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Nick Cave & The Bad Seeds
Abattoir blues / The lyre of Orpheus  (Mute/Labels)  septembre 2004

"Je me souviens d’un géant sombre à l’allure de corbeau inversée
Qui se pliait et se pliait encore pour hurler aux foules qui l’adoraient
D’une voix écorchée qu’il était grand temps de se prémunir des ombres,
De courir aussi vite que possible vers les dernières cités de refuges.
Mais : en restait-il ?"

Après le somptueux et mésestimé No more shall we part sorti en 2001 où le lyrisme de Nick Cave atteignait au luxe, Nocturama, datant de l’année dernière, nous laissait quelque peu sur notre faim. Inégal, il contenait pourtant quelques moments de bravoures dont le fameux "Babe, I’m on fire".

Au même moment Nick Cave annonçait que Nocturama amorçait un tournant dans sa discographie : il y aurait désormais un nouvel album chaque année. Les choses allaient-elles donc changer et le mutisme de la fin des 90’s être définitivement oublié ?

Il semble que oui, puisque 2004 voit la parution de Abattoir blues / The lyre of Orpheus, album double plutôt que double album, qui contient deux parties complètement distinctes, quasi-indépendantes aux noms bien choisis.

Dr Nick…

Sur Abattoir blues, Nick Cave et ses Bad Seeds ne font pas dans la dentelle : nerveux, ne dépassant cependant les limites qu’à de (trop) rares occasions, l’ambiance est sombre, triste quelques fois noire.

Commençant avec le morceau le plus violent de l’album, le punky "Get ready for love", Nick Cave n’hésite pas à piocher son inspiration dans les précédents recueils du groupe.

Ainsi sur "Hiding all away", on retrouve un peu de la torture de "From her to eternity" (style "Avalanche" et "Well of misery"), renforcée ici par un sentiment de terreur que génèrent les chœurs. De même, il y a du groove du "Good son" dans "Messiah Ward" et les guitares tricotées de "Straight to you" ou "Nobody’s baby now" réapparaissent sur "Let the bells ring". Par contre le dernier titre "Fable of the brown age" étonne par son étrangeté.

Violons rangés (Warren Ellis s’occupant du café), pianos excités, toutes guitares – basse comprise – dehors, chœurs endiablés, rythmiques binaires, on ne s’ennuie pas sur un Abattoir blues qui fait bouger les jambes, où l’influence de Gallon Drunk est indéniable (1).

… And Mr Cave

On prend les mêmes mais on ne recommence pas sur un Lyre of Orpheus tout en délicatesse, mélancolie, spleen (3), sehnsucht où Nick Cave regarde parfois du côté de ses meilleurs descendants.

Chose surprenante, le tout premier titre contient un sample très proche de ceux utilisés par Einsturzende Neubauten sur "Tabula Rasa" (2). Et les surprises se poursuivent.

Sur le champêtre "Breathless" (4), le premier rôle est tenu par une flûte (qui se demande bien ce qu’elle fait là). Puis les Bad Seeds se travestissent en Tindersticks le temps d’un "Babe you turn me on" (d’où le titre). Quant aux morceaux suivants (dont "Easy Money" et "Supernaturally"), ils auraient eu tout à fait leur place sur No more shall we part.

Déconcertant à sa façon, nous sommes pourtant en terrain connu : cet album présente presque toutes les facettes de la carrière de Nick Cave et ouvre de nouvelles voies. Moins religieux, moins uniforme que les précédents aussi, nous tenons ici l’un des tout meilleurs Bad seeds.


En attendant le prochain (qui devrait donc sortir en 2005 et, d’après les rumeurs, sortir sous la forme d’un triple CD), nous allons pouvoir creuser encore et encore dans ce nouvel album en patientant jusqu’aux concerts d’Automne.

 

(1) Et pourtant James Johnston ne s’occupe ici que des claviers.
(2) Alors que Mr Blixa Bargeld ne fait plus partie du groupe, bizarre non ?
(3) Spleen parisien puisque c’est en la capitale française qu’ont été enregistrés ces titres, confirmant ainsi les rumeurs qui circulaient sur des Bad seeds traînaient au Piano vache au printemps dernier.
(4) Dont l’atmosphère est comparable à celle du single Here come the sun.

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Olivier K         
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# 30 novembre 2008 : une pluie de nouveautés

Le temps est à la pluie et au froid, raison de plus pour écouter de la musique ou vous octroyez un moment lecture bien au chaud chez vous, ou aller au théâtre et au cinéma.

Côté musique :

"Rest Now, Weary Head ! You Will Get Well Soon" de Get Well Soon,
"Hurricane" de Grace Jones,
"Xoxo Panda and the new kid revival" de Her Space Holliday,
"How we became" de Jeremy Warmsley,
"Ciné Magique" de Lily Frost,
"L'entredeux" de Marianne Dissard qui nous fait partager 4 titres en Froggy's Session,
"Bits" de Oxford Collapse,
Thomas Tantrum, Eugene McGuinness, Mr B the gentleman rhymer et Baddies à la Flèche d'or pour Rock is Dead #2
The Bellrays, Kabu Ki Buddah, Raymonde Howard et Second Sex au Fil de Saint Etienne
Et une nouvelle émission du Morceau Caché intitulée La biographie en temps réel

Au théâtre :

"Le songe d'une nuit d'été" aux Ateliers Berthier
"Othello" au Théâtre National de l'Odéon
"Les bouts de bois de Dieu" au Théâtre de la Tempête
"Gombrowiczshow" au Théâtre National de Chaillot
"Devant la parole" à la Maison de la Poésie
"Le repas" à la Maison de la Poésie
"Diagnostic" au Théâtre Daniel Sorano à Vincennes
"Les muses orphelines" à l'Aktéon Théâtre
"Mangiare" au Théâtre du Soleil
"Audimat" au Trianon
"Vu duo c'est différent" au Point Virgule
"Michel Hermon - Compagnons d'enfer" à la Péniche Opéra
et des reprises à ne pas rater : le Molière 2008 du meilleur spectacle seul en scène "Un monde fou" au Petit Théâtre de Paris avec Eric Métayer et une version savoureuse de "La flûte enchantée" au Théâtre des Mathurins

Expositions avec :

"Pollock et le chamanisme" à la Pinacothèque de Paris
"De Miro à Warhol - La collection Berardo à Paris" au Musée du Luxembourg

Lecture avec :

"Des néons sous la mer" de Frédéric Ciriez
"La mesure du temps" de Helon Habila
et dans la catégorie "Beaux livres" le catalogue de l'exposition "Picasso et les maîtres"

et du cinéma :

Edward au main d'argent de Tim Burton
un portait de Jason Statham
"Mesrine : L'ennemi public N°1" de Jean François Richet
"The duchess" de Saul Dibb
et "Vilaine" de Jean Patrick Bene et Allan Mauduit

Bonne lecture, bonne culture, et à la semaine prochaine.

           
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