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Théâtre de la Ville  (Paris)  mars 2012

Comédie dramatique de Roger Vitrca, mise en scène de Emmanuel Demarcy-Mota, avec Thomas Durand, Élodie Bouchez, Serge Maggiani, Hugues Quester, Valérie Dashwood, Philippe Demarle, Sarah Karbasnikoff, Anne Kaempf et Laurence Roy.

Ce n’est pas évident de monter une pièce connue pour avoir été un scandale lors de sa création. A fortiori une pièce qui a été pour le théâtre le fer-de-lance du mouvement surréaliste.

C’est donc à cette tâche difficile que c’est attelé Emmanuel Demarcy-Mota avec "Victor ou les enfants au pouvoir" de Roger Vitrac.

Créée en 1928, puis mise en scène par Antonin Artaud, cette œuvre foisonnait d’audaces et de provocations pour l’époque. Le problème, c’est que la provocation - n’en déplaise aux provocateurs - a souvent une date de péremption d’une durée assez courte. Vitrac, dans "Victor", s’attaquait au conformisme bourgeois, aux institutions comme l’armée et même au bon goût, avec la présence d’une mondaine pétomane.

Aujourd’hui, tout cela est bien connu, bien assimilé et, sauf pour quelques dizaines de spectateurs toujours incommodés par les relents de l’absurde surréaliste qui déserteront encore le théâtre, bien accepté.

Il faut donc montrer autre chose. C’est ce que fait Emmanuel Demarcy-Mota en éclairant la mécanique théâtrale de Vitrac, en lui donnant un rythme de comédie "bien huilée" plutôt que d’insister sur ce qui est dit "sérieusement" par un enfant de neuf ans joué par un adulte.

"Victor" devient alors une farce où dans le beau décor d’Yves Collet, les effets tombent littéralement à l’eau, en l’occurrence un bassin où les acteurs font plus que trempette. On se croirait parfois chez Tati, ou dans "The Party" de Blake Edwards, avec une maison centrale, carré blanc moderne qui se transforme pendant que s’amplifie le crescendo d’un désastre quasi burlesque.

Les comédiens font cause commune et paraissent bien s’amuser dans ce théâtre où les personnages ne sont pourtant, sauf les "enfants", que des caricatures. On réentendra avec plaisir la belle voix terzéffienne d’Hugues Quester. On appréciera Laurence Roy, hilarante en Ida Mortemart et ses gaz intempestifs. Quant aux enfants au pouvoir, Victor (Thomas Durand) et Esther (Anne Kaempf) réussissent parfaitement leurs performances et emportent la conviction.

Emmanuel Demarcy-Mota a donc réussi à faire passer à Vitrac le cap d’un nouveau siècle. Pour cela, il n’a pas oublié l’apport du chaînon manquant que fut Anouilh qui s’était lui aussi emparé de Victor à l’orée des années 1960.

Au bout du compte, un spectacle alerte et distrayant qui reste fidèle aux origines surréalistes de la pièce mais sait les dépasser sans les contredire.

 

Philippe Person         
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Du côté de la musique :
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"Yene mircha" de Hailu Mergia
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"Gigaton" de Pearl Jam
"Metal band" de Bernard Minet
"Connection loss" de Caesaria
"The black days session #1" de Daniel Roméo
"Sixième sens" de Faut Qu'ça Guinche
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"Alterations" de Robin McKelle
"Love of life" de Vincent Courtois, Robin Fincker et Daniel Erdmann
"No return" de We are Birds
et toujours :
"La course" de Bon Voyage Organisation
"Où ça en est ?" de Ceylon
"Blossom" de Coralie Royer
"Brothers of string" de Duplessy & the Violins of the World
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"Single carry me home" de Kokoroko
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"Five for five" de Michael Fine
"Mon étrangère" de Valentin Vander

Au théâtre dans un fauteuil de salon avec :

en diffusion sur le net :
une comédie contemporaine avec la captation de la création originelle de "Art"
du boulevard avec :
le streaming de "Fleur de cactus"
le streaming de "Jo"
un classique revisité avec la captation de "Peer Gynt"
une évocation de l'univers de Lewis Caroll avec la captation de "Lewis versus Alice"
dans la rubrique "Au Théâtre ce soir" :
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une gourmandise pour fan addict avec Fabrice Luchini en vidéo dans "Le point sur Robert"
et des spectales à voir ou a revoir en DVD :
"Le Paradoxe amoureux"
"Dieu habite Dusseldorf"
"ABC D'airs"

Expositions :

en toute tranquillité mais musicales avec sur le Musée de la Sacem :
"L'Opérette" de son Age d'or à la Belle Epoque au regain d'engouement avec sa réactivation par des compagnies contemporaines tels "Azor" et "La Grande duchesse de Gerolstein"
et celle dédiée à son roi "Jacques Offenbach"
au Musée de la Monnaie de Paris :
la visite virtuelle des collections permanentes et la visite de sa dernière exposition en date "Kiki Smith"
et passer les frontières avec la visite virtuelle des collections du Musée Guggenheim de New York

Cinéma :

Ciné-Club at home avec :
"Blue Velvet" de David Lynch
"Casanova" de Federico Fellini
"Les 39 marches" d'Alfred Hitchock
le téléfilm "Paris Best" de Philippe Lioret
et des films récents sortis en DVD :
"Les Eblouis" de Sarah Suco
"Alice et le maire" de Nicolas Pariser
"Noura" de Hinde Boujemaa

Lecture avec :

"Banditi" de Antoine Albertini
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"Chasseurs et collectionneurs" de Matt Suddain
"Les cents derniers jours d'Hitler" de Jean Lopez
"Les plumes du pouvoir" de Michaël Moreau
"Nefertari dream" de Xavier-Marie Bonnot
et toujours :
"Confession téméraire" de Anita Pittoni
"L'âne mort" de Chawki Amari
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"Riposte" de David Albertyn
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Bonne lecture, bonne culture, et à la semaine prochaine.

           
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