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Interview  (Espace Jemmapes, Paris)  8 septembre 2011

Le song-writer anglo-italien, depuis 6 ans domicilié dans nos chères Cévennes, était de passage à Paris. On l'a rencontré entre une date au Trianon pour le tout nouveau Standing room et la sortie de son quatrième album, My Wilderness.

Peux-tu nous raconter l'histoire de My Wilderness ?

Piers Faccini : Je ne cherche pas à dire les choses en-dehors des chansons. J'écris des chansons et je me rends compte après coup, qu'à force d'écrire dans une période délimitée, elles ont un certain ordre et une certaine symétrie. J'essaie toujours de me trouver sur un registre différent. Le dernier, Two grains of sand, était à la troisième personne. C'est un album de conteur, contrairement aux deux premiers qui étaient plus dans l'autobiographie.

Là, j'ai voulu pousser la chanson au maximum, dans un registre de poésie. La poésie est un paradoxe : c'est quelque chose qu'on comprend sans l'expliquer, de l'ordre de l'intelligence émotionnelle. Je voulais que l'album soit à la fois transparent et opaque, c'est ça le paradoxe. En français, "wilderness" signifie désert : un lieu désertique, vaste, qui n'a pas de limites, presque, qui n'a pas été défini, cartographié. "My" wilderness veut donc dire qu'on a tous en nous ce paysage désertique et c'est là que je suis allé prendre des récits de voyage.

Où et comment s'est passé l'enregistrement ?

Piers Faccini : J'ai fait ça chez moi, dans les Cévennes. J'ai quitté Londres il y a 6 ans. C'est un genre de "wilderness" qui me plaît beaucoup, m'inspire beaucoup, un endroit assez magique et en même temps assez vide. J'ai voulu jouer au maximum des instruments et le faire chez moi pour avoir le plaisir de le faire à mon rythme, sans le stress d'un studio. Et aussi parce que je voulais suivre les étapes de près, moi-même, et à un rythme de vie. J'ai des enfants, j'aime bien les amener à l'école, m'occuper d'eux. Donc le disque s'est fait naturellement, sur une période d'un an.

Ensuite on a mixé l'album dans un très bon studio. Il y a quelques invités qui ont été très soigneusement choisis. A la trompette, Ibrahim Maalouf, au violoncelle Vincent Segal et au n'goni, un instrument malien, Makan Tounkara. Et une section rythmique absolument fabuleuse avec Jules Bikoko, bassiste, et Simone Prattico, batteur et percussionniste. Tous les violons ont été faits par Rodrigo d'Erasmo. Ce ne sont que des gens avec qui j'ai joué, qui sont des amis que j'aime beaucoup. C'est une sorte de famille musicale avec qui c'était naturel de travailler.

L'album mêle folk, blues, rock, il y a des résonances africaines et mêmes orientales. Il est d'une grande variété. Comment expliques-tu cela ?

Piers Faccini : C'est mon mélange, le mélange de mes racines, de toutes les inspirations que j'ai en musique depuis 20 ans. C'est ma sauce, qui mijote tranquillement dans le pot depuis très longtemps. C'est ce que les gens apprécient chez moi je pense. J'essaie d'avoir une écriture cohérente avec un registre d'influence assez varié, entre la musique africaine, quelques aspects de musique arabe, de folk anglais, de musique méditerranéenne, d'Italie du sud, de musique du Mississipi.

J'aime bien utiliser une métaphore culinaire : si vous voulez faire une bonne soupe, il faut attendre que tous ces ingrédients forment une sorte de mélange symbiotique. Si à la fin d'une chanson on entend trop les choses séparées, ça veut dire qu'elles n'ont pas assez mijoté. Tout est au service de la chanson.

Qu'est-ce qui te qualifie le mieux : poète, voyageur, musicien, peintre ?

Piers Faccini : Oui, aussi. Je suis surtout assez éclectique ! Je n'appartiens pas nécessairement à un registre. On n'est pas obligés d'être définis comme folk, ou rock, ou musique du monde. J'aime qu'on casse les barrières. C'est avant tout une musique d'auteur-compositeur, de song-writer, ce qui pour moi n'est pas une catégorie. On pense à un mec qui fait des ballades à la guitare acoustique alors que je ne me réduis pas à ça. Je revendique le fait de ne pas être mis dans une boîte précise.

Tu continues de peindre ?

Piers Faccini : Oui mais à mon rythme, assez lentement donc, parce que 90% de mon temps est consacré à la musique. Avant j'avais une galerie, j'exposais, je vendais mes tableaux et j'en vivais. Aujourd'hui, je suis plutôt musicien et quand j'ai le temps je me ressource dans la peinture.

Les deux se nourrissent-ils ?

Piers Faccini : Oui complètement. Quand je suis sur l'un, ça met en repos l'autre. Un peu comme l'eau trouble : quand tu vois que l'eau n'est pas claire, il faut attendre que tout retombe au fond. Le repos, le recul sont très importants. J'aime passer de l'un à l'autre pour avoir ce recul et une sorte d'objectivité sur mon travail.

Tu as choisi la France mais pas le Français ? Est-ce que tu penses à écrire en français ?

Piers Faccini : Cela ne fait que 6 ans que j'habite ici. C'est vrai que je parle français. J'ai écrit quelques trucs pour un exercice, mais c'est difficile parce qu'avant tout ce n'est pas mon langage musical. C'est un langage que je parle mais que je ne maîtrise pas assez pour bien l'écrire. Ma langue maternelle est l'anglais et en terme d'auteur, mes références sont plutôt anglaises. Même si pour moi Boubacar Traoré, Ali Farka sont des song-writers, qui chantaient en bambara, une langue que je ne parle pas. Mais je n'ai pas de référence dans la musique française. On va plus naturellement vers le langage qu'on a appris par nos influences. Je dois reconnaître qu'il n'y a pas grand chose que j'aime dans la musique française, mis à part JP Nataf, qui a une plume que j'apprécie beaucoup ou Holden que j'ai vu en concert l'autre jour et beaucoup aimé.

Hier tu as participé au Trianon à Standing Room, un spectacle d'un genre nouveau. Peux-tu en dire quelques mots ?

Piers Faccini : L'idée m'est venue en parlant avec les gens de Shakespeare & Cie, la librairie anglophone de référence à Paris. Je me suis rendu compte en allant à des lectures là-bas qu'ils avaient un public bien particulier d'anglophones et je me suis dit pourquoi pas essayer de célébrer l'écriture des song-writers et poètes de langue anglaise, à travers une soirée exclusivement en anglais.

Comme c'était la première et que je fais partie de l'organisation, c'est moi qui ai inauguré le concept. On a invité Francesca Beard avec qui je travaillais au début, avec qui j'ai fondé mon premier groupe. Cela s'est super bien passé. Le concept est lancé, maintenant on espère que ça durera. Par contre, il se peut que les gens qui ne comprennent pas l'anglais soient frustrés sur la partie poésie, où il n'y a pas la musique pour contre-balancer. On a fait des chansons de notre premier groupe, Charley Marlowe, ensuite on a fait un peu d'impro en demandant au public de nous donner un sujet. Charley Marlowe, c'était déjà un mélange de spoken word et de chant. C'était assez facile pour nous, c'est ce qu'on a toujours fait. On verra ensuite avec les autres comment ça se passe.

Il y a déjà quelqu'un sur le coup ?

Piers Faccini : On a des idées mais rien n'est calé. La prochaine devrait avoir lieu en décembre.

Ok merci beaucoup !

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En savoir plus :
Le site officiel de Piers Faccini
Le Myspace de Piers Faccini

Crédits photos : Thomy Keat (Toute la série sur Taste of Indie)


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Piers Faccini (8 septembre 2011)


# 18 août 2019 : Au rythme des vacances

Petite édition toute en légèreté mais avec quelques belles choses à découvrir notamment pas mal de livres de la rentrée littéraire et une session du Flegmatic pour vous rafraichir les idées. C'est parti pour le sommaire.

Du côté de la musique :

"Time for a change" de Pokett
"Tone of musette" de Le Balluche de la Saugrenue
"Symi" de Symi
Une autre interview de Inspector Clouzo à Terre de sons, après notre rencontre avec The Inspector Clouzo lors de leur passage à Foreztival
et toujours :
"Onda" de Jambinai
"Fire" de Part Time Friends
"Simon Chouf & le Hardcordes trio" de Simon Chouf
"EP n°1" de The Reed Conservation Society

Au théâtre :

une nouveauté :
"What is love" au Théâtre de la Contrescarpe
des reprises
"La Chute" au Théâtre de la Reine Blanche
"Le corps de mon père" au Théâtre Essaion
"Louise Weber dite La Goulue" au Théâtre Essaion
et la chronique des spectacles à l'affiche en août

Expositions avec :

"Champs d'amours - 100 ans de cinéma arc-en-ciel" à l'Hôtel de Ville
et dernière ligne droite pour "Helena Rubinstein - L'Aventure de la Beauté" au Musée d'Art et d'Histoire du Judaïsme

Cinéma avec :

"Roubaix, une lumière" de Arnaud Desplechin
"Thalasso" de Guillaume Nicloux
et Oldies but Goodies avec "Paris est toujours Paris" de Luciano Emmer en version restaurée

Lecture avec :

"Cavalier seul" de Fred & Nat Gévart
"Ce qu'elles disent" de Miriam Toews
"Cent millions d'années et un jour" de Jean Baptiste Andrea
"Chaque fidélité" de Marco Missiroli
"Où bat le coeur du monde" de Philippe Hayat
et toujours :
"Koba" de Robert Littell
"Back up" de Paul Colize
"La grande escapade" de Jean Philippe Blondel
"Un peu de nuit en plein jour " Erik L'Homme
"Une bête au paradis" de Cécile Coulon
"Une joie féroce" de Sorj Chalandon

Bonne lecture, bonne culture, et à la semaine prochaine.

           
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