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Interview  (Chez Ephelide (Paris))  17 novembre 2004

Quelques mois après la sortie de son troisième album, Coeur de boeuf dans un corps de nouille, et à l’aune d’une tournée dont l’intéressé peaufine les dernières surprises, nous avons rencontré Ignatus.

Occasion pour parler de sa musique, de ses textes, de ses projets et d’effectuer un tour d’horizon de la chanson française.

D’où vient le nom Ignatus ?

Ignatus : Il y a des soirs où j’invente des trucs. Mais ce soir je vais dire la vérité, la vérité pure. Au départ, après mon groupe Les objets, je cherchais un pseudo parce que je ne voulais pas chanter sous le nom de Jérôme Rousseau qui est mon vrai nom. Je suis quelqu’un de différent lorsque je suis sur scène. Je voulais symboliser ça. J’avais lu un bouquin qui s’appelle "La conjuration des imbéciles" (ndlr : livre de John Kennedy Toole, bientôt adapté en film, scénarisé par Steven Soderbergh, mis en scène par David Gordon Green et avec Drew Barrymore) dont le héros s’appelle Ignatius Reilly avec un i après le t. C’est Ignace en anglais.

J’aimais ce nom là, je le trouvais assez délirant. Et puis c’était un nom qui ne se rattachait à rien. Comme je m’estime à la croisée de plein de chemins je ne voulais pas d’un nom qui fasse genre chanson française ni un nom qui fasse électro. Ignatius, je trouvais que ça ne ressemblait à rien donc ça me plaisait. Et puis le copain qui a fait la première affiche, qui était un dessin, a oublié le i et Ignatius est devenu Ignatus. J’ai gardé cet accident et voilà pourquoi Ignatus.

J’aime bien l’idée de garder les accidents d’une manière générale dans la musique. Dans tout le travail que je fais avec les ordinateurs très souvent il y a des accidents qui arrivent. Il m’est très souvent arrivé de les garder car ça amène des choses nouvelles, inattendues. J’aime l’inattendu, j’aime le surprenant donc j’aime bien me nourrir de ça.

Quelle est ta méthode de travail ? Comment composes tu ?

Ignatus : Je compose surtout à l’ordinateur, en particulier sur le dernier album. Il y a des chansons que je compose à la guitare ou au piano. Sur cet album, il y en a très peu au piano, un petit peu à la guitare. Mais beaucoup sont composées sur l’ordinateur. Je m’intéresse beaucoup à ce qui est hypnotique, à la musique répétitive. Très souvent, je pars d’une boucle que je fais tourner et ça m’inspire des mélodies et des mots. Je construis parfois la chanson simplement autour d’une boucle qui pourra être la même pour le couplet et le refrain. Donc il y a assez peu de changements harmoniques.

C’est plus un travail sur les sons, les sonorités et le mélange de sonorité entre des choses que je vais prendre sur des disques et des choses que je vais jouer. Ce sera joué, échantillonné, samplé et mis en boucle. D’autres choses seront alors jouées par-dessus pour amener des évolutions de sons et de mélodies.

Tu n’as pas de vision préalable du morceau ? Il se construit petit à petit ?

Ignatus : Ca se construit petit à petit. Souvent même les textes viennent en même temps que la mélodie.

C’était déjà le cas sur les albums précédents ? On ressent surtout ce mode de création sur le dernier.

Ignatus : Oui mais j’ai poussé encore plus loin cette façon de faire. Dans le premier, il y avait les morceaux boucle et les morceaux acoustiques qui étaient très différents les uns des autres. Petit à petit, j’ai essayé de réunir vraiment les deux. J’avais déjà commencé sur le deuxième album. Mais sur le troisième j’ai poussé encore plus loin le truc dans ce que ça d’absurde, de répétitif et de délirant.

Parfois on passe d’une ambiance à une autre même au sein d’un même morceau

Ignatus : J’aime bien les cassures. J’aime bien l’idée qu’un disque puisse s’écouter comme une émission de radio, avec un ton général mais où l’on passe d’un truc à un autre. Je trouve qu’aujourd’hui il y a trop de disques qui sont uniforme au niveau du ton et du son.

Ca pourrait être au sein d’un album, mais la c’est parfois au sein d’une même chanson

Ignatus : J’aime bien les cassures, les contre-pieds. J’aime bien surprendre, amener des choses incongrues.

Quelles sont tes influences musicales ?

Ignatus : J’ai beaucoup d’influences musicales différentes. J’ai fait des musiques différentes, puisque j’ai fait du classique en chant et en piano, puis j’ai fait du jazz, du rock, de la new wave avec des groupes, et de la pop. J’ai aussi fait de la musique indienne. J’ai appris à jouer de la flûte en bambou en Inde en faisant de la méditation et du yoga.

Hors interview tu me parlais de l’Asie. Tu es un vrai globe trotter.

Ignatus : Oui j’ai beaucoup voyagé. Le voyage, la marche ça a toujours été des sources d’inspiration. J’aime bien mélanger les choses, m’inspirer de choses différentes. Les influences sont principalement la chanson et le rock au sens très large. Mais elles sont aussi classique, jazz ou musique du monde. J’écoute plein plein de choses différentes. Selon les jours je peux passer d’un truc très chanson à un truc très rock ou à de la musique traditionnelle.

C’est vrai qu’en écoutant l’album on est dépaysé. On a du mal à le raccrocher à une chose connue.

Ignatus : Oui c’est vrai. C’est un souci d’ailleurs car il y a beaucoup de gens qui décrochent et qui ont du mal. Mais c’est mon propos artistique de mélanger plein de choses différentes, de faire quelque chose de nouveau, d’original en mélangeant toutes ces influences. Je préfère ça plutôt que de faire une musique référencée.

Que penses-tu de la nouvelle chanson française ? J’ai cru entrevoir que tu apprécies le travail de Dominique A au contraire de celui de Benjamin Biolay.

Ignatus : J’adore Dominique A et je déteste Benjamin Biolay. Mais entre les deux, il y a plein de choses. Des musiciens apparus depuis dix vingt ans, pour moi c’est vraiment Dominique A le plus intéressant. Je suis très content car un des musiciens qui joue avec moi, Jérôme, joue avec lui en ce moment. Je suis très intéressé d’aller voir ça à l’Olympia le 30 novembre. C’est une personne qui est vraiment impressionnante au niveau des textes, de l’intensité, de la présence.

Maintenant en ce qui concerne toute la nouvelle vague de la chanson française … il y a des choses intéressantes, des choses bien faites mais souvent ça m’ennuie. Souvent je trouve qu’il n’y a rien de nouveau. Il s’agit souvent de recettes un peu éculées, de choses que l’on a déjà entendues. Mais il y a des gens la dedans qui ont du talent. Par exemple, je trouve que Benabar fait des très bons textes. Delerme je l’ai vu sur scène j’ai trouvé ça très bien. Sur disque ça m’ennuie un petit peu. Mais ça a vachement d’esprit et c’est très bien fait.

Mais il y a beaucoup de sous-Delerme, de sous tout ça qui m’ennuie prodigieusement. Ce qui me désole un petit peu, c’est que la nouvelle chanson française est une sorte de reflet d’une forme de médiocrité. C’est le reflet du public, le public se retrouve dans les chansons. Ca a un petit côté rassurant et j’estime que les artistes doivent aussi déstabiliser et proposer autre chose qu’un simple miroir. C’est un miroir un peu déformant, mais je n’aime pas trop ce côté petite vie tranquille.

C’est vrai que Dominique A a souvent pris les contre-pieds, et ne cherche pas à rassurer.

Ignatus : Dominique A est dans un univers poétique hyper fort. C’est un mec qui a un verbe, un texte ; il emmène très très loin. Il se remet en question à chaque album. Le dernier album est réellement extraordinaire au niveau des textes, des arrangements. C’est un mec qui se remet en question à chaque fois, qui se met en danger à chaque fois. Un artiste c’est ça, plutôt que d’être le chroniqueur désabusé de la vie moderne. Il faut provoquer et je trouve que la nouvelle chanson française manque un petit peu de provocation, qu’elle est un petit peu complaisante.

Tu penses que ces gens là vont rester ? Qu’ils vont marquer quelque chose ?

Ignatus : Oui, parce que les gens qui restent ce sont ceux qui ont des bons textes, ceux qui savent écrire et qui sont bons sur scène. Les gens qui ne restent pas ce sont ceux qui font un coup, un tube mais qui ne tiennent pas la route et surtout qui ont des mauvais textes. Les Benabar et Delerme ils vont rester. Mais je pense que Biolay les gens vont se lasser. Biolay. Tous les musiciens que je connais rigolent quand on parle de Biolay. C’est un faiseur, c’est de la poudre aux yeux. Donc il va lasser, il commence déjà à lasser.

Il faut dire qu’il en a fait beaucoup

Ignatus : Oui à chaque fois qu’il y a une vieille qui ressort un truc il est là. Donc je pense que ça va s’épuiser très vite. Et puis il y en a beaucoup de nouveaux qui arrivent. J’entends pas mal de choses intéressantes. Je trouve qu’il y a pas mal de talents aujourd’hui dans la chanson. Il y a des gens qui ont un peu de personnalité et qui racontent des trucs.

Les textes semblent être vraiment importants pour toi. Il y a pas mal d’humour dans tes textes.

Ignatus : Oui pour moi les textes sont aussi importants que la musique. Je pense vraiment que les gens qui restent et qui marquent sont les gens qui ont des choses à dire et qui ont des textes. Les gens qui n’ont rien à dire ils s’épuisent très vite, ils tournent en rond.

A l’écoute de ton album c’est ce qui accroche en premier.

Ignatus : Ce que je remarque c’est que les gens qui aiment cet album ils y entrent par le texte. C’est les gens qui prennent la peine d’écouter les textes qui rentrent dans le disque. Je pense que c’est la clef d’entrée.

Les musiques sont plus abruptes, non ? Plus difficiles.

Ignatus : Il y a beaucoup de disques aujourd’hui qui servent de fond sonore, qui sont une espèce d’habillage, de tapisserie sympathique pour prendre l’apéro ou pour faire un fond musical dans les bars. Ce qui est génial, c’est de réaliser une musique agréable à écouter au casque pour y pénétrer mais également en fond en sonore à volume deux. Par exemple, des mecs comme Air, qui sont de très bons musiciens, ou même Manu Chao sont très agréables à écouter à volume deux sur la chaîne en prenant l’apéro. Mais parfois quand tu veux écouter au casque et rentrer dedans, tu t’emmerdes un peu.

C’est beaucoup le cas de la musique électronique. C’est moins vrai maintenant mais ça a beaucoup été le cas de la "french touch" ou les groupes prenaient des boucles avec un petit filtre. La chanson durait cinq minutes et il ne se passait rien du tout.

Peut-être que cette musique était plus destinée aux clubs ?

Ignatus : Moi ça ne me suffit pas. Il y a de la super musique électronique. La personne qui m’a donné goût à la musique électronique et m’a fait travailler les samples c’est DJ Shadow. DJ Shadow tu peux l’écouter en faisant autre chose parce que c’est de la musique instrumentale très agréable. Mais lorsque tu l’écoutes avec le casque et que tu rentres dans le disque tu t’éclates complètement. Il y a plein de gens en musique électronique qui font plein de choses très très riches. Mais il y a aussi ceux qui font de la musique papier peint et on s’emmerde un peu.

Ca peut être le but recherché ?

Ignatus : Oui pourquoi pas, une musique de film par exemple. Mais je pense que l’on peut faire les deux, y ajouter un peu de profondeur et d’intensité.

Cela ne pose t il pas de problèmes d’avoir des textes un peu trop recherchés ?

Ignatus : Certainement si. Je pense que du coup mon disque est difficile à écouter en faisant autre chose. Et c’est difficile de rentrer dedans sans faire un effort personnel, en l’écoutant uniquement en fond sonore. C’est sûrement un handicap, mais je l’assume.

Mais est-ce volontaire ? Peut-être penses-tu que c’est mieux comme ça ?

Ignatus : Ce n’est sûrement pas la bonne méthode pour remplir le Zénith. Je fais la musique qui me ressemble, et je cherche. Mon propos est de chercher, d’amener des idées d’avancer et de tenter des choses. Donc je peux me planter mais au moins je cherche. Ce que je cherche c’est d’essayer d’offrir quelque chose de nouveau, d’original. Mon objectif premier n’est pas de vendre. Maintenant j’aimerais vendre plus. Je ne veux pas faire le mec dans sa tour d’ivoire qui se la pète et qui joue au fou. J’ai envie que cela plaise aux gens. J’ai envie de les faire rire, réagir, etc. Mais je n’ai pas envie de me prostituer, de changer ma personnalité pour ça.

C’est un peu le propos de la chanson "La prestance", non ? Ceci étant, je n’ai pas l’impression que les gens écoutent beaucoup les textes.

Ignatus : Oui c’est bien tu as écouté les textes. Tous les mails que je reçois, et les retours des gens qui ont vraiment aimé l’album ils me parlent de textes. Dans beaucoup de mails, j’ai des extraits de "La cuisine de l’amour", ou un petit mot qui y fait référence. Ca me fait super plaisir. Ca veut dire qu’il y a des mots qui ont accroché leurs oreilles et les ont aidés à entrer dans le disque.

Ca te fait plus plaisir que si on te disait : cette musique m’a vraiment accrochée ?

Ignatus : Oui c’est plus les textes.

Les textes sont souvent plus personnels ?

Ignatus : Oui c’est par le texte, même s’il n’est pas auteur, qu’un chanteur donne de lui-même et fait partager ce qu’il ressent, sa personnalité. C’est là que je me dévoile le plus. J’ai une façon de chanter pas mal en retrait. Je ne suis pas un chanteur extraverti. Ca va être par les textes que je vais exprimer les choses.

La voix est relativement mise en avant, contrairement à ce qui est souvent le cas dans la musique française.

Ignatus : C’est plus dans le rock français effectivement. Mais là dessus, je suis plus dans une tradition de chanson française. Dans le rock français, les textes sont en général en retrait.

Tu as fait la musique du film d’Isabelle Nanty "Le Bison". Quels sont tes rapports avec le cinéma ? As-tu d’autres projets à venir ?

Ignatus : Je n’ai pas d’autres projets pour le moment. J’ai aussi fait quelques trucs pour des courts métrages. Une fois j’ai joué live dans un cinéma pendant un festival, c’était vachement sympa. C’est une expérience que j’aimerais bien réitérer mais c’est un peu compliqué. Je crois qu’il s’agit d’un truc de relationnel. Il y a des gens qui occupent beaucoup le terrain dans le domaine de la musique de films et c’est un peu dur de se placer. Comme je ne suis pas du genre à aller passer mes soirées dans les cocktails, dans les lieux branchés pour faire la bise aux gens du showbiz c’est un peu plus compliqué. J’ai un peu de mal à retrouver d’autres musiques de films. Mais j’espère que ça se refera parce que c’est vachement intéressant.

Comment ça c’est fait dans le cas du film d’Isabelle Nanty ?

Ignatus : Je connais Isabelle. C’est elle qui est allée vers moi. En fait, c’est ma cousine. On fait du spectacle ensemble depuis qu’on est môme, pendant les repas, etc. On a beaucoup fait de choses ensembles.

Ce film est assez sympathique, Edouard Baer y est assez marrant.

Ignatus : Oui, je trouve que c’est un bon mélange d’humour et de bon sens. En plus, c’est un film où Edouard Baer est un peu sorti de son personnage habituel

Tu as fait beaucoup de spectacles, de shows. C’est important pour toi le côté visuel ?

Ignatus : Oui. Ca fait longtemps que je travaille sur le déclenchement de samples, car sur scène j’utilise l’échantillonnage. Je n’ai jamais voulu que ce soient des machines qui déclenchent les samples. Pendant longtemps, j’étais sur un clavier et je déclenchais les samples en appuyant sur les touches du clavier. Depuis quelques années, je le fais en tapant sur des choses. Par exemple, sur scène j’ai des poupées devant moi. Je tape sur leur tête, ça déclenche les samples, les têtes s’allument. J’ai aussi une guitare avec douze capteurs. J’ai aussi une poignée de porte, je fais des effets de façon très visuelle. C’est bien comme ça le spectacle amène un truc en plus. En plus ça permet d’utiliser le sample comme un instrument de musique en live.

J’ai lu que la chansons "Les p’tits chiens" a été écrite pour quelqu’un d’autre. Pour qui ?

Ignatus : Pour Jeanne Moreau. C’est un texte de Jacques Duval qui est un auteur belge. Il y a quatre ans le Botanique qui est une grande salle à Bruxelles a organisé une soirée hommage à Jeanne Moreau. Elle est venue et elle a chanté accompagnée par Pascal Comelade. Ils avaient invités des tas de chanteurs à faire des reprises de ses chansons devant elle. Il y avait des tas de gens différents : Amina, un groupe belge Mellon Galia, un suisse qui s’appelle Polar, Julien Baer. On n’était pas des gens très connus, et on a tous repris deux chansons. C’était un moment incroyable, j’avais Jeanne Moreau derrière et huit cents personne en face. C’était une sorte de sandwich de trac.

Suite à ça, il y a eu un projet d’album. L’idée était que les gens qui avaient participés à cette soirée écrivent des chansons. Elle a régulièrement des projets d’albums qui vont, qui viennent, qui disparaissent. J’imagine que Benjamin Biolay va écrire des chansons pour son prochain album. Je crois que c’est vrai en plus. Je crois qu’il y a eu un projet avec Murat avorté. Elle voulait aussi travailler avec Renaud. Enfin bref…

On avait écrit trois chansons avec Jacques Duval dont celle-ci. Au bout de deux ans, on n’avait toujours pas de nouvelles, ça n’avait pas l’air d’avancer donc je l’ai mise dans mes spectacles. Et puis ça fonctionnait bien, j’aimais bien cette chanson. Au moment d’enregistrer l’album, je me suis posé la question, nous n’avions toujours aucune nouvelle. J’en ai parlé à Jacques Duval je l’ai renvoyée à Jeanne Moreau via le biais de son avocat qui devais la lui faire écouter. Je n’ai jamais eu de nouvelles donc je l’ai gardé pour moi.

Il va y avoir un clip d’ailleurs. Ce sera fait à partir de pâte à modeler. Il y aura des p’tits chiens en pâte à modeler, des Ignatus en pâte à modeler sur les pavés de paris. Ce sera prêt pour Janvier, c’est en train de se faire. Mais c’est un gros gros boulot, parce que ça doit se faire image par image avec des incrustes. C’est un copain qui est sur ce boulot de fou. Ce sera la bonne nouvelle de la rentrée.

C’est encore un attrait très fort pour le visuel ?

Ignatus : Ouais. Je n’avais pas fait de clips sur le second album. Le problème, c’est si tu fais un clip, où est ce qu’il va passer ? Il ne va pas passer sur MCM, M6 ou bien à deux heures du matin. J’ai très peu de chance de rentrer sur les MCM et compagnies et ça coûte cher de faire un clip. Là, le truc chouette c’est que j’ai un préachat de M6 pour le passage de nuit. Ca me garantit un peu de financement. Donc, si tout se passe bien, j’autofinance ce clip, je me démerde tout seul comme un grand pour le faire.

Que penses tu de l’album d’Olivier Libaux (Second membre de l’ex groupe d’Ignatus Les objets) "L’héroïne au bain"?

Ignatus : Joker ! Je trouve qu’il y a de bonnes mélodies. Olivier, c’est un bon mélodiste. C’est aussi un très bon guitariste dans son style en arpèges. Mais je n’ai pas été convaincu par l’histoire. J’ai trouvé qu’il y avait un petit côté émancipation par le viol qui était un peu bizarre dans l’histoire. J’ai trouvé qu’il y avait un peu trop de personnages. Il y avait quelques bonnes chansons, notamment une chanson avec Katerine et Lio qui est super. J’aimais bien les interludes musicaux aussi, il y avait des trucs chouettes.

Mais c’est un peu dur pour moi je ne suis pas lucide. C’est comme lorsque tu demandes à quelqu’un qui a divorcé ce qu’il pense du nouveau mari ou de la nouvelle femme de son ex. Tu n’as pas un jugement franchement objectif.

J’étais content qu’il arrive à faire ce projet parce que, quand il a arrêté les objets en 95 c’était pour faire ce projet. Ca a donc mis beaucoup de temps. Je trouvais la réalisation un petit peu raide. Olivier il est vachement carré, c’est sa qualité mais c’est aussi un peu son défaut. En tout cas, je suis très content que ça marche pour lui avec nouvelle vague. Je trouve ce projet assez réussi. Les versions sont très réussies.

Mais c’est moins personnel

Ignatus : C’est sûr, ce sont des reprises. En plus, c’est un collectif donc forcément, c’est moins personnel. C’est une bonne idée et c’est bien fait. Mais pour lui, le projet de "L’héroïne au bain" était plus important. Mais si ça peut lui permettre de rebondir sur d’autres choses, tant mieux.

Quels sont tes projets ?

Ignatus : Pour l’instant j’écris, mais pas des chansons. J’écris des textes un peu loufoques, je ne sais pas encore ce que je vais en faire. Peut-être de la radio, j’adore la radio. J’écris pratiquement tous les jours, je me teste là-dessus. Je vais continuer à faire des chansons mais j’ai envie de travailler sur le texte. Pour 2005, j’ai quelques concerts, le clip. Il y a le concert du zèbre en Décembre qui j’espère va m’apporter d’autres dates car j’adore être sur scène.

A côté, je fais d’autres choses ; je fais régulièrement des ateliers d’écriture. J’aide les gens à sortir ce qu’ils ont envie de sortir. Je ne dis pas comment on fait pour écrire des chansons. J’amène des mélodies où je fais faire des travaux sur les contraintes. J’interviens auprès des enfants, en prison, auprès de professionnels. C’est vraiment un truc que j’adore faire, c’est vraiment enrichissant.

Par exemple, je suis en résidence pour mes spectacles et en échange je vais intervenir dans des écoles et des prisons. C’était le cas à Fresnes. Je le fais dans le cadre de formations professionnelles, auprès d’intermittents, d’amateurs. En ce moment, je suis plus dans l’écrit que dans la musique.

Si tu avais trois mots pour décrire ta musique, quels seraient ils ?

Ignatus : Prune, andouillette, mobylette...Ou plutôt, andouillette, mobylette, prune.

 

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# 5 juillet 2020 : Un avant goût de vacances

il fait (presque) beau partout, on sort un peu de chez nous, on voit nos amis, on pense aux vacances. Chez Froggy's on continuera tout l'été à vous alimenter en culture mais ce sera peut être un peu plus calme. En attendant, voici le sommaire et bien sûr le replay de La Mare Aux Grenouilles #5 !

Du côté de la musique :

"Les îles" de Benoit Menut
"Echange" de Brussels Jazz Orchestra, Claire Vaillant & Pierre Drevet
"INTENTA experimental & electronic music from Switzerland 1981-93" par divers artistes
"Jimmy Cobb" mix #19 de Listen In Bed
"Chausson le littéraire" de Musica Nigella & Takenori Nemoto
"Alessandro Scarlatti, il Martirio di Santa Teodosia" de Thibault Noally & l'Ensemble Les Accents"
et donc La Mare Aux Grenouilles numéro #5 avec la liste de ce qui a été abordé et le replay.
et toujours :
"Grand prix" de Benjamin Biolay
"The Beethoven collection Vol1 : Sonatas by Clementi, Hummel, Dussek and Wolfl" de Jean-Efflam Bavouzet
"Eivind Groven Symphonies N°1 & 2" de Kristiansand Symphony Orchestra sous la direction de Peter Szilvay
"L'heure bleue" de Marianne Piketty, Le Concert Idéal
"Tu rabo Par'abanico" de Marion Cousin & Kaumwald
"Veines" de Merakhaazan
"Silas" de Silas Bassa

Au théâtre dans un fauteuil de salon avec :

des créations :
"La Putain respectueuse" par Gérard Gélas
"Dracula Asylum" par Felicien Chauveau
"L'Homme qui rit" par Gaële Boghossian
"Cage" par Jacques Bellay
"Kyste" de et par Eloïse Hallauer et Camille Soulerin
et une pépite : "Jimmy's blues" de James Baldwin par Nicolas Repac et Anouk Grinberg
du théâtre moderne :
"Vient de paraître" d'Edouard Bourdet par Jean-Paul Tribout
"La vie de Galilée" de Bertold Brecht par Eric Ruf
le répertoire classique par la Comédie français d'hier et d'aujourdhui :
"Le Mariage de Figaro" de Beaumarchais
"On ne badine pas avec l'amour" d'Alfred de Musset
Au Théâtre ce soir :
"Les Petits oiseaux" d'Eugène Labiche
"La Reine Blanche" de Barillet et Grédy
"Les Petites têtes" d?André Gillois
des comédies :
"L'Opération du Saint-Esprit" de Michel Heim
"Jeux de mots bêtes pour gens laids" autour de textes de Bobby Lapointe
"Pochettes Surprise" de Jacky Goupil
du côté des humoristes :
"Jean Luc Lemoine - Au naturel"
"Moustapha El Atrassi - Second degré"
du théâtre visuel avec "L'Avare" par la Compagnie Tàbola Rassa
et enfin du théâtre lyrique avec"Ercole Amante" de Francesco Cavalli par Christian Hecq et Valerie Lesort

Expositions :

les réouvertures de la semaine :
le Musée d'Art Moderne dela Ville de Paris avec les collections permanentes de "La Vie Moderne" dans sa nouvelle présentation et la salle Matisse
le Musée Rodin
le Musée national des Arts asiatiques-Guimet
le Musée Cognacq-Jay et le Musée du Louvre
et les expositions en "real life" à ne pas manquer :
"Otto Freundlich - La révélation de l’abstraction" au Musée de Montmartre
"Turner, peintures et aquarelles - Collection de la Tate" au Musée Jacquemart-André
"Harper's Bazaar, premier magazine de mode" au Musée des Arts Décoratifs
"Christan Louboutin - L'Exhibition[niste]" au Palais de la Porte Dorée
"Cézanne et les maîtres - Rêve d'Italie" au Musée Marmottan-Monet
"Coeurs - Du romantisme dans l'art contemporain" au Musée de la Vie romantique
"Les Contes étranges de N.H. Jacobsen" au Musée Bourdelle
les Collections permanentes du Musée Cernushi
"Le Monde selon Roger Ballen" à La Halle Saint Pierre
"Helena Rubinstein - La collection de Madame" et "Frapper le fer" au Musée du Quai Branly
"Monet, Renoir... Chagall - Voyages en Méditerranée" à l'Atelier des Lumières

Cinéma :
en salle "L'Envolée" de Eva Riley
at home avec :
du thriller :
"La Isla minima" de Alberto Rodriguez
"La Onzième heure" de John Lyde
de la romance :
"La revanche d'une blonde" de Robert Luketic
'"Aime-moi comme je suis" de Stephan Meyer
"Coup de foudre en cuisine" de James Hacking
du drame :
"L'ombre du doute" d'Aline Issermann
"Tout va bien on s'en va" de Claude Mouriéras
"Henri" de Yolande Moreau
Ciné-Club français des années 60 :
"L'Insoumis" d'Alain Cavalier
"Le Chien" de François Chalais
"La Voleuse" de Jean Chapot
"Les Ennemis" d'Edouard Molinaro
et des raretés :
"Le Champignon des Carpathes" de Jean-Claude Biette
"King of the White Elephant de Sunh Vasudhara

Lecture avec :

"Isabelle, l'après midi" de Douglas Kennedy
"Les ombres de la toile" de Chris Brookmyre
"Oeuvres complètes II" de Roberto Bolano
"Un été norvégien" de Einar Mar Gudmundsson
et toujours :
"Be my guest" de Priya Basil
"De Gaulle sous le casque" de Henri de Wailly
"La faiblesse du maillon" de Eric Halphen
"Les jours brûlants" de Laurence Peyrin

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Bonne lecture, bonne culture, et à la semaine prochaine.

           
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