Franklin est le projet solo de Franck Rabeyrolles, échappé de Double U pour mitonner en solitaire et à la maison de bigarrées et biscornues pièces d'électro-pop bricolo-intello.

Malgré sa brièveté, Artificial Light regorge d'idées, de tentatives, d'explorations (seulement 35 minutes au compteur pour quatorze pistes, à la longueur oscillant entre 51 et 222 secondes). Regorge – dégorge, peut-être même, et rend l'ensemble passablement difficile à avaler pour l'auditeur moyen, qui aura certainement du mal à trouver ses repères dans ce dédale d'inventions synthétiques.

Il y a indéniablement quelque chose de très dansant au point de départ de cette musique. Mais ce quelque chose est travesti de tant d'apprêts que l'on ne sait plus, justement, sur quel pied danser. Extrêmement produit, si ce n'est produit à l'extrême, l'album a quelque chose du plaisir geek d'une composition pour la composition. Pas vraiment de mauvais goût, mais pas tout à fait irréprochable non plus.

Finalement plutôt bien nommé, Artifical Light peinera peut-être à s'imposer. On lui reconnaîtra néanmoins de réelles qualités ludiques. Après tout, n'était-ce pas le point de départ de la démarche de son auteur, s'affranchir de la pesanteur et du sérieux, s'offrir un espace de liberté musical ? C'est que la liberté a ce défaut-là : une fois qu'on l'a, il reste l'embarras de savoir qu'en faire.