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Pedro Juan Gutiérrez  (13E Note Editions)  août 2012

Le narrateur de "L'insatiable homme-araignée", factotum de l'auteur cubain Pedro Juan Gutiérrez, c'est un dur, un costaud, un tatoué, un macho pur jus de canne, qui a bien roulé sa bosse et pour qui la vie c'est boire, fumer et baiser entre divagations dans les bas-fonds de La Havane et angoisses existentielles de la cinquantaine qui agite l'épouvantail de l'andropause sous son... nez.

Mais c'est aussi un mélomane qui écoute Sibélius, Haendel, Brahms, Mahler et tutti quanti et qui traîne ses tongs pendant que son épouse trime dans une pizzeria pour assurer le rhum quotidien et rentre le soir éreintée et puant le graillon, ce qui n'attise pas l'érotisme conjugal.

Car c'est un artiste polyvalent, poète, peintre, sculpteur et écrivain, dont les écrits sont essentiellement alimentés par les tranches de vie crasseuses de Havanais en situation de survie après un demi-siècle de bourbier castriste scandés des soliloques foireux d'un dépressif, doublé d'un érotomane priapique et pour qui le summum de l'existence serait d'avoir un harem, et qui oscille entre mégalomanie narcissique ("moi, magnifique, et superbe et exemplaire unique") et désespoir ("en proie à une perplexité et une confusion permanentes").

Dans le suffocant climat tropical, ce fameux soleil - sous lequel la misère est moins pénible ? - qui exacerbe les couleurs, les odeurs et notamment celles des fluides corporels dispensés sans économie au cours de nuits blanches passées à danser, écluser et forniquer et accélère la pourriture, la saleté qui règne en maître, la pénurie qui pousse à se battre pour acheter des sacs d'os pour le peu de viande qui y adhère encore après le dépeçage de l'animal, cet homme blanc qui n’en a que pour le cul des noires, métisses et mulâtresses qui ne se montrent guère farouches dans la pratique d'un sexe pulsionnel, le sexe exutoire, pour échapper à un présent de merde, oublier un futur sans avenir, braver la camarde et jouir d'une liberté inaliénée.

L'opus se présente, comme l'indique l'éditeur, comme "un album de vignettes cubaines" et Pedro Juan Gutiérrez annonce tout de suite la couleur avec en exergue une citation de Hemingway.

Il appartient à cette génération d'écrivains nés au début des années 50 qui n'en finit pas de creuser le sillon de "Papá" et qui comme Charles Bukowski et consorts, à défaut d'imaginaire fécond leur permettant d'accéder à la fiction, font de leur vie et de celles des autres leur matériau.

Cela donne des instantanés d'un réalisme cru. La plume de Gutiérrez, qui pratique et revendique "le réalisme sale", ne s'embarrasse pas de marquises et ne fait ni dans la dentelle ni dans l'eau de rose. Ici le sentiment éthéré est un luxe inabordable, et il est fidèle à son credo littéraire : "Moi, j'écris pour provoquer un peu et obliger les autres à renifler la merde".

Pari tenu pour une immersion dans les poubelles, les taudis et l'intimité des Havanais à la dérive à travers ce que certains qualifie une ethnologie de quartier.

Pour découvrir l'envers du décor de carte postale d'une ville mythifiée.

 

MM         
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# 15 juillet 2018 : Allons z'enfants !

On continue le tour des festivals avec les Eurockéennes et le Hellfest, mais aussi le Off d'Avignon et plein d'autres belles choses à découvrir tout de suite dans le sommaire de la semaine :

Froggeek' s Delight :

"Detroit : Become Human" de Quantic Dreams sur PS4
La mode du Battle Royale va-t-elle tuer la créativité
dans le jeu vidéo ?

Du côté de la musique :

"Cover me session" de Hugo
On démarre la revue des festivals avec le Hellfest où nous avons passé 3 jours de folie :
Vendredi au Hellfest avec Joan Jett, Meshuggah, Juda Priest, A Perfect Circle...
encore le Hellfest le Samedi avec Rise of the Northstar, Pleymo, Deftones, Dimmu Borgir...
et on fini le Hellfest le Dimanche avec Megadeth, Iron Maiden, Marilyn Manson...

changement de décor, Vendredi au Eurockéennes de Belfort avec Beth Ditto, Prophets of Rage, Nine Inch Nails...
toujours les Eurocks, la journée du samedi en compagnie de Truckks, Queens of the Stone Age, Jungle ... (et semaine prochaine, le dimanche)
retour sur les 4 jours au festival de Beauregard :
Vendredi avec Charlotte Gainsbourg, Orelsan, Jack White, MGMT...
Samedi avec Eddy de Pretto, Black Rebel Motorcycle Club, Simpl Minds...
Dimanche avec Parquet Courts, The Breeders, At the Drive In, Bigflo & Oli...
et le bouquet final du lundi avec Depeche Mode, Girls in Hawaii et Concrete Knifes
et toujours :
"The symphonies" de Arvo Part
"Chambre noire" de Alexandre Nadjari
"What we've drawn" de Fuzeta
"Avec du noir avec du blanc" de Olivier Depardon
Shaggy Dogs en interview autour de leur album "All Inclusive"
"Murmures" de Tom Bourgeois

Au théâtre :

les nouveautés de la semaine :
"Italienne, Scène et Orchestre" à la MC 93 à Bobigny
"Bohême, notre jeunesse" à l'Opéra Comique
"Les Liaisons dangereuses" au Théâtre de Nesle
"Dîner de famille" au Théâtre d'Edgar
"Seconde chance" au Théâtre Le Funambule-Montmartre
dans le cadre du Festival au Village à Brioux-sur-Boutonne :
"Les Gravats"
"Au Banquet de Gargantua"
les chroniques des spectacles programmés au Festival Off d'Avignon
et les chroniques des spectacles à l'affiche pour l'été parisien

Expositions avec :

"Kent Monkman - Beauty and the Beasts" au Centre Culturel Canadien
et la dernière ligne droite pour :
"Mary Cassatt - Une impressionniste américaine à Paris" au Musée Jacquemart-André
"Corot - Le Peintre et ses modèles" au Musée Marmottan-Monet

Cinéma avec :

les films de la semaine :
"Paul Sanchez est revenu !" de Patricia Mazuy
"Penché dans le vent!" de Thomas Riedelsheimer
dans la catégorie Oldies but Goodies en version restaurée :
"Les Dames du Bois de Boulogne" de Robert Bresson
"Laura nue" de Nicolo Ferrari
les chroniques des sorties de juin
et les chroniques des autres sorties de juillet

Lecture avec :

"Génocide(s)" de Kazuaki Takano
"Le dernier tableau de Sara de Vos" de Dominic Smith
"Réveille-toi !" de François Xavier Dillard
"Le président a disparu" de Bill Clinton et James Patterson
"Sur un mauvais adieu" de Michael Connelly
et toujours :
"Histoire du fascisme" de Frédéric le Moal
"Jesse le héros" de Lawrence Millman
"Taqawan" de Eric Plamondon

Bonne lecture, bonne culture, et à la semaine prochaine.

           
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