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Interview  (Les Trois Baudets, Paris)  lundi 3 mars 2014

Avec un nom qui lance un pont par-dessus la Manche, Raymonde Howard fonce à une allure hallucinante qui n’a rien à envier à un TGV. Venue de la prolifique cité de Saint-Etienne (hé oui !), l’artiste balance des riffs démentiels et une énergie vocale qu’elle arrive à contenir sur des formats courts, voire ultra-courts. Dernièrement de retour avec un album concentré sur près de 30 minutes, la jeune femme signe un opus véloce et léché et qui s’offre comme la bande originale du film éponyme de la réalisatrice Raphaëlle Bruyas. En mars dernier, elle était à Paris pour une date aux Trois Baudets, toute de fleurs vêtue, l’artiste a bien voulu répondre à nos questions.

Tu es de retour avec ton dernier album Le Lit qui est donc la bande son du film de Raphaëlle Bruyas. Il paraît que tu as enregistré l’album sans avoir vu une seule seconde du film et en ayant simplement lu le scénario, c’est quand même une expérience originale, ça s’est passé comment pour toi ?

Laëtitia Fournier : Cela avait d'abord été l’occasion de remettre les pieds à l’étrier puisque ça faisait un petit moment que j'avais une baisse de motivation et de créativité. Je connaissais Raphaëlle par un ami en commun et après m’avoir vu en concert, elle m'a proposé le projet sans avoir quelque chose de précis en tête. En fait, elle m’a passé le scénario avec une date tout en me laissant beaucoup de liberté, tout en ayant un petit cahier des charges m'indiquant quelques ambiances que je devais respecter. Je suis très contente de notre collaboration, j'ai pu y imprimer mes propres rythmiques et idées.

Donc le film raconte l’histoire d’une fille qui retrouve un petit pois sous son matelas et qui décide de le garder, pour ne plus jamais dormir. On la retrouve du coup à déambuler dans les rues de Saint-Étienne sur son lit, c’est un peu une version édulcorée de la princesse au petit pois, tu t’es identifiée à l’héroïne "Nour" ?

Laëtitia Fournier : Ouais, mon alter-ego, Raymonde s’est identifiée à elle. Je me suis retrouvée au travers de l’univers assez féminin avec ses revendications portées, avec sa balade dans les rues avec son lit et elle s’en fout. J’ai vraiment eu la sensation que les univers de Raphi et le mien se sont trouvés ici et qu'ils ont pu dialoguer.

Ton univers à toi, ce sont des pièces de musique courtes et instantanées, c’est dû à une volonté d’aller contre le format standardisé couplet / refrain / couplet ?

Laëtitia Fournier : Non. A la base, Raymonde Howard c’est pour moi un espace exutoire pas du tout réfléchi : je pars sur un riff de guitare et s’il doit durer 5 minutes, il dure 5 minutes. Même si la plupart du temps il fait 30 secondes. Je vais droit à l’essentiel, et finalement, j’ai toujours gardé ce code pour tous mes morceaux sans trop m’imposer de contrainte, y compris pour le dernier disque. Moi ça me va bien, c’est un choix artistique.

Dans ta façon de faire, on repère rapidement la présence des boucles sonores - y compris dans les parties chantées - ça donne un peu une impression "DIY", (Do it yourself / bricolé à la main), est-ce par volonté ?

Laëtitia Fournier : Bel accent ! (rires)

Merci, je l'ai beaucoup travaillé !

Laëtitia Fournier : Oui, ce fut d’abord par nécessité. Raymonde, moi toute seule, c’était toutes les idées que je ne pouvais pas caler dans mes groupes. A la base, j’ai commencé à m’enregistrer avec un 4-pistes, avec une première piste de guitare, une seconde et ainsi de suite. Je me suis retrouvée bien embêter le jour où l'on m’a proposé de faire un concert, incapable de faire seule sur scène ce que je faisais dans ma chambre. Je n’avais ni les musiciens, ni les instruments, jusqu’à ce je découvre la loop station et là, c’était la révolution !

C’est un peu ton instrument de base ?

Laëtitia Fournier : Voilà ! Enfin, parfois sur des compos un peu plus épurées, je m’en passe hein !

Et donc ce soir, tu as des musiciens, ils vont remplacer la loop ?

Laëtitia Fournier : Pas du tout, ils seront là et la loop aussi. En fait, on s’est arrangé autour de la pédale. Je parle bien de l’instrument.

Un truc qui a retenu notre intention, tu es très souvent comparée à PJ Harvey. J'ai l’impression que l’on a toujours droit à quelque chose du genre, quand une femme fait du rock, tu trouves la comparaison pertinente ?

Laëtitia Fournier : J’aime beaucoup PJ, j’écoutais beaucoup To Bring You My Love ado. Après, c’est vrai que c’est toujours un peu agaçant de retrouver les mêmes références et les mêmes comparaisons. On me compare souvent aussi avec Cat Power. Mais le phénomène ne touche pas que Raymonde Howard, c’est ciblé sur les rockeuses qui composent à la guitare et qui chantent avec des voix douces ou un peu rauques. C'est agaçant donc, mais il doit forcément y avoir des influences de ces artistes chez moi. Avec beaucoup d'autres !

Comme qui ?

Laëtitia Fournier : Il y a cette artiste argentine, Juana Molina qui fonctionne aussi beaucoup avec des boucles, ça m’a vraiment plus ! Niveau masculin, il y aurait Beck avec son album One Foot in the Grave pour la folk minimaliste, mais aussi Prince que j’aime beaucoup, on m’a aussi fait découvrir Bo Diddley pour le côté blues !

Tu ne cites que des artistes anglophones du coup ?

Laëtitia Fournier : J’aime bien le dernier Daho ! Après je n'ai pas une culture francophone très pointue. J'aime les classiques : Gainsbourg, Françoise Hardy… Mais en général, j’écoute des groupes qui chantent en anglais.

Pour en revenir à "l’esprit DIY", tu es aussi signée sur un label indépendant, encore une fois est-ce par volonté ou nécessité ?

Laëtitia Fournier : A la base, c’est le label We Are Unique qui a fait la démarche de venir à moi, ce qui est très chouette, et par la suite, c’est devenu très humain entre nous.

Le label We Are Unique, si je ne m’abuse n’a pas de but lucratif, ce n’est qu’une question de plaisir je crois ?

Laëtitia Fournier : Exactement. Ce sont devenus des amis, avec qui je m’entends très bien artistiquement. De plus, on s’est bien complété, moi j’avais mon réseau "DIY" et eux ils ciblaient un peu plus large, c’était tout naturel de continuer le travail avec eux. J’ai un autre label qui a sorti Le Lit en vinyle. Encore un label "DIY". C’est Specific, basé à Metz, ce sont des passionnés qui ne font ça que par amour de la musique, c’est une très belle rencontre aussi. Et ils font le combat de sortir des disques en sachant qu’ils risquent de produire à pertes.

Avec quelques grands journaux qui n’ont pas tari d’éloge à ton propos (je crois que c’était Libé), as-tu eu d’autres propositions intéressantes ?

Laëtitia Fournier : Des portes se sont ouvertes, mais ne m’ont pas trop intéressée.

Raymonde Howard du coup, c’est vraiment ton projet personnel. Avec sa genèse qui raconte que tu es partie écrire en Angleterre, tu penses un jour revenir dans un groupe ?

Laëtitia Fournier : Ça fait un an et demi que je ne travaille plus qu’en tant que Raymonde Howard, même si elle a au début coexister, un temps, avec mes anciens groupes. Aujourd’hui, c’est plus une question de temps, il faudrait juste que je me l’octroie, la porte reste ouverte en tout cas.

Tu t’imagines chanter en français ?

Laëtitia Fournier : Je n’ai jamais chanté en français. Et puis je suis prof d’anglais à la base, donc la langue m’est plus accessible et j’aime comme elle sonne. En français, il y a aussi la difficulté d’être confrontée et de confronter son message au public qui analysera forcément ton propos, mais pour l'instant je ne m'en sens pas capable.

Retrouvez Raymonde Howard
en concert
aux Trois Baudets en cliquant ici !

 

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L'interview de Raymonde Howard (16 avril 2010)

En savoir plus :
Le site officiel de Raymonde Howard
Le Bandcamp de Raymonde Howard
Le Myspace de Raymonde Howard
Le Facebook de Raymonde Howard

Crédits photos : Cédric Duchamp (Toute la série sur Taste of Indie)


Stéphane El Menshawi         
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# 5 juillet 2020 : Un avant goût de vacances

il fait (presque) beau partout, on sort un peu de chez nous, on voit nos amis, on pense aux vacances. Chez Froggy's on continuera tout l'été à vous alimenter en culture mais ce sera peut être un peu plus calme. En attendant, voici le sommaire et bien sûr le replay de La Mare Aux Grenouilles #5 !

Du côté de la musique :

"Les îles" de Benoit Menut
"Echange" de Brussels Jazz Orchestra, Claire Vaillant & Pierre Drevet
"INTENTA experimental & electronic music from Switzerland 1981-93" par divers artistes
"Jimmy Cobb" mix #19 de Listen In Bed
"Chausson le littéraire" de Musica Nigella & Takenori Nemoto
"Alessandro Scarlatti, il Martirio di Santa Teodosia" de Thibault Noally & l'Ensemble Les Accents"
et donc La Mare Aux Grenouilles numéro #5 avec la liste de ce qui a été abordé et le replay.
et toujours :
"Grand prix" de Benjamin Biolay
"The Beethoven collection Vol1 : Sonatas by Clementi, Hummel, Dussek and Wolfl" de Jean-Efflam Bavouzet
"Eivind Groven Symphonies N°1 & 2" de Kristiansand Symphony Orchestra sous la direction de Peter Szilvay
"L'heure bleue" de Marianne Piketty, Le Concert Idéal
"Tu rabo Par'abanico" de Marion Cousin & Kaumwald
"Veines" de Merakhaazan
"Silas" de Silas Bassa

Au théâtre dans un fauteuil de salon avec :

des créations :
"La Putain respectueuse" par Gérard Gélas
"Dracula Asylum" par Felicien Chauveau
"L'Homme qui rit" par Gaële Boghossian
"Cage" par Jacques Bellay
"Kyste" de et par Eloïse Hallauer et Camille Soulerin
et une pépite : "Jimmy's blues" de James Baldwin par Nicolas Repac et Anouk Grinberg
du théâtre moderne :
"Vient de paraître" d'Edouard Bourdet par Jean-Paul Tribout
"La vie de Galilée" de Bertold Brecht par Eric Ruf
le répertoire classique par la Comédie français d'hier et d'aujourdhui :
"Le Mariage de Figaro" de Beaumarchais
"On ne badine pas avec l'amour" d'Alfred de Musset
Au Théâtre ce soir :
"Les Petits oiseaux" d'Eugène Labiche
"La Reine Blanche" de Barillet et Grédy
"Les Petites têtes" d?André Gillois
des comédies :
"L'Opération du Saint-Esprit" de Michel Heim
"Jeux de mots bêtes pour gens laids" autour de textes de Bobby Lapointe
"Pochettes Surprise" de Jacky Goupil
du côté des humoristes :
"Jean Luc Lemoine - Au naturel"
"Moustapha El Atrassi - Second degré"
du théâtre visuel avec "L'Avare" par la Compagnie Tàbola Rassa
et enfin du théâtre lyrique avec"Ercole Amante" de Francesco Cavalli par Christian Hecq et Valerie Lesort

Expositions :

les réouvertures de la semaine :
le Musée d'Art Moderne dela Ville de Paris avec les collections permanentes de "La Vie Moderne" dans sa nouvelle présentation et la salle Matisse
le Musée Rodin
le Musée national des Arts asiatiques-Guimet
le Musée Cognacq-Jay et le Musée du Louvre
et les expositions en "real life" à ne pas manquer :
"Otto Freundlich - La révélation de l’abstraction" au Musée de Montmartre
"Turner, peintures et aquarelles - Collection de la Tate" au Musée Jacquemart-André
"Harper's Bazaar, premier magazine de mode" au Musée des Arts Décoratifs
"Christan Louboutin - L'Exhibition[niste]" au Palais de la Porte Dorée
"Cézanne et les maîtres - Rêve d'Italie" au Musée Marmottan-Monet
"Coeurs - Du romantisme dans l'art contemporain" au Musée de la Vie romantique
"Les Contes étranges de N.H. Jacobsen" au Musée Bourdelle
les Collections permanentes du Musée Cernushi
"Le Monde selon Roger Ballen" à La Halle Saint Pierre
"Helena Rubinstein - La collection de Madame" et "Frapper le fer" au Musée du Quai Branly
"Monet, Renoir... Chagall - Voyages en Méditerranée" à l'Atelier des Lumières

Cinéma :
en salle "L'Envolée" de Eva Riley
at home avec :
du thriller :
"La Isla minima" de Alberto Rodriguez
"La Onzième heure" de John Lyde
de la romance :
"La revanche d'une blonde" de Robert Luketic
'"Aime-moi comme je suis" de Stephan Meyer
"Coup de foudre en cuisine" de James Hacking
du drame :
"L'ombre du doute" d'Aline Issermann
"Tout va bien on s'en va" de Claude Mouriéras
"Henri" de Yolande Moreau
Ciné-Club français des années 60 :
"L'Insoumis" d'Alain Cavalier
"Le Chien" de François Chalais
"La Voleuse" de Jean Chapot
"Les Ennemis" d'Edouard Molinaro
et des raretés :
"Le Champignon des Carpathes" de Jean-Claude Biette
"King of the White Elephant de Sunh Vasudhara

Lecture avec :

"Isabelle, l'après midi" de Douglas Kennedy
"Les ombres de la toile" de Chris Brookmyre
"Oeuvres complètes II" de Roberto Bolano
"Un été norvégien" de Einar Mar Gudmundsson
et toujours :
"Be my guest" de Priya Basil
"De Gaulle sous le casque" de Henri de Wailly
"La faiblesse du maillon" de Eric Halphen
"Les jours brûlants" de Laurence Peyrin

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Bonne lecture, bonne culture, et à la semaine prochaine.

           
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