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Interview  (Paris)  lundi 25 mars 2013

Mathis Haug est venu nous rendre une petite visite à l'occasion de la sortie de son nouvel album Distance réalisé par Jean-Jacques Milteau. Au coin du chat, il nous a interprété des extraits à la guitare, nous l'avons interrogé sur son métier, son travail avant de le laisser repartir sur les routes, rendez-vous pris au New Morning le 10 avril.

Distance sort deux ans, trois ans après ton précédent album.

Mathis Haug : Le précédent est sorti en novembre 2011, ça fait un an et demi.

Est-ce que tu l’inscris dans la continuité du premier album ?

Mathis Haug : Oui c’est mon deuxième album solo. J’ai écrit spécialement les chansons pour cet album à part un petit truc, qui est en fait un des premiers morceaux que j’ai écrit il y a 15 ans, que j’avais envie d’aboutir. Comme il y a Jean-Jacques Milteau qui a réalisé l’album, je lui ai demandé conseil.

Cela rentrait dans la cohérence de l’album.

Mathis Haug : Mais l’album… ça s’est déjà ressenti sur l’album précédent ou sur le disque que j’avais fait avec les Mathematiks en 2004, comme j’écoute beaucoup de musiques différentes qui viennent de scènes différentes, j’écris des chansons assez différentes. Cela fait des disques où il y a un peu de rock et des morceaux plus jazzy. La cohérence est dans la voix ou dans l’instrumentation, je n’essaie pas de défendre un style de musique. Je peux adapter en fonction des scènes : dans un théâtre je ne vais pas faire la même chose que sur une grande scène. En ce moment, on joue un morceau en mambo. Il faut s’amuser et que ça vive.

Distance : pourquoi avoir intitulé ton album ainsi ?

Mathis Haug : C’est Jean-Jacques qui m’a donné l’idée, cela évoque l’éloignement et la proximité. Il y a toujours une distance entre les gens, qu’elle soit grande ou petite. Tu peux voir ça dans la famille, dans les relations. Je suis allemand, j’habite dans le sud de la France, je joue de la musique qui est inspirée de musiques américaines et aussi d’époques révolues.

Tu parles de la collaboration avec Jean-Jacques Milteau. Comment vous êtes-vous rencontré ? Quel est son rôle ?

Mathis Haug : Philippe Langlois, le patron de la maison de disques m’a proposé de travailler avec un réalisateur, pour avoir un regard extérieur sur le travail de l’artiste. Il m’a proposé de rencontrer Jean-Jacques et Jean-Jacques arrive à un âge - il est grand-père -, où il lègue un peu son savoir. Je l’ai rencontré tout simplement chez lui. Je n’avais jamais vraiment travaillé avec un réalisateur, c’était son expérience qui m’intéressait et il m’a demandé d’écouter les morceaux. J’avais rien à lui présenter donc j’ai écrit les morceaux et voilà.

J’ai tout maquetté et un copain m’a fait quelques batteries très simples pour poser mes guitares sur une rythmique. Il y avait donc quelques guitares, la voix, la batterie, banjo. Jean-Jacques Milteau m’a dit : on fait ça avec un meilleur son mais on fait ça. Et on a enregistré tous les morceaux en 5 jours.

C’était dans un super studio à Carpentras, le studio Vega qui appartient à un musicien qui était saxophoniste, clavier d’Higelin ou de Bashung dans les années 80. Il a eu l’occasion de récupérer une table de mixage qui appartenait au studio EMI. Quand ils sont passés au digital, cette table traînait dans le couloir, et il l’a récupérée ainsi que des micros et des vieilles machines. Il a un mas en Provence. C’est la première fois que j’ai enregistré sur du matériel hi-fi très très haut de gamme, tout s’emboîte parfaitement, les instruments et les sons avec une telle précision et une telle chaleur. Les instruments entre eux s’imbriquent facilement et on a gagné du temps au mixage.

On a invité par la suite la saxophoniste Céline Bonacina, le multi instrumentiste Mike Lattrell pour les claviers tuba mandoline et Benoît Rapetti qui fait une basse, une contrebasse. La particularité de l’album est qu’il n’y a pas de basse à part sur deux morceaux et Jean-Jacques joue aussi.

Tu disais l’année dernière que tu avais beaucoup de projets en parallèle : du jazz manouche, des accompagnements avec Emily Loizeau.

Mathis Haug : Je me suis limité, j’ai fait une belle tournée solo, une soixantaine de dates. J’arrive à un aboutissement de ce que je veux faire et j’ai envie de me concentrer sur ça. Cela ne m’empêche de collaborer avec les uns et les autres. On a le projet d’écrire avec Raphael Lemonnier, pianiste de jazz qui tourne avec China Moses, la fille de Dee Dee Bridgewater. On a fait quelques chansons avec Eric Bibb. Je me sens jazzman et en général les jazzmen collaborent beaucoup, ils se mettent en danger, ils vont rencontrer… j’aime bien ce côté jazz.

Quelles sont les sources d’inspiration d’album, des films par exemple ?

Mathis Haug : Je me suis enfermé dans un appartement que ma voisine m’a gentiment prêté. C’est un magnifique appart avec une superbe terrasse avec du soleil et des chats et je me suis installé là avec mes instruments. J’ai tourné en rond pendant deux jours… je ne sais pas d’où ça vient. Chacun peut se faire un peu son idée. Il y a des envies de voyages, c’est une évasion d’une certaine manière.

Quel est ton rapport avec le public ?

Mathis Haug : Mon public, elles sont jeunes, mignonnes... (rire) Je ne joue pas les grands standards donc le public de jazz peut avec moi perdre ses repères. Si on pense à Claude Nobs, qui a monté le Montreux Jazz Festival, c’est un des festivals où il y a tout le monde qui passe : du jazz, des djs, de la house. Moi je fais du jazz à la Claude Nobs. Quand tu rencontres ce mec, c’est une encyclopédie, un amoureux de la musique. Je fais de la musique des grands espaces, ce sont des musiques libres, ça voyage. Je suis aussi influencé par la techno parce qu’on subit parfois. J’aime les histoires, j’aime Marilyn Monroe qui chantait super bien et dansait : ce sens du spectacle. J’aime bien aussi perdre les gens, avoir des jeunes qui prennent ce qu’il y a à prendre. A mes concerts, il y a des gens qui sont super ouverts et j’essaie de les faire entrer dans le truc et ils oublient leurs préjugés. Le jazz, c’était aussi une musique de liberté et de révolte.

Tu tournes à l’extérieur de la France ?

Mathis Haug : Je n’ai pas d’agent à l’étranger. Et puis le problème aujourd’hui, c’est que tout devient gratuit. Les gens ne sont pas prêts à payer plus de 5 euros pour un concert et il faut se rémunérer à un moment donné.

La musique se démocratise, les instruments sont devenus accessibles. Il y a beaucoup de gens qui veulent organiser des concerts, faire des photos. Il y a beaucoup d’amateurisme, comme ceux qui se disent ingénieur du son après 6 mois de stage.

On nous propose de jouer dans un club. Je demande la liste de promo pour repasser aussi derrière. La personne me répond qu’elle va faire venir un journaliste, elle ne savait pas ce qu’était une liste avec les radios, les magazines et après, elle me dit que les gens ne viennent pas en général, qu’il n’y a pas plus de vingt personnes. Mais c’est un métier aussi.

J’ai l’impression que les gens désertent de plus en plus les concerts. A une époque il y avait plein de cafés-concerts. C’est dur aujourd’hui en France d’exercer son métier. C’est important pour un musicien d’avoir une régularité dans son travail. Aux Etats-Unis ou au Canada par exemple, les mecs sont moins payés mais ils peuvent jouer tous les jours. Ils ont des gigs réguliers. Ici personne ne fait ça, peut-être que ça existe encore à Paris. Mais la France ce n’est pas que Paris.

Est-ce qu’il y a des carrières de musiciens qui te font rêver : les Bob Dylan, Neil Young ?

Mathis Haug : Les gens que j’admire énormément sont ceux qui ont exprimé ce qu’ils avaient envie comme Camille qui casse les codes, les frontières. Vocalement, elle est hyper douée pour écrire des chansons. Ou Higelin.

Moi ce qui me fait rêver, ce sont les gens qui ont des longues carrières, pas spécialement des carrières à succès. Jean-Jacques Milteau m’impressionne, c’était le seul à jouer de l’harmonica en France. Un harmonica, ce n’est pas une guitare électrique, ça ne faisait pas rêver les jeunes à l’époque. La longévité est une notion qui est pour moi importante. Ils ont fait leur métier, j’ai connu un musicien dans le sud qui jouait de la guitare et de l’accordéon et toute sa vie il en a joué, il a fait vivre sa famille avec son métier. Il est passé par le bal, le jazz et il a joué. Ce sont des gens qui ont été musiciens comme le pâtissier du coin.

Little Bob aussi m’impressionne : il est là, il fait de la musique même si ce n’est pas une musique dont je me sens vraiment proche. Par rapport à l’époque dans laquelle on vit, toutes ces scènes de musiques actuelles où ils font des concours de repérage d’artistes, c’est le nouveau projet pop. Alors on entend d’un seul coup beaucoup de électro pop ou du reggae et ensuite plus du tout parce que c’est devenu ringard. C’est dommage de monter des coups et ensuite les gens disparaissent, on ne les entend plus.

Pour finir, tu préfères reprendre Depeche Mode ou Johnny Cash ?

Mathis Haug : Je dirais Depeche Mode, Johnny Cash je l’ai découvert beaucoup plus tard, Depeche mode je l’écoutais quand j’étais gamin, ça me parle beaucoup plus. C’est la mélodie qui est importante. Dans cette idée dans l’album, il y a une reprise de Prince, "Sign of the times". Depeche Mode sortent un nouvel album Delta machine et disent qu’ils ont toujours été influencés par le blues sauf qu’ils le jouent avec des synthés et tout le monde n’y a vu que du feu. Ça fait vingt ans qu’ils écoutent du blues.

Retrouvez Mathis Haug
en Froggy's Session
pour 3 titres en cliquant ici !

 

A lire aussi sur Froggy's Delight :

La chronique de l'album Playing My Dues de Mathis Haug
La chronique de l'album Distance de Mathis Haug
L'interview de Mathis And the Mathematiks (14 juin 2005)
L'interview de Mathis Haug (14 novembre 2011)

En savoir plus :
Le site officiel de Mathis Haug
Le Myspace de Mathis Haug
Le Facebook de Mathis Haug

Crédits photos : Thomy Keat (Toute la série sur Taste of Indie)


Sandrine Gaillard         
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# 2 août 2020 : Une petite pause s'impose

Le mois d'août arrive. Sans les festivals, l'actualité culturelle sera plus calme mais nous serons toujours là pour vous tenir compagnie chaque semaine notamment sur Twitch. Commençons par le replay de la Mare Aux Grenouilles #8 (la prochaine sera le 29 août) et bien entendu le sommaire habituel.

Du côté de la musique :

"Pain olympics" de Crack Cloud
"Waiting room" de We Hate You Please Die
"Surprends-moi" de Cheyenne
"Nina Simone 1/2" le mix numéro 20 de Listen in Bed
Interview de Bruno Piszczorowicz autour de son livre "L'ère Metal"
"Noshtta" de L'Eclair
"Moderne love" de Toybloid
  "Les îles" de Benoit Menut
"Echange" de Brussels Jazz Orchestra, Claire Vaillant & Pierre Drevet

Au théâtre :

chez soi avec des comédies blockbusters at home :
"Lady Oscar" de Guillaume Mélanie
"La vie de chantier" de Dany Boon
"Post-it" de Carole Greep
"Mon meilleur copain" de Eric Assous
"L'ex-femme de ma vie" de Josiane Balasko
"Un point c'est tout" de Laurent Baffie
et de l'eclectisme lyrique avec :
"L'Ange de feu" de Serge Prokofiev revisité par Mariusz Trelinski
les antipodes stylistiques avec "L'Enfant et les Sortilèges" de Maurice Ravel par James Bonas et "Dracula, l'amour plus fort que la mort" de Kamel Ouali
et le concert Hip-Hop Symphonique avec des figures du rap et l'Orchestre Philharmonique de Radio France

Expositions :

en virtuel :
"Warhol" à la Tate Modern de Londres Exhibition Tour avec l'exhibition tour par les commissaires et et 12 focus
"Plein air - De Corot à Monet" au Musée des impressionnismes de Giverny
avec l'audioguide illustré ainsi qu'une approche en douze focus
en real life :
"Le Monde selon Roger Ballen" à La Halle Saint Pierre
"Otto Freundlich - La révélation de l’abstraction" au Musée de Montmartre
"Turner, peintures et aquarelles - Collection de la Tate" au Musée Jacquemart-André
"Harper's Bazaar, premier magazine de mode" au Musée des Arts Décoratifs
"Christan Louboutin - L'Exhibition[niste]" au Palais de la Porte Dorée
"Cézanne et les maîtres - Rêve d'Italie" au Musée Marmottan-Monet
"Coeurs - Du romantisme dans l'art contemporain" au Musée de la Vie romantique
les Collections permanentes du Musée Cernushi
"Helena Rubinstein - La collection de Madame" et "Frapper le fer" au Musée du Quai Branly
"Monet, Renoir... Chagall - Voyages en Méditerranée" à l'Atelier des Lumières

Cinéma :

en salle :
du vintage avec la version restaurée de "Quelle joie de vivre" de René Clément
un documentaire "Dawson City : le temps suspendu" de Bill Morrison
des films récents dans son salon :
"Hauts les coeurs !" de Solveig Anspach
"La Famille Wolberg" de Axelle Ropert
"Pieds nus sur des limaces" de Fabienne Berthaud
"Le Voyage aux Pyrénées" de Jean-Marie Larrieu et Arnaud Larrieu
"Dans Paris" de Christophe Honoré
"La promesse" de Luc et Jean-Pierre Dardenne

Lecture avec :

"Nous avons les mains rouges" de Jean Meckert
"Il était deux fois" de Franck Thilliez
"La goûteue d'Hitler" de Rosella Postorino
et toujours :
Interview de Bruno Piszczorowicz autour de son livre "L'ère Metal"
"Fleishman a des ennuis" de Taffy Brodesser-Akner
"Summer mélodie" de David Nicholls
"La Chine d'en bas" de Liao Yiwu
"La nuit d'avant" de Wendy Walker
"Isabelle, l'après midi" de Douglas Kennedy
"Les ombres de la toile" de Chris Brookmyre
"Oeuvres complètes II" de Roberto Bolano
"Un été norvégien" de Einar Mar Gudmundsson

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Bonne lecture, bonne culture, et à la semaine prochaine.

           
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