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Théâtre Montmartre Galabru  (Paris)  octobre 2012

Comédie de Frédéric Lordon, mise en scène de Judith Bernard, avec Judith Bernard, Gilbert Edelin, Benjamin Gasquet, Sylvain Merle, David Nazarenko, Benoît Résillot et Aurélie Talec accompagnés au piano par Ludovic Lefebvre.

Frédéric Lordon, économiste peu orthodoxe et pas libéral pour un sou ou un euro, s'est amusé à écrire une pièce en alexandrins pour expliquer la crise économique et en dénoncer les responsables-profiteurs.

En moins de temps qu'il faut pour lire un article fouillé du Monde Diplomatique sur le même sujet, on suivra donc la brillante et hilarante démonstration de Frédéric Lordon mise en scène par Judith Bernard. Il y pointe la responsabilité des banquiers et surtout dénonce en nous faisant rire le tour de passe-passe de ces illusionnistes qui ont réussi à faire payer leurs imprudences boursières aux contribuables-citoyens.

"D'un retournement l'autre" est donc une pièce qui concerne tout le monde, une pièce didactique et pédagogique que Judith Bernard a eu la bonne idée de traiter en "mini comédie musicale" aidée par la musique alerte de Ludovic Lefebvre qui accompagne au piano les méfaits et gestes de nos chevaliers d'industrie modernes.

On y chante et on y danse et ce n'est pas un hasard, car il faut se rappeler que c'est après la crise de 1929, la plus belle des crises qui précède la nôtre, que sont nés les grands "musicals". À Broadway comme à Paris, on chantait dans les années 1930 que "La Crise est finie !". Ici, les copains et les coquins, les traders et les conseillers du prince, annoncent joyeusement que la crise bat son plein...

Dans quelques semaines, une version cinéma de ce "Grand Retournement", orchestrée par Gérard Mordillat, sortira en salles avec Jacques Weber, François Morel et Edouard Baer. On pourra comparer et on s'apercevra que le travail de Judith Bernard, avec une troupe homogène et bien rôdé, est bien plus dynamique. Sans doute, parce que les huit comédiens incarnent tour à tour les nombreux personnages qui interviennent dans la pièce de Frédéric Lordon.

Pour leur donner des identités différentes, Judith Bernard a utilisé une astuce formidable : sur le dos de sa veste, chaque acteur porte une étiquette indiquant sa fonction que ses camarades collent et décollent en fonction de ses changements de rôles. Tous assis au fond de la scène à s'activer comme dans la salle des marchés d'une grande banque, ils se lèvent quand ils doivent intervenir, avancent au devant de la scène, et se retournent un instant pour nous montrer qui il sont le temps de leurs tirades. 

Au final : pas de temps perdu et la possibilité de rendre théâtral ce que Frédéric Lordon avait écrit sans trop se soucier de la possibilité d'être joué ou jouable.

On soulignera donc ce tour de force qui consiste à dire beaucoup de choses et à le faire sur un tempo aussi bien rythmé.

Qu'on soit altermondialiste ou banquier, taxé à 75 % ou érémiste, on tombera tous d'accord sur l'originalité du sujet et la qualité de son traitement.
Ce n'est pas tous les jours que le théâtre crée un tel consensus politique !

 

Philippe Person         
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