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Grand Palais  (Paris)  Du 10 otobre 2012 au 28 janvier 2013

Au Grand Palais, la rétrospective "Edward Hopper" organisée en partenariat avec le Centre Pompidou par la Réunion des Musées Nationaux-Grand Palais et le Musée Thyssen-Bornemisza de Madrid, est considérée comme "la" grande exposition de la rentrée muséale 2012-2013.

Si le nom d'Edward Hopper ne vient peut-être spontanément aux lèvres pour le grand public grand public, en revanche, il connaît sans doute ses tableaux dont les reproductions sont largement diffusées et utilisées comme illustrations, dur coup du sort pour un peintre qui a longtemps pratiqué à contre coeur cette activité graphique purement alimentaire.

Conçue par Didier Ottinger, directeur adjoint du Musée National d'Art Moderne du Centre Pompidou, l'exposition se présente comme une monstration chronologique en deux parties classiques, les années de formation, avec notamment des aquarelles et des gravures, et la maturité, dans une scénographie minimaliste.

Présentant la moitié du thésaurus pictural de Hopper, peintre à la production picturale chiche d'une centaine de toiles, dont un grand nombre de tableaux emblématiques, elle prend en quelque sorte le relais de l'exposition du Withney Museum of American Art de New York qui a tourné en Europe en 2010.

Cette dernière était particulièrement intéressante par son parti pris d'une approche par le processus créatif avec les études préparatoires des tableaux lesquelles sont particulièrement éclairantes quant au processus abstrait et codifié de construction des scènes élaboré par Hopper.

La peinture de Edward Hopper - Fragments d'une mythologie américaine et autoportraits d'un homme en quête introspective

L'oeuvre de Hopper est unique à plus d'un titre. Sans équivalent ni filiation en son temps, non seulement elle ne se prête pas à l'étiquetage mais elle a été peu commentée par un artiste introverti et peu disert qui reconnaissait quelques influences, celles des impressionnistes découverts lors de ses séjours parisiens mais aussi Rembrandt, Vermeer et Watteau.

Ainsi se contentait-il de reprendre à son compte la définition de Goethe sur la finalité de littérature ("C'est le reproduction du monde qui m'entoure via le monde qui est en moi, toute chose devant être saisie, reprise, recréée assimilée et reconstruite sous une forme personnelle et originale") et d'indiquer qu'il cherchait à "peindre les rayons du soleil découpant une architecture".

D'où la cacophonie des critiques et historiens d'art, réalisme transcendantal pour le commissaire, peintre romantisme, symboliste, surréaliste, formaliste voire mystique pour certains, précurseur du pop art et du nouveau réalisme pour d'autres. Au regard plus spécifique de la peinture américaine, elle se situerait entre le réalisme plébéien de l'Ashcan School fonfée par Robert Henri qui fut son professeur à la New York School of Art et l'Avant Garde célébrée en 1913 par l'exposition newyorkaise "Armory Show".

A chacun son Hopper donc mais sa singularité tient à ce qu'elle attire et fascine tant les spécialistes que l'homme de la rue alors même que, dépourvue de perspective et de profondeur et se contentant de larges aplats de couleurs elle ne manifeste aucune virtuosité technique.

Passionné d'architecture, de théâtre, de photographie documentaire, notamment celle de Eugène Adget, et de cinéma, Hopper peint des maisons, des immeubles, des bâtiments et des intérieurs comme un assemblage de formes géométriques simples. Sa représentation de la réalité ressemble à un décor de studio.

Quand il y insère des personnages, ils sont désincarnés et inexpressifs, figés dans une immobilité étrange comme celle résultant d'un arrêt sur image, ce qui donne à la scène l'aspect d'un still film.

Et même la lumière paraît artificielle.

Ces fondamentaux, qui figurent en germe dans ses premières oeuvres, sont posés au milieu des années 20 avec notamment "House by the railroad", "Drug Store", "Eleven A.M.".

Peintre figuratif, Hopper peint la condition humaine tel qu'il la ressent, c'est-à-dire de manière tragique, même la chair parfois dénudée des femmes est triste, à travers des scènes banales inspirées de la réalité qu'il comme des "natures mortes urbaines*".

Il montre une image inexplicite, dans un temps à jamais arrêté, dont l'absence de psychologisme et le vide narratif, qui excitent la curiosité et l'imaginaire, rendent possibles toutes les interprétations pour celui qui regarde. Mieux que le test de Rorschach.

Le "wasp" Hopper peint la middle class au sein de la mégapole, à New York, dans l'Amérique profonde ("Carolina Morning", "Four Lane Road"), au bureau ("New York Office"), au café ("Nighthawks"), à l'hôtel ("Hotel by a Roilroad"), en villégiature ("Second Dtory Sunlight","People in the sun"). Tout ce qui va contribuer à créer une iconographie américaine.

Mais la peinture est aussi pour Edward Hopper un véhicule d'introspection (..."je vais plus profond en moi-même quand je travaille dans l’atelier"), ce qui constitue un autre point de vue pour regarder et tenter de comprendre son oeuvre.

D'où la tentation de la nimber de mysticisme et de voir dans ses dernières oeuvres tel "Sun in empty room" datant de 1963 (Hopper avait 81 ans) l'achèvement d'une quête spirituelle avec la lumière divine éclairant la maison vide du moi débarrassé de toute vacuité existentielle.

Les liens entre le cinéma et la photographie et l'oeuvre de Hopper sont étroits et c'est dans ces deux disciplines que se mesure son influence. Au cinéma avec des cinéastes comme David Lynch et Wim Wenders notamment, à la filiation assumée, et dans le 8ème art avec la photographie post-moderne, avec par exemple, dans les années 80, les "Untitled Film Stills" de Cindy Sherman et, la "staged photography" telle celle pratiquée par Gregory Crewdson.

Une exposition pour laquelle il faut prendre le temps de l'immersion picturale.

 

* Philippe Lançon - Critique "L’art à part d’Edward Hopper" in Libération édition du 5 octobre 2012

En savoir plus :

Le site officiel de la Réunion des Musées Nationaux

Crédits photos : MM (Plus de photos sur La Galerie)
avec l'aimable autorisation de la Réunion des Musées Nationaux


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Nous avons rencontré des acteurs du monde de la culture pour évoquer leurs situations mais aussi l'avenir. Le replay intégral est à voir dès maintenant sur la TV de Froggy's Delight. Pour le reste, voici le programme de la semaine. Et surtout, restons groupés.

Du côté de la musique :

"In time Brubeck" de Duo Fines Lames
"Navegar" de Joao Selva
"Le style (avec Guillaume Long et Flavien Girard" la 8ème émission de Listen In Bed
"Dusk" de Paddy Sherlock
"Live at the Berlin philarmonie 1969" de Sarah Vaughan
Les petites découvertes de la semaine en clips avec : Hanna & Kerttu, Texas, A Certain Ratio, Johnny Mafia, Chevalrex + Thousand
et toujours :
"Caillou" de Gisèle Pape
"Sauvé" de It It Anita
"Goes too far" de Olivier Rocabois
"Morricone stories" de Stefano Di Battista
"Le fruit du bazar" de Alex Toucourt
"Bento presto" de Caribou Bâtard
"De mort viva" de Sourdure
"Mistake romance" de Tristan Melia
"Courtesy of Geoff Barrow : Unsung Heroes" le mix #18 de Listen In Bed
Des petites découvertes en clip : O' Lake, Luwten, Corentin Ollivier, Ghern et Old Caltone

Au théâtre au salon :

avec les captations vidéo de :
"La passion selon saint Matthieu" de Bach par Romeo Castellucci
"War sweet war" de Jean lambert-Wild
"Les Sœurs Macaluso" d'Emma Dante
"Monkey Money" de Carole Thibaut
"Une heure de tranquillité" de Florian Zeller
"Le Dernier jour du jeûne" de Simon Abkarian
"La Ronde" de Boris Charmatz

Expositions :

en virtuel :
"Le Grand Tour, voyage(s) d'artistes en Orient" au Musée des Beaux-Arts de Dijon
"La Fabrique de l'Extravagance" au Château de Chantilly
"La Police des Lumières" aux Archives nationales
"D'Alésia à Rome" au Musée d'Archéologie nationale de Saint-Germain-en-Laye
"Pompéi, un récit oublié" Musée de la Romanité à Nîmes
et un documentaire : "Les trésors des hôtels particuliers : Du Marais aux Champs Elysées"

Cinéma :

at home :
"Où vont les chats après 9 vies ?" de Marion Duhaime
"Stuck Option" de Pierre Dugowson
"La fête est finie" de Marie Garel-Weiss
"1991" de Ricardo Trogi
"Généalogies d'un crime" de Raoul Ruiz
"L'été de Kikujiro" de Takeshi Kitano
"Le retour de la panthère rose" de Blake Edwards

Lecture avec :

"Elmet" de Fiona Mozley
"Le savoir grec" de Jacques Brunschwig, Geoffrey Ernest Richard Lloyd & Pierre Pellegrin
"Seul entouré de chiens qui mordent" de David Thomas
"Sur la route, vers ailleurs" de Benjamin Wood
et toujours :
"Biotope" de David Coulon
"Ces petits riens qui nous animent " de Claire Norton
"Dernières nouvelles de Sapiens" de Silvana Condemi & François Savatier
"Eat, and love yourself" de Sweeney Boo
"Giants : Brotherhood" de Carlos & Miguel Valderrama
"L'art du sushi" de Franckie Alarcon
"L'île sombre" de Susanna Crossman
"La rivère des disparues" de Liz Moore
"Pourquoi le nord est-il en haut ?" de Mick Ashworth

Bonne lecture, bonne culture, et à la semaine prochaine.

           
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