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puce Les larmes amères de Petra Von Kant
Théâtre Athénée-Louis Jouvet  (Paris)  mai 2012

Comédiedramatique de Rainer Werner Fassbinder, mise en scène de Philippe Calvario, avec Maruschka Detmers, Joséphine Fresson, Julie Harnois, Roberto Magalhaes, Odile Mallet, Carole Massana et Alix Riemer.

Quand il a disparu, il y a déjà trente ans, Rainer Werner Fassbinder se consacrait presque totalement à son œuvre cinématographique, délaissant le théâtre où il avait fait ses premiers pas artistiques au début des années 1960.

Mais il appartenait à cette catégorie de grands cinéastes modernes qui affirment, en le prouvant dans leurs films, que "le cinéma c’est d’abord et surtout du théâtre".

Chez lui, pas question de de filmer contre la théâtralité, d’aérer les scènes de tension, de couper dans les discours. Chez lui, l’artifice était du côté de ceux qui refusent la parenté entre l’art cinématographique et la dramaturgie.

Ainsi ceux qui ont vu "Les Larmes amères de Petra von Kant" dans la version filmée en 1972 par Fassbinder pourront légitimement la comparer avec le travail présenté aujourd’hui Philippe Calvario.

Comparaison n’est peut-être pas raison, mais nécessité quand on se souvient de l’exercice virtuose de Fassbinder, des performances produites par ses deux plus belles actrices, Margit Cartensen et Hanna Schygulla.

Eh bien, Philippe Calvario se sort plutôt bien de l’exercice. Évidemment, il ne peut pas "filmer" ses personnages en gros plans intenses, les laisser parler plein champ en plans séquences. Alors, il évoque l’univers fassbindérien en le poussant presque jusqu’aux limites du boulevard.

Créatrice de mode, Petra est ici présentée dans un intérieur bourgeois où son métier est simplement figuré par un mannequin sur lequel est posé un vêtement en cours de réalisation.

Pour succéder à la glamoureuse Margit Cartensen, il a choisi en Maruschka Detmers une femme svelte et énergique cachant sous sa perruque blanc-blonde une vie à la dérive. Choix judicieux d’une actrice que Fassbinder aurait forcément utilisé s’il n’était pas mort à 39 ans avant qu’elle devienne la "Carmen" du Godard de "Prénom Carmen".

Charismatique et totalement dans un rôle où peut même parfois poindre un soupçon d’humour, Maruschka Detmers "mange" les autres personnages. Au lieu d’être l’histoire de la découverte douloureuse par une femme vieillissante de son homosexualité, "Les Larmes amères de Petra von Kant" ressemble ici aux mélos flambloyants hollywoodiens de Douglas Sirk, le maître de Fassbinder.

C’est un torrent de souffrance qui emporte une Petra sous l’emprise de la boisson et lui fait régler ses comptes avec tout son entourage parasite. Viendra alors l’heure de la rédemption amoureuse surprise et pour le spectateur un final qui convaincra les plus réticents.

À l’exception de cette fin placée sous la voix justifiée de Klaus Nomi, on pourra cependant regretter que les intermèdes musicaux "anglo-saxons" ne soient pas toujours pertinents, pas toujours cohérents avec l’esprit du dramaturge allemand.

Critique vénielle pour un spectacle maîtrisé et réussi qui permet de souligner l’intérêt persistant de l’oeuvre de Fassbinder, une œuvre qui, au fil du temps, cesse d’être vue du seul côté de la provocation, pour apparaître comme celle d’un des derniers humanistes, un des seuls ayant su parler au cœurs des hommes après 1945.

 

Philippe Person         
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# 12 février 2017 : Amoureux de la Culture

Chez Froggy's Delight on est amoureux toute l'année. Amoureux des arts et de la culture bien sûr et cette semaine encore nous vous présentons notre petite sélection. De quoi sans doute trouver de bonnes idées pour faire plaisir à votre alter ego en cette semaine de Saint Valentin.

Du côté de la musique :

"Hopelessness" de Anohni
Interview de Cléa Vincent autour de son disque "Retiens mon désir"
"Ty Segall" nouvel album de Ty Segall
South from here" de Winter Family
"Hors chant" de Dum Spiro
"Dakhla Sahara session" de Group Doueh et Cheveu
"L'étoile thoracique" de Klô Pelgag qui était de passage à Paris pour répondre à notre interview
"Sir" de Monsieur
Over the Top, Beautiful Badness et Midnight Colors dans une sélection de EP
"Minuit" de Rosie Marie

Classique, vous avez dit classque ?
"Philip Glass : Piano Works" par Vikingur Olafsson
Gustav Malher, l'intégrale parfaite
et toujours :
"Un coup de queue de vache" de Thomas Fersen, accompagnée d'une session live de 4 titres et d'une interview de Thomas Fersen, "Triomphe" de La Féline, "A night full of collapses" de Les Marquises, "Carnival of sounds" de Invaders, "Misophone" de Kursed, Interview de Petosaure autour de leur album "Le fantôme de l'enfant", "La surprise EP" de Rémi Parson, "Modern phase EP" de Hoan

Au théâtre :

les nouveautés de la semaine :
"Darius" au Théâtre des Mathurins
"Parle-moi d'amour" au Théâtre La Pépinière
"Le Terrier" au Théâtre de l'Union à Limoges
"Le Livre de Dina" au Théâtre de l'Union à Limoges
"Oncle Vania" au Théâtre Essaion
"Un baiser s'il vous plait !" au Théâtre Le Funambule-Montmartre
"Satané Manoir !" au Théâtre de Nesle
"Judy, Barbra et moi" au Théâtre Essaion
"Sérénade pour pianiste inachevé" au Théâtre Clavel
les reprises :
"Stavanger" au Studio Hébertot
"Florilège Molière" au Théâtre de l'Epée de Bois
"Cinq de Coeur- Le concert sans retour" au Théâtre des Bouffes Parisiens
des spectacles jeune public :
"Mooooooooonstres" au Théâtre Paris-Villette
"Alice au Pays des Merveilles" à la Manufacture des Abbesses
"Un Caméléon à Paris" à l'Aktéon Théâtre
et la chronique des autres spectacles de février

Cinéma avec :

le film de la semaine :
"Un paese di Calabria" de Shu Aiello et Catherine Catella
et les chroniques des autres sorties de février

Lecture avec :

"Eloge de la passion" de Carlotta Clerici
"Les mille talents d'Euridice Gusmao" de Martha Batalha
"Les spectacteurs" de Victor Hussenot
"Un bon garçon" de Paul McVeigh

Froggeek's Delight :

"Resident Evil 7 : Biohazard" de Capcom sur PS4, Xbox One et Windows
"Pokolpok" sur Android et iOS, un jeu pour vos enfants
La Switch de Nintendo, elle a tout d'une grande

Bonne lecture, bonne culture, et à la semaine prochaine.

           
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