Musique sep Théâtre sep Expos sep Cinéma sep Lecture sep Bien Vivre
  Galerie Photos sep Nos Podcasts sep
 
recherche
recherche
Activer la recherche avancée
Accueil
 
puce puce
puce La Duchesse de Langeais
Théâtre Les Déchargeurs  (Paris)  octobre 2013

Monologue dramatique de Michel Tremblay interprété par Laurent Spielvogel dans une mise en scène de Christian Bordeleau.

Attablée à une terrasse d'un bar à touristes en plein après-midi sous le soleil de plomb d'un pays du Sud, une rombière au look interlope s'imbibe à coups de J&B on the rocks en évoquant ses belles années.

C'est la Duchesse de Langeais. Rien à voir avec la coquette de Balzac. Quoi que.

Ancienne reine du petit monde des cabarets avec ses numéros d'artiste-travesti et demi-mondaine tapineuse de haut vol qui régnait sur le coeur - et le portefeuille - des hommes qui aimaient les hommes, elle appartient à une autre comédie humaine, celle du Montréal populaire des années 70 qui inspira à l'auteur québécois Michel Tremblay une saga théâtrale avec notamment ses "pièces de cuisine", dont les fameuses "Belles-Soeurs" présentées au Théâtre du Rond-Point en mars 2012.

La partition en forme de soliloques de "La duchesse de Langeais" aborde avec autant de sagacité que d'empathie la psyché homosexuelle avec le personnage, par essence dramatique, du travesti que les errances de la vie fait naviguer dans tous les registres théâtraux : clown tragique, figure comique par ses outrances, coeur de midinette vouée aux pires mélos et destin pathétique de l'identité contrariée.

Arrivée à l'âge où les souvenirs remplacent les projets, la "duchesse", auto-anoblie à la manière des courtisanes de la Belle Epoque, se souvient de la sienne, évoquant sa "perversité" précoce et sa vocation assumée de "reine des queues", ses amants fortunés et ses amours des feintes, et son talent unique de performeuse imitant aussi bien Dalida, Barbara, Sylvie Vartan que Edwige Feuillère, Elisabeth Taylor et Fanny Ardant, vomit sur ses homologues concurrentes et pleurniche sur ce qui sera peut-être son dernier chagrin d'amour.

Sur scène, pour incarner sans verser dans la caricature au premier degré, ce personnage à double titre, représentation théâtrale d'un homme qui s'est lui-même construit en personnage autofictionnel et dont les divagations éthyliques recèlent sans doute autant de vérités que de fantasmes, travesti cheap sur le retour qui se prend pour une drama-queen dont la trivialité de la langue populaire rode en embuscade derrière des accès déclamatoires grandiloquents et grande folle aux délires flamboyants sauvée du pathétique par le sens de l'auto-dérision, un comédien de grand talent : Laurent Spielvogel.

Avec aux manettes, Christian Bordeleau, québecois devenu parisien qui connaît bien le théâtre de Michel Tremblay pour le promouvoir sur les scènes françaises depuis plus de vingt ans, et qui a récemment créé en France "A toi pour toujours, ta Marie-Lou", Laurent Spielvogel porte avec panache, au sens cyranien du terme, et humanité le personnage et sa part d'humanité commune à tous les hommes qui affrontent leur destin embarqués sur un esquif.

 

MM         
deco
Nouveau Actualités Voir aussi Contact
deco
decodeco
• A lire aussi sur Froggy's Delight :

Pas d'autres articles sur le même sujet


# 18 août 2019 : Au rythme des vacances

Petite édition toute en légèreté mais avec quelques belles choses à découvrir notamment pas mal de livres de la rentrée littéraire et une session du Flegmatic pour vous rafraichir les idées. C'est parti pour le sommaire.

Du côté de la musique :

"Time for a change" de Pokett
"Tone of musette" de Le Balluche de la Saugrenue
"Symi" de Symi
Une autre interview de Inspector Clouzo à Terre de sons, après notre rencontre avec The Inspector Clouzo lors de leur passage à Foreztival
et toujours :
"Onda" de Jambinai
"Fire" de Part Time Friends
"Simon Chouf & le Hardcordes trio" de Simon Chouf
"EP n°1" de The Reed Conservation Society

Au théâtre :

une nouveauté :
"What is love" au Théâtre de la Contrescarpe
des reprises
"La Chute" au Théâtre de la Reine Blanche
"Le corps de mon père" au Théâtre Essaion
"Louise Weber dite La Goulue" au Théâtre Essaion
et la chronique des spectacles à l'affiche en août

Expositions avec :

"Champs d'amours - 100 ans de cinéma arc-en-ciel" à l'Hôtel de Ville
et dernière ligne droite pour "Helena Rubinstein - L'Aventure de la Beauté" au Musée d'Art et d'Histoire du Judaïsme

Cinéma avec :

"Roubaix, une lumière" de Arnaud Desplechin
"Thalasso" de Guillaume Nicloux
et Oldies but Goodies avec "Paris est toujours Paris" de Luciano Emmer en version restaurée

Lecture avec :

"Cavalier seul" de Fred & Nat Gévart
"Ce qu'elles disent" de Miriam Toews
"Cent millions d'années et un jour" de Jean Baptiste Andrea
"Chaque fidélité" de Marco Missiroli
"Où bat le coeur du monde" de Philippe Hayat
et toujours :
"Koba" de Robert Littell
"Back up" de Paul Colize
"La grande escapade" de Jean Philippe Blondel
"Un peu de nuit en plein jour " Erik L'Homme
"Une bête au paradis" de Cécile Coulon
"Une joie féroce" de Sorj Chalandon

Bonne lecture, bonne culture, et à la semaine prochaine.

           
www.myspace.com/froggydelight | www.tasteofindie.com   bleu rouge vert métal
 
© froggy's delight 2008
Recherche Avancée Fermer la fenêtre
Rechercher
par mots clés :
Titres  Chroniques
  0 résultat(s) trouvé(s)

Album=Concert=Interview=Oldies but Goodies= Livre=Dossier=Spectacle=Film=