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La Loge  (Paris)  septembre 2013

Monologue dramatique de Lars Noren interprété par Camille de Sablet dans une mise en scène de Alexandre Zeff.

André Breton dans le "Deuxième manifeste du surréalisme" écrit, en 1930 : "l'acte surréaliste le plus simple consiste, revolvers aux poings, à descendre dans la rue et à tirer au hasard, tant qu'on peut, dans la foule".

Par ces termes il engage le surréalisme à devenir un mouvement politique voire terroriste. Quel est le sens de cette formule pour ceux qui sont revenus vivants de la guerre de 14-18?

Le surréalisme, André Breton, la guerre: tout cela est bien loin et semble totalement étranger à ces jeunes, qui pris dans un délire de mort, font irruption dans un lycée , une salle de cinéma, un rue qui accueille une course à pied, un rassemblement socialiste et qui abattent toutes les personnages qui se trouvent sur le passage.

Pour la pièce "Le 20 novembre", l'auteur suédois Lars Norén s'inspire des carnets intimes du jeune Sébastian Bosse qui pénètre dans son lycée, en Allemagne, en 2006, et tire sur les élèves et les professeurs avant de se suicider. Il s'est immiscé dans ses pensées et sa colère. Il est commode de décider que ce jeune garçon est fou, détraqué, différent, anormal. Il nous est pourtant plus proche qu'on ne veut bien l'admettre: il est l'un d'entre nous, il fait partie de notre société, avec un socle de valeurs, de références communes.

Lars Norén partage avec le public la volonté de savoir ce qui a écarté celui-ci du groupe, ce qui le singularise au point de relayer cette colère d'"innocent", d'"homme-à-naître", et accuse: que propose-t-on aujourd'hui à la jeunesse en Occident ? Quel enfermement, quelle liberté, quel droit à la différence, quel rôle laisse-t-on aux jeunes qui ne soit celui de subir, d'obéir, de consommer ? Sa rage, sa colère, sa vigueur, son courage: il n'a trouvé personne pour les partager, les canaliser les déplacer ailleurs... il n'a imaginé que cette seule issue pour les exprimer.

En choisissant cette pièce de Lars Norén, le metteur en scène Alexandre Zeff se propose de restituer autant la violence et le choc du fait divers : les fusillades dans les lieux publics par des jeunes gens isolés que leur détresse et leur désespoir profond de vivre dans une époque qui leur paraît vide de sens. Nue et sombre, la scène est à l'image de leur âme; un grand rectangle d'eau figure le sang versé et le miroir d'un Narcisse qui se perd dans son propre reflet délirant.

Le metteur en scène choisit une jeune femme, Camille de Sablet pour incarner Sébastian Bosse comme s'il suggérait qu'il faut se méfier de l'eau qui dort, que cette violence parcourt l'échine de nos sociétés et peut surgir sous tous les masques.

Camille de Sablet semble littéralement habitée par son personnage. Fougueuse, hargneuse, candide, elle installe un dialogue avec le public. Investie de tout son corps elle réussit à nous ébranler, à bousculer nos consciences léthargiques.

"Le 20 novembre" se hisse au rang de la tragédie grecque, cérémonie cathartique de la violence transfigurée qui nous rappelle les tensions et les rapports de force dans nos pays dits "en paix". 

 

Sandrine Gaillard         
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Petite édition toute en légèreté mais avec quelques belles choses à découvrir notamment pas mal de livres de la rentrée littéraire et une session du Flegmatic pour vous rafraichir les idées. C'est parti pour le sommaire.

Du côté de la musique :

"Time for a change" de Pokett
"Tone of musette" de Le Balluche de la Saugrenue
"Symi" de Symi
Une autre interview de Inspector Clouzo à Terre de sons, après notre rencontre avec The Inspector Clouzo lors de leur passage à Foreztival
et toujours :
"Onda" de Jambinai
"Fire" de Part Time Friends
"Simon Chouf & le Hardcordes trio" de Simon Chouf
"EP n°1" de The Reed Conservation Society

Au théâtre :

une nouveauté :
"What is love" au Théâtre de la Contrescarpe
des reprises
"La Chute" au Théâtre de la Reine Blanche
"Le corps de mon père" au Théâtre Essaion
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Expositions avec :

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Bonne lecture, bonne culture, et à la semaine prochaine.

           
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