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Le sale gosse  (Absilone)  mars 2013

Faudrait savoir, tout le dossier de presse (une page A4) est destiné à démontrer combien Jules est un mauvais plan, combien un malentendu lui a permis de s’entourer du vilain orchestra pour réaliser cet album, comme il a été stupide de vouloir défendre ses chansons sur scène… limite s’il n’est pas écrit que les prix reçus sont des erreurs.

Deux solutions : le prendre au premier degré… ou pas. Mais quand même, autant les éloges de certaines présentations sont suspectes, autant le contraire a le don de m’énerver. Ça me fait penser à ces collègues sans cesse en train de se plaindre d’être trop comme si ou trop comme ça (pas assez bien en tout cas), juste pour avoir un peu d’attention. C’est de la bonne grosse manipulation de base super efficace… N’empêche que je trouve ça tout pourri.

Mais revenons-en à Jules, entouré du vilain orchestra, et de son nouvel album Le sale gosse. L’envie me prend d’en dire du bien, ce qui me vaudra l’étiquette de simple conne d’après la rumeur le précédant. Mouais. Tant pis.

Derrière le cuir et les grands airs du quadra nonchalant se cache un cœur tendre (père de famille de surcroît), qui "mesure la richesse de toutes les personnes qui se sentent aimées" ("Maintenant que je suis seul"), qui tient plus fermement ses amitiés éprouvées ("Vilain"). Il doit même rêver d’un monde en paix, d’une éradication totale de la connerie et d’un bel avenir pour ses enfants. Oui, il serait même un peu réac. En même temps, il y a de quoi, puisque "pour paraître cool, faut être fainéant" ("Les réacs").

Quant au reste des thèmes abordés, il ne manque pas d’humour (et de l’autodérision indispensable pour survivre entre ici et là-bas), des oreilles rebattues d’un sempiternel "eh, est-ce qu’il est sympa Jean-Jacques ?" ("Jean-Jacques"), d’une destination pas très glamour ("Nemours"), des dimanches en famille ("Le dimanche Pascal") au recrutement national ("La bonne nouvelle"), tout est prétexte à la chansonnette.

Côté son, Jules et son vilain orchestra seraient au rayon "variété alternative", je suis d’accord, ça ne veut pas dire grand-chose, mais il fallait bien trouver quelque chose pour le classement, alors c’est mieux que de devoir demander au boucher s’il ne peut pas nous vendre l’album. L’étiquette variété a été péjorative pendant un temps, elle signifie maintenant "accessible à tous", et par là "non censuré". Et alternatif ? Ce n’est pas ce qu’on doit dire quand on ne sait pas ? "Oh ça, c’est alternatif !"

Bref, concrètement, Le Sale Gosse est une galette de rythmes et de mélodies à taper du pied, les cordes guitare machin et truc (non, je n’ai toujours pas appris leur nom) pour siffloter, quelques chœurs, et quelques autres instruments alternatifs (que je ne connais pas donc !), et des petits coups de trompette pour pimenter les sons.

Au bout du compte, malgré une première rencontre un peu froide, car même si je trouve également "insupportable les gens qui ne se trouvent pas d’autres défauts que leurs qualités" ("Un cri"), il ne faut pas sous estimer la mésestime. Donc, même si ce n’était pas gagné, Jules m’a fait bonne impression. Entre humour et réflexion, quatorze titres à vous repasser en douce en cas de canicule (ou pas).

 

En savoir plus :
Le site officiel de Jules et le vilain orchestra


Nathalie Bachelerie         
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