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Interview  (Par mail)  vendredi 25 janvier 2013

Robi, rebelles scories

Après un EP en 2011, L’Hiver et la Joie, sort le 4 février. Entre silence et rage, le chemin de ce premier album a été tracé intuitivement par Chloé Robineau (alias Robi) et prolongé par Jeff Hallam, son (ex) bassiste. 11 titres (dont une reprise) au dire cash, c’est sans fioritures. L’écriture n’est jamais superficielle, et il faut tendre l’oreille pour entendre la voix s’attarder sur les aspérités et à l’âpreté de la vie, les cabosses du temps qui file sur le rasoir. Musique minimaliste, scandée et entêtante, avec rythmique lancinante, clavier hypnotique, guitare stridente et basse omniprésente, au carrefour de la chanson (Dominique A donne la réplique sur "Ma Route"), de l’électro et de la new wave.

Tour à tour en eau trouble ou limpide, L’Hiver et la Joie, un album comme une évidence : rugueux, direct, immédiat et sensible. Rencontre avec celle qui.

Entretien dans le noir : Robi

Quand un nouveau talent émerge, on cherche à classer (le genre musical), on raisonne par analogie (ça sonne entre... et...), on parle d'influences musicales notamment... On dit les "parrains" plus reconnus (Dominique A, Arno, Jean-Louis Murat). Venons-en à toi seule. J'ai envie de savoir d'où vient l'élan, l'inspiration, l'aspiration dans ou par la musique ?

Robi : L'inspiration vient du mouvement, du rythme des mots, de leur musique. Cela donne du sens au sens. Au temps qui passe. Des repères. J'en ai besoin pour ne pas me perdre en éternelles digressions.

Justement, le temps c’est le fil rouge de ton album en noir et blanc ?

Robi : Oui, je me suis rendue compte de la place que prenait cette obsession dans l'album. C'est effectivement un sentiment qui m'habite de façon continue. Écrire c'est retenir un peu les choses.

La mémoire notamment, je ne sais si c'est juste… j'ai le sentiment d'une sensibilité à l'image, à la photo dans ton écriture : des instantanés, un miroir ?

Robi : Oui, les instantanés. C'est juste. Le miroir qu'ils nous tendent. Je suis sensible à l'image, je le suis devenue. Mais tout cela est vain bien entendu, cette tentative de retenir le temps c'est une tentative absurde de comprendre le sens de notre existence. Je tente indéfiniment de m'y soustraire bien sûr, mais c'est une quête universelle. Chacun d'entre nous essaie d'y répondre à sa manière.

Je pensais pendant que nous parlons là, il y a le NRJ Music Award (sic)... que dis-tu de cette simultanéité et de ce contraste ?

Robi : À vrai dire rien… Je ne crois pas l'avoir jamais regardé. C'est bien ?

Je ne sais pas ! D'une certaine façon, ça me renvoyait à : comment juges-tu "l'industrie musicale" ?

Robi : Je ne sais pas, je ne la connais pas personnellement. Je ne me sens pas très concernée. Cet album a été pensé, fait enregistré dans une liberté totale car dans une indépendance totale. Une liberté permise par le choix que nous avons fait Frank Loriou et moi de monter notre propre label. Et je vis cela comme une chance. Ce projet est plutôt artisanal dans sa mise en œuvre, même si nous avons été rejoints depuis par des partenaires solides, précieux et talentueux. Comme Strictly Confidential aux éditions, Yapucca Productions à la tournée et l'autre à la distribution.

Je reviens à ton écriture, à la musique, comment les définis-tu ? Comment tout ça s’incarne, s'illustre ?

Robi : C'est très difficile pour moi d'en parler car j'ai besoin de rester dans une certaine ignorance vis-à-vis de moi-même pour créer. Mais disons que ce qui m'intéresse profondément c'est l'équilibre, l'équilibrisme même, entre la tension et l'apesanteur. Et cela, musicalement autant qu'à l'écriture des textes. Ce qui inscrit ma démarche à un carrefour entre rock, électro et chanson. Entre classicisme et brutalité.

Cet entre deux tension / apesanteur, c'est l'illustration de la pochette de l'album ?

Robi : C'en est l'illustration, c'est vrai. Ce que j'aime dans cette pochette de Frank Loriou, c'est ce mouvement dont on ne sait s'il est un mouvement d'espoir ou de désespoir. Est-ce un corps qui plonge, un corps qui émerge ou alors un corps flottant ?

Équilibriste disais-tu : entre légèreté (de l'instant) et gravité du reste ?

Robi : Entre légèreté de l'instant qui l'est par essence, volatile et gravité du tout.

J'aurais pu dire comme la mélancolie, douce et amère...

Robi : Plus que de la mélancolie il y a de la rage. De la rage face à la mort. Mais aussi la rage d'en découdre.

Il y a du grain dans la vie comme sur les photos, des aspérités... on entend ça chez Robi…

Robi : Je ne cherche pas à m'en départir en tout cas. Ni à lisser. Ni l'inverse non plus. C'est juste que j'ai les deux mains dedans. Je fais ce que je sais faire. Ce n'est pas très introspectif mais plus intuitif, plus bête, plus premier. Je ne cherche pas la distance. Je ne cherche pas l'humour, je ne cherche pas le recul. En musique j'entends. Et dans la vie aussi, un peu peut-être.

L'intuition, comme un espace entre douleurs et joies. L'Hiver et la Joie ?

Robi : Voilà. L'intuition ou plutôt l'action. Faire, c'est s'oublier, c'est arrêter de se regarder. L'absence à soi nous rend plus présent au monde. Entre douleurs et joies, c'est vrai. Mais comme rien n'est aussi simple et que l'hiver et la joie ne sont pas incompatibles en ce monde, c'est ainsi que nous vivons.

Il y a aussi dans l'album un autre élément dont on n'a pas parlé, même si on a évoqué la mémoire, les traces, la mémoire de la peau... Ou pour toujours.

Robi : Le monde extérieur passe à travers le prisme de nos sensations autant que de notre intelligence. Mes sensations et mes sentiments m'interrogent sans cesse quant à la nature de ce monde. Comment ne pas croire que tout soit fait pour soi ? Le soleil pour ma peau. Le vent pour mes cheveux. L'horizon pour mes yeux. L'amour pour ma raison de vivre. Ma présence sensuelle et charnelle au monde n'enlève rien à son mystère. Au contraire. Il l'approfondit. Car le corps se sait fini, mieux que l'esprit.

Retrouvez Robi
en Froggy's Session
pour 3 titres en cliquant ici !

 

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Robi en concert au Festival Europavox 2015 - Samedi 23 mai
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En savoir plus :
Le site officiel de Robi
Le Myspace de Robi
Le Facebook de Robi

Crédits photos : Thomy Keat (Toute la série sur Taste of Indie)


Hervé Pizon         
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Robi (8 mai 2012)


# 12 juillet 2020 : Un air d'été

On entre dans la saison des vacances, pour vous comme pour nos chroniqueurs. Vous nous retrouverez tout l'été quand même avec des éditions web plus légères et toujours notre Froggy's TV bien sûr avec La Mare Aux Grenouilles et plein d'autres émissions. c'est parti pour le sommaire.

Du côté de la musique :

La Mare Aux Grenouilles #6, sommaire et replay
"Noshtta" de L'Eclair
"Moderne love" de Toybloid
  "Les îles" de Benoit Menut
"Echange" de Brussels Jazz Orchestra, Claire Vaillant & Pierre Drevet
"INTENTA experimental & electronic music from Switzerland 1981-93" par divers artistes
"Jimmy Cobb" mix #19 de Listen In Bed
"Chausson le littéraire" de Musica Nigella & Takenori Nemoto
"Alessandro Scarlatti, il Martirio di Santa Teodosia" de Thibault Noally & l'Ensemble Les Accents"
et donc La Mare Aux Grenouilles numéro #5 avec la liste de ce qui a été abordé et le replay.

Au théâtre :

en salle :
"Littoral" au Théâtre de la Colline
"Karine Dubernet - Souris pas" au Point Virgule
et dans un fauteuil de salon :
des créations :
"Yvonne princesse de Bourgogne" par Jacques Vincey
"Lucrèce Borgia" par Lucie Berelowitsch
"La Dernière neige" de et par Didider Bezace
"Pinocchio" de Joël Pommerat
"Soulever la politique" de Denis Guénoun
"Je marche dans la nuit par un chemin mauvais" de et par Ahmed Madani
Au théâtre ce soir :
"Darling chérie" de Marc Camoletti
"Le Tombeur" de Robert Lamoureux
"Une cloche en or" de Sim
du boulevard :
"Si c'était à refaire" de Laurent Ruquier
"Face à face" de Francis Joffo
du côté des humoristes :
"Bernard Mabille sur mesure"
"Christophe Alévêque est est Super Rebelle... et candidat libre !"
et finir l'Opéra :
avec du lyrique :
"Le Balcon" de Peter Eotvos par Damien Bigourdan
"Orlando furioso" de Antonio Vivaldi par Diego Fasolis
"La Flûte enchantée" de Mozart par Romeo Castellucci
et du ballet avec deux créations étonnantes : "Raymonda" de Marius Petipa et "Allegria" de Kader Atto

Expositions :

les expositions en "real life" à ne pas manquer :
"Otto Freundlich - La révélation de l’abstraction" au Musée de Montmartre
"Turner, peintures et aquarelles - Collection de la Tate" au Musée Jacquemart-André
"Harper's Bazaar, premier magazine de mode" au Musée des Arts Décoratifs
"Christan Louboutin - L'Exhibition[niste]" au Palais de la Porte Dorée
"Cézanne et les maîtres - Rêve d'Italie" au Musée Marmottan-Monet
"Coeurs - Du romantisme dans l'art contemporain" au Musée de la Vie romantique
"Les Contes étranges de N.H. Jacobsen" au Musée Bourdelle
les Collections permanentes du Musée Cernushi
"Le Monde selon Roger Ballen" à La Halle Saint Pierre
"Helena Rubinstein - La collection de Madame" et "Frapper le fer" au Musée du Quai Branly
"Monet, Renoir... Chagall - Voyages en Méditerranée" à l'Atelier des Lumières

Cinéma at home avec :
le cinéma contemporain
"A woman at war " de Benedikt Erlingsson
"Lulu" de Uwe Janson 
"L'Apotre" de Cheyenne Carron
"La tendresse" de Marion Hänsel
"Crawl" de Herve Lasgouttes
"Nesma" de Homeïda Behi
le cinéma culte des années 1920 :
"Le cuirassé Potemkine" de Sergueï Eisenstein
"Nosferatu le vampire" de Friedrich Wilhelm Murnau
"Le Cabinet du docteur Caligari" de Robert Wiene
"Les Deux Orphelines" de D.W. Griffith
et l'entre deux avec les années 1970 :
"Mado"de Claude Sautet
"La Traque" de Serge Leroy
"La femme du dimanche" de Luigi Comencini
et retour au 2ème millénaire avec de l'action :
"Lara Croft : Tomb Raider, le berceau de la vie" de Jan De Bont
"Blade Trinty" de David S. Goyer
avant de conclure en romance avec : "Un havre de paix  de Lasse Hallström

Lecture avec :

"La Chine d'en bas" de Liao Yiwu
"La nuit d'avant" de Wendy Walker
"Isabelle, l'après midi" de Douglas Kennedy
"Les ombres de la toile" de Chris Brookmyre
"Oeuvres complètes II" de Roberto Bolano
"Un été norvégien" de Einar Mar Gudmundsson

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Bonne lecture, bonne culture, et à la semaine prochaine.

           
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