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puce Le Tartuffe ou l'hypocrite
Aktéon Théâtre  (Paris)  février 2014

Brunet, Solène Cornu, Maud Ferrer, Xavier Memeteau, Jérémie Milsztein, Emilie Piponnier, Emmanuel Rehbinder, Jean Siffermann, et Bastien Sanchez.

Par leur manière de traiter de sujets graves sur le ton de la comédie satirique, nombre des comédies de Molière se situent dans un entre-deux qui ouvre le champ potentiel des mises en scène de la farce à la tragédie.

Ainsi, n'était le revirement inattendu en happy end confondant irréductiblement le personnage-titre qui intervient fort à propos au dernier acte, "Tartuffe" serait une comédie noire non seulement en ce qu'elle infirme le proverbe selon lequel le crime ne paie pas mais parce qu'elle amène le bourgeois bigot à se dépouiller de tout son bien et à déshériter ses enfants.

Mais il est tout aussi possible, tournant la partition en farce didactique avec déconvenue et châtiment bien mérités pour l'imbécile, de n'éprouver aucune compassion pour ce dernier davantage victime de son propre aveuglement qui résulte de sa crédulité que de la manipulation active du faux dévot.

C'est ce point de vue qui prévaut dans la mise en scène de Jérémie Milszten tout en excluant le dernier acte rédempteur et en déclinant la partition dans le registre de la comédie dramatique contemporaine avec costumes de ville et sans décor, juste des chaises et l'indispensable table nécessaire au dévoilement de l'imposture et à l'édification du grugé.

Tout commence avec la diatribe de l'aieule Madame Pernelle, elle aussi "entartuffée", avec une belle entrée en matière de Joyce Brunet, qui fustige l'anarchie contraire aux bonnes moeurs qui règne dans la maison de son fils : la belle-fille (Maud Ferrer) est une coquette dépensière, le petit-fils (Bastien Sanchez) un sot, la petite fille (Solène Cornu) une sournoise, l'oncle (Jean Siffermann) un libertaire et la suivante (Emilie Piponier) une forte en gueule. Ce petit monde rit de bon coeur et il ne rira plus de sitôt.

Car, si Emmanuel Rehbinder campe un Tartuffe jeune et beau brun ténébreux aux trop évidentes allures de mauvais garçon interlope dépourvu du classique charisme manoeuvrier attribué au personnage, il n'en a pas moins séduit le chef de famille quasiment énamouré que Xavier Memeteau, usant de manière judicieuse du ton mièvre et doucereux qui préside aux homélies, campe de manière sulpicienne.

Et le dévouement sacrificiel de l'épouse au caractère franc dépourvu d'ambiguïté, bien incarnée par Maud Ferrer, pour révéler la concupiscence fort peu digne d'un "saint homme" dessillera hélas un peu tard les yeux du mari.

Les parti-pris originaux tiennent également au traitement du rôle de la suivante Dorine souvent représenté à la façon "commedia dell'arte" comme une servante pétulante et rougeaude au franc-parler ancillaire et qui, en l'espèce, est interprété - mention spéciale à Emilie Piponier - par une comédienne au physique gracieux dans un registre plus proche de celui d'une suivante de Marivaux.

Jérémie Milsztein, qui s'est distribué dans le rôle du jeune amant contrarié de la fille, dirige avec efficacité une troupe qui, à travers une remarquable sobriété de jeu, manifeste une belle diction pour déjouer les pièges de la déclamation des vers et délivrer un Tartuffe de très bonne facture.

 

MM         
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