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puce Sarvil l'oublié de la Canebière
Comédie Bastille  (Paris)  octobre 2012

Spectacle musical de Frédéric Muhl Valentin et Ali Bougheraba d'après le livre éponyme de Georges Crescenzo et Michel Alione, mise en scène de Frédéric Muhl Valentin, avec Ali Bougheraba, Camille Favre-Bulle, Benjamin Falletto et Cristos Mitropoulos accompagné à l'accordéon par Anthony Doux.

Attention gaité ! Attention humour ! Attention spectacle à ne pas manquer ! Sil est une chose que fera à coup sûr le spectateur qui sera allé voir "Sarvil, l'oublié de la Canebière", ce sera d'en parler autour de lui.

Car, après avoir vu ce "musical marseillais", on ne peut qu'avoir envie de faire partager le moment de bonheur que procure ce spectacle qui se donne pour enjeu de réhabiliter la mémoire de René Sarvil, le maître de la chanson populaire marseillaise, souvent mis en musique par Vincent Scotto et dont les textes restent dans toutes les mémoires de sept à cent-sept ans, qui ont fredonné "Le plus beau des tangos du monde", "Adieu Venise provençale" ou "Le Chapeau de Zozo".

Évidemment, la chanson française, dans sa forme la plus simple, celle qui ne prétend pas rivaliser avec Baudelaire ou Verlaine, est souvent décriée et méprisée. Alors, forcément, on se doute que sa version méridionale provoque encore plus de moues dédaigneuses. On se gausse des roucoulades de Tino Rossi, des chanteurs "avé l'assent" et on se pince le nez devant les odes à la bouillabaisse et à l'aïoli.

Voir tout un spectacle consacré à celui qui à célébré la "cane cane Canebière" ne pourrait être a priori qu'une idée d'ancien aficionado des "opérettes marseillaises", des nostalgiques d'Andrex, Rellys ou Alibert.

Et pourtant, René Crescenzo, dit René Sarvil, né de parents italiens et comme bien des Marseillais pas à Marseille même, est à redécouvrir. Ce fou de travail a régné pendant presque quarante ans sur les revues et les opérettes à "la marseillaise", après avoir créé le genre.

Et ses chansons, qu'il écrivait très bien sans facilités ni vulgarité, sont à réécouter, à réentendre sans oeillères ni préjugés : et comme cela tombe bien, c'est ce que se propose la petite troupe qui chante et qui galège autour de "Sarvil, l'oublié de la Canebière" !

Quatre chanteurs, Camille Favre-Bulle, Benjamin Falletto, Cristos Mitropoulos et Ali Bougheraba, menés par ce dernier, qui se réserve le rôle titre et celui du narrateur, vont accomplir leur tache avec du soleil dans la voix et un cœur gonflé à la générosité.

Et avec un respect total pour Monsieur René Sarvil : pas question, ici, de se moquer de ses textes débordant de bons et de beaux sentiments. Ils seront chantés au premier degré, celui qui permet de saisir la belle et simple poésie que comprenaient les humbles et les petites gens qui s'en nourrissaient dans le Vieux-Port.

Et cela n'empêchera pas de les entrecouper de gags et de blagues quand il s'agira de raconter la vie de Sarvil, fil conducteur du spectacle écrit par Ali Bougheraba et Frédéric Muhl-Valentin, par ailleurs très imaginatif metteur en scène puisqu'il réussit à faire tenir un vrai, un authentique spectacle musical, dans un espace apparemment peu propice à l'ambition de recréer l'Alhambra de Marseille.

On ne répétera jamais assez que l'on s'amuse et que l'on peut même se surprendre à fredonner des chansons qu'on ignorait connaître aussi bien !

Avec la magie de l'accordéon MIDI d'Anthony Doux, accordéon numérique qui lui permet de jouer presque tous les autres instruments avec les boutons de sa "boîte à punaises", on retrouve comme de bien entendu les chansons d'Alibert ou de Fernandel. On découvrira même que Sarvil, complice un petit bout de temps de Pierre Dac à Montmartre, a écrit en 1940 une revue dont le titre est explicite : "Ta gueule, Adolf".

Brillants, prouvant qu'on chante et danse aussi bien à la Bastille qu'à Broadway, nos petits chanteurs à la sauce phocéenne réussissent haut la main leur pari : au bout d'une heure et demie, Sarvil n'est plus un inconnu, ses chansons sont redevenues des ritournelles inoubliables, et pas des tubes dégoulinants de mièvrerie, pendant que l'axe Paris-Marseille se révèle une route heureuse et fraternelle à mille lieux de la tristesse guerrière d'un PSG-OM.

On osera ajouter que ce spectacle réjouissant devrait vite dépasser le contingent estimable des amateurs d'opérettes marseillaises. Il a tout pour fédérer tous les publics et contredire le titre de la biographie dont il utilise la trame : René Sarvil ne sera bientôt plus l'oublié de la Canebière, mais, au contraire, son chantre glorieux.

 

Philippe Person         
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