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puce Festival international de la chanson de Granby 2011 (43ème édition) - jeudi 15 septembre
Philémon Chante - Yvan Cujious - Alecka - Ingrid Saint-Pierre - Marianne Aya Omac - Martin Léon - Jimmy Hunt - Daran - Porn Flakes - Racine Rose - Elizabeth Blouin-Brathwaite - Geneviève Borne - Mario Saint-Amand  (Chapiteau Agropur et Scène Desjardins, Granby)  du 7 au 17 septembre 2011

En début d'après-midi de ce 15 septembre, le Festival International de la Chanson de Granby au Québec propose des vitrines musicales. Devant un parterre de professionnels, de jeunes chanteurs ou groupes qui viennent, pour la plupart, de produire leur premier album donnent un court récital de quatre ou cinq chansons. Le but est de les promouvoir, et surtout de faciliter la mise en relation de ces talents émergents avec des organisateurs de festivals au Canada, en France, en Suisse et en Belgique. Il y avait là, par exemple, les responsables des festivals "Chauffer dans la noirceur" dans la Manche, du "Festival en Othe" entre la Bourgogne et la Champagne-Ardennes ou encore les membres d'une association qui défend les chanteurs de langue basque.

Dans ce cadre, le premier artiste à venir défendre ses chansons est québécois et s'appelle Philémon Chante. Malgré un album enregistré à la Havane, sa musique ne donne guère envie de danser, ses textes souffrent d'un manque de maturité évident ("Dors, poupée ! Dors ! Dors ! Sous ta chevelure d'or"). Certes, il est plutôt joli garçon ("c'est un critère comme un autre" me glisse une des spectatrices) mais sa prestation ne m'enthousiasme guère.

Vient ensuite Yvan Cujious, ancien animateur de la bande FM à Toulouse qui, pris sous l'aile bienveillante de Claude Nougaro, s'est reconverti dans la chanson.

Son premier album s'appelle Tout le monde m'aime. Il a d'ailleurs dernièrement enregistré un duo avec Olivia Ruiz. Ses textes sont écrits autour de jeux de mots un peu faciles, la formation jazzy qui l'accompagne est bien en place.

C'est de la chanson taillée pour le cabaret qui fait penser à un autre toulousain, Manu Galure. Certes, son professionnalisme sur scène ne fait aucun doute, mais ce style de chanson me laisse indifférent.

Puis c'est au tour d'Alecka de monter sur scène, jeune montréalaise d'une vingtaine d'années, à la double-culture québécoise et libanaise. C'est la révélation de l'année de Radio Canada. Sa voix est profonde. Elle propose un pop/rock solide avec un groupe dans lequel on retrouve de la clarinette et du violon.

Parfois, sa chanson se fait rap, avec des textes féministes, engagés. La musique s'éclairent de tons arabisants comme sur la chanson "Choukrane". Ce petit bout de femme plein d'énergie se révèle une bonne surprise et son potentiel est évident.

La quatrième candidate est Ingrid Saint-Pierre, originaire du Haut-Saint-Laurent.

Sa première chanson, "Les pâtes au basilic" est une perle d'humour noire qui raconte l'histoire d'une sorte de Poison Ivy qui veut se débarasser de son "cheum" (fiancé) qui semble ne pas avoir été très sage durant son enterrement de vie de garçon.

On la sent d'ailleurs plus à l'aise dans ce style de chanson enlevée, où elle montre un personnalité bien marquée, que dans le registre de la tendresse et de la chanson douce, influencée par exemple par Françoise Hardy.

En dernière candidate, se présente Marianne Aya Omac, une jeune lionne de Montpellier.

Elle arrive pieds nus sur scène accompagnée de sa guitare folk. Après avoir blanchi sous le harnais dans le métro parisien avec ses propres compositions, on sent un tempérament de feu que pas grand-chose ne peut entamer.

Sa voix est rocailleuse et puissante, ses chansons se teintent parfois de musique gitane andalouse, voire elle imite avec la bouche le son de la trompette. On pense à Tue-Loup pour le côté rugueux, élevé à la dure, le soleil en plus. On s'étonne de ne pas plus la connaître en France.

Après ces courts récitals, c'est le moment de se rendre à la remise des prix de l'Académie Charles Cros, association française composée de critiques et de spécialistes de l'édition musicale.

Deux candidats sont récompensés cette année.

D'abord Martin Léon, qui reçoit le prix de la Découverte. Artiste voyageur, backpacker, il est une des révélations de l'année au Québec puisque son disque Les Atomes concourra dans quatre catégories au Gala de l'ADISQ, l'équivalent canadien des Victoires de la Musique françaises, dont meilleur album et meilleur artiste masculin de l'année.

Ensuite le Coup de Coeur de l'Académie sera remis à Jimmy Hunt. Jeune homme monté en graine. Malgré son look d'étudiant à lunettes, les yeux cachés sous la mèche de cheveux, il montre une personnalité déjà affirmée. Seul en scène avec sa guitare sèche et son harmonica, il est capable de captiver son auditoire.

Le dernier concert de la journée se déroule sous un chapiteau au coeur de la ville.

Il s'agit d'un concert gratuit avec en première partie Daran, suivi d'un groupe québécois, les Porn Flakes, groupe qui multiplie les collaborations avec des artistes du show business, des musiciens, des chanteurs, des acteurs ou des présentateurs télé pour un show rock festif essentiellement composé de reprises.

Daran, qui a laissé ses chaises en France pour venir s'installer depuis un an au Québec, n'a musicalement que peu évolué.

Son rock continue de sonner fm, lui continue de crier, son nouveau band ne convainc guère.

Daran continue à préfèrer dormir dehors, même au Québec. On lui souhaite bien du courage en hiver. Mais on ne va pas s'en plaindre car on ne souhaitait pas vraiment faire acte charitable en le laissant entrer.

Entre les deux groupes, on a juste le temps d'aller se rendre compte que sur la scène Desjardins, le groupe montréalais Racine Rose (Desjardins / Racine Rose : jeu de mots involontaire de la part des organisateurs), balancent un bon pop rock collégien solide

Le chanteur prend bien le devant de la scène, a une bonne voix et une présence. Racine Rose, un petit groupe intéressant dont il faudra prendre des nouvelles.

Ensuite les Porn Flakes investissent la scène avec leur mise en scène parodique. Coupe à la Gary Glitter, pour Dan, le guitariste. Un squelette pendu à la batterie, une tête de mort sur le devant de la scène. Les invités passent les uns après les autres, pour deux ou trois chansons.

La fille de Norman Brathwaite, Elizabeth Blouin-Brathwaite, ne se montre pas plus efficace que la veille.

Daran fait ce qu'il sait faire, crier, Alecka, découverte l'après-midi, se met à rapper et montre qu'elle a le potentiel pour tenir une grande scène malgré sa jeunesse.

Geneviève Borne, une présentatrice télé, fait une gentille reprise inoffensive de "These boots are made for walking".

C'est surtout Mario Saint-Amand, acteur québécois qui a cartonné l'année dernière dans Gerry, un film inspiré de la vie d'une rockstar d'ici, Gerry Boulet, qui attire le plus l'attention avec une reprise de "Toujours vivant" du Gerry susnommé.

Après tout cela, une bonne nuit s'impose car le lendemain il y a aura de nouveau autant d'artistes à découvrir.

 

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En savoir plus :
Le site officiel du Festival international de la chanson de Granby
Le Myspace du Festival international de la chanson de Granby

Crédits photos : Laurent Coudol


Laurent Coudol         
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