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Grand Palais  (Paris)  Du 18 septembre 2013 au 6 janvier 2014

La rétrospective "Georges Braque, qui se tient au Grand Palais, constitue incontestablement la grande exposition incontourabale de la rentrée muséale 2013-2014.

Organisée par la Réunion des Musées Nationaux-Grand Palais en partenariat avec le Centre Pompidou, elle réunit un conséquent ensemble d'oeuvres qui permet de resituer Georges Braque dans l'Histoire de l'art du 20ème siècle.

Peintre, graveur et sculpteur, initiateur du cubisme et inventeur des papiers collés, le normand placide et méditatif fut toujours primé voir éclipsé par le sémillant et extraverti ibérique qui fut un temps son compagnon de route artistique, Picasso dont n'est même plus cité le prénom.

Comme écrit Philippe Dagen dans le catalogue "Après la guerre, il n'y a plus de commune mesure entre le peintre dont les métamorphoses stylistiques sidèrent et font crier à la trahison ou au prodige et celui qui, à l'inverse, paraît demeurer pris dans le cubisme"

Sous le commissariat de Brigitte Leal, conservateur général du patrimoine et directrice adjointe du Musée National d’Art moderne, l'exposition met en évidence que la peinture de Braque ne s'est pas sclérosée dans les rets du cubisme et le conséquent thésaurus pictural présenté permet l'approche d'une oeuvre en perpétuelle renaissance.

Le parcours chronologique s'impose donc et est rythmé par le travail sériel du peintre sur ses variations thématiques.

Ponctué de plusieurs cabinets documentaires riches d'inédits et axés notamment sur l'interaction avec des artistes d'autres disciplines dont Braque était proche, il permet une approche aussi sensible que didactique d'une oeuvre

Du fauvisme à l'abstraction, le fondateur du cubisme soumis à la tentation figurative

L'exposition permet de prendre la mesure d'une oeuvre riche qui a initié la révolution picturale du 20ème siècle, tend au syncrétisme entre le dogme braquien de la ligne géométrique et de l'immobilité et la dynamique du vivant avec ses deux thèmes de prédilection que sont la mandoline et l'oiseau et interroge le monde.

La révolution picturale c'est le cubisme, générant une révolution esthétique, qui prône l'éclatement de la forme, la composition mosaicienne avec l'abandon de la perspective traditionnelle et l'éradication de la couleur avec une désaturation de la palette chromatique déclinée en camaïeux de gris-beige verdâtre pour signifier la pure objectivité dépourvue de toute sensibilité ou sensualité.

Analytique, en premier lieu, confinant à l'hermétisme, il devient synthétique avec l'introduction de courbes et de détails figuratifs et la pratique des papiers collés.

Mais la transition a été radicale avec la salle dédiée aux premières oeuvres de Braque, le Havrais d'adoption monté à Paris, qui embrasse les canons du fauvisme qu'il qualifie de "peinture physique qui plaisait au jeune homme qu'il était à l'époque".

La couleur et la courbe bannies par le cubisme ne cesseront cependant de revenir sous le pinceau du peintre et ce dans ses registres "inanimés" privilégiés que sont la nature morte et les scènes d'intérieur mais également, de manière plus inattendue dans celui du nu.

Ainsi aux nus cubistes puissants et massifs succèdent la série de nus à l'antique des "Canéphores" qui, même si elles sont ancrées dans le cubisme tardif, signifie un retour au figuratif et à la courbe et, d'une certaine manière, au classicisme.

De même pour les natures mortes entre celles "cézaniennes" des années 20 et celles des années 30 dans lesquelles explosent les arabesques et les couleurs et, comme le note la commissaire, concilient biomorphisme et stylisation décorative.

Versé en théorisation de la peinture, il substitue à la peinture de paysages la peinture de scènes d'intérieur, notamment avec la série des "Ateliers" composée de huit toiles ici exceptionnellement réunies, qui sont autant de paysages mentaux.

Braque s'est également confronté à la mythologie qu'il avait déjà abordé avec la série des "Canéphores".

Suite à une commande en forme de carte blanche du marchand d'art Ambroise Vollard, il choisit d'illustrer une oeuvre majeure de la mythologie grecque, "La Théogonie" d’Hésiode

La série de seize eaux-fortes réalisées à cette occasion et les grands panneaux de plâtre noir gravés des figures des dieux et les sculptures exaltent la ligne claire et circonvolutive.

Braque revient au paysage dans les années 50-60, avec des paysages métaphysiques d'un homme septuagénaire, de longs panoramas désolés entre terre et ciel traversé parfois d'un vol d'oiseau, l'oiseau qui constitue un de ses thèmes récurrents et emblématiques.

Et c'est avec un ensemble de dix toiles de l'oeuvre ultime de Braqueque que se clôt en apothéose l'exposition.

Dix toiles proches de l'abstraction ordonnées autour de la représentation de l'oiseau selon différentes déclinaisons de la plus cosmique à la plus tangible.

Et que Brigitte Léal compare à des idéogrammes propulsés dans l'espace magnétique ("Les oiseaux") et à des pictogrammes flottant en harmonie avec les planètes ("L'oiseau noir et l'oiseau blanc" retenu comme visuel pour l'affiche), figure de la plénitude sereine mais également annonciatrice de mort ("A tire d'aile", "Les oiseaux noirs").

 

En savoir plus :

Le site officiel du Grand Palais

Crédits photos : MM (Plus de photos sur La Galerie)
avec l'aimable autorisation de la RMN-GP


MM         
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# 25 février 2018 : Chaud devant !

Alors que le printemps n'a jamais été aussi proche, voilà que s'abat sur nous une vague de froid, sous le soleil, certes, mais froide quand même. Pour vous réchauffer le coeur et la tête, voici notre sélection culturelle de la semaine. Bonne écoute, bonne lecture, bon visionnage et n'hésitez pas à sortir, au théâtre, au cinéma, dans les musées, dans les salles de concerts, chez votre libraire, en général c'est très bien chauffé.

Du côté de la musique :

"So french" de Alexandre Doisy
Apolline, Joko, Yungblud dans une sélection de EP et singles
"By the way I forgive you" de Brandi Carlile
"Dita Von Teese" de Dita Von Teese et Sébastien Tellier
"Transangelic exodus" de Ezra Furman
"Who's happy" de High Coltman
"Est-ce que tu vois le tigre ?" de Le Roi Angus
"Do" de Rémi Panossian
"Chanson pour l'oreille gauche" de Marc Sarrazy & Laurent Rochelle
"Beautiful people will ruin your life" de The Wombats
Interview du duo She Owl autour de leur EP "Drifters", à découvrir en live dans cette session de 3 titres, Interview en italien à lire ici
et toujours :
"La nuit est encore jeune" de Catastrophe
"Claude Debussy" de Daniel Barenboim
"Always ascending" de Franz Ferdinand
"The world is in your hands EP" de Levitation Free
"La vie sauvage" de Lisza
"Full House - The very best of Madness" de Madness
"Hérotique" de Novice
"Up and down" de Redstones
"Castle spell" de Sunflowers
"L'estère" de Williams Brutus
"EP #1" de You, Vicious !
"Femme debout" de Zoé Simpson

Au théâtre :

les nouveautés de la semaine :
"Seasonal Affective Disorder" au Théâtre Le Lucernaire
"La Femme rompue" au Théâtre Hébertot
"Meute/Une légende" au Théâtre L'Etoile du Nord
"Zig-Zag" au Théâtre du Petit Montparnasse
"Presque égal à" au Théâtre de Belleville
"De nos frères blessés" au Théâtre Les Déchargeurs
"K-Surprise" au Théâtre Les Déchargeurs
"L'Eventreur" au Théâtre Essaion
"La Callas oubliée" au Théâtre Essaion
"Une sombre histoire de girafe" au Théâtre des Béliers Parisiens
"Melting Potes" au Théâtre Les Feux de la Rampe
"Yann Jamet - Le Syndrome de Jeanne d'Arc" au Théâtre de Dix Heures
des reprises :
"Oncle Vania" au Théâtre Essaion
"Edmond" au Théâtre du Palais Royal
"L'Ecume des jours" au Théâtre de la Huchette
"Intra Muros" au Théâtre La Pépinière
"Alil Vardar - Commnen garder son mec" à la Garnde Comédie
et les chroniques des autres spectacles de février

Exposition avec :

"Corot - Le Peintre et ses modèles" au Musée Marmottan-Monet

Cinéma avec :

les films de la semaine :
"Winter Brothers" de Hlynur Palmason
"Corps étranger" de Raja Amari
"Trait de vie" de Sophie Arlot et Fabien Rabin
Ciné en bref avec :
"La Forme de l'eau" de Guillermo del Toro
"L'Apparition" de Xavier Giannoli
"Jusqu'à la garde" de Xavier Legrand
"Le rire de ma mère" de Colombe Savignac et Pascal Ralite
"Le retour du héros" de Laurent Tirard
"Oh Lucy !" de Atsuko Hirayanagi
et les chroniques des autres sorties de février

Lecture avec :

"La nuit introuvable" de Gabriel Tuloup
"Larmes blanches" de Hari Kunzru
"Les flamboyantes" de Robin Wasserman
Sophie de Habsbourg" de Jean Paul Bled
"Soudain l'univers prend fin" de Dakota McFadzean
"Une vie comme les autres" de Hanya Yanagihara
et toujours :
"Ne préfère pas le sang à l'eau"de Céline Lapertot
"Une ville à coeur ouvert" de Zanna Sloniowska
"Tuff" de Paul Beatty
"Trio pour un monde égaré" de Marie Redonnet
"Morales provisoires" de Raphaël Enthoven
"L'aventuriste" de J. Bradford Hipps
"L'affaire Grégory ou la malédiction de la Vologne" de Gérard Welzer
"Généraux, gangsters et jihadistes" de Jean Pierre Filiu
"Emma dans la nuit" de Wendy Walker
"Des jours d'une stupéfiante clarté" de Aharon Appelfeld

Bonne lecture, bonne culture, et à la semaine prochaine.

           
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