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Treize chansons de Barbara  (Naïve)  octobre 2012

S'il est une artiste qui a accompagné mon adolescence, c'est Barbara. Une époque où je voyageais de Boby Lapointe vers Boris Vian vers Brel et Brassens puis Nougaro, elle est restée sur le podium avec des chansons que je connais encore par cœur, que je reprends à tous les arrêts de bus du passé et du présent des villes de Province où il faut savoir patienter des minutes et tant et plus. Alors : "Il pleut sur Nantes et je me souviens, le ciel de Nantes rend mon cœur chagrin…".

Il y a aussi ce souvenir d'une émission hommage de Macha Béranger quand elle œuvrait en nocturne sur France Inter et que des personnes seules, des jeunes hommes témoignaient la gorge nouée de la beauté lumineuse des chansons de Barbara, de ses visites dans les prisons dans les hôpitaux, de sa solidarité des condamnés (alors, sans espoir) des malades du Sida : "Si s'aimer d'amour, c'est mourir d'aimer, ils sont morts d'amour, sida condamnés…". Barbara, l'amour, la mort, la vie qui s'écoule avec ses heurts, ses plaisirs et ses extases sensuelles : de quoi éduquer les enfants et consoler ceux et celles qui restent encore des enfants, dans leurs rêves et leurs combats. Résolument à côté des faibles qu'elle gracie (les condamnés à mort "Si la photo est bonne"), qu'elle protège (les immigrés "Mes hommes"), face à la société – juge – répressive – assassine.

Barbara, la silhouette sombre qui enroulait vos sentiments en poète. Née en 1930, elle aurait aujourd'hui 82 ans, on imagine aisément quels auraient été ses combats… tellement semblables : le droit d'aimer entre personnes du même sexe, de religions ou de générations (voire de classes sociales) différentes, dans toutes les positions, les mises en scène ; croire en l'enfance, au rachat de ses fautes ; contre les martyres d'enfants dans les conflits armés aussi bien qu'auprès de parents tarés. Un bon nombre à sa suite, en somme. Et bizarrement Barbara n'est pas tellement programmée ou reprise par les artistes à la Radio ou à la Tivi.

Si Daphné a accepté de dédier tout un spectacle puis un album de chansons à Barbara, nous ne pouvons que saluer son heureuse initiative. Elle a la voix claire, quand nous sommes habitués à la voix grave et voilée de Barbara. Les chansons gagnent en légèreté, c'est-à-dire qu'elles perdent un peu en mystère : qu'en est-il de ces messes païennes, de cette lave de feu, de ses colères rentrées et de ces basculements charnels ? Peut-être que l'époque a changé, que les artistes sont davantage des filles – princesses que des femmes-sorcières telle Calypso qui retient Ulysse à sa couche. La sélection de Daphné est sans surprise, les titres les plus connus sont là : "Une petite cantate" (rappelez-vous dans Camille redouble quand Yolande Moreau, Michel Vuillermoz et Noémie Lvovsky la chantent doucement), "Au bois de Saint-Amand", "Si la photo est bonne", "Ma plus belle histoire d'amour" et des duos inattendus : "Dis, quand reviendras-tu ?" avec Benjamin Biolay, "Göttingen" avec Jean-Louis Aubert, "La dame brune" avec Dominique A… bien, bien.

Benjamin Biolay place sa voix un peu au hasard, Jean-Louis Aubert qui avait écrit pour Barbara a pris la voix de Buzy (j'ai mis longtemps à le reconnaître et j'aimais assez l'idée que Buzy participe au disque, pfff… déçue), Dominique A dans la partition de Georges Moustaki… guère piquant. La liberté du disque est peut-être à rechercher dans la production de David Hadjadj dans ses cordes, claviers et sons de jouets.

Daphné a rempli son contrat, mettre en lumière le talent de Barbara et nous espérons que les plus jeunes vont être curieux de découvrir l'artiste originale, ses chansons et toucher ses drames qui sont les leurs : quoi de plus punk que d'écrire : "à mourir pour mourir je choisis l'âge tendre, j'aime mieux m'en aller du temps que je suis belle, qu'on ne me voie jamais faner sous ma dentelle...", "j'ai tout essayé, j'ai fait semblant d'y croire, je reviens fatiguée et j'ai le désespoir".

Allez-y voir de plus près, au-delà des statues de cimetière. Je m'adresse bien sûr à ceux et celles que l'époque a tendance à désoler.

 

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En savoir plus :
Le site officiel de Daphné
Le Myspace de Daphné
Le Facebook de Daphné


Sandrine Gaillard         
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# 19 mai 2019 : Préparez vos cadeaux

On ne va pas couper à la Fête des mères, alors autant offrir des chouettes cadeaux. Voici une sélection de disques, spectacles, livres et même jeux vidéo pour vos mamans. C'est parti !

Du côté de la musique :

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"Chostakovitch" de Artemis Quartet
"Marilou" de Equipe de Foot
"Le fil d'ariane" de Marianne Piketty & Le Concert idéal
"Trois frères de l'orage : Quatuors de Schulhoff, Haas, Thèmes et variations de Krasa" de Quatuor Béla
"Saisons" de Quintette Aquilon
Jean Pierre Kalfon et Jad Wio aux Rendez vous d'ailleurs
et toujours :
"Beatnik or not to be" de Elias Dris
"Dogrel" de Fontaines D.C.
"Dans le lieu du non-où" de L'Etrangleuse
"Leopold Mozart : Missa Solemnis" de Bayerische Kammerphilarmonie & Alessandro de Marchi
"Traversée" de Chrystelle Alour
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"Les cuivres sur le toit" de Paris Brass Quintet
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Au théâtre :

les nouveautés de la semaine :
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"True Copy" au Centquatre
"Cataract Valley" aux Ateliers Berthier
"Folie" au Théâtre du Rond-Point
"Dans la solitude des champs de coton" à la Grande Halle de La Villette
"Logiquim-pertubable-dufou" au Théâtre du Rond-Point
"The importance of being earnest" au Théâtre Athénée-Louis Jouvet
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"Déshonorée" au Théâtre de l'Opprimé
"Jacob, Jacob" au Théâtre-Sénart
"Qui croire " à la Comédie de Reims
les reprises :
"Roses" au Théâtre de la Bastille
"Fin de partie" au Théâtre Essaion
"La Mate" au Théâtre du Rond-Point
et la chronique des autres spectacles à l'affiche en mai

Cinéma :

Oldies but Goodies avec "Divorce à l'italienne" de Pietro Germi
et la chronique des autres sorties de mai

Lecture avec :

"A la droite d'Hitler" de Nicolaus Von Below
"Des hommes en noir" de Santiago Gamboa
"Honorer la fureur" de Rodolphe Barry
"Les anges de Babylone" de Ghislain Gilberti
"Sa majesté des ombres" de Ghislain Gilberti
"Travelling" de Christian Garcin & Tanguy Viel
et toujours :
"A jeter sans ouvrir" de Viv Albertine
"Carnets clandestins" de Nicolas Giacobone
"Le sauvage" de Guillermo Arriaga
"Les carnets de guerre de Louis Barthas 1914-1918" de Fredman
"Toute une vie et un soir" de Anne Griffin
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Bonne lecture, bonne culture, et à la semaine prochaine.

           
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