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Interiors  (True Panther Sounds)  octobre 2013

Quand Cameron Mesirow changea de peau pour devenir Glasser, elle fut de suite identifiée par les audiophiles comme une engeance onirique de la lignée de Kate Bush, Björk ou encore Natasha Khan. Comme elles, Glasser joue avec une voix hantée, parfois haut perchée et modulée, qu’elle couple avec des batteries en tous genres et de l’électro au pire expérimentale, au mieux spacieuse. Avec son EP "Apply" et le single du même nom, elle a ménagé dès 2009 une voix royale à son album qui sortit en 2010 : Ring.

Fort d’un exotisme déroutant et quelque peu naïf, cette envoûtante production léchée a très vite charmé les afficionados du genre.

Trois ans plus tard, Glasser est de retour avec un second opus, intitulé Interiors dans lequel il est question de forme et d’architecture, mais surtout de la centralité de l’être humain dans le monde. Et c’est donc sans surprise que la chanteuse cite l’architecte Rem Koolhaas comme inspiration. L’homme ayant été l’un des rares de sa profession à rendre l’architecture ludique et didactique dans des écrits acclamés par les masses (les théories de Coney Island et "New York Delirious").

En ouvrant son album sur le titre "Shape", l’artiste nous avertit d’emblée, elle maîtrise son art bien mieux, puisqu’elle y met maintenant les bonnes formes. Ainsi ce titre alterne entre montée en puissance et rechute calculée, voire mesurée. En bref, l’énergie qui personnifiait son album précédent est ici tenue en laisse et n’explose qu’au besoin impérieux des cadres imposés par la chanteuse.

Sa technique a donc évolué et se fend même d’un triptyque ("Window I", II et III) qui non content d’être bien évidemment des fenêtres sur l’univers mental (et musical) de Cameron, reprend des sonorités classieuses exploitées sur des très courtes durées et qui ne sont pas sans rappeler d’une part Iamamiwhoami, d’autre part Saint Vincent.

Fort heureusement, cela ne veut pas dire que l’artiste s’est départie de l’exotisme de ses sons électroniques. Les titres comme "Landscape" ou "Window III" marquent le retour du duo bienvenu de sa voix au vocalisme orientalisé et d’une production électro qui joue avec les oreilles de façon malicieuse.

Alors que "Keam Theme", "Divide" ou même "Dissect" explore allègrement le psychisme de la chanteuse, en traitant notamment de la solitude, le plan de la chanteuse devient un peu plus clair. Celle-ci dépeint une société humaine, où les espaces privés comme publiques finissent toujours par empiéter sur son bien-être ou tout du moins sur l’image qu’elle renvoie d’elle-même. C’est d’ailleurs d’autant plus évident que la pochette de l’album en question montre une Cameron Mesirow en plein mouvement dans un habitat qui se tord sous l’action de sa poignée, tout en ayant un regard de défi à l’encontre de son propre reflet.

Glasser joue donc en réalité la carte de l’album introspectif, tout en se plaçant dans un monde consistant ("Shape", "Window") et conscient de l’autre (sur "Landscape", elle parle d’un autre avec qui elle veut admirer le même paysage, la recherche d’un autre étant présente en filigrane sur tout l’album).

Néanmoins, Interiors trouvera ses limites à la source même de son originalité, puisque contrairement à "Apply", sa compréhension au travers de multiples écoutes pourrait lui être fatale. Une bien triste conclusion pour un album qui aurait très bien pu marquer le temps et peut-être même les lieux (entendons par ici le genre) à la façon des constructions de l’architecte qu’elle citait plus haut comme influence !

 

A lire aussi sur Froggy's Delight :

La chronique de l'album Ring de Glasser
Glasser en concert au Point Ephémère (mercredi 13 octobre 2010)
Glasser en concert au Grand Mix (mardi 29 mars 2011)

En savoir plus :
Le site officiel de Glasser
Le Myspace de Glasser
Le Facebook de Glasser


Stéphane El Menshawi         
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# 28 juin 2020 : Nouvelle Vague ?

Le premier tour des élections municipales fut le signe du début du confinement. Espérons que ce second tour ne sera pas l'appel à un second confinement. Quoi qu'il en soit : Soyez prudents, soyez heureux et cultivez vous ! c'est parti pour le sommaire en commençant par le replay de la Mare Aux Grenouilles #4 (eh oui déjà !)

Du côté de la musique :

"Grand prix" de Benjamin Biolay
"The Beethoven collection Vol1 : Sonatas by Clementi, Hummel, Dussek and Wolfl" de Jean-Efflam Bavouzet
"Eivind Groven Symphonies N°1 & 2" de Kristiansand Symphony Orchestra sous la direction de Peter Szilvay
"L'heure bleue" de Marianne Piketty, Le Concert Idéal
"Tu rabo Par'abanico" de Marion Cousin & Kaumwald
"Veines" de Merakhaazan
"Silas" de Silas Bassa
et toujours :
"As found" de Fugu
"Désordres" de Austyn
"Anda Lutz" de Cie Guillaume Lopez
"A l'instinct A l'instant" de Daniel Jea
"Cérébro dancing" de Epilexique
"Cobra" de François Club
"Coquette" de Hailey Tuck
"Springtime with no harm" épisode 18 des mixes de Listen In Bed
"Fanfare XP, volume 2" de Magic Malik
"Avec son frère" de Volo
"Safeplace" de Yadam

Au théâtre dans un fauteuil de salon avec :

des créations :
"Démons" par Lorraine de Sagazan
"Misery" de William Goldman
"L'obéissance de la femme du berger "de Sergio Martínez Vila
"Migraaaants" de Matéi Visniec
"Le Remplaçant" d'Agnès Desarthe
"Portrait d'Amakoé de Souza - Salade Tomate Oignon" de et par Jean-Christophe Folly

"La Chose Commune" de David Lescot et Emmanuel Bex
de la comédie de boulevard :
"Hier est un autre jour "de Sylvain Meyniac et Jean-François Cros
"Madame Doubtfire" de Jaja Fiastri
"Le Clan des divorcées" de Alil Vardar
"A gauche en sortant de l'ascenseur" de Gérard Lauzier
du côté des humoristes :
"Mimie Mathy - J'adore papoter avec vous"
"Denis Maréchal - J'dis franchement"
dans le répertoire classique :
"Le Jeu de l'amour et du hasard" par Catherine Hiegel
"Roméo et Juliette" par Eric Ruf
Shakeaspeare :
à l'anglaise au Globe Teater : "Macbeth"
et en comédie musicale "Roméo et Juliette, de la haine à l'amour" de Gérard Presgurvic
et de l'Opéra revisité :
"La Traviata" de Verdi par Simon Stone
"Cendrillon" de Jules Massenet par David Hermann

Expositions :

en "real life" avec la réouverture progressive des musées :
"Pompéi" au Grand Palais
"Turner, peintures et aquarelles - Collection de la Tate" au Musée Jacquemart-André
"Harper's Bazaar, premier magazine de mode" au Musée des Arts Décoratifs
"Christan Louboutin - L'Exhibition[niste]" au Palais de la Porte Dorée
"Otto Freundlich - La révélation de l’abstraction" au Musée de Montmartre
"Cézanne et les maîtres - Rêve d'Italie" au Musée Marmottan-Monet
"Coeurs - Du romantisme dans l'art contemporain" au Musée de la Vie romantique
"Les Contes étranges de N.H. Jacobsen" au Musée Bourdelle
les Collections permanentes du Musée Cernushi
"Le Monde selon Roger Ballen" à La Halle Saint Pierre
"Helena Rubinstein - La collection de Madame" et "Frapper le fer" au Musée du Quai Branly
"Monet, Renoir... Chagall - Voyages en Méditerranée" à l'Atelier des Lumières
"La Force du dessin - Chefs-d'oeuvre de la Collection Prat" au Petit Palais
"Esprit es-tu là ? Les peintres et les voix de l'au-delà" au Musée Maillol
"Le dessin sans réserve. Collections du Musée des Arts Décoratifs" au Musée des Arts Décoratifs
et en passant par la Lorraine, découvrir la Villa Majorelle œuvre de style Art nouveau.

Cinéma at home avec :

"Riens du tout" de Cédric Klapisch
"Noïse" de Henry Bean
"Sous surveillance" de Robert Redford
"La romancière" de John McKay
au Ciné-Club les années 50 :
"Un drôle de Dimanche" de Marc Allégret
"La vie à deux" de Clément Duhour
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des incontournables japonais :
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Lecture avec :

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