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Wong Xiaoshuai  mai 2012

Réalisé par Wong Xiaoshuai. Chine/France. Drame. 1h50. (Sortie 9 mai 2012). Avec Liu Wenqing, Wang Jungchun, Yan Ni et Zhang Kexuan.

Du cinéma chinois contemporain, on a coutume de voir de grandes fresques historiques, orchestrées par des réalisateurs de renom (Chen Kaige, Yang Zhi Mou, John Woo), ou à l’inverse, des films intimistes ou expérimentaux, parfois arides et toujours plongés dans un quotidien dépouillé.

L’intérêt de "11 fleurs" est de nous immerger dans l’entre-deux, de nous faire découvrir un cinéma à la fois populaire et ambitieux dans son propos, puisqu’il emprunte les chemins d’une chronique familiale pour revenir sur une des pages les plus sombres du maoïsme, celle de la Révolution Culturelle, de la période où dominaient les Gardes Rouges.

Le réalisateur Wang Xiaoshuai s’attache à quatre garçons d’une dizaine d’années (les onze fleurs du titre étant une métaphore des onze ans du héros), pour la plupart enfants d’"intellectuels" contraints de vivre à la campagne et soumis aux joies du travail manuel pour quitter leurs habits de "petits bourgeois".

L’action se passe en 1974, au moment où l’élan révolutionnaire est en perte de vitesse et que l’expérience de la Révolution Culturelle s’est avérée un échec désastreux. Le jeune Wang Han, fils d’un acteur contraint de travailler à l’usine, est témoin de cette dérive, qui prendra la forme d’un fait-divers tragique.

Wang Xiaoshai s’est clairement inspiré de souvenirs autobiographiques pour suivre la vie scolaire de Wang Han, avec ses rituels propres à la Chine communiste, comme ces séances de gymnastique matinales.

Par petites touches, il reconstitue aussi ce qu’est une enfance, avec ses joies, ses bêtises, ses petits drames qui deviennent des montagnes comme la perte d’une chemise dont on était si fier. Une enfance aussi en danger quand il faut trahir ou dénoncer, quand il faut déjà comprendre comment survivre, comment sauver sa famille ou sa petite communauté.

"11 fleurs" est un hymne au peuple chinois habitué à souffrir, et qui n’a pas été déçu en la matière pendant cette période noire. Un peuple chinois toujours optimiste malgré tout et qui, malgré la peur et les épreuves, reste bonhomme et solidaire.

S’il n’y avait pas le poids de la "grande histoire", "11 fleurs" pourrait n’être qu’un film pour enfants narrant les aventures d’un "club des quatre" chinois. Wang Xiaoshuai réussit particulièrement bien à diriger ses petits gars hilares et débrouillards et surtout à restituer toute cette époque, que l’on connaît de manière théorique.

La “Révolution culturelle” est ici restituée du côté de la vie quotidienne et l’on voit comment les Chinois qui la subissaient s’en accommodaient au jour le jour. Ce n’est pas l’enfer, encore moins le paradis. C’est une contrainte imposée qu’il faut traverser en tenant compte de mystères idéologiques qui dépassent. Chacun poursuit sa route, petite fourmi courageuse et pleine d’élan.

Un film riche, vitaliste, chaleureux, plein d’amour qui ne souffre jamais d’être une coproduction franco-chinoise. Tout au contraire, on soulignera le mariage réussi des images de Wang Xiaoshuai et de la musique de Marc Perrone.

 

Philippe Person         
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Du côté des platines :

"Bright colors mean poison" de Dead Rock Machine
"Rivonia" de Dear Reader
"Dotsy Dot" de Dotsy Dot
"The beast in its tracks" de Josh Ritter
"Les mécanismes de la culpabilité" de Police des Moeurs
"L'homme dont les bras sont des branches" de Daran
"Independently blue" de The Duke Robillard Band
Press Gang Metropol au B-Spot de Nice, accompagné d'une interview de Press Gand Metropol
Mendelson et Fauve au Grand Mix de Tourcoing
Bauchklang en session
et toujours :
Capture en interview autour de leur disque "Where We All Belong"
"Constancia" de Garciaphone
"Mendelson" de Mendelson
"Atoms EP" de Mineral
"The lumineers" de The Lumineers
"Cool cocoon" de The Spinto Band
Présentation des Eurockéennes de Belfort
Présentation du Sonisphère
Sam Nolin en Froggy's Session

Au théâtre :
les nouveautés de la semaine :
"Quand je pense qu'on va vieillir ensemble" au Théâtre des Bouffes du Nord
"Amour, Révolution & Lapin à la moutarde" au Théâtre du Nord-Ouest
"La bande du Tabou" au Théâtre 13/Jardin
"Fables" au Théâtre de Belleville
"Je pense à Yu" au Théâtre Artistic Athévains
"Coco perdu" au Théâtre Le Lucernaire
"Les Mystères de Paris" au Théâtre de la Tempête
"Chassez le naturel !" au Théâtre de la Bastille
"Outreau" au Théâtre du Nord-Ouest
"Lise dans les flaques" au Théâtre Le Guichet Montparnasse
"La chaise de paille" au Théâtre du Nord-Ouest
"Que reste-t-il de nos amours" au Théâtre du Nord-Ouest
"Adèle a ses raisons" au Théâtre Le Proscenium
"Les fous du IV bis" au Café de la Gare

Exposition avec :

"Mike Kelley" au Centre Pompidou

Lecture avec :

"Chroniques de New York" de Cécile David-Weill
"L'art de manger" de Jean-François Piège
"Ecrits sur l'art" de Ingres
"La guerre aux pauvres commence à l'école" de Ruwen Ogien
"Les contes de la Folie-Méricourt" de Pierre Gripari
"VIII" de Harriet Castor
"Gimme more indie rock !" de Half Bob

Cinéma avec :
la sélection de la semaine :
"Song for Marion" de Paul Andrew Williams
à l'affiche :
"Porfirio" de Alejandro Landes
"Rock the Casbah" de Yariv Horowitz
"L'intervallo" de Leonardo De Constanzo
"Orléans" de Virgil Vernier
"Pari(s) d'exil" de Zirek
"The land of hope" de Sion Sono
"Le Voile brûlé" de Viviane Candas
"Pieta" de Kim Ki-Duk

Bonne lecture, bonne culture, et à la semaine prochaine.

           
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