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puce Medeski, Martin & Wood
Transbordeur  (Villeurbanne)  16 octobre 2004

Chaque fois c’est la même chose. On y va un peu à reculons, au concert de Medeski, Martin & Wood, 27 euros, quand même, ça fait mal au cul, pour qui ils se prennent ceux-là, et puis le dernier album, bof je l’ai écouté à la fnac : sans plus.

D’autant qu’on les a déjà vus, alors cette fois on en est sûr, on restera de marbre, fini le numéro de chien savant, on est blasé, lassé. Et puis les lumières s’éteignent, et le concert commence. Douce évocation de paysages lunaires : nappes de bruits entre-tissés, claviers soyeux, rythmes lointains et hachés, bribes de mélodies.

Chacun travaille le son dans son coin, eh les gars, vous êtes fâchés ou quoi ? et on se prend à vouloir leur donner le tempo, ou bien une tonalité, enfin quelque chose auquel ils pourraient se raccrocher. Cependant la sauce commence à prendre. D’où il vient le groove, qui l’a initié ? Impossible à dire.

Mais ça vous prend là, aux tripes, et le petit orteil se met à remuer. On lui a rien demandé à celui-là, mais c’est comme ça, c’est nerveux, désolé m’sieurs-dames, il en fait qu’à sa tête. Et quand les cabinets Leslie se mettent à tournoyer, l’orgue jappe, chante, hurle, la batterie se cale, la basse gronde et roule, et c’est soudain le pied, la jambe, et enfin le corps tout entier qui est happé par la musique.

Alors on ferme les yeux… Transe. Oui, Medeski, Martin & Wood est un groupe de scène.

Parce que l’improvisation qui fait son fond de commerce, naît avant tout de l’interaction du groupe avec son public, et que forcément ça ne se capte pas sur disque.

Parce que les trois larrons se débattent sur l’estrade comme dans une arène, John Medeski, debout parmi pas moins de six claviers, fier comme Artaban, le regard fixe et la pupille dilatée, Billy Martin, tête renversée derrière la batterie, assénant ses rythmes hypnotiques les yeux levés au ciel, et Chris Wood, au milieu du vacarme, penché sur son instrument, le cou tendu en avant, comme pour mieux intercepter les vagues de son qui lui viennent de part et d’autre.

Parce qu’ils ont gardé leur âme de gamin, joueurs, taquins, proposant chacun à leur tour une idée autour de laquelle broder, pour mieux s’en retirer, casser le rythme ou jouer la note qu’on attend pas, sourire en coin, de l’air de celui qui a bien dupé son monde.

Vous y avez cru vous ? Et le public rit et bat des mains, acquis au groupe, saluant au passage un thème connu (c’est quoi, déjà ? merde, putain, je connais pourtant) qui pointe son nez au milieu du magma sonore.

Mais plus que ça encore… Ce soir, c’est sûr, John Medeski a tenté de prendre contact avec les extra-terrestres.

Pour preuve ce clavier au look improbable, plus proche du tableau de bord du Millenium Falcon que des daubes Yamaha qui ont fait le succès de Phil Collins. R2D2, backstage, se balance gaiement d’un patin sur l’autre, répondant par des couics ou des couacs aux sons hallucinés sortant des entrailles du monstre. Comme moi, finalement, qui tape comme un con sur mes genoux, bouche bée.

On pourrait évoquer l’arrivée dans le rig de Medeski d’un clavier orange au timbre plus que synthétique, genre générique d’Amicalement Votre, ou bien le fait que les nouveaux titres passent bien, mieux peut-être que les vieux tubes (l’attrait, pour eux comme pour nous, de la nouveauté ?), mais à quoi bon, puisqu’au fond l’expérience reste la même…

Après treize ans passés au service d’un jazz rock funky et free, quelque part entre Coltrane, Hendrix et les Meters, Medeski, Martin and Wood réussissent encore, soir après soir, à recréer le bidule, à imposer leur univers musical à nos oreilles ébahies qui n’en demandaient pas tant.

Merci, messieurs, pour ce concert époustouflant.

 

Tim F         
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Du côté de la musique :

"Contemporary" de Adélaide Ferrière
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Rencontre avec Cyril Adda, autour de on album "L'îlot" et de sa session live de 5 titres
"Beethoven : intégrale des sonates pour piano" de Fazil Say
"Happy mood !" de François Ripoche
"L'appel de la forêt" de Julien Gasc
"Satchidananda", nouveau et 11eme mix de Listen in Bed
"Song for" de Noé Huchard
"Amours, toujours !" de Smoking Joséphine
"Rêve d'un jour" de The Chocolatines
"The Bear and other stories" de The Fantasy Orchestra
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"Origenes" de Sotomayor
"Perdida" de Stone Temples Pilots
"Endless voyage" de Sunflowers
"Brothers in ideals" de The Inspector Clouzo
"Come on in" de Thorbjorn Risager & The Black Tornado
"Bury the moon" de Asgeir
"The wall single" de Fontiac
"M. I. A." la 10ème émission de Listen in Bed à écouter en ligne
"Cailloux & météores" de Mira Cétii
"Ghosts" de Mokado
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Au théâtre :

les nouveautés avec :
"Transmission" au Théâtre Hébertot
"Play Loud" au Théâtre La Flèche
"Satsang !" au Théâtre La Croisée des Chemins-Belleville
"Labiche Repetita" au Théâtre Le Funambule-Montmartre
"Le Tour du théâtre en 80 minutes" au Théâtre de Poche-Montparnasse
"Dieu est mort. Et moi non plus j'me sens pas trop bien !" au Théâtre Le Funambule-Montmartre
"Isabelle Vitari - Bien entourée" au Palais des Glaces
"Cabaret décadent - Revue Electrique n°25" au Cirque Electrique
"Les Amants de Varsovie" au Théâtre du Gymnase
les reprises :
"Dementia Praecox" au Théâtre Elizabeth Czerzuk
"Ruy Blas" au Théâtre Gérard Philippe de Saint-Denis
"Dieu, Brando et moi" au Studio Hébertot
et la chronique des spectacles à l'affiche en février

Expositions avec :

"Coeurs" au Musée de la Vie romantique
et la dernière ligne droite pour :
"Hans Hartung - La fabrique du geste" au Musée d'Art moderne de la Ville de Paris

Cinéma avec :

"Le Cas Richard Jewell" de Clint Eatswood
"L'Etat sauvage" de David Perrault
et la chronique des films sortis en février

Lecture avec :

"Ada & Rosie" de Dorothée de Monfreid
"De rien ni de personne" de Dario Levantino
"La mémoire tyranique" de Horacio Castellanos Moya
"Santa muerte" de Ganino Iglesias
"Tout pour la patrie" de Martin Caparros
"Bon Rundstedt, le maréchal oublié" de Laurent Schang
et toujours :
"Apaiser hitler" de Tim Bouverie
"L'odysée du plastique" de Eric Loizeau
"La résurrection de Joan Ashby" de Cherise Wolas
"Les lumières de Niteroi" de Marcello Quintanilha
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Bonne lecture, bonne culture, et à la semaine prochaine.

           
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