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Interview  (Paris)  13 octobre 2011

Cette soirée du 12 octobre annonce le second passage au New Morning du charismatique Bjørn Berge venu présenter son dernier opus Blackwood tout fraîchement sorti.

L’entrée en matière est assurée par un musicien attachant nommé Akli D. Cet artiste folk venu de Kabylie, a un petit côté "Bob Dylan du désert" avec ses cheveux hirsutes, son harmonica, sa guitare et sa sensibilité ! Malgré tout, les spectateurs ne se cachent pas d’être venus tout spécialement pour écouter le musicien norvégien. Entre blues, folk, rock, et black métal, impossible de ranger ce M. Berge, bien affranchi des pressions imposées par les majors, dans une catégorie précise ! Ce bonhomme solitaire conserve sa voix caverneuse alternant fines mélodies et rythmiques incisives.

Ce nouvel album reste dans la lignée du précédent opus intitulé Fretwork. Pas de réelles surprises mais toujours de très belles compositions imprégnées d’une incroyable personnalité ! Une mention toute particulière au titre "In & out", à l’instrumental "Blackwood" et au charme suranné de "Blues for one". Le fabuleux guitariste nous gratifie aussi d’une version aérienne et parsemée d’harmoniques d’un morceau de Joni Mitchell nommé "Woodstock". Dans tous les coins et recoins de la salle mythique, l’effervescence est palpable ! Je ne saurais que trop recommander, à ceux qui ne connaissent pas encore le personnage, de prêter une oreille attentive à son travail d’orfèvre.

Le lendemain d’un concert reçu très chaleureusement par le public parisien, Bjørn Berge nous recevait dans sa chambre d’hôtel pour une session et pour répondre à quelques unes de nos questions…

Chaque année, vous venez pour quelques dates en France, est-ce que vous ressentez l’intérêt croissant du public pour votre travail artistique ?

Bjørn Berge : Il y a des hauts et des bas (rires). De temps en temps, je viens à Paris et ça varie d’un soir à l’autre. C’est plutôt bien de jouer ici. Enfin, globalement on commence à me connaître petit à petit.

Sur le premier morceau de Blackwood, on peut entendre jouer un banjo. Est-ce un retour à vos racines musicales ?

Bjørn Berge : Oui et non, ce n’est pas un retour mais j’avais besoin d’un instrument différent pour que la chanson tourne comme ça (il joue un riff). Aussi, j’ai mis le banjo en toile de fond pour que la chanson devienne plus vivante. C’est la première fois que je joue du banjo sur l’un de mes propres albums solo. D’habitude, j’en joue plutôt sur les albums d’autres artistes.

Avec votre premier groupe, par exemple ?

Bjørn Berge : Oui, j’ai monté mon premier groupe quand j’étais jeune et je jouais du banjo. J’en ai aussi joué sur d’autres disques pop, mais aussi sur les bandes-son des publicités, des jingles pour la radio, plein de choses de ce genre. C’est la première fois sur cet album et c’est super après avoir joué de cet instrument durant autant d’années !

Sur Fretwork et maintenant sur Blackwood, vous jouez uniquement en acoustique. Avez-vous définitivement rangé votre guitare électrique ?

Bjørn Berge : Pour le moment, oui. Sur Fretwork, j’ai joué juste un petit solo en électrique, mais je préfère l’acoustique. La guitare acoustique est plus intéressante à cause de sa dynamique, de tous les bruits que l’on peut produire avec une seule guitare et aucun effet spécial sous le pied. Pour le moment, j’adore jouer en acoustique !

Vous êtes perçu comme un homme solitaire avec sa guitare. Est-ce un choix d’indépendance ? Avez-vous envie de réaliser des duos avec d’autres artistes ?

Bjørn Berge : Oui, peut-être, j’ai déjà eu des invités sur mes premiers disques comme certains chanteurs ou bassistes. Peut-être que sur un prochain album il y aura quelques invités. Tout dépend des chansons jouées, mais c’est une idée intéressante. En fait, je ne me suis jamais promis que je devrais constamment jouer seul ; je suis ouvert à ce sujet. On verra si cela se produit.

Dans ce dernier album, il y a une chanson intitulée "Woodstock" de Joni Mitchell. Est-ce un réel symbole pour vous ?

Bjørn Berge : Vous savez, le message de la chanson "Faites l’amour, pas la guerre", cela devrait un symbole pour tout le monde. Mais l’important à propos de cette chanson, c’est que j’en aime la mélodie. Les paroles s’ajoutent à la musique pour former un tout cohérent. La raison pour laquelle je l’ai choisie, c’est qu’il s’agit d’une bonne chanson. Bien qu’en général, je ne me soucie pas fondamentalement du sens des morceaux, cela reste un symbole de paix.

Avez-vous déjà pensé à faire une reprise d’un morceau français ?

Bjørn Berge : Une reprise en français ? (Hésitation) euh… oui ! (Il joue "Aux Champs Elysées")… (Rires) Non, pas encore, parce que cette langue est trop difficile à chanter. Le morceau "Champs Elysées" n’est pas la bonne chanson pour moi mais il y a de bons groupes et de bonnes chansons en France, alors, peut-être un jour.

Il est  très difficile de classer votre musique dans un style précis, aussi, est-il possible à l’avenir de réaliser un album purement blues ou un album purement rock ?

Bjørn Berge : Non, j’ai déjà essayé d’enregistrer un album de blues mais après la première chanson comme celle-là (il joue une rythmique classique blues), j’étais fatigué. En fait, j’aime métisser les styles, vous savez. Cela a toujours été ma signature de mettre une pincée de blues, une pincée de folk et de les mélanger. Pour ce qui est de faire un album rock, je suis trop vieux pour ça, peut-être, non ?

Et maintenant, quel est votre projet musical ?

Bjørn Berge : Je ne me projette pas dans le futur pour l’instant. J’essaie de faire au mieux avec mais je vais peut-être continuer à jouer en solo comme j’ai pour habitude de le faire dans mes spectacles. J’ai essayé de jouer avec d’autres personnes. Cependant, quand je commence à jouer avec d’autres musiciens, je finis par sonner comme eux et leur groupe est bien souvent meilleur que le mien. Aussi, je pense que j’essaie d’être ouvert musicalement et d’être bon en jouant mes morceaux. J’essaie juste de donner la meilleur, d’être plus divertissant, plus cool !

Vous avez une technique étonnante. Si vous aviez un conseil à donner à une débutante, comme moi, quel serait-il ?

Bjørn Berge : Cela dépend si vous jouez de la guitare depuis longtemps. Les principaux éléments sont la concentration et la patience. J’ai eu de jeunes élèves, ils sont venus me voir et je leur ai demandé : qu’est-ce que vous savez jouer pour le moment ? Ils savaient jouer 3 accords et c’était bien mais ils voulaient, juste après une seule leçon, jouer comme ça (il joue une rythmique et un arpège complexe). Vous pouvez apprendre ces choses complexes mais ça prendra du temps.

Aussi, on doit commencer lentement et si l’on prend par exemple le "finger picking" que j’utilise beaucoup, il y a des étapes basiques pour utiliser le pouce. Il faut le faire aller de haut en bas. Vous pouvez travailler cela pendant des heures et des heures jusqu’à que vos doigts tombent (rires). Vous devez utiliser ce va-et-vient pour la rythmique et les autres doigts pour la mélodie mais cela prend du temps parce que personne n’apprend aussi rapidement que la musique se déroule. Mon principal conseil est d’être très concentré, d’être patient et de vous appliquer. Si vous jouez ainsi, vous serez le meilleur !

Jouez-vous d’un autre instrument ?

Bjørn Berge : Oui, je joue du banjo, de la mandoline et du ukulélé.

Et du piano ?

Bjørn Berge : Je sais jouer du piano, je sais comment ça marche mais je ne suis pas un bon pianiste parce que cet instrument est réellement différent de la guitare. Sur une guitare, vous jouez le rythme avec la main droite. Sur le piano, c’est l’inverse. Sur la guitare, on joue la mélodie avec la main gauche mais sur le piano, on joue les basses avec la main gauche et la mélodie avec la main droite.

Je sais jouer du piano, je connais les notes, je sais lire la musique mais quand je joue, ça sonne comme ça (il mime le jeu des mains et soupirs). Mon plus grand souhait serait de savoir en jouer, parce que j’adore cet instrument, mais quand je m’assois devant (il mime un placage d’accords), non ! Même si le piano a des cordes, il faut arriver à les atteindre. J’ai aussi essayé de jouer du violon, mais c’était terrible au niveau du son. C’est plus facile d’obtenir un joli son avec une guitare.

Vous répétez chaque jour ?

Bjørn Berge : J’écoute de la musique tout le temps et j’essaie d’être inspiré par tout ce que j’écoute. J’ai commencé par le "finger picking" traditionnel et je tente de jouer d’autres styles, de nouveaux accords, des musiques d’avant-garde, j’essaie plein de chansons, des riffs funk... C’est formateur d’écouter autre chose plutôt que de me focaliser sur ma musique. Je suis convaincu que l’on devient meilleur musicien en écoutant les autres et en restant ouvert d’esprit. Peu importe le style, tant que cela parle au cœur. J’aime tous les styles de musique, j’aime le black métal aussi (rires). Cela me semble intéressant grâce à l’énergie et à la complexité nécessaire à ce jeu (il joue en imitant la mitraillette) tout est si rapide et waouh…

Merci !

Bjørn Berge : C’est bon ? C’était sympa, non ? J’espère que vous pourrez en tirer quelque chose et que les chansons n’étaient pas trop passives. En fait, la seule chose que je ne peux pas gérer dans une chambre d’hôtel, ce sont les voisins. Je joue comme ça depuis trois jours, ils doivent probablement être fatigués ! Ils vont être contents, je m’en vais demain !

Retrouvez Bjørn Berge
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En savoir plus :
Le site officiel de Bjørn Berge
Le Myspace de Bjørn Berge

Crédits photos : Thomy Keat (Toute la série sur Taste of Indie)


Sarah Defaye         
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# 13 octobre 2019 : On Manque de Mains D'oeuvres

Alors que la mairie de Saint Ouen a décidé de la fermeture de la salle mythique Mains d'Oeuvres, il est plus que jamais nécessaire de se mobiliser pour la culture. Alors on continue de notre côté avec beaucoup de musique, la fin de la session de Orouni, des tas de livres, du théâtre pour tous les goûts, des expos et plein d'autres choses (mais rien sur Dupont de Ligonnès). C'est parti.

Du côté de la musique :

"Vie future" de La Féline
"Kino music" de Pierre Daven Keller
"Miracles" de Sarah Amsellem
Rencontre avec Orouni dans les rayons d'une librairie
et bien entendu, Orouni en session live, toujours dans une librairie, par ici
"Beethoven, 5 sonates pour piano" de Michel Dalberto
"Ship of women / Somewhere in a nightmare" de Olivier Rocabois
"Disaster serenades" de Parlor Snakes
"A life with large opening" de Samba de la Muerte
"Les géraniums" de Marie Sigal
"Amazona" de Vanille
"Pulse" de Vincent David
Festival Levitation #7 avec The Warlocks, Frustration, Fat White Family...
Listen in bed Emission #2, Vinyles
Listen in bed Mix #2, The Sopranos
et toujours :
"Pas plus le jour que la nuit" de Alex Beaupain
"Matriochka : Romantic fantasies & Transcriptions from Russia" de Alexandra Luiceanu
"La nuit devant" de Baden Baden
"aMour(s)" de Fabien Martin
"L'arbre rouge" de Hugues Mayot
"Why me ? why not" de Liam Gallagher
"Les disques dans notre vide poche" le podcast #1 de Listen in Bed
"Drive" le premier mix de Listen in Bed
"Mademoiselle in New York" de Lucienne Renaudin Vary
"Still life : A tribute to Philip Glass" de Maud Geffray
"The flood and the fate of the fish" de Rabih Abou Khalil
Rencontre avec The Great Old Ones
"Sprayed love" de Xavier

Au théâtre :

les nouveautés avec :
"Fausse note" au Théâtre de la Contrescarpe
"Sabordage" au Théâtre 71 à Malakoff
"Rêves d'Occident" au Théâtre de la Cité internationale
"Donnant Donnant !" au Théâtre Athénée
"Piège pour Cendrillon" au Théâtre Michel
"La Famille Ortiz" au Théâtre Rive Gauche
"La Promesse de l'aube" au Théâtre de l'Atelier
"Ciel, ma belle mère !" au Théâtre d'Edgar
"De quoi je me mêle !" au Théâtre Athénée
"On est mal Macron, on est mal" au Théâtre des Deux Anes
"Looking for Beethoven" au Théâtre Le Ranelagh
des reprises :
"Adieu Monsieur Haffmann" au Théâtre Rive-GAuche
"Anna Karénine" au Théâtre de la Contrescarpe
"Les Crapauds fous" au Théâtre de la Renaissance
"La Convivialité" au Théâtre Tristan Bernard
"Il y aura la jeunesse d'aimer" au Théâtre Le Lucernaire
"Nature morte dans un fossé" au Théâtre du Gymnase
"Une leçon d'Histoire de France : de l'An mil à Jeanne d'arc" au Théâtre de Poche-Montparnasse
"Une leçon d'Histoire de France : de 1515 au Roi Soleil" au Théâtre de Poche-Montparnasse
"Vipère au poing" au Théâtre du Gymnase
et la chronique des spectacles à l'affiche en octobre

Expositions avec :

"Moderne Maharajh, un mévène des années 1930" au Musée des Arnts décoratifs
"Balzac & Granville, une fantaisie mordante" à la Maison de Balzac

Cinéma avec :

les sorties de la semaine :
"Martin Eden" de Pietro Marcello
"Little Monsters" de Nicolas
"Les Chemins de la haute ville" de Nicolas
la chronique des films de septembre
et la chronique des films à l'affiche en octobre

Lecture avec :

"Guerilla, le temps des barbares" de Laurent Obertone
"L'héritage Davenall" de Robert Goddard
"L'horizon qui nous manque" de Pascal Dessaint
"La petite conformiste" de Ingrid Seyman
"La véritable histoire des douze Césars" de Virginie Girod
"Les roses de la nuit" de Arnaldur Indridason
"Pyongyang 1071" de Jacky Schwartzmann
et toujours :
"Archives des enfants perdus" de Valeria Luiselli
"De pierre et d'os" de Bérengère Cournut
"L'accident de l'A35" de Graeme Macrae Burnet
"Le mystère Sammy Went" de Christian White
"Les furtifs" de Alain Damasio
"Lost man" de Jane Harper
"Vers une nouvelle guerre scolaire" de Philippe Champy

Bonne lecture, bonne culture, et à la semaine prochaine.

           
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