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Donald Coupland  (Editions Au Diable Vauvert)  septembre 2011

"Joueur_1", le dernier opus en date du romancier canadien Donald Coupland, s'inscrit parfaitement dans le registre des huis-clos délétères et des atmosphères d'apocalypse qu'il affectionne et constituent sa marque de fabrique dans lesquels il décline ses thématiques récurrentes que sont la solitude, la normalité, l'échec et la quête de rédemption.

Tout comme la propension à nouer de fausses vraies intrigues qui se délitent en eau de boudin et qui ne semblent qu'être une concession spécieuse à la rationnalité et un alibi réaliste aux couleurs d'anticipation.

Mais peu importe au fond puisque le roman n'est qu'un cadre illustratif pour traiter de manière subliminale, en sous-texte, des concepts pseudo-scientifiques et de théories plus ou moins projectives sur la post-modernité et la post-humanité qui obsèdent l'auteur et dont le détail figure à la fin du roman dans un impressionnant lexique intitulé "La légende de l'avenir". Et sans doute est-il judicieux de commencer par sa lecture.

S'inspirant du procédé narratif du feuilleton télévisé américain "24 heures chrono", cet opus sous-titré "Ce qu'il adviendra de nous" et placé sous la sentence de l'inconnue "loi de Doug" ("Tu peux choisir de détenir l'information ou de vivre, mais pas les deux"), retient l'heure comme unité de temps et de chapitrage, en l'occurrence au nombre de 5, pour une narration constituée par la juxtaposition des soliloques et des récits subjectifs de 5 personnages.

Tout commence par une hausse phénoménale du prix du baril du pétrole qui va plonger les Etats-Unis dans le chaos total et sous un nuage toxique qui va tout exterminer sur son passage. Un scénario de fin du monde à faire saliver les scénaristes d'Hollywood mais qui laisse de marbre une poignée de quatre personnages, en transit spatial et en standby de leur vie, qui se retrouvent confinés dans un no man's land par excellence, un bar d'aéroport, qui va se transformer en bunker de survie.

En effet, aucun signe de panique face à la probabilité d'une mort imminente chez ces figures archétypales, voire caricaturales, qui semblent préfigurer d'un générique de superproduction étasunienne, dont les points communs résident en la quête obsessionnelle de la normalité, un mysticisme avéré et une indifférence relative au sort d'autrui.

A côté des personnages épisodiques que sont le rendez-vous sudokien, un gourou, un sniper contaminé et un ado rescapé déboussolé, deux femmes : une femme dans sa belle quarantaine qui rêve encore du prince charmant et a fait 1 500 kilomètres en avion pour rencontrer un inconnu internaute qui, partageant la même passion pour le sudoku, pourrait être l'homme d'une nouvelle vie et une jeune fille superbe mais atteinte du syndrome d'Asperger qui cherche un géniteur pour avoir une enfant et prouver à son père qu'elle est humaine.

Et deux hommes, un pasteur défroqué qui a pris la poudre d'escampette avec le magot de la paroisse et un barman qui a réussi son stage aux alcooliques anonymes, qui tourne en rond dans cette cage de laboratoire sous les yeux d'un étrange narrateur invisible et intermittent, le fameux Joueur_1 dont il est aisé de deviner, d'une part, qu'il s'agit d'un artefact et, d'autre part, de subodorer qu'il se cache sous l'identité d'un des humains. Et sans doute même de déterminer lequel.

Alors quelles seront les conséquences de ce huis-clos sur fond de fin du monde et ces cinq personnages survivront-ils à l'apocalypse pour devenir les fondateurs d'une nouvelle ère, celle du troisième testament après qu'un nouveau déluge aura rendu à la planète sa pureté originelle ?

Au demeurant, peu importe le dénouement prévisible. Donald Coupland manipule avec aisance les mots qui induisent dans l'esprit du lecteur un suspense qui n'existe pas et le récit conclusif a la force prédicatrice d'un sermon de Bossuet.

 

MM         
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# 5 juillet 2020 : Un avant goût de vacances

il fait (presque) beau partout, on sort un peu de chez nous, on voit nos amis, on pense aux vacances. Chez Froggy's on continuera tout l'été à vous alimenter en culture mais ce sera peut être un peu plus calme. En attendant, voici le sommaire et bien sûr le replay de La Mare Aux Grenouilles #5 !

Du côté de la musique :

"Les îles" de Benoit Menut
"Echange" de Brussels Jazz Orchestra, Claire Vaillant & Pierre Drevet
"INTENTA experimental & electronic music from Switzerland 1981-93" par divers artistes
"Jimmy Cobb" mix #19 de Listen In Bed
"Chausson le littéraire" de Musica Nigella & Takenori Nemoto
"Alessandro Scarlatti, il Martirio di Santa Teodosia" de Thibault Noally & l'Ensemble Les Accents"
et donc La Mare Aux Grenouilles numéro #5 avec la liste de ce qui a été abordé et le replay.
et toujours :
"Grand prix" de Benjamin Biolay
"The Beethoven collection Vol1 : Sonatas by Clementi, Hummel, Dussek and Wolfl" de Jean-Efflam Bavouzet
"Eivind Groven Symphonies N°1 & 2" de Kristiansand Symphony Orchestra sous la direction de Peter Szilvay
"L'heure bleue" de Marianne Piketty, Le Concert Idéal
"Tu rabo Par'abanico" de Marion Cousin & Kaumwald
"Veines" de Merakhaazan
"Silas" de Silas Bassa

Au théâtre dans un fauteuil de salon avec :

des créations :
"La Putain respectueuse" par Gérard Gélas
"Dracula Asylum" par Felicien Chauveau
"L'Homme qui rit" par Gaële Boghossian
"Cage" par Jacques Bellay
"Kyste" de et par Eloïse Hallauer et Camille Soulerin
et une pépite : "Jimmy's blues" de James Baldwin par Nicolas Repac et Anouk Grinberg
du théâtre moderne :
"Vient de paraître" d'Edouard Bourdet par Jean-Paul Tribout
"La vie de Galilée" de Bertold Brecht par Eric Ruf
le répertoire classique par la Comédie français d'hier et d'aujourdhui :
"Le Mariage de Figaro" de Beaumarchais
"On ne badine pas avec l'amour" d'Alfred de Musset
Au Théâtre ce soir :
"Les Petits oiseaux" d'Eugène Labiche
"La Reine Blanche" de Barillet et Grédy
"Les Petites têtes" d?André Gillois
des comédies :
"L'Opération du Saint-Esprit" de Michel Heim
"Jeux de mots bêtes pour gens laids" autour de textes de Bobby Lapointe
"Pochettes Surprise" de Jacky Goupil
du côté des humoristes :
"Jean Luc Lemoine - Au naturel"
"Moustapha El Atrassi - Second degré"
du théâtre visuel avec "L'Avare" par la Compagnie Tàbola Rassa
et enfin du théâtre lyrique avec"Ercole Amante" de Francesco Cavalli par Christian Hecq et Valerie Lesort

Expositions :

les réouvertures de la semaine :
le Musée d'Art Moderne dela Ville de Paris avec les collections permanentes de "La Vie Moderne" dans sa nouvelle présentation et la salle Matisse
le Musée Rodin
le Musée national des Arts asiatiques-Guimet
le Musée Cognacq-Jay et le Musée du Louvre
et les expositions en "real life" à ne pas manquer :
"Otto Freundlich - La révélation de l’abstraction" au Musée de Montmartre
"Turner, peintures et aquarelles - Collection de la Tate" au Musée Jacquemart-André
"Harper's Bazaar, premier magazine de mode" au Musée des Arts Décoratifs
"Christan Louboutin - L'Exhibition[niste]" au Palais de la Porte Dorée
"Cézanne et les maîtres - Rêve d'Italie" au Musée Marmottan-Monet
"Coeurs - Du romantisme dans l'art contemporain" au Musée de la Vie romantique
"Les Contes étranges de N.H. Jacobsen" au Musée Bourdelle
les Collections permanentes du Musée Cernushi
"Le Monde selon Roger Ballen" à La Halle Saint Pierre
"Helena Rubinstein - La collection de Madame" et "Frapper le fer" au Musée du Quai Branly
"Monet, Renoir... Chagall - Voyages en Méditerranée" à l'Atelier des Lumières

Cinéma :
en salle "L'Envolée" de Eva Riley
at home avec :
du thriller :
"La Isla minima" de Alberto Rodriguez
"La Onzième heure" de John Lyde
de la romance :
"La revanche d'une blonde" de Robert Luketic
'"Aime-moi comme je suis" de Stephan Meyer
"Coup de foudre en cuisine" de James Hacking
du drame :
"L'ombre du doute" d'Aline Issermann
"Tout va bien on s'en va" de Claude Mouriéras
"Henri" de Yolande Moreau
Ciné-Club français des années 60 :
"L'Insoumis" d'Alain Cavalier
"Le Chien" de François Chalais
"La Voleuse" de Jean Chapot
"Les Ennemis" d'Edouard Molinaro
et des raretés :
"Le Champignon des Carpathes" de Jean-Claude Biette
"King of the White Elephant de Sunh Vasudhara

Lecture avec :

"Isabelle, l'après midi" de Douglas Kennedy
"Les ombres de la toile" de Chris Brookmyre
"Oeuvres complètes II" de Roberto Bolano
"Un été norvégien" de Einar Mar Gudmundsson
et toujours :
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"De Gaulle sous le casque" de Henri de Wailly
"La faiblesse du maillon" de Eric Halphen
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