Musique sep Théâtre sep Expos sep Cinéma sep Lecture sep Bien Vivre
  Galerie Photos sep Nos Podcasts sep
 
recherche
recherche
Activer la recherche avancée
Accueil
 
puce puce
puce Sigur Rós
Le Zénith  (Lille)  jeudi 28 février 2013

Une tournée mondiale des voyageurs islandais avec une escale sur Lille était annoncée. La curiosité, les souvenirs, l'envie de vivre un moment planant, il m'a suffi de peu d'arguments pour me décider à assister au concert de Sigur Rós.

Sigur Rós ? Ou "Autre monde", "poésie", "rêve éveillé", "émotions". Cela ne vient pas de moi, ce sont les retours lillois. Pour moi, le groupe est une sorte de madeleine de Proust musicale. Il me rappelle des souvenirs.

Si je devais proposer une seule raison, je dirai que tout vient de l'univers musical. Entre rock progressif et musique classique, le chanteur et guitariste protagoniste Jón Þór Birgisson ou Jònsi, en créant en 1994 le groupe, a façonné une identité musicale étonnamment introspective.

Pour commencer, la musique enveloppe le spectateur de son rythme lent et sinueux. Jònsi, pourtant accompagné de nombreux musiciens, en est la pièce maîtresse. C'est d'abord son jeu de guitare. En utilisant un archet de violoncelle, il provoque ses effets allongés atmosphériques, sorte de brumes musicales tout droit venues du Nord. Cela donne une sensation organique, des notes "foetales" m'a-t-on soufflé. Le nom Sigur Rós viendrait d'ailleurs du nom de la sœur de Jònsi, nouvelle-venue : Sigurrós. Et puis il y a cette voix, aussi atmosphérique que la guitare. Encore une fois Jón Þór Birgisson expérimente en utilisant la technique de fausset, lui permettant de pousser des sons très aigus qui me font sérieusement penser à ces chanteuses Bollywoodiennes. Parfois, un xylophone résonne comme sur le titre-succès "Hoppipolla".

Sigur Rós avec ces ingrédients, prépare donc un savant mélange-cocon musical pour ensuite mieux faire vibrer intérieurement l'auditeur. Et c'est là le deuxième effet "Ròssien". La musique se fait plus explosive, appuyée de l'orchestre classique qui accompagne le groupe, la voix plus intense, la batterie percussive. On en ressort forcément transpercé.

En découvrant Sigur Rós, par l'album Takk et Agætis byrjun, cela m'a donné d'abord beaucoup d'espoir - Von, en islandais, le nom choisi pour intitulé le premier album du groupe.

Espoir car, au contact d'explorateurs, amateurs, passionnés, révoltés, de la musique, j'ai toujours opposé deux camps musicaux. Le premier, pour qui j'ai une grande admiration, sait chanter les paroles d'une chanson par cœur, quelle que soit la langue. Après de longues années de béatitude, je me suis dite pour me consoler, qu'ils étaient sûrement très fortiches en langues, mais qu'également, ils devaient passer des nuits entières à décortiquer les paroles, lire des interviews de celui qui a commis de sa plus belle plume. Bref. Ils connaissent le pourquoi du comment de la création des mots. Je l'appelle le camp "des littéraires de la chanson".

Et puis, il y a le deuxième. J'y ai toujours ma carte de membre. Ce sont ceux qui chantent en yaourt, qui baragouinent des sons sans queue-ni-tête, la mélodie c'est déjà pas mal. Le camp "des marshmallows de la chanson". J'y ai toujours ma carte de membre. Non pas que le sens soit inintéressant, non pas que les mots n'ont pas d'importance mais c'est avant tout la mélodie qui vibre dans les oreilles. Et puis j'ai découvert ces artistes qui avouent écrire leurs chansons avec des sons : Sigur Rós et d'autres. La recherche de musicalité des syllabes, les mots inventés qui s'adaptent sublimement à la mélodie. Je comprenais enfin le processus de création de certains et en quelques sortes, comment la musique venait à moi. Espoir de me rattacher peu à peu, un peu plus aux mots.

Vous pensiez peut-être que Sigur Rós écrivait en Islandais ? Leur langue maternelle est elle-même plutôt exotique aux oreilles. Et bien, Jònsi a inventé aussi son propre langage, disons, sa propre technique de communication : le Vonlenska. Un mot-valise de "lenska" pour "islenska" ou Islande et "Von" pour espoir... comme quoi, beaucoup de choses ont commencé par là. Je ne ferai pas la maligne, je serais incapable de différencier l'islandais du vonlenska. Mais, toutes les deux sont aériennes, veloutées, les voyelles s'y baladent toutes naturellement et les émotions sont là, intactes. Loin des Magma et Nosfell qui ont été plus loin : créer de nouvelles langues et de nouveaux univers, Jònsi a voulu simplement produire une langue que tout le monde pourrait comprendre à sa façon.

Mais tout ça ne donne pas tout à fait les clés de succès du concert. Comment c'était déjà ?

Je ne suis généralement pas fan des grandes salles. Mais j'avoue que, cette fois, le lieu était propice pour le spectacle. Les chansons de Sigur Rós résonnaient dans cette immense salle avec une intensité agréable et provocante. Je me suis surprise à sursauter aux impacts brutaux de la batterie et le vrombissements des cuivres.

Esthétiquement, le concert était tiré aux quatre épingles. Le groupe a commencé à jouer ses deux premiers titres, enveloppé derrière de grands rideaux. Les projections de lumières donnaient des effets d'ombres chinoises attrayantes. Puis le rideau est tombé, laissant apparaître le groupe, l'orchestre à l'arrière, surmonté d'un immense écran. Durant le spectacle, effets de lumières et images organiques et aquatiques se multipliaient – épileptique, spectacle à redouter - Sigur Rós, pour leur dernier album Valtari, avait en effet énormément miser sur la création vidéo. Un concours avait même été lancé pour que des réalisateurs, non connus, avec un même budget limité, créent une vidéo pour chaque titre, selon leur ressenti, leurs émotions.

Et pourtant, j'ai préféré fermer les yeux durant la majorité du concert. D'abord, parce qu'il n'y avait pas de mouvements, pas une réelle effervescence sur scène. Ce n'est pas forcément le genre d'ambiance adéquate, je l'avoue. Pas d'interventions. Pas d'échanges. Et puis, je ne comprenais finalement pas à quoi servait ces images. Oui, c'est une grande mode mais à quoi bon ? Si ce n'est pour capter l'attention ?

Les yeux ouverts, j'étais attiré par l'écran, absorbée par les images. Les yeux clos, j'entrais véritablement dans la musique, succombant enfin à l'intensité du spectacle.

 

A lire aussi sur Froggy's Delight :

La chronique de l'album Heima de Sigur Rós
La chronique de l'album Kveikur de Sigur Rós
Sigur Rós en concert au Grand Rex (13 février 2003)
Sigur Rós en concert au Grand Rex (13 février 2003) - 2ème
Sigur Rós en concert à La Villette (28 septembre 2004)
Sigur Rós en concert au Festival Les Eurockéennes 2006 (dimanche)
Sigur Rós en concert à Main Square Festival
Sigur Rós en concert au Festival La Route du Rock 2008
Sigur Rós en concert au Festival International Benicàssim 2008
Sigur Rós en concert au Festival International Benicàssim 2008 - 2ème
Sigur Rós en concert au Festival Rock en Seine 2016 - samedi 27 août
Oldies : Sigur Rós - Með Suð í Eyrum Við Spilum Endalaust

En savoir plus :
Le site officiel de Sigur Rós
Le Myspace de Sigur Rós
Le Facebook de Sigur Rós

Crédits photos : Olivier Ryckebusch


Rachel Debrincat         
deco
Nouveau Actualités Voir aussi Contact
deco
decodeco
• A lire aussi sur Froggy's Delight :


# 2 août 2020 : Une petite pause s'impose

Le mois d'août arrive. Sans les festivals, l'actualité culturelle sera plus calme mais nous serons toujours là pour vous tenir compagnie chaque semaine notamment sur Twitch. Commençons par le replay de la Mare Aux Grenouilles #8 (la prochaine sera le 29 août) et bien entendu le sommaire habituel.

Du côté de la musique :

"Pain olympics" de Crack Cloud
"Waiting room" de We Hate You Please Die
"Surprends-moi" de Cheyenne
"Nina Simone 1/2" le mix numéro 20 de Listen in Bed
Interview de Bruno Piszczorowicz autour de son livre "L'ère Metal"
"Noshtta" de L'Eclair
"Moderne love" de Toybloid
  "Les îles" de Benoit Menut
"Echange" de Brussels Jazz Orchestra, Claire Vaillant & Pierre Drevet

Au théâtre :

chez soi avec des comédies blockbusters at home :
"Lady Oscar" de Guillaume Mélanie
"La vie de chantier" de Dany Boon
"Post-it" de Carole Greep
"Mon meilleur copain" de Eric Assous
"L'ex-femme de ma vie" de Josiane Balasko
"Un point c'est tout" de Laurent Baffie
et de l'eclectisme lyrique avec :
"L'Ange de feu" de Serge Prokofiev revisité par Mariusz Trelinski
les antipodes stylistiques avec "L'Enfant et les Sortilèges" de Maurice Ravel par James Bonas et "Dracula, l'amour plus fort que la mort" de Kamel Ouali
et le concert Hip-Hop Symphonique avec des figures du rap et l'Orchestre Philharmonique de Radio France

Expositions :

en virtuel :
"Warhol" à la Tate Modern de Londres Exhibition Tour avec l'exhibition tour par les commissaires et et 12 focus
"Plein air - De Corot à Monet" au Musée des impressionnismes de Giverny
avec l'audioguide illustré ainsi qu'une approche en douze focus
en real life :
"Le Monde selon Roger Ballen" à La Halle Saint Pierre
"Otto Freundlich - La révélation de l’abstraction" au Musée de Montmartre
"Turner, peintures et aquarelles - Collection de la Tate" au Musée Jacquemart-André
"Harper's Bazaar, premier magazine de mode" au Musée des Arts Décoratifs
"Christan Louboutin - L'Exhibition[niste]" au Palais de la Porte Dorée
"Cézanne et les maîtres - Rêve d'Italie" au Musée Marmottan-Monet
"Coeurs - Du romantisme dans l'art contemporain" au Musée de la Vie romantique
les Collections permanentes du Musée Cernushi
"Helena Rubinstein - La collection de Madame" et "Frapper le fer" au Musée du Quai Branly
"Monet, Renoir... Chagall - Voyages en Méditerranée" à l'Atelier des Lumières

Cinéma :

en salle :
du vintage avec la version restaurée de "Quelle joie de vivre" de René Clément
un documentaire "Dawson City : le temps suspendu" de Bill Morrison
des films récents dans son salon :
"Hauts les coeurs !" de Solveig Anspach
"La Famille Wolberg" de Axelle Ropert
"Pieds nus sur des limaces" de Fabienne Berthaud
"Le Voyage aux Pyrénées" de Jean-Marie Larrieu et Arnaud Larrieu
"Dans Paris" de Christophe Honoré
"La promesse" de Luc et Jean-Pierre Dardenne

Lecture avec :

"Nous avons les mains rouges" de Jean Meckert
"Il était deux fois" de Franck Thilliez
"La goûteue d'Hitler" de Rosella Postorino
et toujours :
Interview de Bruno Piszczorowicz autour de son livre "L'ère Metal"
"Fleishman a des ennuis" de Taffy Brodesser-Akner
"Summer mélodie" de David Nicholls
"La Chine d'en bas" de Liao Yiwu
"La nuit d'avant" de Wendy Walker
"Isabelle, l'après midi" de Douglas Kennedy
"Les ombres de la toile" de Chris Brookmyre
"Oeuvres complètes II" de Roberto Bolano
"Un été norvégien" de Einar Mar Gudmundsson

Froggeek's Delight :

Toute la semaine des directs jeux vidéo, talk show culturel, concerts en direct sur la FROGGY'S TV

Bonne lecture, bonne culture, et à la semaine prochaine.

           
www.myspace.com/froggydelight | www.tasteofindie.com   bleu rouge vert métal
 
© froggy's delight 2008
Recherche Avancée Fermer la fenêtre
Rechercher
par mots clés :
Titres  Chroniques
  0 résultat(s) trouvé(s)

Album=Concert=Interview=Oldies but Goodies= Livre=Dossier=Spectacle=Film=