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Celibatorium  (Washi Wahsa / Music of Music / Warner)  avril 2013

Celibatorium est le premier album de Benoît Carré. Ce nom plutôt mortifère n’est après tout que le lieu où a été enregistré l’album, un établissement d’hébergements pour des professionnels à l’écart de leur famille.

Qu’il paraît loin le Voyage en Italie de Lilicub, le groupe qu’il formait avec Catherine Diran, il y a plus de dix ans. Comme s’il avait cette fois-ci franchi une étape, celle de se présenter à découvert, sans recourir à un groupe ou à un personnage. Un album d’une tonalité douce-amère d’un homme qui a mûri, dont les illusions et les espérances se sont comme abîmées.

Benoît Carré endosse le personnage du spectateur, qui reste à l’écart, dans l’ombre. Toujours ébloui par le monde du spectacle, du cinéma, il est celui qui chasse les "autographes", "Le figurant" aux arrière-arrière-plans des scènes. Benoit Carré est aussi acteur et réalisateur, on peut imaginer qu’il les connaît ces gens qui ont pour absolu de parler aux vedettes, qui subliment leurs histoires par écran interposé… "sur l’écran noir de mes nuits blanches" chantait Nougaro. Ce pas de côté, cette vie à moitié des timides, des gens qui n’osent pas, comme une fatalité à rester en deça de soi qu’il chante encore dans "J’ai peur des filles", "A quoi ça m’a servi ?", les gens qui regardent passer le train de luxe avec les festins, les bijoux et les femmes à l’intérieur dans la lumière chaude.

C’est aussi cette histoire du batteur débarqué des Beatles avant que le groupe n’explose, "Pete Best" remplacé par Ringo Starr en 1962, qui devient boulanger. La vie pleine, le succès, l’argent reviennent à un autre, comme dans le titre "Peut-être" : est-il lieu de s’en plaindre, de crier à l’injustice, de souhaiter un quelconque châtiment pour ceux qui sont seulement du bon côté ? Pas même. Est-ce qu’à un certain âge, un homme se résigne ? Est-ce qu’il accepte la place qui lui semble assignée ? Quel est-ce désenchantement sur la vie ?

Dans "Piano Mécanique", il écrit : "L’amour reviendra comme il vient à tous ceux qui n’ont pas renoncé à souffrir". La phrase est sublime. Mais d’un désespoir féroce. Il suffisait qu’il remplace par "jou-ir" pour que l’amour se pare de magie, de légèreté, de plaisir, d’entente, d’harmonie, de camaraderie (vous voyez un tableau de Fragonard, "Les Hasards heureux de l'escarpolette"). L’amour et la souffrance : vision noire du ressentiment, de l’incommunicabilité des êtres. Peut-être… hélas !

Le refuge alors est dans l’enfance, boîte à musique, rêves entiers, "des marelles qui montent jusqu'au ciel", qu’il interprète avec sa sœur l’actrice Isabelle Carré.

En tirant le fil, en suivant la musique on comprend que Benoit Carré a créé ses chansons comme de petits courts-métrages, y convoquant tous les acteurs, les actrices de son panthéon personnel, d’Alain Delon à Jean Bouise, de Catherine Deneuve à Kim Novak. La musique et les orchestrations expérimentales à partir des sons d’instruments de cuisine sont bruitages, partitions à la Vladimir Cosma ("Peut-être" m’a semblé fraterniser avec la B.O. des Aventures de Rabbi Jacob).

On se doute que beaucoup de personnes se reconnaîtront dans cet album, elles y liront des références communes. Elles sauront qu’elles font nombre : combien sommes-nous à nous sentir des figurants à peine "calculés"… "rendez-nous la lumière" tambourine le grand Dominique A, sur un autre sujet. Et il y aurait encore à dire sur ce sujet de la dépossession de soi…

En mettant à nu les doutes et l’embarras à s’arranger avec la vie, Benoît Carré a touché juste. Il se place sur le même banc que Florent Marchet.

 

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Benoît Carré en concert au Festival Les Nuits Secrètes 2012 - 11ème édition - Samedi
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En savoir plus :
Le site officiel de Benoît Carré
Le Facebook de Benoît Carré


Sandrine Gaillard         
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# 10 novembre 2019 : Non à la morosité

Faites une pause avec l'actualité, faites une pause avec les réseaux sociaux et profitez plutôt de notre sélection culturelle hebdomadaire avec des tas de belles raisons de se réjouir un peu. C'est parti pour le sommaire.

Du côté de la musique :

"We were young when you left home" de Tim Linghaus
"Glam shots" de Rich Deluxe
"Imago" de Manuel Etienne
"Women" la 4ème émission de notre podcast radiophonique Listen In Bed
"Silent scream" de Holy Bones
"Stregata / stregato" de Gilia Girasole & Ray Borneo
"Révolution" de David Kadouch
"Jusqu'ici tout va bien" de Bazar Bellamy
Lysysrata, It It anita et The Eternal Youth au Normandy
et toujours :
"A l'oblique" de Phôs (Catherine Watine & Intratextures)
"So cold streams" de Frustration
"Liszt : O Lieb !" de Cyrille Dubois & Tristan Raes
"Au revoir chagrin" de Da Silva
"Ca" de Pulcinella
"Roseaux II" de Roseaux
"Symphonic tales" de Samy Thiébault
"Ca s'arrête jamais" de The Hyènes
"Ils se mélangent" de Djen Ka
Rencontre avec Joséphine Blanc accompagnée d'une session 3 titres acoustiques
"Funkhauser" de My Favorite Horses
Oiseaux Tempête et Jessica Moss au Grand Mix de Tourcoing

Au théâtre :

les nouveautés avec :
"Une des dernières soirées de Carnaval" au Théâtre des Bouffes du Nord
"Les Mille et Une Nuits" au Théâtre national de l'Odéon
"21 Rue des Sources" au Théâtre du Rond-Point
"La dernière bande" au Théâtre Athénée-Louis Jouvet
"Mademoiselle Julie" au Théâtre de la Tempête
"Que Crèvent tous les protagonistes" au Théâtre 13/Seine
"Léonard de Vinci, l'enfance d'un génié" au Studio Hébertot
"L'Effort d'être spectateur" au Théâtre du Rond-Point
"Le Nouveau Cirque du Vietnam - Teh Dar" à l'Espace Chapiteaux de La Villette
"Olympicorama - Epreuve n°4 : le 100 mètres" à la Grande Halle de La Villette
"La Diva divague" au Théâtre de Dix Heures
des reprises :
"Les Membres fantômes" au Théâtre La Flèche
"Change me" au Théâtre Paris Villette
"Corneille Molière - L'Arrangement" au Théâtre de l'Epée de Bois
"Qui croire" à la Comédie de Béthune
et la chronique des spectacles à l'affiche en novembre

Expositions avec:

"Greco" au Grand Palais

Cinéma avec :

les sorties de la semaine :
"Noura rêve" de Hinde Boujemaa
"Countdown" de Justin Dec
la chronique des films à l'affiche en octobre
et la chronique des films à l'affiche en novembre

Lecture avec :

"Profession romancier" de Haruki Murakami
"Feel good" de Thomas Gunzig
"Histoire mondiale de la guerre froide (1890-1991)" de Odd Arne Westad
"L'avenir de la planète commence dans notre assiette" de Jonathan Safran Foer
"L'écho du temps" de Kevin Powers
"Psychotique" de Jacques Mathis & Sylvain Dorange
"Une famille presque normale" de M T Edvardsson
et toujours :
"A comme Eiffel" de Xavier Coste & Martin Trystam
"Demain est une autre nuit" de Yann Queffélec
"L'extase du selfie et autres gestes qui nous disent" de Philippe Delerm
"La frontière" de Don Winslow
"Les quatre coins du coeur" de Françoise Sagan
"Miracle" de Solène Bakowski
"N'habite plus à l'adresse indiquée" de Nicolas Delesalle
"Une vie violente" de Pier Paolo Pasolini

Bonne lecture, bonne culture, et à la semaine prochaine.

           
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