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I’m Wide Awake, It’s Morning - Digital Ash In A Digital Urn  (Saddle Creek)  janvier 2005

Quelques mois déjà que je me complaisais dans un exercice d'auto-voyeurisme à l'écoute de ce Fevers & Mirrors dont les paroles semblaient tirées de mon journal intime et ses désillusions, mises en musique par la voix torturée et hoquetante de Conor Oberst, Rimbaud emo du XXIè siècle. Leader et seul membre permanent du groupe Bright Eyes, originaire d'Omaha, ce jeune homme d'une vingtaine d'années a la désagréable habitude de me faire frissonner à chaque écoute, je l'admets. A croire que l'âme a des facultés auditives encore inconnues.

Alors que Digital Ash In A Digital Urn sonne comme l'album obligatoire d'une discographie, censé repousser quelques barrières musicales - souvent synonymes d'un engouement médiatique - I'm Wide Awake, It's Morning est une invitation à pénétrer l'intimité de Oberst.

Il conviendra de reconnaître l'aisance du songwriter à ce petit jeu, tant la proximité et l'honnêteté n'ont été aussi bien retranscrites musicalement par ce son teinté de folk et de blues.

La comparaison avec Bob Dylan s'avère une fois de plus exacte, même si moins présente que sur Lifted or The Story Is In The Soil, Keep Your Ear To The Ground , qui a permis au groupe de se faire connaître du "grand" public, avec des compositions capables de durer 10 minutes sans jamais baisser de régime. On est en présence ici de deux albums diamétralement opposés, dans la veine de ce qu'ont pu faire les rappeurs d'Outkast avec Speakerboxxx/The Love Below .

I'm Wide Awake démarre comme de coutume par une introduction parlée, qui sonnera presque comme une démarche forcée pour les aficionados de Bright Eyes, déjà habitués à la formule.

Le changement est pourtant de taille, puisque cette fois-ci Oberst se propose de nous entraîner sur le parcours initiatique que fut le premier séjour à NYC d'un bouseux du Nebraska.

Le résultat n'est autre qu'un album capable de définir une décennie. Oberst y joue tour à tour le touriste incapable de se rendre à un rendez-vous sur "Train Under Water"( "I always get lost when I leave the village / So I couldn't come meet you in Brooklyn last night"), le journaliste, critiquant l'Amérique de Bush plus qu'à son tour ("Into the face of every criminal strapped firmly to a chair / We must stare, we must stare, we must stare.") ou encore le pacifiste sur "Landlocked Blues".

Mis en retrait les thèmes chers à l'adolescence, le fantôme du kid with the chemicals n'est cependant jamais très loin, à l'image du single Lua, mêlant dépendance à la drogue et aléas de l'amour. "You just keep going to the bathroom, always say you'll be right back" - "So many men stronger than me / Have thrown their backs out trying to lift it".

Cette volonté de rentrer un peu plus dans la réalité et d'abandonner ses démons personnels avait commencé en 2002, avec le projet parallèle de Oberst, Desaparecidos. Il apparaît maintenant normal que le jeune auteur ait rejoint Bruce Springsteen sur la tournée Vote For Change.

Le succès de Lifted... en 2002 n'a certes pas attiré Bright Eyes vers un label plus important, mais a certainement permis d'inviter Emmylou Harris (une dizaine de Grammy à son palmarès) à faire quelques accompagnements vocaux sur 3 titres, dont "Landlocked Blues", probablement la plus jolie chanson de l'album, que les détracteurs se presseront de qualifier de retour aux amours de jeunesse du groupe, en l'occurrence chanson sans intérêt aucun si ce n'est celui de faire verser une petite larme. Oberst et Harris y sont en symbiose parfaite. Il y chante "I found a liquid cure / To my landlocked blues / It will pass away / Like a slow parade / It's leaving but I don't know how soon." Illustration parfaite de ses textes, continuelle suite logique, saupoudrée de métaphores.

On retrouve également Maria Taylor - moitié d'Azure Ray - sur un titre, ajoutant au côté "famille" revendiqué par Saddle Creek. L'album se termine en fanfare, Oberst poussant pour la première fois de la voix, ironisant au même moment sur ses capacités vocales, tout en samplant l'Hymne à la Joie de Beethoven. Un petit bijou.

La véritable innovation réside cependant sur le second album au nom joliment évocateur, Digital Ash In A Digital Urn, qui se charge d'ouvrir de nouveaux horizons musicaux au groupe.

L'entrée en matière se fait cette fois-ci sur une fausse instrumentale ponctuée de respirations. On retrouve la même singularité dans la voix d'Oberst, mais la production nettement plus présente qu'à l'accoutumée, apporte un côté sombre et oppressant encore inconnu. Peut-être une indication cherchant à prouver à quel point cet album allait être différent.

Aussi contradictoire que cela puisse paraître, cette œuvre faite à partir d'instruments électroniques n'en est pas moins organique. "Down A Rabbit Hole", placée malencontreusement en quatrième position sur l'album – aucun des titres suivants n'arrivera à égaler sa beauté - en est l'exemple le plus caractéristique. Rejoint par Nick Zinner, guitariste des Yeah Yeah Yeahs et encore une fois Maria Taylor et sa voix angélique, on est en présence ici d'un morceau d'exception. Certains morceaux sombrent en revanche rapidement dans l'ennui, comme "Ship in a bottle" ou "Light Pollution".

Trop de mots pour réaliser que cet album n'en reste pas moins un immense pas en avant dans la carrière de Bright Eyes et un travail dont Oberst peut être fier, prouvant qu'il est non seulement un artiste capable de diversifier son art, mais également un de ceux réussissant tout ce qu'il entreprend.

Il serait néanmoins préférable de se procurer rapidement les deux opus, sous peine de manquer une des multiples facettes de ce groupe d'exception. Et si ces deux chefs d'œuvre n'achèvent pas de vous convaincre, rien ne le pourra.

 

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La chronique de l'album Noise floor de Bright Eyes


JulienV         
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