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Comédie de Caen  (Caen)  mars 2014

Comédie dramatique de de Samuel Beckett, mise en scène de Jean Lambert-wild, Lorenzo Malaguerra et Marcel Bozonnet, avec Fargass Assandé, Marcel Bozonnet, Michel Bohiri, Jean Lambert-wild et Lyn Thibault.

"En attendant Godot", l'emblématique première pièce de Samuel Beckett, constitue le point d'orgue pour tout metteur en scène en sa maturité alors même qu'elle est bardée de didascalies comme si son auteur voulait prévenir toute tentation ou tentative de dérive iconoclaste, alors même qu'il déclarait qu'elle ne racontait rien, et décourager toute velléité du "régisseur" de se croire créateur.

Régulièrement à l'affiche, la partition déçoit souvent, nonobstant les moyens et le métier des interprètes, car empêtrée dans une fidélité respectueuse, elle ne parvient pas à "décoller" trop soumise aux mots écrits d'un théâtre qualifié "absurde".

La dernière création en date proposée à la Comédie de Caen résulte d'une mise en scène non collective mais collégiale de trois comédiens-metteurs en scène, Jean Lambert-wild, Lorenzo Malaguerra et Marcel Bozonnet, qui ont inscrit leur proposition - au demeurant particulièrement réussie qui devrait enthousiasmer mêmes les spectateurs qui ne sont pas d'inconditionnels beckettophiles - dans un ancrage résolument contemporain.

Cet ancrage est celui de l'exil à la faveur d'une focale ainsi synthétisée par Jean Lambert-Wild : "En attendant Godot, c’est la rencontre entre deux exilés et deux figures d’un occident délabré".

Il repose donc sur la confrontation de deux mondes, celui des apatrides, des clandestins, des migrants, des déracinés, englués dans une attente qui n'est pas que juridico-administrative mais ressortit à la sidération, l'impossibilité de l'action et même du choix, pour se camper dans l'immobilisme, l'attentisme et l'illusion d'une intervention mystico-magique nommée Godot, et celui des sociétés occidentales peuplées de tragiques figures clownesques.

La pertinence de leur approche est soutenue par la rigueur et l'intelligence de la mise en scène qui permet de rendre compte du syncrétisme du comique et du burlesque qui sous-tend l'écriture minimaliste et quasi-répétitive de Beckett.

Peut-être fallait-il être trois pour y parvenir et surtout avoir l'audace heureusement visionnaire de distribuer deux comédiens ivoiriens dans les rôles des deux principaux protagonistes.

Car Michel Bohiri et Fargass Assandé, respectivement dans le rôle de Wladimir et celui de Estragon, sont époustouflants par leur "incarnation" qui transcende le texte et les répliques de théâtre en paroles d'homme. Jeu juste, sans effets, avec une belle gestion du comique et de la dérision, ils emportent totalement l'attention fascinée du public.

En contrepoint, les personnages du deuxième duo sont abordés sous l'angle du clown, art qui a inspiré Beckett. Et qui mieux que Marcel Bozonnet, qui a récemment signé le spectacle "Chocolat, clown nègre", pouvait s'emparer du personnage de Pozzo, qu'il qualifie de "gros con".

Et qui mieux que Jean Lamberf-wild pour camper Lucky, le "knout", qui fonctionne de manière trouble en symbiose avec son maître, car il y a toujours deux extrémités à une corde, en faisant intervenir "son" clown, un Auguste triste en pyjama et minuscule chapeau melon rouge, lequel finira sur la tête de Wladimir.

Une des facéties qui contribuent à l'excellence du spectacle qui opère une significative novation sans pour autant changer le message du jeune garçon (Lyn Thibault) : Godot ne viendra pas ce soir.

 

MM         
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# 14 juillet 2019 : Les pieds dans l'eau

C'est l'été, les vacances pour certains, mais cela n'empêche pas de découvrir quelques petites perles musicales, littéraires, théâtrales, cinématographiques... Alors ne perdons pas de temps et découvrons le programme de la semaine.

Du côté de la musique :

"Reward" de Cate Le Bon
"Walk on a mirror" de Beautiful Badness
"You're here now what ?" de Matmatah
"Verdée" de Verdée
"Circo circo" de Who's the Cuban
Tom Mascaro et The Daggys au M'art in the street de St Symphorien s/ Coise
Beauregard #11 :
Jeudi avec MNNQNS, Gossip, Fatboy Slim entre autres
Vendredi avec Balthazar, Lavilliers, NTM, Etienne de Crécy...
Les Eurockéennes de Belfort #31 : Interpol, Fontaines DC, Idles, Mass Hysteria...
et toujours :
"Lung bread for daddy" de Du Blonde
"Orgue" de Guero
Hellfest #14 avec No one is innocent, Gojira, Kiss, Cannibal Corpse, Sister of Mercy et pas mal d'autres
"L'envoutante" de L'Envoûtante
"Uncovered Queens of the Stone Age, The lost EP" de Olivier Libaux
"Praeludio" de Patrick Langot
"Carnet de voyage, livre 1 : Beethoven Cras" de Quatuor Midi Minuit
"The twin souls" de The Twins Souls

Au théâtre :

"Glissement de terrain" au Théâtre de la Reine Blanche
"Philippe Chevallier et Bernard Mabille - Chacun son tour" au Théâtre L'Archipel
"De Judas à Manuel Valls" à la Comédie Saint-Michel
"Philippe Fertray - En mode projet" au Théâtre de la Contrescarpe
"Florian Lex - Pas de pitié !" au Théâtre du Marais
des reprises :
"Nature morte dans un fossé" au Petit Gymnase
"Muriel Lemarquand - Trop forte !" au Théo Théâtre
la chronique des spectacles à l'affiche parisienne en juillet
et la chronique des spectacles programmés au Festival Off d'Avignon

Expositions avec :

"Back Side/Dos à la mode" au Musée Bourdelle
et dernière ligne droite pour :
"L'Orient des peintres, du rêve à la lumière" au Musée Marmottan-Monet
"Hammershoi - Le Maître de la peinture danoise" au Musée Jacquemart-André
"La Lune - Du voyage réel aux voyages imaginaires" au Grand Palais
"La Collection Emil Bürhle" au Musée Maillol

Cinéma :

"Le Voyage de Marta" de Neus Ballus
et la chronique des sorties de juillet

Lecture avec :

"L'enfer du commissaire Ricciardi" de Maurizio de Giovanni
"Hitler et la mer" de François-Emmanuel Brézet
"La villa de verre" de Cynthia Swanson
"Le fossé" de Herman Koch
"Les apprentis de l'Elysée" de Jérémy Marot & Pauline Théveniaud
et toujours :
"Entrer dans l'arène en même temps que l'orage" de Danny Denton
"Et tout sera silence" de Michel Moatti
"Je te donne" de Baptiste Beaulieu, Agnèes Ledig, Laurent Seksik, Martin Winckler
"Le dernier thriller norvégien" de Luc Chomarat
"Néron" de Catherine Salles

Bonne lecture, bonne culture, et à la semaine prochaine.

           
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