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L'amour triangulaire  (Wagram Music / Cinq 7)  mai 2011

On l’a vu avec un groupe One-two, puis dans des collaborations féminines, puis dans un Cheesecake. Il a baroudé je ne sais où, a rencontré une super nana, a vécu une superbe histoire qui a fini mal, comme toutes les histoires d’amour en général, ce qui lui a inspiré la totalité de L’amour Triangulaire, ci-contre : Séverin, un nouveau petit jeune qui vient enrichir les rangs des descendants des chanteurs de la nouvelle vague des années 80.

L’album commence par une description lucide de la routine d’un couple, rien de tel que "Caresses automatiques" pour mettre les choses à plat, quand tout ne devient qu’habitude, quand la passion s’efface pour laisser place à cette espèce d’habitude confortable d’attendre et d’être attendu. C’est clair que c’est particulièrement morne, long et ennuyeux. Et il chante ça sur un air pop et des synthétiseurs sifflotant. Et c’est là que réside toute la dualité de l’album : des airs enjoués pour des thèmes tristounets. Mieux ! A la place de faire des disgracieux grumeaux, la sauce prend plutôt pas mal, résultant une galette amère et sucrée, comme si la nostalgie pouvait trépigner.

Sur des airs pop-électro, Séverin nous livre la panoplie complète de la plaie d’amour, tout seul, à deux, à trois, en trichant, en mentant, en partageant, la routine, la rupture, les espoirs, les envies et les avoirs… Tout y passe. Même la rupture pour cause de déprime, la maturité d’un type qui ose dire : "laisse-moi au vestiaire", je suis trop nul, va voir ailleurs : laisse-moi "Pendu à la pendule", ou une façon un peu douce amère de dire "tu me les casses".

"Les yeux dans les yeux", ou les quatre vérités à celui que l’on n’aime pas, à mon avis, un bon beauf vantard : "ton beau mariage, ton écran plat, ton île de Ré, ton job, ta vie de m...", ou la fille qui t’a piqué ton homme, ou le contraire, le type qui lui a arraché sa femme… L’envie de dire merde à tout ce qu’on voulait avec lui (ou elle), parce qu’elle (il) a construit ailleurs ce qu’on avait tendrement envisagé ensemble…"j’aurai du lire dans nos désirs pour qu’on puisse joliment se dire adieu" : "L’amour triangulaire".

Et puis il grandit et guérit au fur et à mesure, trouve dans ce quelque part l’énergie d’aller plus loin, de retrouver des habitudes "j’apprends à faire les courses, à repérer la grande Ourse" ("En noir et blanc"). Je suis d’avis que ce bazar aura duré 3 mois, c’est ce que disent les statistiques, 3 mois pour passer à autre chose, 3 mois pour cuver son amour mal tourné, 3 mois d’angoisse, 3 mois "dans cet état là, aveuglé, désabusé, les yeux tout ankylosés", 3 mois de déprime post-love ("3 mois sous terre").

Pour ce nouvel album, Séverin signe la bande son de la rupture, à mettre de côté au cas où, à la fois cynique et cinglant de réalisme, c’est un album parfaitement réjouissant, qui inspire pour l’après, la suite, comme quoi, une rupture amoureuse peut aussi déboucher sur mieux.

 

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Nathalie Bachelerie         
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# 5 avril 2020 : sous le soleil... mais pas vraiment

Les beaux jours sont au rendez vous en ce début avril mais nous, sages et confinés n'allons pas cette année envahir parcs et terrasses à comparer son bronzage à coup de vin rosé douteux... non on attend que la mort détourne les yeux de notre pauvre monde. Donnons nous un peu de baume au coeur avec notre sélection culturelle hedbo.

Du côté de la musique :

"Shut up Mix #13" par Listen in Bed à écouter en ligne
"Cerc" de Artus
Interview avec Christophe Chassol autour de son album "Ludi"
"Que faire de son coeur ?" de Eskimo
"Bonheur ou tristesse" de Lesneu
"Super lâche" de Maalers
"Zeno" de Muzi
"Shostakovich : Symphony N 8" de Orchestre National du Capitole de Toulouse & Tugan Sokhiev
"It's a mighty hard road" de Popa Chubby
"Chapter 3" de Tropical Mannschaft
"Cimes" de Volin
et toujours :
"44" de François Puyalto
"Yene mircha" de Hailu Mergia
"Le silence et l'eau" de Jean-Baptiste Soulard
"Gigaton" de Pearl Jam
"Metal band" de Bernard Minet
"Connection loss" de Caesaria
"The black days session #1" de Daniel Roméo
"Sixième sens" de Faut Qu'ça Guinche
Péroké, Coco Bans, Al Qasar, quelques clips pour lutter contre l'ennui du confinement
"Alterations" de Robin McKelle
"Love of life" de Vincent Courtois, Robin Fincker et Daniel Erdmann
"No return" de We are Birds

Au théâtre dans un fauteuil de salon avec :

en diffusion sur le net :
un classique revisité avec la vidéo de "Le Misanthrope"
une comédie dramatique historique avec le streaming de "A tort et à raison"
une comédie dramatique contemporaine avec le streaming de "Ils n'avaient pas prévu qu'on allait gagner"
une comédie contemporaine avec "L'heureux élu"
du divertissement caustique avec des inoxydables :
"J'aime beaucoup ce que vous faites"
"Sexe, magouilles et culture générale"
du boulevard avec :
"Ma femme s'appelle Maurice"
"Le Nouveau testament"
dans la série "Au Théâtre ce soir" :
"Folie douce"

"Chat en poche"
une gourmandise avec "La Belle Hélène" façon peplum hybridé comics
et des spectacles à voir ou a revoir en DVD :
"Orphée"
"Poisson et Petits pois !"
"Road Trip"

Expositions avec:

des balades muséales à Paris en en bord de Seine avec la visite virtuelle des collections permanentes du Musée d'Orsay, du Musée des Arts Décoratifs et du Musée du Quai Branly
pousser en province jusqu'au Musée des Beaux Arts de Lyon et même au Mucem à Marseille
et commencer un Tour d'Europe par l'Italie direction Galerie d'Art Moderne de Milan puis la Galerie des Offices à Florence
mettre la zapette dans le sac à dos pour s'aventurer dans les musées du bout du monde du Japon au The National Museum of Modern Art de Tokyo aux Etats Unis avec le Musée Guggenheim à New York
enfin retour at home en toute tranquillité mais en musique en son électro avec sur le Musée de la Sacem "Musiques électroniques - Des laboratoires aux dance floors"

Cinéma at home avec :

en mode Ciné-Club avec :
"Dementia" de Francis Ford Coppola
"M le maudit" de Fritz Lang
"La maman et la putain" de Jean Eustache
découvrir en DVD la filmographie de Jean-Daniel Pollet, réalisateur atypique - et méconnu - de la Nouvelle Vague pour lequel la Cinémathèque française avait prévu une rétrospective avec en parallèle la sortie en salles de ses films restaurés avec en streaming "Méditérranée
et des films récents sortis en DVD :
"Adults in the room" de Costa Gavras
"Au bout du monde" de Kiyoshi Kurosawa
"Martin Eden" de Pietro Marcello

Lecture avec :

"Aotea" de Paul Moracchini
"Fille et loup" de Roc Espinet
"Ghosts of L.A." de Nicolas Koch
"Pierre le Grand" de Thierry Sarmant
"Propriétés privées" de Lionel Shriver
et toujours :
"Banditi" de Antoine Albertini
"Champ de tir" de Linwood Barclay
"Chasseurs et collectionneurs" de Matt Suddain
"Les cents derniers jours d'Hitler" de Jean Lopez
"Les plumes du pouvoir" de Michaël Moreau
"Nefertari dream" de Xavier-Marie Bonnot

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Bonne lecture, bonne culture, et à la semaine prochaine.

           
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