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Paula Van der Oest  (février 2012) 

Réalisé par Paula Van der Oest. Hollande/Allemagne/Afrique duSud. Drame. 1h40. (Sortie 22 février 2012). Avec Carice van Houten et Rutger Hauer.

Nelson Mandela, lors de la cérémonie d’investiture qui en faisait le premier président noir de l’Afrique du Sud, a cité dans son discours un poème d’Ingrid Jonker, "Die Kind" (l’enfant), dans lequel elle évoquait le sort d’un enfant noir tombé sous les balles d’un policier blanc.

C’est dire si cette poétesse afrikaner au destin tragique est devenue un mythe dans son pays. Cette jeune femme à fleur de peau appartenait au cercle très fermé des écrivains blancs anti-apartheid.

Elle côtoya les plus grands, d’André Brink à Breyten Breytenbach, et sa position était d’autant plus courageuse que son père, Abraham Jonker, appartenait au parti national et présidait la commission de censure du parlement.

Dans le film de Paula van der Oest, il est incarné par la statue du commandeur du cinéma néerlandais : Rutger Hauer. L’immense Rutger Hauer peut-on écrire tant son parcours cinématographique est exemplaire : le "répliquant" de Blade Runner a traversé plus de trente ans de cinéma international pour devenir ce monstre rigoriste qui contribue à fragiliser sa fille.

On aura donc compris qu'"Ingrid Jonker" est un film qui appartient à ce genre cinématographique dont les puristes du 7ème art ne sont en général pas très friands : la biographie filmée.

Ce que les Américains appellent le "biopic" est pourtant désormais un genre majeur. De Coluche à Margaret Thatcher, de la môme Piaf à J.Edgar Hoover, tout est prétexte pour feuilleter un grand livre d’images d’Épinal et propice à grands numéros d’acteurs, parfois à la limite du cabotinage mais souvent récompensés par des Oscars ou des Césars.

Dans le cas d’Ingrid Jonker, c’est un peu différent : comme on connaît mal ou pas du tout l’oeuvre de cette artiste suicidaire, qui s’est noyée à 32 ans, on n’a pas l’impression d’une succession des vignettes imposées. Au contraire, grâce au film de Paula van der Oest, on découvre une personnalité talentueuse sous les traits enflammés de Carice Van Houten et l’on peut entendre de nombreux extraits de ses poèmes.

Certes, on pourra, comme nos amis néerlandais, regretter qu’ils soient récités dans leur traduction anglaise et pas dans leur version originale en afrikaans. Du coup, si on perçoit la beauté des images et la force des mots employés, on perd le rythme et la musique originales de la langue, si importants en poésie.

Faute coutumière aux productions américaines dont on ne jettera pas la pierre à Paula van der Oest. On la remerciera plutôt d’avoir ressuscité une artiste dont la fragilité rappelle beaucoup celle de Sylvia Plath. Juste après avoir vu son film, on pourra lire le recueil de poésies d’Ingrid Jonker paru en français. L’intérêt d’un bon biopic comme celui-là, c’est justement d’être une ouverture vers une œuvre et une vie.

Ingrid Jonker, via la belle interprétation de Carice Van Houten, vient donc de prendre sa vraie place parmi ces artistes maudits qui ont fait vibrer si fort le siècle passé.

 

Philippe Person         
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