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Theatre 13 Seine  (Paris)  novembre 2012

Drame de Shakespeare, mise en scène de Jérémie Le Louët, avec Julien Buchy, Anthony Courret, Jonathan Frajenberg, Noémie Guedj, Jérémie Le Louët, David Maison, Dominique Massat et Stéphane Mercoyrol.

Richard III est un monstre, physiquement et moralement. Il est disgracieux, boiteux, cynique, ambitieux et ne renonce à priori devant aucune bassesse pour arriver à ses fins: accéder au trône d'Angleterre et ceindre la précieuse couronne.

Oui mais voilà, Richard III est un merveilleux orateur, subtile manipulateur, capable de se faire épouser par la veuve éplorée dont il a tué père et mari, capable de se gagner des alliés parmi les princes mais également parmi les plus humbles puis de les assassiner une fois son dessein servi, sans regarder s'il s'agit de sa propre famille qui se dresse entre lui et son but.

Dernière pièce d'une tétralogie historique librement inspirée de la fameuse guerre des deux roses qui opposa la maison royale de Lancastre à celle d'York, "Richard III", de William Shakespeare, relate l'ascension puis la chute brutale d'un tyran, mais expose surtout avec brio les subtils mécanismes d'un pouvoir politiques corrompu ainsi que la force de manipulation obtenue par la maitrise de la langue.

Jérémie Le Louët, metteur en scène et interprète du personnage de Richard III, a beaucoup travaillé sur le verbe et le rythme pour nous livrer une adaptation à la fois violente et lyrique de cette pièce passionnée. Il s'est inspiré de plusieurs traductions (dont celle de François-Victor Hugo) pour trouver le ton, le tempo et l'emphase qu'il jugeait en adéquation avec la langue baroque et parfois barbare du poète anglais, vouée à galvaniser les foules et à clouer les spectateurs sur leur siège par sa puissance.

Loin des adaptations françaises traditionnelles qui mettent en avant l'aspect psychologique et la subtilité de l'intrigue, Jérémie Le Louët a fui ce qu'il considère comme du bavardage et a mis en avant ce qui semble pour lui un formidable terrain de jeu pour ses expérimentations langagières et son goût pour le séquençage (déjà perceptible dans sa reprise du "Horla" au Théâtre Mouffetard à Paris).

En prenant le parti de mettre de côté les arguments historiques de la pièce, il recentre ainsi l'intrigue autours du protagoniste, objet de détestation mais également de fascination, sentiments déjà étudiés lors de sa dernière création.

Monstre. Plus qu'un simple personnage théâtral, Richard III est l'essence du théâtre même. Il en utilise tous les artifices pour parvenir à ses fins, de la séduction à l'imprécation, tout en étant lui-même l'instigateur de l'implacable machinerie qui finira par le broyer, faisant ainsi de son parcours un merveilleux divertissement dont le spectateur ne peut détourner son attention.

Pour illustrer sa vision, Blandine Vieillot imagine une scénographie épurée et abrupte : un plateau nu structuré par la seule lumière (dont on souligne la qualité, avec à la mise en oeuvre Thomas Chrétien), des changements à vue, des jeux de néons, froids et graphiques, une alternance de scènes jouées et de monologues assénés au micro, qui séquencent habilement le spectacle et imposent un rythme saccadé, violent mais également une atmosphère funèbre et crue jusqu'à l'apothéose finale, sanglante.

Très exigeante en ce qui concerne l'engagement physique des comédiens, cette adaptation de Richard III ne tolère ni tiédeur dans les intentions, ni hésitation dans les phrasés, ou, comme le dit si bien Jérémie Le Louët, dans "la graphique respiratoire des sentiments", qui doit être tout sauf académique (pour ne pas dire scolaire).

Chaque respiration, chaque intonation, semble être savamment dosée afin d'obtenir le rendu millimétrique imaginé par le metteur en scène. A ce difficile exercice, il faut bien avouer que c'est surtout lui qui excelle, en nous livrant une interprétation de Richard III plus que magistrale, même si Dominique Massat dans le rôle d'Elisabeth et de Stéphane Mercoryol dans le rôle de Marguerite et de Richmond se détachent également.

Voici donc un spectacle fort, qui va au bout de son parti pris et ne manquera pas d'ébranler le spectateur.

 

Cécile B.B.         
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# 5 juillet 2020 : Un avant goût de vacances

il fait (presque) beau partout, on sort un peu de chez nous, on voit nos amis, on pense aux vacances. Chez Froggy's on continuera tout l'été à vous alimenter en culture mais ce sera peut être un peu plus calme. En attendant, voici le sommaire et bien sûr le replay de La Mare Aux Grenouilles #5 !

Du côté de la musique :

"Les îles" de Benoit Menut
"Echange" de Brussels Jazz Orchestra, Claire Vaillant & Pierre Drevet
"INTENTA experimental & electronic music from Switzerland 1981-93" par divers artistes
"Jimmy Cobb" mix #19 de Listen In Bed
"Chausson le littéraire" de Musica Nigella & Takenori Nemoto
"Alessandro Scarlatti, il Martirio di Santa Teodosia" de Thibault Noally & l'Ensemble Les Accents"
et donc La Mare Aux Grenouilles numéro #5 avec la liste de ce qui a été abordé et le replay.
et toujours :
"Grand prix" de Benjamin Biolay
"The Beethoven collection Vol1 : Sonatas by Clementi, Hummel, Dussek and Wolfl" de Jean-Efflam Bavouzet
"Eivind Groven Symphonies N°1 & 2" de Kristiansand Symphony Orchestra sous la direction de Peter Szilvay
"L'heure bleue" de Marianne Piketty, Le Concert Idéal
"Tu rabo Par'abanico" de Marion Cousin & Kaumwald
"Veines" de Merakhaazan
"Silas" de Silas Bassa

Au théâtre dans un fauteuil de salon avec :

des créations :
"La Putain respectueuse" par Gérard Gélas
"Dracula Asylum" par Felicien Chauveau
"L'Homme qui rit" par Gaële Boghossian
"Cage" par Jacques Bellay
"Kyste" de et par Eloïse Hallauer et Camille Soulerin
et une pépite : "Jimmy's blues" de James Baldwin par Nicolas Repac et Anouk Grinberg
du théâtre moderne :
"Vient de paraître" d'Edouard Bourdet par Jean-Paul Tribout
"La vie de Galilée" de Bertold Brecht par Eric Ruf
le répertoire classique par la Comédie français d'hier et d'aujourdhui :
"Le Mariage de Figaro" de Beaumarchais
"On ne badine pas avec l'amour" d'Alfred de Musset
Au Théâtre ce soir :
"Les Petits oiseaux" d'Eugène Labiche
"La Reine Blanche" de Barillet et Grédy
"Les Petites têtes" d?André Gillois
des comédies :
"L'Opération du Saint-Esprit" de Michel Heim
"Jeux de mots bêtes pour gens laids" autour de textes de Bobby Lapointe
"Pochettes Surprise" de Jacky Goupil
du côté des humoristes :
"Jean Luc Lemoine - Au naturel"
"Moustapha El Atrassi - Second degré"
du théâtre visuel avec "L'Avare" par la Compagnie Tàbola Rassa
et enfin du théâtre lyrique avec"Ercole Amante" de Francesco Cavalli par Christian Hecq et Valerie Lesort

Expositions :

les réouvertures de la semaine :
le Musée d'Art Moderne dela Ville de Paris avec les collections permanentes de "La Vie Moderne" dans sa nouvelle présentation et la salle Matisse
le Musée Rodin
le Musée national des Arts asiatiques-Guimet
le Musée Cognacq-Jay et le Musée du Louvre
et les expositions en "real life" à ne pas manquer :
"Otto Freundlich - La révélation de l’abstraction" au Musée de Montmartre
"Turner, peintures et aquarelles - Collection de la Tate" au Musée Jacquemart-André
"Harper's Bazaar, premier magazine de mode" au Musée des Arts Décoratifs
"Christan Louboutin - L'Exhibition[niste]" au Palais de la Porte Dorée
"Cézanne et les maîtres - Rêve d'Italie" au Musée Marmottan-Monet
"Coeurs - Du romantisme dans l'art contemporain" au Musée de la Vie romantique
"Les Contes étranges de N.H. Jacobsen" au Musée Bourdelle
les Collections permanentes du Musée Cernushi
"Le Monde selon Roger Ballen" à La Halle Saint Pierre
"Helena Rubinstein - La collection de Madame" et "Frapper le fer" au Musée du Quai Branly
"Monet, Renoir... Chagall - Voyages en Méditerranée" à l'Atelier des Lumières

Cinéma :
en salle "L'Envolée" de Eva Riley
at home avec :
du thriller :
"La Isla minima" de Alberto Rodriguez
"La Onzième heure" de John Lyde
de la romance :
"La revanche d'une blonde" de Robert Luketic
'"Aime-moi comme je suis" de Stephan Meyer
"Coup de foudre en cuisine" de James Hacking
du drame :
"L'ombre du doute" d'Aline Issermann
"Tout va bien on s'en va" de Claude Mouriéras
"Henri" de Yolande Moreau
Ciné-Club français des années 60 :
"L'Insoumis" d'Alain Cavalier
"Le Chien" de François Chalais
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