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Philippe Besson  (Editions Julliard)  janvier 2013

Ce qu’il y a d’embêtant avec un auteur comme Philippe Besson, c’est que si on ne se précipite pas pour présenter son nouveau roman, c’est fichu, une dizaine de magazines, d’émissions télévisuelles et radiophoniques l’auront fait dès sa première semaine de sortie… Et comme toutes les critiques sont positives, dire à quel point De là, on voit la mer est un livre épatant semble forcément du vu, du revu et encore du déjà lu. Tant pis pour l’effet de nouveauté, d’inattendu ; il reste tout de même le plaisir de parler de ce nouveau roman, paru le 3 janvier dernier, aux éditions Julliard.

"De là, on voit la mer" : c’est un titre presque poétique, c’est une promesse, la vision d’un vaste horizon, donc forcément rempli de possibilités. C’est une titre doux car offrant le rêve, c’est un titre fort car renvoyant à cette étendue d’eau qui peut être violente, voire meurtrière. Et déjà, dans ce titre, c’est toute la perplexité de l’intrigue… Pourtant, si on résume l’histoire en quelques phrases, elle semble bien banale : une femme, romancière, s’exile en Italie pour écrire son nouveau livre. Elle laisse donc son mari à Paris. Et, sous le chaud soleil de Livourne, elle rencontre un homme jeune et beau. Ils deviennent amants ; reste la question du mari et du mariage-à régler. On retrouve donc le fameux thème du triangle amoureux, qui est au cœur de si nombreux romans.

Sauf qu’ici, les personnages ne sont pas communs. Louise n’est pas une femme à culpabiliser, à rester par gentillesse, à faire pénitence. François n’est pas un époux lassé par la vie commune ; son amour l’emmène bien loin des scènes de jalousies et de rancœur habituelles. Et Lucas, même Italien, même jeune, n’est pas un amant aux sentiments fragiles et instables.

Sauf qu’ici, les choses se disent : François crée un événement qui pousse les deux époux à se parler, à affronter leurs vérités. C’est dès l’acte 2, c’est le cœur du roman, ce moment de sincérité.

Sauf qu’ici, les lignes droites se brisent. Une femme qui ne doute jamais, qui impose, croise la route d’un homme qui sait lui donner envie de lâcher prise, d’être dirigée. Un mari trompé accepte la trahison passée et celles à venir, malgré le serment de fidélité prononcé dix ans plus tôt.

Sauf qu’ici, c’est Philippe Besson qui écrit. Il y a donc, malgré la brutalité du drame qui se joue, du plaisir, de la sensualité, qui émanent de ces pages, grâce aux mots choisis, à leur façon de s’enchainer et aux tournures de phrases propres à l’auteur. A l’évidence, on y décèle parfois la main de Marguerite Duras dans les expressions elliptiques, dans la sobriété des phrases. On y retrouve aussi la petite musique saganienne qui invente une ambiance douce, ouatée comme écrin à des événements violents et cruels.

De là, on voit la mer est un roman particulier dans la bibliographie de Philippe Besson. Les couples homosexuels ont laissé leur place à un homme et une femme mariés, sur le point de se séparer. Les personnages ne sont pas aimables d’emblée ; Louise est un être d’un égoïsme rare, François peut énerver par son manque d’orgueil. Et malgré l’apparente banalité de l’intrigue, c’est un roman plutôt complexe que nous présente Philippe Besson : le lecteur devra s’écarter des lignes évidentes pour découvrir l’appel à la liberté et à la réalisation de soi-même qui se cache dans ce nouveau roman.

 

A lire sur Froggy's Delight :
La chronique de "Un certain Paul Darrigrand" du même auteur
L'interview de l'auteur en janvier 2013
La chronique de "Une bonne raison de se tuer" du même auteur
L'interview de l'auteur en janvier 2012

En savoir plus :
Le Facebook de Philippe Besson


Nathalie Clément         
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# 14 juillet 2019 : Les pieds dans l'eau

C'est l'été, les vacances pour certains, mais cela n'empêche pas de découvrir quelques petites perles musicales, littéraires, théâtrales, cinématographiques... Alors ne perdons pas de temps et découvrons le programme de la semaine.

Du côté de la musique :

"Reward" de Cate Le Bon
"Walk on a mirror" de Beautiful Badness
"You're here now what ?" de Matmatah
"Verdée" de Verdée
"Circo circo" de Who's the Cuban
Tom Mascaro et The Daggys au M'art in the street de St Symphorien s/ Coise
Beauregard #11 :
Jeudi avec MNNQNS, Gossip, Fatboy Slim entre autres
Vendredi avec Balthazar, Lavilliers, NTM, Etienne de Crécy...
Les Eurockéennes de Belfort #31 : Interpol, Fontaines DC, Idles, Mass Hysteria...
et toujours :
"Lung bread for daddy" de Du Blonde
"Orgue" de Guero
Hellfest #14 avec No one is innocent, Gojira, Kiss, Cannibal Corpse, Sister of Mercy et pas mal d'autres
"L'envoutante" de L'Envoûtante
"Uncovered Queens of the Stone Age, The lost EP" de Olivier Libaux
"Praeludio" de Patrick Langot
"Carnet de voyage, livre 1 : Beethoven Cras" de Quatuor Midi Minuit
"The twin souls" de The Twins Souls

Au théâtre :

"Glissement de terrain" au Théâtre de la Reine Blanche
"Philippe Chevallier et Bernard Mabille - Chacun son tour" au Théâtre L'Archipel
"De Judas à Manuel Valls" à la Comédie Saint-Michel
"Philippe Fertray - En mode projet" au Théâtre de la Contrescarpe
"Florian Lex - Pas de pitié !" au Théâtre du Marais
des reprises :
"Nature morte dans un fossé" au Petit Gymnase
"Muriel Lemarquand - Trop forte !" au Théo Théâtre
la chronique des spectacles à l'affiche parisienne en juillet
et la chronique des spectacles programmés au Festival Off d'Avignon

Expositions avec :

"Back Side/Dos à la mode" au Musée Bourdelle
et dernière ligne droite pour :
"L'Orient des peintres, du rêve à la lumière" au Musée Marmottan-Monet
"Hammershoi - Le Maître de la peinture danoise" au Musée Jacquemart-André
"La Lune - Du voyage réel aux voyages imaginaires" au Grand Palais
"La Collection Emil Bürhle" au Musée Maillol

Cinéma :

"Le Voyage de Marta" de Neus Ballus
et la chronique des sorties de juillet

Lecture avec :

"L'enfer du commissaire Ricciardi" de Maurizio de Giovanni
"Hitler et la mer" de François-Emmanuel Brézet
"La villa de verre" de Cynthia Swanson
"Le fossé" de Herman Koch
"Les apprentis de l'Elysée" de Jérémy Marot & Pauline Théveniaud
et toujours :
"Entrer dans l'arène en même temps que l'orage" de Danny Denton
"Et tout sera silence" de Michel Moatti
"Je te donne" de Baptiste Beaulieu, Agnèes Ledig, Laurent Seksik, Martin Winckler
"Le dernier thriller norvégien" de Luc Chomarat
"Néron" de Catherine Salles

Bonne lecture, bonne culture, et à la semaine prochaine.

           
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