Comédie
urbaine de Christophe Dauphin et Dominique Couttance, mise en scène
de Christophe Dauphin et Pascal Rocher avec Anne-France Mayon, Jocelyne
Cazanobes, Sandra Colombo, Erik Forcinal, Hervé Chassing,
Jean Neisser et Pascal Rocher
Aux confins du boulevard et du café-théâtre,
"Folie printanière" nous entraîne dans l'intimité
d'un couple bobo, doté d'une gouvernante teutonne envahissante
dont les recettes culinaires altéreraient les palais les
plus endurcis, intimité qui se trouve pertubée par
l'arrivée de nouveaux voisins de palier.
L'argument est classique mais la déclinaison s'inscrit dans
le registre novateur des comédies gay urbaines. En effet,
le couple est formé par un PDG bcbg issue d'une famille travail-famille-patrie
et un peintre hype qui cultive ses chakras. Quant aux futurs voisins,
rejetons d'une grande famille de l'industrie, qui risquent de dévoiler
cet accouplement singulier, s'avèrent éloignés,
autant elle, grand reporter de guerre qui ne rechigne pas devant
une petite fumerie ou la dive bouteille, que son petit frère
étudiant en lettres prodigue en citations, de la norme hétérosexuelle.
Mélangez le tout, ajoutez les apparitions virevoltantes
d'une amie de la jet-set et l'arrivée inopinée d'un
oncle réactionnaire et vous aurez une jolie macédoine
de quiproquos et de rires entrecoupées d'intermèdes
musicaux.
Ça décoiffe souvent, ça amuse toujours et
on retrouve l'esprit à la fois bon enfant et iconoclaste
qui a fait la renommée de la troupe du Splendid.
Le texte égratigne plus souvent qu'à son tour mais
par petites touches suffisamment enjouées pour ne pas être
cruelles. Et tout y passe : la macrobiotique, le gay arty, la gastronomie
allemande, l'érudition de bazar, les préjugés
ringards, l'amour romantique…
Les comédiens s'en donnent à cœur joie, à
deux doigts du fou rire, et s'ils forcent parfois le trait, évitent
de tomber dans la caricature.
Un divertissement à voir entre amis pour se détendre
les zygomatiques.
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