Musique sep Théâtre sep Expos sep Cinéma sep Lecture sep Bien Vivre
  Galerie Photos sep Nos Podcasts sep
 
recherche
recherche
Activer la recherche avancée
Accueil
 
puce puce
puce Mélanie Pain
Interview  (Paris)  jeudi 24 octobre 2013

De retour d’une longue absence qui la conduisit hors de l’hexagone, Mélanie Pain ramène dans son bagage un nouvel album, intitulé Bye Bye Manchester. Si la version française de celui-ci a pris son temps avant de sortir, la chanteuse qu’on avait découverte avec Nouvelle Vague, nous livre ici un bijou pop, aussi délicat que perfectionné, digne successeur de My Name, paru en 2009.

C’est dans un petit bar du 19ème arrondissement à Paris, que la chanteuse a bien voulu se plier au jeu de questions-réponses autour de son nouvel album. Facile d’accès et souriante, l’artiste nous a invité à nous asseoir à une table avec elle, rencontre :

Dans Bye Bye Manchester, tu parles beaucoup de mouvement de départ et de voyages, notamment  dans "Ailleurs" et dans le titre éponyme à l’album, peux-tu nous expliquer pourquoi ?

Mélanie Pain : En fait, c’était un peu inconscient, je me suis rendue compte à la fin de l’album que les textes tournaient autour de cela. Je me suis un peu analysée, par rapport à mon parcours et il fallait que j’explique, pour moi, qu’il est important de bouger. Je suis devenue chanteuse un peu par hasard, je n’étais pas heureuse dans une relation à un moment, j’ai quitté mon boulot, changé de ville. Bref, c’est très important pour moi d’être capable de bouger et de décider "je pars". Où ? Je ne sais pas, mais ailleurs.

Manchester est l’une des villes, sinon la ville européenne historique de la musique avec tous les artistes qu’on lui connaît, certains que tu as même repris, pourquoi Manchester ?

Mélanie Pain : C’était un peu une sorte de fantasme, depuis que j’ai 13 ans, j’écoute de la pop anglaise et je vois des groupes qui posent à Manchester et je me dis que "c’est trop bien !". J’avais besoin de sortir de Paris, parce que je suis trop entourée de musiciens et je me suis dit que Manchester ce serait pas mal pour écrire de bonnes pop songs ! Je voulais savoir si j’étais capable de faire tout toute seule.

Tu étais vraiment seule à Manchester ?

Mélanie Pain : Vraiment seule.

Et la ville en elle-même, tu penses qu’elle a apporté quelque chose à ta musique ?

Mélanie Pain : Je ne suis pas sûre de ça, parce que j’ai vécu un peu dans ma bulle. J’allais dans le bar où Joy Division a signé son premier contrat (rires), j’allais un peu dans les endroits touristiques de la musique, mais je pense qu’une autre ville m’aurait aussi offerte ce besoin "d’ailleurs", même si j’étais très excitée et contente d’être à Manchester.

Donc en fait, c’était plus le besoin "d’être ailleurs" qu’un Pèlerinage. Comme beaucoup d’artistes auxquels tu es associée, tels que Nouvelle Vague ou M83, tu fais le choix de l’anglais pour beaucoup de tes chansons, sais-tu à l’avance si tu vas écrire et chanter en français ou en anglais ?

Mélanie Pain : Mon problème, c’est que j’aimerais bien pouvoir toujours chanter en français, mais je suis jamais contente du rendu sur des titres pop entraînants, je suis frustrée par le français du coup. Des chansons comme "Black Widow" ou "Just A girl" sont vraiment très pop, mais je les ai faites en anglais, parce que la langue me l’inspire et j’ai tendance à utiliser le français pour des choses plus complexes.

C’est marrant cette différence entre le français et l’anglais, est-ce que pour toi la langue de Molière a un thème de prédilection et celle de Shakespeare un autre ?

Mélanie Pain : Je pense que j’ai mis beaucoup de temps à savoir écrire des chansons bien en français, du coup je me prends moins la tête sur les textes en anglais, c’est plutôt des histoires que j’invente, avec lesquelles je m’amuse, alors que le français est plus pour les sentiments. C’est sûrement une question de langue maternelle. Et puis l’anglais c’est la langue de la pop, tu pourras jamais dire "Let It Be" en français !

Et à ton avis, c’est pour les mêmes raisons que beaucoup de jeunes artistes français font le choix de l’anglais, c’est une question de musicalité ?

Mélanie Pain : Ouais, je pense que comme moi, il y a beaucoup de gens qui ont une culture pop/rock anglaise et c’est très difficile de faire ça en français. Soit tu fais de la chanson française où tu parles d’amour en permanence ou alors de la chanson très intello - ce qui est super, j’aime beaucoup Bertrand Belin - mais, si tu veux faire un truc pop accessible dans les mélodies, ce n’est pas facile, peut-être un problème avec nous les français.

Gaëtan Roussel a une approche assez similaire à la tienne de la musique !

Mélanie Pain : (Avec un grand sourire) Bah oui !

Tu as écouté beaucoup de musique pendant l’enregistrement de BBM ?

Mélanie Pain : Pas du tout, je suis pas une très bonne musicienne à la base, alors je me suis enfermée pour essayer de faire mes petits trucs à l’inverse de My Name où j’y ai mis plein d’influences. Alors du coup, avant l’arrivée d’Albin de La Simone (NDLR: il a produit l’album), les démos sonnent pourries mais efficaces parce que c’était moi et c’était sincère. Je n’ai pas écouté de musique pour ne pas avoir de complexe, sinon je me dis "mais je ne peux pas faire ce qu’ils ont fait, c’est trop compliqué !" donc j’ai isolé mes oreilles ! Le plus important était d’écrire des textes comme "7 à 8 fois" qui soient exactement comme j’ai envie d’entendre aujourd’hui, pas trop compliqués mais qui sonnent bien et que j’ai envie de chanter en live. Je me suis bien pris la tête à écrire des chansons en français et ce n’était pas facile.

Et ça s’est passé comment avec Albin de La Simonne, vu que vous brassez tous les deux un large éventail d’influences ?

Mélanie Pain : Je l’ai rencontré parce que j’ai vu le show qu’il a remanié de Vanessa Paradis, il a complétement modifié des titres comme "Joe le taxi" et cela m’a vraiment impressionnée. Je suis partie le voir en lui disant que j’aimais bien ce qu’il faisait et il m’a pas du tout dit : "attends, je vais faire ma recette habituelle". Il m’a plutôt dit : "ça m’intéresse de travailler avec toi, mais avant je veux te connaître". Et du coup pendant 4 mois, il venait une fois par semaine chez moi, on a fait connaissance et je lui faisais écouter ce que j’avais fait à Manchester. Et quand on est arrivé au studio, à tout ce qu’il faisait je disais "oui oui oui", c’était dingue, il donnait forme à tout ce que j’avais en tête car il avait pris le temps de me découvrir en amont. Il m’a tiré les vers du nez.

Il y a donc eu une bonne synergie entre vous deux ?

Mélanie Pain : C’était incroyable, j’ai envie de faire tous mes albums avec lui, on s’est vraiment bien entendu, je l’invite à tous mes concerts. Contrairement à mon premier album qui a été difficile en gestation, celui-ci n’était que du plaisir. Albin était vraiment à mon écoute et même si je n’ai pas les mots précis et compliqués des musiciens, il a vraiment fait attention à respecter mes goûts.

Bye Bye Manchester, il y a quoi après, une nouvelle ville ?

Mélanie Pain : (Elle rit) Bah comme je disais, bye bye pour moi, c’est surtout bonjour autre chose ! J’ai très hâte de commencer à écrire de nouvelles chansons pour mon prochain album. Je ne suis pas dans "bye bye" c’est le passé. Je suis très fier de BBM parce que contrairement à My Name, il y a très peu de gens qui sont intervenus dessus et j’ai presque tout fait toute seule avec Albin. C’est une question de challenge ! J’ai écrit 12 chansons pas mal, quelles seront les 12 prochaines ?

Dernière question, y a-t-il des artistes avec lesquelles tu aimerais travailler ?

Mélanie Pain : Plein, plein, plein. Il y a Florent Marchet avec qui je suis en duo sur "La Couleur", j’aimerais bien retravailler avec lui. J’ai rencontré Gaëtan Roussel, dont tu parlais tout à l’heure, mais on n’a pas eu le temps. En fait, je pense que la scène française actuelle est très dynamique, plus qu’il y a dix ans, j’ai plein de choses que j’aime écouter maintenant. Les artistes d’aujourd’hui mélangent plus facilement leurs influences ! Je trouve cela génial, je travaillerais bien avec Mathieu Boogaerts aussi !

Mélanie merci !

Mélanie Pain : Mais merci à toi.

Retrouvez Mélanie Pain
en Froggy's Session
pour 3 titres en cliquant ici !

 

A lire aussi sur Froggy's Delight :

La chronique de l'album My Name de Mélanie Pain
La chronique de l'album Bye Bye Manchester de Mélanie Pain
L'interview de Mélanie Pain (15 juillet 2009)

En savoir plus :
Le site officiel de Mélanie Pain
Le Facebook de Mélanie Pain

Crédits photos : Thomy Keat (Toute la série sur Taste of Indie)


Stéphane El Menshawi         
deco
Nouveau Actualités Voir aussi Contact
deco
decodeco
• A lire aussi sur Froggy's Delight :

• A écouter aussi sur Froggy's Delight :

Mélanie Pain (24 octobre 2013)
Mélanie Pain (15 juillet 2009)


# 8 décembre 2019 : Et si Noël n'avait pas lieu ?

Grève générale, transports bloqués, morosité ambiante, réchauffement climatique... Et si cette année Noël n'avait pas lieu ? Quoi qu'il en soit vous aurez largement de quoi vous réjouir avec notre proposition de découvertes culturelles hebdomadaires dès maintenant. Par ailleurs, suivez notre facebook pour gagner des places pour le concert de She Owl.

Du côté de la musique :

"The undivided five" de A Winged Victory for the Sullen
Rencontre avec Lofofora autour de leur album "Vanités"
"Fly fly" de Céline Bonacina
"Romantic sketches" de Fred Perreard Trio
"Not married anymore" de Hasse Poulsen
"Enfer et paradis" de Les Nus
"Une certaine urgence", émission #6 de notre podcast Listen In Bed
"De temps et de vents" de Bodh'aktan
"Building site" de Mata Hari
"Gréty : Raoul Barbe Bleue" de Orkester Nord, Martin Wahlberg
et toujours :
"D'où vient le nord" de Francoeur
"Other side effects" de Lion Says
"Black Cofvefe" 5eme volume des mixes en podcast de Listen in Bed
"Santa Maria Remix" de Carmen Maria Vega
"Paganini, Schubert" de Vilde Frang & Michail Lifits
"I don't want to play the victim, But i'm really good at it" de Love Fame Tragedy
"Little ghost" de Moonchild
"Los Angeles" de Octave Noire
"A blemish in the great light" de Half Moon Run
"Older" de Quintana Dead Blues eXperience
"C'est pas des manières" de The Glossy Sisters
"Zimmer" de Zimmer

Au théâtre :

les nouveautés avec :
"Architecture" au Théâtre des Bouffes du Nord
"Elvira" au Théâtre Athénée-Louis Jouvet
"New Magic People" au Théâtre Athénée-Louis Jouvet
"A" à la Scène Parisienne
"Mister Paul" au Théâtre L'Atalante
"Deux amoureux à Paris" au Studio Hébertot
"Nobody is perfect" à la Scène Parisienne
des reprises :
"Allers-Retours" au Théâtre de l'Epée de Bois
"Portrait de Ludmilla en Nina Simone" au Théâtre des Abbesses
"Métropole" au Théâtre de la Reine Blanche
"Chambre noire" au Monfort Théâtre
et la chronique des spectacles à l'affiche en décembre

Expositions avec :

"Marche et démarche - Une histoire de la chaussure" au Musée des Arts Décoratifs
"Helena Rubinstein - La Collection de Madame" au Musée du Quai Branly

Cinéma avec :

Les nouveautés de la semaine :
"La Vie invisible d'Euridice Gusmao" de Avénarius d’Ardronville
"Le Roi d'Ici" de Karim Aïnouz
Oldies but Goodies avec "Kanal" de Andrzej Wajda
et la chronique des films sortis en novembre

Lecture avec :

"Au plus près" de Anneli Furmark & Monika Steinholm
"Evolution " de Marc Elsberg
"L'amexique au pied du mur" de Clément Brault & Romain Houeix
"Rien que pour moi" de J.L. Butler
"Secret de polichinelle" de Yonatan Sagiv
et toujours :
"Le chant du bouc" de Carmen Maria Vega
"La tempête qui vient" de James Ellroy
"Le crime de Blacourt" de Daphné Guillemette
"Pas de répit pour la reine" de Frédéric Lenormand
"Stalingrad" de Antony Beevor
"Un peu, beaucoup, passionnément, à la folie, pas du tout" de Alice Munro

Froggeek's Delight :

"Oculus Quest" Le casque de réalité virtuel autonome

Bonne lecture, bonne culture, et à la semaine prochaine.

           
www.myspace.com/froggydelight | www.tasteofindie.com   bleu rouge vert métal
 
© froggy's delight 2008
Recherche Avancée Fermer la fenêtre
Rechercher
par mots clés :
Titres  Chroniques
  0 résultat(s) trouvé(s)

Album=Concert=Interview=Oldies but Goodies= Livre=Dossier=Spectacle=Film=