Musique sep Théâtre sep Expos sep Cinéma sep Lecture sep Bien Vivre
  Galerie Photos sep Nos Podcasts sep
 
recherche
recherche
Activer la recherche avancée
Accueil
 
puce puce
puce Picasso à l'oeuvre - Dans l'objectif de David Douglas Duncan
La Piscine  (Roubaix)  du 18 février au 20 mai 2012

Coïncidences ? Je jette un dernier coup d'œil avant de partir : le dernier album de Mirrors git sur la table d'écoute tandis que 3 secondes de Mathieu, ouvert, laisse entrevoir ses plus plus belles pages d'intrigue... Je suis loin d'imaginer que la métaphore du reflet me poursuit ou plutôt me pousse à aller rencontrer Picasso et Duncan à la Piscine de Roubaix.

L'obstination d'un photographe

"Je n'étais pas non plus le meilleur des photographes. [...] Mais moi, j'étais le seul qui restait, jour après jour.", explique humblement David Douglas Duncan à propos de son œuvre autour de Picasso. A l'entrée de l'exposition Picasso à l'œuvre dans l'objectif de David Douglas Duncan, la vidéo se répète sans relâche et accueille les visiteurs. Curieux, ils s'arrêtent un moment. Hypnotisés, ils s'assoient pour mieux boire les paroles du photographe : l'histoire d'une période riche en œuvres et en clichés de 1956 à 1973. En vérité, Duncan est un conteur envoûtant et envoûté par son travail. Il nous donne envie de l'écouter des heures raconter ses moments de vie de photographe avec le "Maestro". "Pourquoi tu ne m'as jamais dit non ?" demande-t-il un jour au peintre. "M'as-tu déjà dit comment je devais peindre ?". Sa ténacité aura permis de conserver éternellement des moments magiques de la vie du peintre, sans masque...

Regards croisés

Un drôle de masque nous observe, suspendu. Les yeux y sont intenses et brillants. Ce sont ceux de Picasso, sous les traits d'un hibou. Nul besoin de parole, le décor est posé. Ces regards croisés annoncent bel et bien la fusion des genres artistiques. Pas à pas, j'entre alors dans la vie du peintre. Les premières photos nous plongent dans le vaste et lumineux atelier de Californie. Picasso y est pris sur le vif dans sa baignoire, le premier cliché du photographe. Simple et vrai. Son espace de travail y est plein de vie. Poussée par la curiosité, j'observe avec minutie : les pinceaux, l'abondance des tableaux, des sculptures... si libres et aujourd'hui tant emprisonnés. Et, de photo en photo, je vois l'artiste à l'œuvre. J'ai l'impression d'être tout à coup une observatrice de l'ombre, contemplant discrètement les œuvres dans son dos. Picasso ne pose pas. Pour autant, les images sont fascinantes : la justesse d'un trait de fusain, la détermination d'un regard, la concentration extrême d'un artiste...

La magie s'opère quand soudain, au détour d'une photographie, les œuvres apparaissent, comme sorties des photographies : sculptures, tableaux, dessins, lithographies et céramiques – quel lieu plus accueillant que La Piscine ? - Suis-je au cœur de l'atelier ? Je me prends au jeu de faire des va-et-vient entre clichés et œuvres, examinant chaque détail de l'objet fini et pourtant en pleine construction sur papier glacé. J'ai la sensation de faire des sauts de décennie en un regard. Je suis étonnée de trouver cet immense tableau : "Baigneurs à la Garoupe" et surtout cette vie autour de lui. Outre les carnets de croquis ayant servis à l'œuvre finale, on découvre Picasso dessinant les derniers traits de fusain de la peinture puis dansant, comme pour fêter son avènement.

Certains travaux m'absorbent particulièrement. Je reste un long moment devant les scènes de toromachies. "El paseo de cuadrillas" ou encore "Corrida" me touchent, peut-être parce qu'elles illustrent des scènes typiques, tirées des racines de l'artiste. Les traits, tels des ombres bedonnantes ou frêles sont simples et justes. Je m'interroge de la même façon en contemplant "Françoise au corsage" ou "Portrait de Jacqueline". La beauté y est si géométrique et pourtant si intense. Les créations de Picasso me paraissent être des squelettes de la réalité, sortes de représentations nues ou presque. Les quelques traits justes et simples suffisent à dégager l'émotion et la vie.

Avant d'achever la ballade au fil des ateliers, je compte, impressionnée, les stars qui ont visité Picasso : Gary Cooper, Yves Montand, Simone Signoret, Jean Cocteau... Quels hauts lieux de rencontres que ces antres !

Près de 150 œuvres ? C'est beaucoup et si peu ! Je suis frustrée de ne pas en découvrir plus... Oh, les puristes des périodes bleues, roses ou cubistes n'y trouveront peut-être pas leur compte. Quoique ? Bon nombre d'œuvres sont rares. Mais il est peut-être sage d'abaisser le voile, laisser la magie de l'artiste se révéler par ses œuvres.

 

En savoir plus :
Le site officiel du Musée La Piscine de Roubaix

Crédits photos : Rachel Debrincat, avec l'aimable autorisation du Musée La Piscine de Roubaix

Exposition coproduite par La Piscine - musée d'art et d'industrie André Diligent de Roubaix, le musée Picasso de Málaga et le Kunstmuseum Pablo Picasso de Münster, le commissariat est assuré par Stéphanie Ansari et Tatyana Franck


Rachel Debrincat         
deco
Nouveau Actualités Voir aussi Contact
deco
decodeco
• A lire aussi sur Froggy's Delight :

Pas d'autres articles sur le même sujet


# 24 mai 2020 : Culture pour tous !

Toujours pas de festival, de théâtre, de concert, et autres ouvertures de lieux de réjouissances diverses sinon quelques passe droits pour les amis de Manu. En espérant que tout rentre dans l'ordre et que l'on retrouve le plaisir du spectacle vivant bientôt. Soyez prudents, sortez couverts et restez curieux !

Du côté de la musique :

Interview de Roman Rappak autour de son nouveau projet Miro Shot
"Par défaut" de Antoine Hénaut
"Three old words" de Eldad Zitrin
"Night dreamer direct to disc sessions" de Gary Bartz & Maisha
"Mareld" de Isabel Sörling
"Miroir" de Jean Daufresne & Mathilde NGuyen
"Self made man" de Larkin Poe
"Notre dame, cathédrale d'émotions" de Maitrise Notre Dame de Paris
"Enchantée" de Marie Oppert
"Miroirs" de Quintet Bumbac
et toujours :
"Chante-nuit" de Facteurs Chevaux
"9 songs" de Pierre
"Sex education" de Ezra Furman
"Cage meet Satie" de Anne de Fornel et Jay Gottlieb
Interview de Batist & the 73' réalisé à l'occasion de son live Twitch dont des extraits accompagnent cette entretien
"Hundred fifty roses" de Dune & Crayon
"F.A. Cult" de Hermetic Delight
"Love is everywhere" de Laurent Bardainne & Tigre d'Eau Douce
"Hum-Ma" de Les Enfants d'Icare
"Spirals" de Sébastien Forrestier

Au théâtre dans un fauteuil de salon avec :

des créations :
"Frida jambe de bois" de Pascal Rinaldi en vidéo
le diptyque Arne Lygre mis en scène par Stéphane Braunschweig :
"Je disparais" en vidéo
"Rien de moi" en vidéo
des comédies :
"Alors on s'aime"
"L'Appel de Londres"
"Hier est un autre jour"
du divertissement :
"On ne choisit pas sa famille"
"Double mixte"
du vaudeville avec "Le Système Ribadier"
du côté des humoristes :
"François Rollin - Colères"
"La Teuf des Chevaliers du fiel"
"Franck Duboscq - Il était une fois"
Au Théâtre ce soir :
"Le canard à l'orange"
"Le prête-nom"
"Deux hommes dans une valise"
des classiques par la Comédie française :
"Le Petit-Maître corrigé" de Marivaux
"Cyrano de Bergerac" d"Edmond Rostand
et aller à l'opéra pour :
"Fortunio" d'André Messager
"Falstaff" de Verdi

Expositions avec :

les visites commentées par les commissaires d'expositions qui se sont tenues au Musée Jacquemart-André :
"Hammershøi, le maître de la peinture danoise" en vidéo
et "La collection Alana - Chefs-d'oeuvre de la peinture italienne"
partir en province pour découvrir en images le Musée d'Art Moderne et Contemporain de Strasbourg
et le Musée des Beaux-Arts de Nancy
puis en Europe en Espagne le Musée national Thyssen-Bornemisza à Madrid
en Allemagne au Städel Museum à Francfort
ailleurs au Brésil à la Pinacothèque de Sao Paulo
et au Japon au Ohara Museum of Art à Kurashiki
avant de revenir dans l'Hexagone pour une déambulation virtuelle dans le Petit Palais

Cinéma at home avec :

du drame : "Aime ton père" de Jacob Berger
de l'espionnage : "Les Ennemis" d'Edouard Molinaro
du thriller : "The Unseen" de Geoff Redknap
du thriller fantastique avec "La Neuvième Porte" de Roman Polanski
du divertissement :
"Cassos" de Philippe Carrèse
"Promotion canapé" de Didier Kaminka
"Les Frères Pétard" de Hervé Palud
de glorieux péplums italiens avec Steve Reeves :
"Les Travaux d'Hercule' de Pietro Francisci en VO
"La Bataille de Marathon" de Jacques Tourneur, Mario Bava et Bruno Vailati en VF
du western :
"L'Homme aux colts d'or" d'Edward Dmytryk
"Chino" de John Sturges
au Ciné Club, du cinéma français des années 30 :
"Mister Flow" de Robert Siodmak
"La Banque Némo" de Marguerite Viel
"Les amours de minuit" d'Augusto Genina et Marc Allégret
"Ces messieurs de la santé" de Pierre Colombier
et des films récents en DVD :
"Deux" de Filippo Meneghetti
"Les Eblouis" de Sarah Suco
"La Dernière vie de Simon" de Léo Karmann

Lecture avec :

"J'aurais pu devenir millionnaire, j'ai choisi d'être vagabond" de Alexis Jenni
"Les Beatles" de Frédéric Granier
"Washington Black" de Esi Edugyan
et toujours :
"Là où chantent les écrevisses" de Delia Owens
"Les lumières de Tel Aviv" de Alexandra Schwartzbrod
"Faites moi plaisir" de Mary Gaitskill
"La chaîne" de Adrian McKinty
"Incident au fond de la galaxie" de Etgar Keret

Froggeek's Delight :

Des lives jeux vidéo (mais aussi des concerts) tout au long de la semaine sur la chaine Twitch. Rejoignez la chaine et cliquez sur SUIVRE pour ne rien rater de nos diffusions.

Bonne lecture, bonne culture, et à la semaine prochaine.

           
www.myspace.com/froggydelight | www.tasteofindie.com   bleu rouge vert métal
 
© froggy's delight 2008
Recherche Avancée Fermer la fenêtre
Rechercher
par mots clés :
Titres  Chroniques
  0 résultat(s) trouvé(s)

Album=Concert=Interview=Oldies but Goodies= Livre=Dossier=Spectacle=Film=