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Joyce Carol Oates  (Editions Philippe Rey)  octobre 2013

Véritable machine à écrire, Joyce Carol Oates livre avec "Mudwoman" un pavé de six cents pages qui fera les délices des fans de la prolifique écrivaine américaine et déroutera sans doute les autres, peut-être trop rationalistes, qui chercheront, au-delà de l'autosatisfaction graphomaniaque de l'auteur, le sens de l'opus.

Tout commence par une tragédie - celle de Mudgirl, toute petite fille miraculeusement rescapée après avoir été abandonnée quasi-morte dans un marais boueux - et, plusieurs décennies après, le déplacement professionnel de la femme bien sous tous rapports qu'elle est devenue qui la ramène sur les lieux du crime.

Parvenue à la mi-temps de sa vie, que cherche Meredith Ruth Neurkichen ? Elle connaît son histoire, notamment son ascendance maternelle, une mère zolacienne, psychotique ravagée par une folie mystique qui a motivé son geste infanticide, elle a bénéficié d'une adoption par un bienveillant couple de quakers qui lui ont inculqué des principes rigoristes de haute tenue morale et, après de brillantes études de philosophie et de psychologie, elle est devenue la première présidente d'université de surcroît d'une des prestigieuses de l’Ivy League.

Sous le masque de la réussite sociale et professionnelle se terrent le refoulement et une quête inassouvie de reconnaissance et d'amour et M.R. abrite Mudgirl devenue une Mudwoman dépourvue d'affect.

De quoi laisser augurer d'un roman sur l'identité, bouteille à l'encre de la littérature contemporaine, avec la quête des origines, la quête d'identité personnelle des enfants abandonnés, mais également celle de l'identité statutaire, sociale et communautaire, voire nationale, le traumatisme de l'abandon et de la perte et la résilience.

Mais Joyce Carol Oates ne se cantonne pas à ces thématiques cependant suffisamment riches pour nourrir une intrigue psycho-romanesque, d'autant que cette immersion dans un passé traumatique est traitée selon la déclinaison de la décompensation névrotique.

Par le truchement de faits de société et d'événements politiques, elle aborde, entre autres, le nationalisme, du paradoxe du Patriot Act à la manipulation médiatique avalisant la guerre d'Irak, le statut de la femme et la féminitévues à l'aune d'un autre siècle (l'auteure est née en 1938), la maltraitance des enfants, le droit à la vie, les contre-mondes, l'élitisme du système universitaire américain et le cercle non vertueux du financement des universités privées (milieu qu'elle connaît bien pour y avoir fait sa carrière comme professeur de littérature), la religiosité et la pauvreté dans les campagnes américaines.

Même si elles sont habilement insérées dans l'histoire du personnage, manifestant la volonté de l'auteure de dispenser des convictions personnelles, elles n'en conservent pas moins le caractère de digressions parasitantes, de surcroît souvent fastidieuses et/ou agaçantes par leur humanisme bien-pensant et, parfois, leur didactisme.

Cela étant, l'écriture de Joyce Carol Oates, chantre de l'art de la fiction gothique, reste percutante quand elle pratique de manière totalement maîtrisée dans la recension de la la confusion du paysage mental de l'héroïne qui navigue entre passé et présent et entre réalité, fantasme et délire hallucinatoire.

 

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# 21 janvier 2018 : En attendant les beaux jours

Il pleut partout, il fait moche, il fait froid. Qu'à cela ne tienne, voici notre sélection de la semaine qui devrait pouvoir occuper vos jours gris et vos soirées au coin du feu avec moultes choses à écouter, à lire, et à voir. C'est parti !

Du côté de la musique :

"Thanks for listening" de Chris Thile
"Moondog new sound" de Ensemble Minisym
"Mossy Ways" de Eric Le Lann
"MOR" de Marcel Kanche
"Mille excuses" de Misska
"Essais, volume 2" de Pierre de Bethmann Trio
"Songs of praise" de Shame
et toujours :
Aftermath" de Alex Stuart
"Kili kili" de Black Bones
"Jean Baptiste Lully : Alceste, ou le trimphe d'Alcide" de Christophe Rousset & les Talens Lyriques
Interview de Pierre autour d'une session live de 5 titres
"Girl's ashes" de Dirty Work of Soul Brothers
"Infernu" de Hifiklub
"Trio 30YearsFrom" de Théo Girard
"Destination overground : the story of Transglobal" de Transglobal Underground
"Classe moyenne" de Vincent Touchard

Au théâtre :

les nouveautés de la semaine :
"La Maladie de la Mort" au Théâtre des Bouffes du Nord
"Schatten ( Eurydike sagt)" au Théâtre de la Colline
"Les Bacchantes" au Théâtre de l'Epée de Bois
"Tertullien" au Théâtre de Poche-Montparnasse
"Le Menteur" au Théâtre de la Tempête
"Concertos de Passions" au Théâtre Les Déchargeurs
"Céline, derniers entretiens" au Théâtre Les Déchargeurs
"Après le tremblement de terre" au Théâtre des Quartiers d'Ivry
"Paysages intérieurs" au Théâtre Le 13ème Art
"Les Fils prodigues" au Théâtre Le Maillon à Strasbourg
"J'arriverai par l'ascenseur de 22h43 (chronique d'un fan de Thiéfaine)" aux Docks à Lausanne
les reprises à ne pas rater:
"Trahisons" au Théâtre Le Lucernaire
"Gauthier Fourcade - Liberté !" au Studio Hébertot
"Constance - Gerbes d'amour" au Théâtre Apollo
"Mon meilleur copain" au Grand Point Virgule
et les chroniques des autres spectacles de janvier

Expositions :

dernière ligne droite pour "Irving Penn" au Grand Palais

Cinéma avec :

le film de la semaine :
"La Douleur" de Emmanuel Finkiel
et les chroniques des sorties de janvier

Lecture avec :

"Assad" de Régis Le Sommier
"Celui qui disait non" de Adeline Baldacchino
"Etienne de silhouette" de Thierry Maugenest
"Fausses promesses" de Linwood Barclay
"Le pouvoir" de Naomi Alderman
"Mille soleils" de Nicolas Delesalle
"Itinéraire d'un enfant maltraitée" de Liliane Zylbersztejn
et toujours :
"L'infinie comédie" de David Foster Wallace
"La femme qui ment" de Hervé Bel
"La friction du temps" de Martin Amis
"Les oiseaux morts de l'Amérique" de Christian Garcin
"Massacre des innocents" de Marc Biancarelli
"Un homme doit mourir" de Pascal Dessaint

Bonne lecture, bonne culture, et à la semaine prochaine.

           
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