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Espace Confluences  (Paris)  septembre 2012

Spectacle conçu et mis en scène par Judith Depaule et interprété par Élisa Yvelin.

"Corps de femme 3 - Les haltères" est le troisième volet de la quadrilogie que Judith Depaule consacre aux femmes dans les sports réputés masculins parce qu'ils exigent une importante force physique.

Après le lancer de marteau à travers le cas de l'athlète polonaise Kamila Skolimowska, première championne olympique dans sa discipline ("Corps de femme 1 - Le marteau") et le rugby à travers des portraits de joueuses de clubs d'Île-de-France ("Corps de femme 2 - Le ballon ovale"), Judith Depaule consacre ce chapitre à la championne du monde 2010 d’haltérophilie dans la catégorie des moins de 48 kilos, la turque Nurcan Taylan qui peut lever une masse équivalente à deux fois et demi celle de son propre corps. Fille d'un ouvrier qui travaillait la fonte, elle a découvert l’haltérophilie au collège avec un professeur de sport ancien membre de l'équipe nationale. 

Ce volet est certainement le plus ambitieux en terme de mise en scène. Judith Depaule quitte le registre de la sociologie pour s'intéresser presque uniquement au corps de la championne turque.

Lorsque celle-ci se livre, même si elle déclare à un moment être une femme sentimentale et fragile, elle n'évoque le reste du temps que l'entraînement, la répétition des mouvements, et sa fierté de mettre sa force au service du rayonnement de la Turquie. Jamais elle n’interprétera cette enveloppe charnelle en terme d'objet désirable ou désirant.

Judith Depaule s'attache donc à rendre compte des modification du corps de l’haltérophile sous l'effort durant les entraînements. A partir de là, quelle est l'essence de la féminité, comment se manifeste cette féminité, comment Nurcan Taylan parvient-elle à vivre son être femme à travers un corps musclé, et pourtant étonnement peu massif, qu'elle a fait travailler des années durant pour qu'il devienne un outil de puissance?

Un corps de femme mais un corps forcément maltraité, des muscles meurtris sous les charges, une structure qui gardera des séquelles d'un entraînement intensif. A l'écran, la championne turque semble toujours très seule.

Comme lors des précédents volets, devant l'écran, une actrice joue le rôle de l’haltérophile, mais Elisa Yvelin est autant danseuse et mime qu'actrice. Son corps, d'abord totalement emprisonné dans un costume de muscles de baudruche qui déforme sa silhouette, incarne la légèreté dans une enveloppe ambiguë.

Elle amplifie les aspects les moins spectaculaires de l’haltérophilie, la vitesse, la technique des mouvements, la déformation du visage sous l'effort. En projection de lumières sur le corps de la danseuse, les organes de l’haltérophile s'animent, son coeur palpite de plus en plus vite, son flux sanguin s'accélère, sa pression artérielle augmente, ses muscles se bandent et libèrent la force brute nécessaire pour soulever la fonte. Sa prestation est remarquable, entre fragilité et fierté, à l'image de la championne.

La mise en scène intelligente de Judith Depaule effectue un mouvement de bascule entre présence physique de l'actrice danseuse et insertions de vidéo. Ce balancement rappelle les mouvements horizontaux des barres de fonte soulevées puis lâchées sur le plateau. De même, un petit personnage dessiné crée ce mouvement de balancier entre l'écran et la scène lorsqu'il est projeté sur le corps de la danseuse.

Les mouvements se déroulent sur un fond de bruits de poids levés puis relâchés au sol. Bruits métalliques et répétitifs de la salle d'entraînement qui rappellent certains morceaux anciens d'Einstürzende Neubaten.

"Corps de femme 3 - Les haltères" est donc une surprise par rapport aux autres volets. Ce spectacle est plus visuel que les précédents, s'intéressant au physique plus qu'à la féminité, il est plus corporel, moins intellectuel, plus dansé, moins interprété. Et pourtant il s’intègre à l'ensemble de manière cohérente.

Il peut aussi être vu sans connaître le reste de l'oeuvre de Judith Depaule, car elle y exprime une vraie vision de femme et la prestation d'Elisa Yvelin est puissante.

Nurcan Taylan a été, en juin 2012, suspendue pour dopage. Ceci a certainement été une surprise pour Judith Depaule alors que le spectacle était presque complètement écrit et mis en scène. Mais cette actualité lui offre une transition parfaite pour le quatrième volet qu'elle prépare pour 2013 et qui sera consacré aux produits dopants.

 

Laurent Coudol         
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Alors que la mairie de Saint Ouen a décidé de la fermeture de la salle mythique Mains d'Oeuvres, il est plus que jamais nécessaire de se mobiliser pour la culture. Alors on continue de notre côté avec beaucoup de musique, la fin de la session de Orouni, des tas de livres, du théâtre pour tous les goûts, des expos et plein d'autres choses (mais rien sur Dupont de Ligonnès). C'est parti.

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