfest #14 avec No one is innocent, Gojira, Kiss, Cannibal Corpse, Sister of Mercy et pas mal d'autres
"L'envoutante" de L'Envoûtante
"Uncovered Queens of the Stone Age, The lost EP" de Olivier Libaux
"Praeludio" de Patrick Langot
"Carnet de voyage, livre 1 : Beethoven Cras" de Quatuor Midi Minuit
"The twin souls" de The Twins Souls

Au théâtre :

"Glissement de terrain" au Théâtre de la Reine Blanche
"Philippe Chevallier et Bernard Mabille - Chacun son tour" au Théâtre L'Archipel
"De Judas à Manuel Valls" à la Comédie Saint-Michel
"Philippe Fertray - En mode projet" au Théâtre de la Contrescarpe
"Florian Lex - Pas de pitié !" au Théâtre du Marais
des reprises :
"Nature morte dans un fossé" au Petit Gymnase
"Muriel Lemarquand - Trop forte !" au Théo Théâtre
la chronique des spectacles à l'affiche parisienne en juillet
et la chronique des spectacles programmés au Festival Off d'Avignon

Expositions avec :

"Back Side/Dos à la mode" au Musée Bourdelle
et dernière ligne droite pour :
"L'Orient des peintres, du rêve à la lumière" au Musée Marmottan-Monet
"Hammershoi - Le Maître de la peinture danoise" au Musée Jacquemart-André
"La Lune - Du voyage réel aux voyages imaginaires" au Grand Palais
"La Collection Emil Bürhle" au Musée Maillol

Cinéma :

"Le Voyage de Marta" de Neus Ballus
et la chronique des sorties de juillet

Lecture avec :

"L'enfer du commissaire Ricciardi" de Maurizio de Giovanni
"Hitler et la mer" de François-Emmanuel Brézet
"La villa de verre" de Cynthia Swanson
"Le fossé" de Herman Koch
"Les apprentis de l'Elysée" de Jérémy Marot & Pauline Théveniaud
et toujours :
"Entrer dans l'arène en même temps que l'orage" de Danny Denton
"Et tout sera silence" de Michel Moatti
"Je te donne" de Baptiste Beaulieu, Agnèes Ledig, Laurent Seksik, Martin Winckler
"Le dernier thriller norvégien" de Luc Chomarat
"Néron" de Catherine Salles

Bonne lecture, bonne culture, et à la semaine prochaine.

           
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