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Théâtre des Variétés  (Paris)  septembre 2011

Comédie dramatique de Ronald Harwood, mise en scène de Georges Werler, avec Michel Aumont et Didier Sandre.

Avec deux grands comédien, Michel Aumont et Didier Sandre, qui se partagent le haut de l'affiche, "Collaboration" constitue un des événements de la rentrée théâtrale 2011-2012.

Ronald Harwood, scénariste et auteur dramatique britannique d'origine sud-africaine, y met en scène deux artistes éminemment connus sur toile de fond d'avènement du nazisme.

En 1931, Richard Strauss, le compositeur du fameux "Chevalier à la rose", sacré et consacré le plus grand compositeur allemand vivant, qui cherche un remplaçant à son librettiste attitré, l'écrivain, poète et dramaturge autrichien Hugo von Hofmannsthal décédé en 1929, rencontre un compatriote et homologue de ce dernier qui connaît déjà la notoriété, Stefan Zweig.

De leur rencontre et de leur collaboration fructueuse naîtront une belle et inattendue amitié entre deux personnages très différents et un opéra-bouffe, "La femme silencieuse", qui sera créé en juin 1935 pour trois représentations avant de tomber sous le couperet de l'interdiction du fait de l'origine juive de Zweig.

Entre temps, avec Hitler au pouvoir, le national-socialisme devient le chantre de l'antisémitisme et de l'instauration d'un art officiel nazi, Richard Strauss a accepté la fonction de Président de la Chambre de Musique du Reich et Stefan Zweig s'est expatrié commençant une longue errance qui s'achèvera par son suicide au Brésil en 1942.

L'engagement de l'artiste dans la vie de la cité et sa neutralité politique au nom de l'art sont des sujets passionnants qui suscitent larges débats et confrontations. Mais, et ce malgré le titre à double sens, la pièce de Ronald Harwood, à l'écriture très anglo-saxonne et scénaristique, une structure narrative composée de scène courtes, ne verse pas dans le débat d'idées, ce qui peut susciter quelques déceptions.

En effet, il privilégie la peinture moraliste de l'homme pris dans la tourmente de l'Histoire en se concentrant sur leur relation amicale, et encore n'aborde-t-il pas vraiment cette alchimie qui naît, en dehors et en sus de l'admiration réciproque, entre deux hommes de tempérament plutôt solitaire.

Richard Strauss est présenté comme un bon pater familias et le prototype de l'allemand humaniste doublé d'un naïf qui croit que sa gloire le place au-dessus du lot commun. Quant à Stefan Zweig, humaniste, pacifiste et européen avant l'heure, hypersensible, il est torturé et épouvanté par les événements qui interviennent et dont il pressent l'issue fatale et tente vainement d'ouvrir les yeux de Strauss.

Dans un somptueux décor à l'aune de l'esthétisme froid et épuré des années 30 de Agostino Pace et des élégants costumes de Pascale Bordet, la mise en scène de facture classique du vénérable Georges Werler, respectueuse de la partition originale telle qu'elle résulte de la traduction de span class=GRAS">Dominique Hollier

Didier Sandre apporte beaucoup de sensibilité et de tension au personnage pudique et anxieux de Zweig en exploitant au mieux le sous-texte possible d'une partition qui évoque plus qu'elle ne révèle.

Christiane Cohendy prête une belle faconde et une étrange voix chevrotante à Madame Strauss, la soprano devenue épouse tyran domestique au verbe haut et au franc parler.

Et Michel Aumont campe avec sobriété un maestro prolifique et frénétique, compositeur au bord de l'implosion musicale tant il ne peut vivre sans écrire ce qui, en sus de la peur des représailles due à l'origine juive de sa belle-fille - délicat exercice pratique de philosophie morale - l'amène à céder à la pression du pouvoir pour continuer à participer à la vie culturelle allemande ce qui lui vaudra d'être jugé dans le cadre des procès de Nuremberg.

 

MM         
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# 5 juillet 2020 : Un avant goût de vacances

il fait (presque) beau partout, on sort un peu de chez nous, on voit nos amis, on pense aux vacances. Chez Froggy's on continuera tout l'été à vous alimenter en culture mais ce sera peut être un peu plus calme. En attendant, voici le sommaire et bien sûr le replay de La Mare Aux Grenouilles #5 !

Du côté de la musique :

"Les îles" de Benoit Menut
"Echange" de Brussels Jazz Orchestra, Claire Vaillant & Pierre Drevet
"INTENTA experimental & electronic music from Switzerland 1981-93" par divers artistes
"Jimmy Cobb" mix #19 de Listen In Bed
"Chausson le littéraire" de Musica Nigella & Takenori Nemoto
"Alessandro Scarlatti, il Martirio di Santa Teodosia" de Thibault Noally & l'Ensemble Les Accents"
et donc La Mare Aux Grenouilles numéro #5 avec la liste de ce qui a été abordé et le replay.
et toujours :
"Grand prix" de Benjamin Biolay
"The Beethoven collection Vol1 : Sonatas by Clementi, Hummel, Dussek and Wolfl" de Jean-Efflam Bavouzet
"Eivind Groven Symphonies N°1 & 2" de Kristiansand Symphony Orchestra sous la direction de Peter Szilvay
"L'heure bleue" de Marianne Piketty, Le Concert Idéal
"Tu rabo Par'abanico" de Marion Cousin & Kaumwald
"Veines" de Merakhaazan
"Silas" de Silas Bassa

Au théâtre dans un fauteuil de salon avec :

des créations :
"La Putain respectueuse" par Gérard Gélas
"Dracula Asylum" par Felicien Chauveau
"L'Homme qui rit" par Gaële Boghossian
"Cage" par Jacques Bellay
"Kyste" de et par Eloïse Hallauer et Camille Soulerin
et une pépite : "Jimmy's blues" de James Baldwin par Nicolas Repac et Anouk Grinberg
du théâtre moderne :
"Vient de paraître" d'Edouard Bourdet par Jean-Paul Tribout
"La vie de Galilée" de Bertold Brecht par Eric Ruf
le répertoire classique par la Comédie français d'hier et d'aujourdhui :
"Le Mariage de Figaro" de Beaumarchais
"On ne badine pas avec l'amour" d'Alfred de Musset
Au Théâtre ce soir :
"Les Petits oiseaux" d'Eugène Labiche
"La Reine Blanche" de Barillet et Grédy
"Les Petites têtes" d?André Gillois
des comédies :
"L'Opération du Saint-Esprit" de Michel Heim
"Jeux de mots bêtes pour gens laids" autour de textes de Bobby Lapointe
"Pochettes Surprise" de Jacky Goupil
du côté des humoristes :
"Jean Luc Lemoine - Au naturel"
"Moustapha El Atrassi - Second degré"
du théâtre visuel avec "L'Avare" par la Compagnie Tàbola Rassa
et enfin du théâtre lyrique avec"Ercole Amante" de Francesco Cavalli par Christian Hecq et Valerie Lesort

Expositions :

les réouvertures de la semaine :
le Musée d'Art Moderne dela Ville de Paris avec les collections permanentes de "La Vie Moderne" dans sa nouvelle présentation et la salle Matisse
le Musée Rodin
le Musée national des Arts asiatiques-Guimet
le Musée Cognacq-Jay et le Musée du Louvre
et les expositions en "real life" à ne pas manquer :
"Otto Freundlich - La révélation de l’abstraction" au Musée de Montmartre
"Turner, peintures et aquarelles - Collection de la Tate" au Musée Jacquemart-André
"Harper's Bazaar, premier magazine de mode" au Musée des Arts Décoratifs
"Christan Louboutin - L'Exhibition[niste]" au Palais de la Porte Dorée
"Cézanne et les maîtres - Rêve d'Italie" au Musée Marmottan-Monet
"Coeurs - Du romantisme dans l'art contemporain" au Musée de la Vie romantique
"Les Contes étranges de N.H. Jacobsen" au Musée Bourdelle
les Collections permanentes du Musée Cernushi
"Le Monde selon Roger Ballen" à La Halle Saint Pierre
"Helena Rubinstein - La collection de Madame" et "Frapper le fer" au Musée du Quai Branly
"Monet, Renoir... Chagall - Voyages en Méditerranée" à l'Atelier des Lumières

Cinéma :
en salle "L'Envolée" de Eva Riley
at home avec :
du thriller :
"La Isla minima" de Alberto Rodriguez
"La Onzième heure" de John Lyde
de la romance :
"La revanche d'une blonde" de Robert Luketic
'"Aime-moi comme je suis" de Stephan Meyer
"Coup de foudre en cuisine" de James Hacking
du drame :
"L'ombre du doute" d'Aline Issermann
"Tout va bien on s'en va" de Claude Mouriéras
"Henri" de Yolande Moreau
Ciné-Club français des années 60 :
"L'Insoumis" d'Alain Cavalier
"Le Chien" de François Chalais
"La Voleuse" de Jean Chapot
"Les Ennemis" d'Edouard Molinaro
et des raretés :
"Le Champignon des Carpathes" de Jean-Claude Biette
"King of the White Elephant de Sunh Vasudhara

Lecture avec :

"Isabelle, l'après midi" de Douglas Kennedy
"Les ombres de la toile" de Chris Brookmyre
"Oeuvres complètes II" de Roberto Bolano
"Un été norvégien" de Einar Mar Gudmundsson
et toujours :
"Be my guest" de Priya Basil
"De Gaulle sous le casque" de Henri de Wailly
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