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La Péniche  (Lille)  vendredi 10 juin 2011

Cela fait maintenant plus de deux ans que l'association Adhoc Musique (anciennement appelé Folk AdHoc) propose des concerts sur Lille.

Un peu d'histoire d'abord, et il faut remonter un peu dans le temps, soit à l'époque de l'ouverture du Caf&Diskaire, lieu créé par Bertrand Joossen (véritable soldat), ô combien symbolique et culte de la scène folk indé lilloise. Tout prit forme là-bas, ou fut organisée une pléiade de concerts de qualité.

On se souviendra notamment des mémorables prestations de Micah P. Hinson, de Mariee Sioux, ou encore Sam Amidon. Mais ce fut surtout le lieu de rencontre entre les gens passionnés et curieux, avec une scène locale florissante. On ne dénombre plus, à ce sujet, le foisonnement de groupes majeurs ayant fait leurs débuts là-bas. Parmi les plus "connus" l'on reviendra tout de même sur des artistes comme Leo(88man), Jullian Angel ou Geoff Mendelson. Tous les samedis, le Caf&Diskaire était donc un point de rendez-vous inévitable pour quiconque s'intéressait à la musique.

C'est ainsi que germa le projet de propager cette idée de culture indépendante dans d'autres lieux de Lille, et de proposer une programmation certes pointue mais qui ne laisserait pas de marbre. Une programmation éclectique qui présenterait toujours un intérêt, en privilégiant notamment des groupes sortant des sentiers battus.

C'est alors qu'entre en jeu un personnage clef dans l'histoire, un certain Nicolas Bourgeot, animateur radio de l'émission Folk AdHoc depuis 20 ans sur les ondes de RCV qui, avec autant de culture que d'intelligence, releva le défi et créa ce que l'on connait donc aujourd'hui sous le nom de Adhoc Musique.

Le Drugstore qui était, déjà à l'époque, un lieu emblématique pour tout les kids et les freaks écoutant du rock'n'roll trop fort, s'imposait alors comme étant un lieu idéal à l'organisation de ces soirées, qui s'avérerait être de véritables expériences, pour la plupart, qui fouilleraient et toucheraient au plus profond de l'âme.

Des concerts comme ceux donnés par Damien Jurado, David Thomas Broughton, Jeffrey Lewis, ou encore le légendaire Simon Finn, n'ont laissé personne indifférents. Et l'on retrouvait alors, toujours, une première partie locale, coup de pouce supplémentaire pour émerger à Lille, le Drugstore devenant vite incontournable.

Puis A gauche de la lune s'intéressa à la programmation et proposa à l'association d'organiser des soirées à la Péniche, afin de pouvoir accueillir plus de monde (les Sessions au Drugstore étant pour la plupart sold-out) et des groupes plus larges. A la rentrée 2010, les concerts au Drugstore se firent plus rares, et Nicolas en organisa alors dans son salon dans un cadre des plus intimistes proposant une nouvelle forme d'expérience quasi-spirituelle, qui consistait à avoir un rapport des plus privilégiés avec les artistes, dans une ambiance des plus chaleureuses.

A l'heure actuelle, la rumeur court et insinue que l'asso se dirigerait vers de nouveaux horizons, proposant en plus le management de certains groupes et s'étirerant jusqu'à l'Aéronef, tout en proposant de plus en plus de concerts à la Péniche. C'est d'ailleurs dans celle-ci que la dernière date proposée par Adhoc Musique cette année, avait lieu.

Et la saison se termine sur une soirée immanquable, combinant, en cette période, le meilleur groupe de France, Arlt, avec le meilleur groupe de Belgique, Hoquets. Un genre d'entente cordiale musicale qui tangue, forcément, du coté lo-fi à en faire miauler Valérie Lehoux de douleur.

La soirée débute donc avec Arlt. Cet habituel duo qui n'a plus rien à prouver tant sa présence rassurante dans nos rangs est cruciale, se produit ce soir en trio. Et c'est avec le plus grand des bonheurs que nous accueillons l'excellent Mocke, échappé de Holden en ce vendredi soir aux côtés du poilu et poilant Sing Sing, et de la belle Eloise Decazes.

Les morceaux de leur premier album La langue sont ici interprétés avec brio et donnent part à d'étonnantes improvisations des plus aventureuses d'un Mocke en grande forme. L'on appréciera également le jeu de Sing Sing, s'épanouissant au fur et à mesure du concert, grattant de plus en plus ses cordes plutôt que de les frapper, déployant ainsi une énergie jouissive qui trouvera son apogée au cours d'un nouveau morceau "Chien mort mi amor", durant lequel les Hoquets accompagnent Arlt avec de nombreuses percussions.

La voix d'Eloise Decazes est, comme d'habitude, des plus exceptionnelles et donne d'autant plus de frissons lorsque l'on assiste à ce qu'il faut objectivement appeler ses performances vocales, en live.

Une bonne moitié du set est composée de morceaux inédits de haute tenue. On retiendra notamment l'infernal "Rhinocéros" et son texte absurde : "Je n'aurais pas dit un rhinocéros mais puisque tu dis que tu es un rhinocéros alors, qui suis-je donc pour oser prétendre que non ?", à rendre autant marteau que l'objet du même nom qu'Eloise tient dans ses mains.

C'est sous une pluie d'applaudissements qu'Arlt quitte la scène, démontrant une nouvelle fois qu'ils sont bel et bien le fer de lance du renouveau d'une chanson française que l'on croyait tombé aux oubliettes.

Après une courte pause, nous accueillons le trio Belgo/Franco/Americano Hoquets. Groupe défendu par Yann Tambour de Stranded Horse (qui les a d'ailleurs invités en première partie d'une paire de date de sa remarquable dernière tournée) et que l'association Adhoc Musique avait eu l'honneur de faire jouer au Drugstore pour la première fois en France. Il faut le reconnaître car Hoquets commence à faire sensation, l'on apprendra d'ailleurs que cinq programmateurs de festivals sont présents dans la salle.

Mais si les Hoquets commencent à autant faire parler d'eux, c'est bien évidemment de par leur singularité, ainsi que celle du lunaire McCloud Zicmuse, leur chanteur (anciennement chez K Records, excellent label sur lequel l'on peut retrouver Karl Blau), d'origine américaine mais maintenant belge, à cause de l'accent (d'après ses dires), également responsable du projet Le Ton Mité.

La première force des Hoquets réside dans leurs instruments. Tous sont fait maison, ayant pour base un meuble sur lequel l'on a greffé des casseroles, des boîtes de conserves, des jerrycanes ou même des cordes qui sans être reliées à une quelconque pédale provoquent un son Fuzz du feu de Dieu, à en faire remonter les cadavres à la surface de la Deule.

Difficile donc de définir à quelle tranche le groupe appartient, mais il pourrait au final être le premier à être considéré comme de la musique expérimentale (voir concrète) mainstream.

Car nous avons affaire à une musique qu'il faut qualifier de totale, que cela soit dans la recherche de construction/fabrication autant que dans l'aboutissement d'une recherche musicale, dans le principe que tout est musique et dans l'idée de sortir quelque chose dans un premier temps audible, puis nouveau avant d'en arriver aux formats dit classique de la pop. Tout en gardant, du coup, ses instinct de musique foutraque aux sonorités décadentes et lo-fi.

La deuxième force du combo réside alors dans son humour sincère et typiquement belge.

Dans un premier temps moqueur, on ne comptera pas le nombre de fois où McCloud se moque de Lille n'ayant été qu'une fois capitale (de la culture) alors que Bruxelles restera toujours, selon lui, la capitale.

Puis vantant alors dans un deuxième temps, les mérites de la Belgique en intégralité, en passant par le rap de Benny B, des parodies de chants religieux concernant "L'abbaye d'Orval", sans oublier la fameuse "Couque de Dinant", sorte de mix brutal entre le biscuit et la roche, mais aussi véritable tube du groupe (qui sera d'ailleurs repris par une grande partie du public), avant l'arrivée d'un "Chaud Boulet" chaud bouillant, danse proche de la macarena mais en plus belge, durant laquelle l'on découvrira un McCloud détruisant son matériel dans une furie proche de la transe avant d'endiabler l'intégralité de la foule avec ses pas de danses.

En fait, en cherchant bien, pour résumer la chose, l'on dira que Hoquets est un curieux mélange aussi étonnant que détonnant entre Tom Waits et Jan Bucquoy.

C'est donc dans une ambiance survoltée que la soirée se termine, le capitaine Adhoc nous aura une fois de plus conquis par ses choix musicaux judicieux et audacieux. Alors vivement la saison prochaine qui s'annonce des plus palpitantes !

 

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En savoir plus :
Le Myspace de Arlt
Le site officiel de Hoquets

Crédits photos : Sam Nolin


Sam Nolin         
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# 21 juillet 2019 : La folle histoire de l'espace

Ces jours-ci on célèbre les premiers pas de l'homme sur la lune, on ambitionne d'y retourner. En attendant, c'est les pieds sur terre que nous vous proposons notre petite sélection culturelle pour vous inviter à décoller un peu vous aussi du quotidien. C'est parti :

Du côté de la musique :

"Triple ripple" de Automatic City
"Jaws" de Condore
"480" de DBK Project
"Echo" de Marion Roch
"Bach & co" de Thibault Noally & Les Accents
"To be continued" de Tropical Mannschaft
Haiku Hands au festival Terre du Son #15
Sara Zinger égalment à Terre du Son, à retrouver en interview
interview de The Psychotic Monks toujours à Terre du Son
On vous parle du Festival de Beauregard #11 :
Jeudi avec MNNQNS, Gossip, Fatboy Slim entre autres
Vendredi avec Balthazar, Lavilliers, NTM, Etienne de Crécy...
Samedi avec Beach Youth, Clara Luciani, Idles, The Hives, Mogwai...
Dimanche pour finir avec Bro Gunnar Jansson, Jeanne Added, Tears for Fears, Interpol...
et toujours :
"Reward" de Cate Le Bon
"Walk on a mirror" de Beautiful Badness
"You're here now what ?" de Matmatah
"Verdée" de Verdée
"Circo circo" de Who's the Cuban
Tom Mascaro et The Daggys au M'art in the street de St Symphorien s/ Coise
Les Eurockéennes de Belfort #31 : Interpol, Fontaines DC, Idles, Mass Hysteria...

Au théâtre :

"Iceberg" au Théâtre de la Reine Blanche
la chronique des spectacles à l'affiche parisienne en juillet
et la chronique des spectacles programmés au Festival Off d'Avignon

Expositions avec :

"Back Side/Dos à la mode" au Musée Bourdelle

Cinéma :

la chronique des sorties de juillet

Lecture avec :

"Benalla, la vraie histoire" de Sophie Coignard
"Floride" de Laurent Groff
"Whitman" de Barlen Pyamootoo
et toujours :
"L'enfer du commissaire Ricciardi" de Maurizio de Giovanni
"La traque du Bismarck" de François-Emmanuel Brézet
"La villa de verre" de Cynthia Swanson
"Le fossé" de Herman Koch
"Les apprentis de l'Elysée" de Jérémy Marot & Pauline Théveniaud

Bonne lecture, bonne culture, et à la semaine prochaine.

           
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