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Interview  (Par téléphone)  lundi 15 janvier 2013

Avec Regarde le ciel, Aline s’est inscrit comme l’un des meilleurs groupes pop français du moment. La pop ou en tout cas son côté épuré aux lignes claires, l’obsession de Romain Guerret qui nous parle du passé, du présent et de l’avenir du groupe.

Le disque est sorti depuis quelques semaines. Comment as-tu vécu cette période ?

Romain Guerret : On l’a bien vécu ! Cela fait maintenant trois ans que nous avons des pérégrinations, des aventures et des mésaventures avec Young Michelin puis Aline, donc nous sommes super heureux d’élargir notre audience. Apparemment nous sortons un peu de la niche indie dans laquelle nous étions, et pas si mal que ça d’ailleurs, mais c’est aussi bien que d’autres personnes entendent et puissent s’approprier notre musique. C’est plutôt encourageant, cela veut dire que nous avons des chansons qui peuvent toucher un large public. Et c’est plutôt agréable. Après au niveau presse, média, c’est un peu pareil on passe de Magic à l’Humanité ou Madame Figaro. Sincèrement nous n’en attendions pas autant. On est content. Même si nous sommes crevés par la promo ! C’est quelque chose que nous n’avions jamais fait comme cela, de manière aussi intense. Maintenant nous croisons les doigts pour que le disque se vende un peu.

Comment décrirais-tu Aline pour quelqu’un qui ne connaitrait pas le groupe ?

Romain Guerret : Je dirai que c’est de la pop. De la pop dans toute sa splendeur. Une pop aérienne, d’apparence assez légère, mais avec une certaine profondeur. Avec une forme assez classique. C’est un exercice de style. Raconter des choses en 3 minutes, 3 minutes 30. Voilà.

Aline c’est 4 garçons. Comment vous êtes-vous rencontré ?

Romain Guerret : En fait avec le guitariste Arnaud on se connait depuis une dizaine d’années. Nous avions les mêmes amis. Nous nous sommes rencontrés au début quand nous étions tous les deux à Marseille. Nous ne connaissions pas grand monde. Nous avons été présentés par un ami commun. Quand j’ai fait Dondolo, je l’ai rappelé pour qu’il vienne jouer la guitare sur scène et après tous les deux, nous avons auditionné une section rythmique. C’était en 2007. Donc Romain à la basse et Vincent à la batterie. C’est mon cousin Laurent Maudoux qui tenait les synthés. Nous nous sommes retrouvés pour Young Michelin au moment de faire des concerts. Je leur ai expliqué le pourquoi du comment, la charte, le cahier des charges de Young Michelin, là où je voulais aller, le son que je voulais avoir, l'esprit. Ils ont apporté la pierre à l’édifice en faisant les arrangements, des idées de compos…

Beaucoup de gens continuent d’associer Aline à Young Michelin.

Romain Guerret : Oui !

Le fait d’avoir été obligé de changer de patronyme a-t-il été préjudiciable ?

Romain Guerret : En fait nous présentons Aline comme étant exactement la même chose que Young Michelin. C’est le même groupe sauf que nous avons changé de nom et que nous sommes passés en studio. Tous les morceaux que nous avions maquetté à l’époque, et que tu dois connaître étaient des démos faites avec peu de moyens sur mon ordi. Et effectivement le passage en studio a fait que la musique a gagné en épaisseur sonore, il y a plus de stéréo. Mais fondamentalement cela n’a pas changé entre Young Michelin et Aline. C’est toujours des guitares claires, des arpèges, ce n’est pas surproduit. Nous sommes allés à l’essentiel. J’aime bien dire que Aline c’est Young Michelin en mieux. Peut-être en plus présentable, en moins lo-fi.

On vous associe bien trop souvent, et à tort à Indochine et Gamine.

Romain Guerret : Ouais…

Moi je parlerai plus des Smiths ou des Cure. Quelles sont justement vos influences ?

Romain Guerret : C’est bien que tu parles de The Cure parce que c’est une grosse influence. Surtout leurs premiers disques en fait, parce que je ne les ai pas vraiment suivis après. Mais les deux premiers albums oui. C’est vraiment une influence dans le jeu de guitare de Robert Smith, dans le son, dans la simplicité de la mise en place, il n’y a pas grand-chose quand tu écoutes leurs premiers disques, une guitare, une voix, une batterie, et un synthé un peu famélique de temps en temps. Donc c’est une grosse influence même si nous nous avons deux guitares et un son un peu plus étoffé. Il y aussi le côté post-punk des premiers Cure qui me plait beaucoup. Robert Smith a une écriture très pop finalement. Moi je retiendrai plutôt le côté pop des Cure, il y a pleins de choses que j’ai du mal à écouter qui me fatigue vite. Je ne suis pas sensible à leur univers gothico-machin. Mais je pense que The Cure est un grand groupe pop. Il y a des fulgurances pop qui sont terribles.

C'est quelque chose qui m’a donné envie d’écrire "Les copains" par exemple. Quelque chose d’assez simple, d’efficace. Et puis les Smiths oui aussi. Plutôt pour les mélodies et la guitare de Johnny Marr. Moi j’ai beaucoup plus écouté de musique anglo-saxonne que de musique française. Après on nous parle de tout un pan de la musique française que je ne connaissais pratiquement pas. Gamine je connaissais très peu. Je connaissais évidemment "Voilà les anges", mais je m’en rappelais vaguement. J’ai découvert Les Freluquets, Les Fils de joie. Mais il y a trois ans je ne connaissais absolument pas ça. Bon bien sûr je connaissais Daho et Jacno mais très franchement, Daho n’est pas une influence première.

On a tendance à vous associer un peu facilement à ce "renouveau  français", à ces nouveaux jeunes gens modernes. On vous rapproche de Lescop… Il y a cette compilation où vous n’êtes pas dedans.

Romain Guerret : Tant mieux !

Oui évidemment tant mieux, tellement cette compilation ne repose sur rien de concret artistiquement.

Romain Guerret : En fait pour certains journalistes, c’est très facile pour eux de dire qu’il y a une scène qui monte. Même si quelque part, ils n’ont pas tout à fait tort parce qu’il y a pleins de groupes qui arrivent à peu près au même moment, avec les mêmes références, le même background. Avec Lescop, Granville et compagnie on a un peu les mêmes marottes, les mêmes héros, la même culture musicale. Chacun après en fait des choses différentes.

Après c’est un peu facile de dire que nous sommes tous des fils spirituels de Daho. Ce sont des raccourcis bien trop simples. Ça gomme les différences. Nous on essaie de se singulariser et de sortir de cela. Et puis on sait très bien comment cela se termine ces scènes, en général cela ne se finit pas très bien, il y a un ou deux groupes qui arrivent à sortir du lot et le reste passe à la trappe. Donc ce n’est pas forcément un service qu’ils nous rendent à tous nous associer. Et puis nous n’avons pas tous le même âge. La Femme ou Granville sont bien plus jeunes que nous. Moi en ce qui me concerne, cela fait longtemps que je suis dans la musique, j’ai essayé pleins de choses, je me suis attaqué à pleins de trucs avec toujours en filigrane cette envie de faire des pop songs et cela prend la forme que je voulais avec Aline mais avant il y a un background, il y a un vécu, des galères, qui confèrent une épaisseur peut-être. Mais la jeunesse, la fraîcheur, c’est bien aussi.

Pourquoi avoir choisi de chanter en français ?

Romain Guerret : Je n’ai pas réfléchi dix ans. J’avais fait un album de Dondolo quasiment tout en anglais et cela m’avait fait complètement chier que cela soit en anglais. Ce n’est pas ma langue, je ne suis pas bilingue, je parle très mal anglais. S'il faut écrire avec un dictionnaire je ne vois pas l’intérêt. Et puis naturellement j’avais envie de dire des choses, il fallait que des choses sortent. Je m’exprime par mes chansons. Quand j’ai composé les chansons, c’était une époque où je n’étais pas très bien et il fallait vraiment que j’arrive à exorciser des choses. Et c’est en parlant dans sa langue que l’on arrive le mieux je pense à faire sortir ces choses. Il n’y a pas de filtres, cela vient directement. Et on ne les appréhende pas de la même manière quand il s’agit de les chanter. C’est beaucoup plus naturel. Et puis c’était aussi une envie de ne plus me cacher, de dire les choses telles qu'elles sont.

Ce sont les paroles qui viennent en premier ou la musique ?

Romain Guerret : Ce qui vient en premier, c’est la musique. Je considère que nous faisons de la pop et non pas de la chanson à texte. Je ne m’installe jamais à une table et je commence à écrire. Cela m’arrive mais pas pour de la musique. Je peux le faire mais cela devient autre chose, mais pas des chansons. Pour moi la musique est primordiale. C’est ce qui donne le tempo, la métrique, la mélodie, la grille d’accords, l'esprit du morceau et tout cela va conditionner après le texte. Même si je sais souvent avant la musique ce que j’ai envie de dire. Je peux partir d’un mot qui me trotte dans la tête. Généralement je joue la musique, je prends un micro et je fais du yaourt en français, je raconte n’importe quoi mais je vois comment cela sonne et comment placer les mots. Ensuite j’ai une sorte de squelette de texte qui ne veut pas dire grand-chose. Après je le construis parce que j’ai la métrique et que je sais où et comment placer les mots. La rythmique est très importante, j’ai envie de faire quelque chose qui sonne et non pas simplement de simplement raconter des choses. C’est de la pop, ça doit se danser ! Cela doit se chanter, on doit pouvoir l’écouter sans faire attention aux textes.

As-tu l’impression qu’Aline est un groupe générationnel, qui parle au trentenaire aimant ce genre de musique, connaissant The Cure, les Smiths ?

Romain Guerret : Non au début j’avais un peu peur de cela, mais on s’aperçoit rapidement, via les réseaux sociaux notamment, via les retours des gens que l’on peut avoir, via les concerts que nous faisons que nous touchons un large public. Ça va du gamin de 16 ans qui ne connait rien aux Cure, aux Smiths et qui n’a pas du tout ces références là jusqu’aux quadras voire même quinquas qui ont connu les années 80. Pour eux cela doit leur rappeler des souvenirs, on doit être plus dans la nostalgie. Les plus jeunes prennent ça de façon plus littérale.

Après je pense que nos chansons sont universelles, pas mal de gens peuvent s’y retrouver. Un gamin de 20 ans en 2013 peut très bien ressentir ce que j’ai vécu à un moment donné. C’est des choses que tout le monde peut vivre ou ressentir. Ce sont des émotions assez simples. Il y a une grille référentielle assez forte mais finalement les gens peuvent aussi l’oublier. C’est ce qui est arrivé avec "Je bois et puis je danse", qui est quand même un condensé de toutes nos influences mis dans un seul morceau. Cela vient aussi peut être d’une façon de faire de la musique qui justement ne se faisait plus vraiment. Mais nous n’avons rien de revivaliste. Au contraire j’essaie que ma musique soit intemporelle. Qu’elle puisse s’inscrire dans un certain classicisme. Je veux que l’on puisse écouter "Elle m’oubliera" dans trente ans et ressentir les mêmes émotions qu’aujourd’hui. Comme nous avons des influences alors bien évidement cela transpire un moment donné dans le son. C’est vrai que mettre du chorus sur des guitares, avoir une batterie qui fait un peu boite à rythme, des reverbes, en fait cela colle à une époque.

Mais au-delà de ça le plus important c’est une façon d’écrire. Trouver quelque chose de très simple, très pop. Aujourd’hui tout a été très compliqué, même les groupes de rock de contemporain j’ai du mal parce que cela ne me parle pas, c’est trop compliqué. Je ne comprends pas pourquoi il complique autant leur musique ! Moi je souhaite revenir à quelque chose de séminale, à une certaine pureté d’écriture.

On a parlé du passé, du présent et si nous parlions de l’avenir ?

Romain Guerret : Hé bien le futur, en fait je ne me projette jamais dans le futur. Je déteste ça, cela me fait très peur. Je ne voie pas à plus de trois jours sinon après je m’angoisse. Donc je ne sais pas. Il y a la tournée jusqu’au mois de juin-juillet, on va faire pleins de dates partout et ça c’est vraiment bien ! Nous allons essayer de nous garder du temps pour composer, j’ai pas mal de titres en réserve. Des choses qui auraient dû peut-être apparaître dans Regarde le ciel. Ecrire aussi pour d’autres personnes.

Avec Alex Rossi pour l’ultima Canzone ou Ho provato di tutto…

Romain Guerret : Ca c’était d’abord une histoire de potes au départ ! Une histoire d’amitié qui se traduit par la sortie d’un 45 donc c’est super ! Mais on a d’autres proposition, on va voir. En tout cas, il faut que cela nous corresponde et il faut que l’on ait la latitude nécessaire pour travailler correctement. Après j'espère que le deuxième album ne tardera pas. Que cela sera moins long et moins difficile que pour le premier. Je ne sais pas comment cela va évoluer, je pense que nous avons un son, une pâte, une couleur que nous devons absolument garder, et puis il faut que l’on fasse évoluer les choses. Je ne vie plus les mêmes choses qu’il y a trois ans, donc les textes seront sûrement différents. Il faut vivre, il faut avoir du vécu. On ne fera pas un album pour faire un album, c’est important d’avoir des choses à raconter. Ne pas faire de la musique juste pour faire de la musique sinon cela n’a aucun intérêt.

Retrouvez Aline
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Crédits photos : Thomy Keat (Toute la série sur Taste of Indie)


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