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Interview  (Paris)  16 décembre 2004

Dans la famille Zlot, il y a Laurent Imessounene, guitariste autodicdacte auteur-compositeur interprète et Virginie Coze, batteuse sans batterie. Leur concert "visuel", qui a fait la saison aux Blancs Manteaux, nous a enthousiasmé.

Rencontre avec un duo attachant qui a plus d'un tour dans son sac.

Comment est né Zlot?

La Zlotette : Quand ? C’est fastoche ; Enfin le début parce qu’après on ne sait pas. C’était septembre 2003.

Le Zlot : Jusqu’en juin 2003, je joue tout seul dans les bars. C’était sympa mais je me fais chier. Sous le nom de "La Ratasse", un nom complètement imbuvable mais je m’en fous, tant pis. Je chantais les chansons de Zlot et des anciennes que je joue plus…

La Zlotette : …celles qui étaient pas bien…

Le Zlot : …et elle avait raison. En juin 2003, les Blancs Manteaux cherchent une programmation musicale et demande à Virginie, qui s’occupait de la programmation musicale au Point Virgule, de composer un petit plateau. Comme on était chéris, elle me branche...

La Zlotette : Non, pardon ! Ce n’est pas parce qu’on était chéris. Je l’ai proposé aux Blancs Manteaux parce que je trouvais que cela allait bien avec leur projet. Je ne voulais pas le programmer au Point Virgule car cela ne correspondait pas.

Le Zlot : Les filles des Blancs Manteaux ont bien aimé et donc elles m’ont proposé de faire les Rythmes du Marais, 2 fois une demie heure dans le cadre de ce programme qui comprend aussi plein d’autres spectacles dans divers lieux du Marais. Comme je n’avais pas trouvé le musicien que je cherchais, j’ai branché Virginie. J’ai fait ma première demie heure en solo et pour la deuxième Virginie m’a rejoint pour 2 chansons que nous avions travaillées. Les Blancs Manteaux nous ont alors proposé de faire la saison suivante. Du coup, il devenait important de changer de nom parce que La Ratasse c’était pas super et que Virginie avait droit à la parole.

La Zlotette : Au début, j’étais d’accord pour La Ratasse mais toutes nos connaissances nous en ont dissuadé parce que c’était pas vendable, ça faisait penser à grognasse et à tous les mots en asse.

Le Zlot : Nous avons cherché deux cent millions de trucs comme Debout sous la tente, Un minimum rouge, La plaie, et on cherchait sans trouver ; Donc on pétait un peu les plombs parce que le temps passait. On est parti un peu dans les onomatopées. Ça me pétait les couilles…

La Zlotette : Ça aurait pu être "Péter les couilles" tiens !

Le Zlot : Et d’un coup c’est venu par hasard : Zut, crotte, zlot ! C’est venu d’en haut !

La Zlotette : Et puis les copains musiciens de Laurent l’appelle Lolotte et moi j’ai un z dans mon nom. Toute ma famille depuis des générations a des z dans leur nom. Donc ça faisait z pour moi et lot pour Lolotte. Et nous avons bien aimé. Ensuite on a inventé car on disait que Zlot signifiait Les zoreilles tendues. Et quand on nous disait mais le z ? On répondait bein Zlot ! Et voilà ! C’est notre blague…qui ne marche jamais.

A partir du moment où vous avez eu cette proposition, comment avez-vous procédé pour monter un spectacle d’une heure en duo ?

La Zlotette : Laurent avait déjà la plupart des morceaux. C’était à moi de m’installer dessus. Au courant du mois d’août, il a écrit d’autres chansons parce que certaines ne me plaisait pas trop. Nous étions en vacances chez sa sœur, dans de superbes conditions….

Le Zlot : …on gardait le chien, la tortue, les oiseaux, le lapin…

La Zlotette :…on arrosait les plantes.

Le Zlot : Le deal c’était une heure. Donc ça m’arrangeait bien parce que cela me permettait d’abandonner tout un tas de vieilles chansons. Cela faisait 3 ans que je n’avais pas fait de musique car je travaillais comme régisseur de théâtre. Pendant 15 jours, nous avons bien travaillé. Pour le stand de Virginie, nous avons commencé avec plein de choses, synthé, congas, etc…Et pour finir, nous avons élagué en gardant le minimum pour l’exploiter.

Sinon ça ferait Rémi Brica !

La Zlotette : Ceci dit, nous projetons actuellement d’élargir un peu avec une grosse caisse, peut être un clavier…

Le Zlot : Pour marquer les temps forts. Zlot est aérien et nous aimerions bien le relier à la terre. Nous avions essayé avec un contrebassiste mais cela cassait l’image et donnait un groupe lambda.

La Zlotette : Vu le nombre de groupes qu’il y a sur Paris, un duo est une formation plus inhabituelle avec quelque chose qui se passe.

Le Zlot : On a aussi pris un sampler à pédales ce qui va nous permettre de musicaliser un peu. Au début, nous étions partie sur une idée de peinture. Le morceau "La mer" nous avions enregistré …la mer que nous balancions avant la chanson….

Ndlr : La Zlotette imite le cri des mouettes…

Le Zlot : …et il y avait le bruit des vagues sur le morceau donc cela faisait un fond sur lequel nous jouions en créant un relief. Nous allons essayer cette voie avec le sampler. On rajoute aussi de la distorsion ce qui surprend et qui va bien sur le titre Deep song avec la salle de bains.

La Zlotette : Nous voulons apporter un sens supplémentaire aux morceaux.

Le Zlot : Au début, Zlot c’est la chanson pour le texte. Il n’y a pas d’arrangements musicaux. Nous avons envie de faire respirer la chanson car je suis très blabla. Il y a beaucoup de mots dans les textes donc ça va vite pour tous les saisir. Nous pensons aussi inviter d’autres musiciens pour notre prochain album. Les chansons seront les mêmes mais feront l’objet d’un disque pour être écoutées.

La Zlotette : Notre cd 3 titres fonctionne mieux auprès des gens qui nous ont vus sur scène.

Le Zlot : Et puis il faudrait enregistrer en simili live car l’enregistrement par prise bouffe beaucoup d’énergie et de spontanéité. Ainsi quand je chante sans ma gratte, ma voix n’est pas placée de la même manière.

Qui a eu l’idée des sacs plastique, de la râpe à fromages ?

La Zlotette : C’est moi. C’est ma partie. L’idée des sacs plastique est venue des stages d’animation avec les enfants que faisait mon ancien copain qui est animateur de centre de loisirs. Donc j’ai repris l’idée et c’est sur "Tu es belle" que je l’ai proposé à Laurent. Et puis je me suis amusée à entre 2 sur une ceinture autour de la taille. Comme je ne suis pas musicienne, c’était plus facile pour moi de faire de la musique avec des choses qui ne sont pas des instruments que je ne sais pas gérer.

Je peux faire plein de machins, c’est clairement pas sérieux et c’est plus facile aussi parce que je connais pas un joueur de râpe à fromages qui va me dire que je n’en joue pas bien ! La valise fait office de caisse claire. Je trouve ça plus rigolo. Et ça a aussi contribué à créer nos personnages sur scène. Ça me fait marrer parce que je dis que j’ai une batterie…de cuisine ! Il y a le fromage, les œufs, les balais, les dés à coudre. Il y a la valise pour dire : Je retourne chez ma mère. C’est rigolo.

Le Zlot : Quand elle m’a proposé les sacs plastique c’était comme une audition. Je n’étais pas très chaud au départ mais quand je l’ai vu, j’ai tout de suite fondu. Elle avait trouvé le truc top.

La Zlotette : Au début, il ne voulait même pas que je fasse une main à l’accordéon et maintenant qu’il y a toutes les petites bidouilles, il dit : Pourquoi pas ? Je ne sais pas jouer de l’accordéon mais ce n’est pas grave. C’est vrai que nous n’allons pas nous le trimballer pour un morceau.

Le Zlot : Nous avons fait un morceau avec un cocnertina que nous jouons plus car les gens n’aimaient pas trop la première phrase : Qu’est force est-ce là de vouloir pour que cela nous accule à se passer des chaînes ? C’était une chanson sur la volonté. Elle était triste, en mineur. Il faudrait la remettre.

Et l’idée du conte ?

La Zlotette : C’est moi. C’est ma petite touche personnelle parce que Laurent n’aime pas mes chansons. C’est donc ma participation en tant qu’auteur.

Le Zlot : Je lui ai proposé d’insérer ce conte parce que cela constitue une belle aération.

La Zlotette : Comme on arrête les Blancs Manteaux, je suis un peu triste parce qu’on ne le fera plus. On ne le fait pas en bar parce qu’il n’y a pas assez d’écoute et on ne peut pas non plus le faire dans une grande salle.

Le Zlot :Et puis co-écrire en commun c’est chiant. Chanter les textes des autres, ça m’insupporte. Au début, je ne voulais pas même pas qu’elle chante ! Je suis sans doute trop égocentrique. Et puis, c’est arrivé assez vit. Ainsi La vie de couple j’ai trouvé que c’était beaucoup plus intéressant que ce soit Virginie qui la chante. Et les gens nous disent qu’elle devrait chanter plus souvent.

La Zlotette : Les double voix ont été très vite installées.

Combien de temps avez-vous joué aux >Blancs Manteaux ?

La Zlotette : De septembre 2003 à avril 2004 et de septembre 2004 à fin janvier 2005.

Quel enseignement tirez-vous de cette saison de concerts ?

La Zlotette : Cela nous a donné confiance car nous jouons sur une vraie scène devant des gens qui viennent pour nous voir. Ils paient, se déplacent pour nous et ça met la pression pour ne pas les décevoir.

Le Zlot : Et puis nous avons pu avoir un lieu pour répéter. Nous avons pu travailler sérieusement. Une copine venait nous filmer pour qu’on rectifie ce qui n’allait pas. Ça nous a permis d’évoluer. En plus, nous avions un retour immédiat du public. Cela a suscité aussi pal mal de remise en question quant à la filiation. Sommes-nous un groupe de café-théâtre ou un groupe de musique.

La Zlotette : Les Blancs Manteaux c’est une petite scène. Café-théâtre ou pas, je m’en fous. Ce qui me gêne c’est qu’on nous étiquette. Nous faisons du concert. Le côté visuel est un plus mais cela reste du concert. Nous sommes un groupe de musique.

Le Zlot : Nous allons tourner pour nous faire un public, le nôtre.

Votre démarche est un peu différente des groupes dits classique qui enregistre des chansons puis fait des concerts de manière ponctuelle. Une saison de concert s’apparente à un spectacle récurrent comme une pièce de théâtre.

La Zlotette : Oui, mais ce n’est pas délibéré. Ce sont les circonstances.

C’est une chance aussi ?

La Zlotette : Oui, bien sûr. L’année dernière avant les Blancs Manteaux nous jouions beaucoup dans les bars. Nous faisions 15 dates par mois.

Le Zlot : C’est vrai qu’on a eu un coup de cul du tonnerre ! Et en même temps, nous avons mis les charrues avant les boeufs, u moins par rapport à la salle. Nous avions une salle avant d’avoir un public….

La Zlotette : …et même avant d’avoir un spectacle.

Le Zlot : Donc maintenant nous éprouvons le besoin de nous mettre un peu sur la brèche et un peu en danger en quittant les Blancs Manteaux. L’idéal serait de trouver des premières parties.

La Zlotette : Oui, pou tourner un peu sur Paris. Les expériences de Laurent étaient n province ce qui est un peu différent de Paris où il y a des centaines de spectacles et concerts qui sont proposés au public.

Tourner avec le même spectacle ?

La Zlotette : Il va être un peu modifié puisque nous allons rajouter des trucs musicaux. Le truc visuel existera encore parce que ça nous fait marrer et que ça vient naturellement.

Le Zlot : Exactement. D’ailleurs nous avons essayer de travailler avec une fille pour qu’elle fasse la mise en scène et elle a renoncé parce que nous savons ce que nous voulons. Il y a des trucs de calé mais le reste est spontané et peut être différent selon ce qui se passe dans la salle. L’évolution est certaine parce que le spectacle n’est pas encore totalement fini et il y a de nombreuses ouvertures possibles quant aux chansons, aux instruments.

Donc deux projets : Zlot en commun et les contes pour Virginie ?

La Zlotette : Oui, mais je n’ai pas encore assez de contes finalisés pour que cela soit concret. Il y plusieurs pistes de réflexion.

Et un album pour lot ?

Le Zlot : Oui. Nous allons essayer de faire un bon album. Et puis trouver un tourneur. Pour gagne un peu d’argent pour vivre et aussi pour acheter du matériel, comme la sono que nous n’avons pas actuellement. Je suis confiant car nous avons une bonne étoile. Et l’essentiel du boulot à faire est du domaine artistique.

S’il fallait qualifier votre musique, quelle étiquette serait la plus juste ?

Le Zlot : Chanson française. Mais la définir est plus difficile. Chanson à texte ne veut rien dire pour moi parce qu’il y a toujours un sujet, un verbe, un complément. Sinon, une définition par des références à d’autres artistes.

La Zlotette : Une fois quelqu’un a dit que Zlot avait les textes de son papa et les têtes rigolotes de sa maman. (rires). Une copine disait que Laurent était le son et que j’étais l’image. Cela donne une petite idée de Zlot.

Le Zlot : On fait de la chanson française classique. De prime abord, c’est de la chanson française.

Si vous ne disposiez que de 3 mots pour décrire votre musique, vos chansons, quels seraient-ils ?

La Zlotette : Zut, crotte, Zlot !

 

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En savoir plus :

Le site de Zlot


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